IX
La marée , parrenne à sa pins grande haatear, entourait les domaines de Saint*Cathbert : le flax et le reflux en font tantôt one île on un continent. Deux fois chaque jour le pèlerin parvient à pied sec à la chapelle de Saint-Cuthberty et deux fois les yagues effacent les vestiges de ses pas et de son bourdon.
A mesure que le navire approchait, on voyait s'élever progressivement l'antique monastère, édifice imposant, immense, et construit en pierres d'un rouge foncé, sur les bords de la mer.
L'abbaye de Saint-Cuthbert était un reste de rarchitecture saxonne avant que les règles de l'art fussent connues. Ses arcades massives s'élevaient en double rang sur des colonnes énormes et basses. L'architecte avait voulu imiter la voûte d'une allée, par la forme des ailes et le f&t des piliers. Le Danois païen avait vu échouer sa rage impie contre ces murailles exposées pendant douze siècles aux orages de la mer, aux attaques éternelles à^es vents', et aux pirates non moins terribles ; leur solide épaisseur avait résisté à rOcéan, aux vents et aux hommes du nord. Cependant quelques parties de l'édifice, rebâties dans un style plus moderne, rappelaient le passage des Danois; le vent de la mer avait aussi rongé les sculptures des piliers, usé les formes de la statue du saint, et effacé les angles saillans des tours : mais l'abbaye restait encore debout, telle qu'un brave vétéran couvert de cicatrices.
Quand elles se virent près des tours du couvent, les vierges de SainterHilda chantèrent le cantique de leur, patronne; et )es murmures des flots et du vent mêlèrent leur harmonie sauvage au son plus doux de leurs voix. Bientôt un chœur Religieux, à demi étouffé par le bruit des brisans, répondit aux timides voyageuses. Les moines de Saint-Cuthbert descendirent en procession sur la plage, pour aller à leur rencontre avec la bannière, la croix et les reliques.
Les habitans de l'île, pleins d'allégresse, bravèrent la marée et poussèrent à l'eiivi le navire au rivage. L'abbesse de Sainte-Hilda;