XXIX
*— Mais l'hymen dordékyal Marinion fiit encore retardé y. car Qara se réfugia au<couvent de Withby pour échapper à oe Hen odieux. Le roi Heq^y^ à la nouvelle de sa fuite ^ s'écria : — Ses rcfcs ne seront' pas écoutés : chevalier, Clara sera ton épouse-, qu'elle ait prononcé ses vœux ou non. — Une ressource merestidl; c&eore ; le roi* venait d\)rd^aner le vojage de Manmon en Ecosse. «'e restai ici pour me sauver, et GUra avec moi. Le:lficbe*que>vMS voyez, séduit par mon or, jura qu'il s'introduirait dans le couvent dç Withby, et que le poison env^nrait bientôt ma rivale dans le ciel. Cet homme infime a mal tenu sa promesse, sa lâcheté nous ^ perdus tous deux«
^ j'ai fiil eet^aveu , ce n'est point le remords^qw m'a Mt pav^ *^^ 5 niais je veux mourir avee la consolation de savoir «que jamais ^e autre femme ne sera réponse de Marmion. Je conservais pré*
220 MARMION. ch. ii.
cieiuement cos papkrs : trompée dans mes autres espérances , je les aurais envoyés au roi Henry ; ils liTraient à la hache do bourreau la tête de mou perfide amant , quoi^'il m'en eût coûté la Tie. «
Maintenant i ministres du trépas , disposez de mon sort : je saarai souffrir... Qu'importe une agonie plus on moins longue, la mort est toujours là pour la terminer t
Mais y esclaves de la sanguinaire Rome, craignez encore Constance dans la tombe où elle descend vivante. Si un remords tardif réveille Marmion , sa vengeance sera si terrible que vous préféreriez une antre invasion des Danois. Oui, je vous laisse derrière moi un sombre avenir. L'autel s'ébranle, la crosse se brise , la &• reur d'un despote vous atteint sur les ailes de la destruction. Ces voûtes si épaisses s'ouvriront aux vents de la mer 1 Quelque voyageur y trouvera mes os blanchis au lùilien des pierres disjointes; et ignorant la cruauté des prêtres, il s'étonnera de trouver ici ces dépouilles de la mort. —
Les regards de Constance étaient fixes, ses traits avaient pris unair menaçant , ses cheveux flottaient sur ses épaules ; les boades qui ombrageaient son front se hérissèrent, sa taille sembla s'éle- Ter, l'énergie du désespoir avait donné à sa voix un accent prophétique. Le tribunal s'étonna et frémit , les ministres de la mort contemplaient avec des regards stupides la victime inspirée, et croyaient entendre déjà gronder la tempête qu'elle annonçait. Le plus grand silence régna sous ces voûtes, jusqu'à ce que le vieillard, levant vers le ciel ses yeux privés de la vue, prononça la sentence: — Ma sœur, dit-il, vos misères vont finir ; frère coa- J>able , allez en paix. .
Les trois juges s'éloignèrent de cet horrible cachot qui servait au jugement et au supplice. Qui pourrait décrire l'exécution de la sentence?
XXXUI. V
Les membres du tribunal ont cent marches à remonter. Avant qu'ils aient pu respirer l'air du jour supérieur, ils entendent dans les sombres détours de l'escalier les cris du désespoir et ies sanglots étouffés. Ils se hâtent. La terreur presse leurs pas, ib so signent d'une main tremblante , et se séparent le trouble dans le coeur. Ils croient qqït dans le silence soleimel de la nuit le génûsse*
LE COUVENT. 22t
ment d'une agonie prolongée. Par lenr ordre, la cloche du monastère annonce le déport d'une ame de ce monde; ce glas de mort tinte lentement à travers l'obscnrité snr les vagues. — Les rochers dnNorthumberland en gémirent. L'écho porta le son sinistre de Tairain jusqu'à l'ermitage de Warkworth. L'ermite dit aussitôt son rosaire; le paysan de Bamborough releya sa tête assoupie; et, sommeiQant encore ^ il murmura'une prière. Le cerf tressaillit sur les monts Cheviot , ouvrit au vent ses larges naseaux» et tourna de toutes parts ses. regards tremblans an milieu de la bruyère, en écoutant ces accens lugubres.