‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 75 sur 134 · IV · texte numérisé non relu

IV

Tels ne sont pas les Ecossais des frontière^; nourris dans les périls, ils ont tressailli de joie en entendant résonner le signal des batailles, avec lequel ils sont familiarisés dès le berceau, La paix fut toujours pour eux un repos odieux. Ni la harpe, ni la cornemuse, ne flattent leurs oreilles comme le cri de slogan ^, Guidant un coursier rapide, armés delà lance etdel'épée,. ils laissent aux chevaliers suivis de leurs vassaux la prétention de combattre pour la gloire, et aux citoyens celle de mourir pour conserver leurs privilèges; pour eux les combats sont un jeu. C'est leur bonheur et leur gloire de consacrer les jours au sommeil et les, nuits an pillage, ravageant sans cesse les montagnes,, les forêts et les plaines. Charmés de la guerre, ils sont accourus sons les drapeaux du roi > se souciant peu de la victoire , parce qu'ils sont tonjours sûrs du butin. Lorsque les hommes de la suite de Marmion traversèrent leurs rangs , ils les regardèrent d'abord d'un oeil indifférent et sans surprise, connaissant bien la forme et la portée des arcs des Anglais ; mais lorsqu'il^ virent le chevalier lui-même, .paré d'armes splendides et de riches broderies , chacun de ces

t. Cri de guerre clts dans éc088«b.

pillards dit toatbasà son compagnon : «-^Vois-tn «picAleoi^tilence? Ne poarrons-nous pas saToir de quel cdié ces Anglais passeront pour retonmer chez eux? Ah ! si nous pouvions rencontrer mien belle proie dans le Talion d'Ensedale on sur les rives dn Liddell I Ce Lion sans griffes qui lenr sert de ^de pourrait bien aussi se voir dépouillé de sa brillante parure, et la brune Madeleine ferait on tablier superbe de ce pourpoint tacheté,

Harmion remarqua ensuite les descendans des Celtes /race dia> tincte an milieu de l'Ecosse par le langage et les formes dn corps. C'était justement alors que les Chefs rassemblaient leurs tribus; leurs vêtemens de laine, leurs manteaux bariolés , et qu'une oôn» tnr^ assujettissait àlenr taille , établissaient une bizarre uniformité parmi ces sauvages soldats. Chaque ckn se range en bataille an son de ses cornemuses. Les uns ont la chevelure rousse, les autres Font d'un brun foncé. Ils rcigardent M armion avec Fétonnement de3 sauvages; leurs jambes sont nues jusqu'aux genoux; leurs membres trapus, robustes ^et accoutumés aux intempéries de Tair. Leurs Chefs, d'une taille plus élevée , se distinguait par la plume d'aigle qui décore leur toque élégante. La peau non préparée du chamois leur sert de brodequins. Le plaid pend sur leurs épaules; Que large épée d'u|Le longueur extraordinaire, nue dague d'un acier éprouvi , un bouclier garni de clous , un carquois y un arc et des flèches , telles sont leurs armes; mais ces flèches sont encore courtes et cet arc bien faible , comparés à l'arc et aux flèches des Anglais.

Les habitans des iles portaient encore l'ancienne massue danoise; ils poussèrent un cri effrayant lorsque Marmion et son guide passèreAt auprçs d'eux; leurs clameurs ressemblaient à celles des oiseaux de mer qui s'envolent d'un marais ; à leurs voix discordantes ils mêlèrent la musique bizarre de leurs instrumens jnerriers.^

C'est ainsi que Marmion et Lindesay traversèrent le camp du roi d'Ecosse , et arrivèrent enfin à la porte de la ville , que gardait nne milice composée de. citoyens vigilans, à qui le voisinage des niontagnards et des maraudeurs de la frontière inspirait, nne juste ^éfiance. L'appareil de la guerre animait tous les quartiers de la <^té. A chaque pas on entendait le marteau de Farmurier résonner avec bruit silr Tenclume ; le noir forgeron était occupé à revêtir

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kpied da eoonier d'un ier utile. Plus loia on passait le tranchant de la haohe on de Tépée aor la meale tooniante. De» page» et des éc«]rer»»pai«aiiraient les mes et les places en portant dea lances on des caaqnes^ ^pendant que les bourgeois , à l'air grave et important y s^entraianaient de ehaqoe smgneaiv aontellement Tenu, diacntaient aa génëalogioi parlaient de sa gloire et da nombrede ses yassanx.

Le roi d'armes colidnisit Marmion dans nn hôtel richement MBidilé 9 qni dominait tente la yille. Celait lài^fne le elKfaiier défait se reposer jnsqn'à l'eatiée de lannit » faenve^e leroiaTait fixée ponr le reeevoir.dans le palais d'iiel]^vood. • Cependant Lindeeay et wenm àison< hâba et àaa fimtjenn'spldadide repas «ree des TÎiianîfe»ei«nqnb ^; QaaBAle«eirfot venn, Manmonse para de«e8»btafaila>de cooBfei^nîfit'air AaTid, qui VSntaodoisit elwa loanonorf ne.

L'antiqne palais d^Hblyrood retentissâtif-des aecens de la joie et dn plaisir: Le roi Jacques donnait une tdte aux seigneurs écossais qn^il ayait rénnis ponr le moment dn départ ; car ih avaient ordre de se mettre en marche an lever de Panrore.' Le prince aimait la magnificence, les festins, et les chants des ménestrels. Pendant k jour il assistait anx tonmois, et la nuit c'était son plaisir d'abréger les heures par la danse , les mascarades et la pompe des banquets. Mais cette fête surpassait toiites celles tju'il avait don* nées jusque-là ; c'était la plus brillante. . . et la dernière I Les lampes suspendues anx lambris dn palais répandaient une vive lumière sut le cercle des courtisans. I,ci des ménestrels chantaient eu s'ao compagnant de ht harpe; là les dames faisaient entendre de plus mélodieux accords. Le fou du roi, coiffé d'un bonnet à grandes orrilles, et. revêtu d'un habit de toutes couleurs, diâbitait ses intarissables bons mots. Le jongleur étonnait les curieux par son adresise magique; quelques-uns tentaient la fortune des* dés ovse combattaient au jeu royal des échecs ; et d'autres , dans une salle à récart , courtisaient les dames de leurs pensées, qui n'étaient pas cruelles; car le plus sou v^it l'amour profite de l'heure d'an départ pour triompher de la iroidenr et>de l'indilKrence ; il fan* drait avoir un ^oœnr^de pierre pour voir son amant marcher an

X. Dans tontes les négociations un présent de vins était un préliminaire indispensable* Çir'*"" Akttff «'était pa|*]»ieol ^BàiètiaaMte^'nM pareiUe litr«^«ri«a.

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