‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 59 sur 134 · URUaON. . CH. u · texte numérisé non relu

URUaON. . CH. u

ce sonterrain de la pénitence; nuds excepté Tabbé et qaelqaes moines , personne ne savait où il était situé. L'exécateor et la vie* timcy les yeox conTerts d'un bandean, y arrivaient sans sayoir quelle route ils avaient suivie.

: La voûte était basse et sombre, les murs latéraux.étaient tailla dans le roc; des pierres tnmulaires, sculptées grossièrement, à demi couvertes de terre et usées par le temps , formaient le seni pavé de ce souterrain* L'humidité des murs, qui se résolvait en gouttes de pluie, tombait des voûtes sur les tombeaux avec on bruit monotone. Uncresset S suspendu à la voûte par une chaîne de fer, semblait lutter contre les ténèbres et les noires vapeurs. Cependant la flamme vacillante donnait assez de clarté pour qu'on pût distinguer le conclave redoutable de ces lieux.

Là étaient assemblés les cheb de tro^ couvens, tous trois de l'ordre de Saint-Benoît, dont les statuts étaient gravés sur une table de fer. On eût remarqué l'abbesse de Sainte-Hilda, qui resta qpelque. temps le visage découvert, jusqu'à ce qu'elle abaissa son voile pour cacher les battemens de son cœur et les larmes qne la pitié faisait rouler dans ses yeux.

A son air fier, à son noir capuchon , à sa robe flottante , je reconnais lapfile prieure de Tynemouth '•

Et ce vieillard dont la nuit de l'âge a déjà éteint les yeux, et dont le front sévère et sillonné de rides est le seul qui ne laisse voir aucune trace de pitié, c'est l'abbé de Saint- Cuthbert, que ses mœurs austères ont fait surnommer le saint de Lindisfarn.

Devant ces trois juges étaient deux coupables ; mais , quoique condamnés tous deux au même supplice, un seul mérite notre intérêt. Un habit de page déguise son sexe. Le pourpoint et leman* teau négligemment noué ne peuvent cacher tous ses charmes. Elle ramène sa toque sur ses yeux ; elle cherche à couvrir le faucon et les armes de Harmion brodés sur son sein.

Mais par l'ordre de la prieure , un exécuteur découvrit la tête de l'accusée, et dénoua le ruban de soie qui tenait prisonnières les boudes de ses longs cheveux. Alors on reconnut Constance de Beverley, sœur professe de Fontevrault, que l'Église mettait déjà

ti Lampe antique.

a. L'«xi«i«iice d'an ancien priearé à Tjnemonth est certaine. Ses ruines se voient encore i» '^' met d'on rocher , taiais la prnence des religicnscs à Tjncmontb, sous le règne de Henry VUli est O anacbrpulsme} ilen eit de même à l'ëçard de Withby et de rUcSainte.

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an nombre its morts pour aToir Tiolé ses yasax et abandômié le cloître.

La pâleur empreinte sor ses traits formait on pénible contraste avec l'éclat de sœ beaux cheveux. Son maiutien assuré , son regard calme, annonçaient une fermeté et une constance à toute épreuve. Immobile, elle était si pâle, que, sans le souffle de sa respiration» sans k léger mouvement de ses yeux et les ondulations de son sein., indices non écjuivoqnes de la vie, on aurait pu la prendre pour une de ces statues de cire que l'artiste a revêtues des formes bûmaines et d'un faux air d'existence.

xxnl

Son complice était une de ces âmes sordides qui vendent le crime au poids de l'-or, et ne connaissent d'autre firein que la peur, car leur conscience depuis long^temps a cessé de fEÔre entendre sa voix. Ils n'ont d'autre but que la satisfaction de leurs lâches désirs : tels sont les instrumens que Tenfer emploie pour ses forfidts les plus terribles ; car ces âmes n'ont aucune vision , aucun spectre pour les épouvanter dans la nuit ; la crainte de la mort peut seule les arrêter.

Ce misérable portait le froc et le capuchon ; il n'avait pas honte de hurler, de se rouler par terre comme un dogue châtié , tandis que Constance attendait son arrêt, muette et sans verser ime larme.

Et cependant l'infortunée aurait bien pu pousser des cris. Elle n'avait que trop sujet d'éprouver l'efEroi trahi pair sa seule pâleur à la vue de deux niches étroites pratiquées dans l'épaisseur du mur. Le malheureux condamné à franchir ce seuil redoutable ne revoyait plus la lumière du jour.

Quelques racines avec un peu de pain et d'eau sont déposées dans ces demeures de la mort. Deux moines revêtus de rhabit de bénédictin , baissant un ceil sauvage et hagard, se tiennent immobiles contre les murs. Os élèvent dans lei^rs mains une torche ardente dont la lumière , mêlée d'une Caisse fumée , éclaire l'entrée de chaque cellule; auprès d'eux sont amoncelés , pour un cruel usage , du ciment , des pierres taillées , et des outils de maçonnerie.

; XXIV

Ces exécuteurs étaient choisis parmi ces hommes qu'une sombre

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inJMifiil n^pirr dn genre hcmiMii et qaela rage et I^^eavië ont jetés dans le cloître ; il en est encore qui, désespérant de la bcmté da eiel f se Touent aux pratiques les pins rigourenses , espérant parlà' effiieer les souillures d'un noir forlail ; ^Eglise confia toujours le soin de ses Tengeancès à de^tels homnes , soit qu'un penchant mturel les porte à faire le mal , soit que , par une affreuse supers* titûm, en domptant la nature pour se rendre les exécuteurs des Tengeaneesile l'Eglise , ils pensent se rendent agréables à Dieu. Ott les descendit dans le souterrain sans qu'ils se doutassent en qaiA lieu ils se trouyainit.

L'abbé ayeugle se leva pour prononcer la sentence qui condamnait les accusés à être enterrés YiTasiS; alors la malbeurease Gonstance, rassemblant ses fM'ces, essaya de parler, et interrompit le juge ; des sons inarticulés s'échappèrent de ses lèvres agitées d'un mouvement oonvulsif ^ J>aBS les intervalles de si- Imee qui succédaient à ses gémissemens étonflfés , on entendait aoos les voûtes un bruit semblable au murmure lointain d'un ruis- ABau : c'était le mugissement des vagtes , car les nmmilleB de ce souterrain étaient si épaisses » qu'à peine j aurait-on distingué le fracas d'ime tempâte ma%ré la proximité de la mer.

GonstaBce fit un dernier ethrt qui refoula son sang prêt à se glacer. dans son cœur, son œil se rouvrit, une légère teinte de rose reparut sur ses lèvres, mais faible comme cielle dont on orage d'automne laisse parfois rampreûrte passagère sur les sommets de Gheviot. En pariant elle cherriulit encore à i»)ueillir ses

forces pour le.momont terrible qui appi»ciiait Qui n'eût été

tottohéde voir tant de oMrage dans unefenune si- belle?

XXTII.

•^ Je ne veux peint inaplorer ma grâce , dil^-dle ; je sais bien f/OB je deoundentis e» vsun que -ma vk fût prolongée d'une mi* mule* Je ne prétends, point noo .phn* rédamer et obtenir vos prières; si la mort lemeque je vais soiiflftir'ne suffit pas pour racheter mes fautes, tomes vos mes3es pourraient-elles davantage? J'aiéoouté les .sédnotioos d'ui^ traître » j'ai quitté le couvent et le

X. On sait usra que les religieuses qui TÎolaient leur vœa de chasteté étaient sonmises êMX i peines que les Testales romaines en pareil cas. Une niche étroite, k peu près de la grandear de WO corps, était pratiquée dans les mnrs épais dn -couvent ; on y renfermait avec elles qnelqan proTi* «iaii4 d'eau, d« racines, et le terxible 9ade in p*eé ( allez en piûx) était le signal fpS <»doBii|it toX exécuteurs de mnrer la criminelle.

LECOtfVElfr. 219

voile; j^ai pendant tirais années f«it fléchinaM mrgiuiil jusque me confondre sons^ les habits d'an page parsû les serritenrs de odiii que j'aimais^ qu'il a bien puni \^ folie de Finieptonée qni^ loi ayait sacrifié toutes ses espérances dans ce monde et dans Paatreh... U^it Clara.,, plus belle etplos ridie qne Ck>natancè9 elle loi fit oublier ses sermens ; hélas ! -* je ne Suispas le premier exemple de la perfidie des hommes J mais si le destin n'avait pae trompé mes désirs , jamais femme trahie n'eût été vengée comme

XXTIII.

Le roi favorisait^les prétentions de son favori ; vainement Clara loi préférait un rival, Marmion diffame Wilton et l'accnse d'être an traître ; le combat est décidé , on reçoit leurs sermens , on fait les prières d^nsage-» leurs lances sont en arrêt , le choe commence i et déjà la foule- s''écrie : — Victoire à Marmion » le gibet à son rival,

Dites>moi , vous' qui nous prêchez que le ciel' se déclare pour le bon droit quand deux chevaliers se combattent en champ cloa^ où était la justice du ciel quané Wilton , fidèle à son amie et lo jal à son roi y trouva la mort on la honte sous la lance d'un traître ? Ces papiers criminels prouveront mieux son innocence. -^

Alors Constance tira* des papiers cachés dans son sein , les jeta ^ la table y recueillit encore ses forces pendant un moment de deoce, et continua en ces termes :

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