I. Mhu bonnets êvtr thê border
Xtt AUJUnON. GH. y.
cM<A<B«S| les imi étaient eiiTttloppds des iNftbrt^ etle&anttestéfléehissaieBl les rayons argentéi de la Initë, qni se jçnaiént m knra yitraiii:; C'éliiit la «anle Inmière qa'on Toyait, excepté celle de quelques, torches que des seigneurs de la cour faisaient porter devant eux en se retirant dan^ leurs hôtels. Pour révéler son secret an pèkrin , Tabbesee semblait avoir choisi à dessein rhebre U plut soleuMUe.
<i— Saint pèlerin I dît-elle en comlnençant (car il doit être nn salât edni doht Ites pieds ont fonlé la tetre où se trouve le tombeaii dn Rédempteur ) y an noni de FEglîse> épouse chérie du Christ, dttignaz prêter une oreille attentive à mes ■paroles^ et he vous ef' frayes pat si je suis forcée de Vous etotretenir d'un amour' mon* èÊâU ) Tamoar n'est que vanité pouf cenx qui ne vivent q&e dd l'eipémnce du ciel.«4.4
WilUIn et loM Shnîiîeii reébetqhaiéht llilli&hôe àt Clara ^ dé la noble ftiniille de Glostër^ ( II serait péti digne de k prieate de Withby d'ajouter que je uni» de eétte même famille. } Lord Mdtiflim» dans un aeeè's Aé jalon^ië, iénonça Wilton tomtne un traître V l'a«ctitoant d'feivoir ëd des intélli^iiiBes avec Martin Smn^
lorsque ce général vint soutenir lé parti de Siinnel. La àetlle lâcheté, soutenait-il, avait empêché Wilton de se déclarer à la bataille de StidLeMd \ et fl jeta son gant t)onr le défter. L'affake fut pdrtée^i BélM rnaagéi an ttibunal dn roi. Wilton avona frâbcbe-
ment i^u'il avait connu Swart dans le comté de Gneldi*es , et qu'il avait existé entré eux une correspondance de pute courtoisie; il oIKit même de l'envoyer Èb^rcher à son bhâtean. Mais , lorsque son «ÉOsto^elp revint avec Më lettrés, quelle M la fureur de Wilton en y trouvant mêlés des papiers <|ui appelaient tes étrangers en 'Angleterre et prouvaient qu'il avait trahi la canse de Henry ! il votthit racheter a&à hbîaneur lis' fer à la tnain dans un champ dos4 . . «1 mais qni oselràit juger les Vmeë décrètes de là Prbviâent;e? Peut-être Wilton, onbUa^t-il quelque fomkaUté de rigueur ; peut-» être ne filt*il pas assez ardent dans sa foi et dans ses prières... car comment expliquer la dé&itede l'innocence et le triomphe dn coapablé tans la sainte ordalie ' ?
X. S|6aér»l «IlMUfid qui commandait 168 toxiliaiMs enVo^fés par la chlêhasm d« Boorg'^na poof soutenir Lambert Simnel. H fat défait et tué à Stokefield.
2. 11 était nécessaire pour ceux qui s'estimaient obligés de croire que la justice de Dieu se manifestait dans le jugement par le duel» de trouver, une excuse aux chances du combat. Quelle ruse ensiTe employée par ceux qui soutenaient une injuste querelle était regardée comme sunisaiite poar
Là COtm. 276
Kii.
Yàitieneitt Féen jer d« Wikoii , qàe son maîtte regait[ft{t comme hb traitredigne c^a dernier sqpplice, ayonà-t-il dans aon tépentii^y que, pendaiit qa'il portait cette fatale corredpondanee, nue jeune fille étrangère Fayait enivré : on n'ajouta aucune croyance a ces aTtaii qui ne persuadèrent que Clara. Plutôt que de devenir Tépouw de Harmion , elle préîSéra se cloîtrer dans le coiiTent de Simte««Ifilda , faire don à notre congrégation de tons ses bienè , et y oomaerer sa virginité an Seigneur. G'^est Un motif terrestre qtii rtfmdée^maift elle a été heureuse de suivre, du moins , le sentier du eieL Jamais cœur plus pur ne dit adieu au monde ; jamais mgeplus beHe ne vint dans notre saint asile depuis la princesse saxonne Bdelfled. Notts devons excuser un tendreregretqnelui cause cacoro parfois la perte de son alnant; elle aime à nourrir sa donbnr et murmure au pied de la croix.... Son héritage estsitué sur hs Hves de la Tame; de riches moissons en couvrent les sillons; la g^sèj Inédit dans de gras pâturages, et ses forêts sont peuplées de gibier. Ooél affront pour sainte Hilda i et de quel péché mortel, uoi, son hflihle prieure, je me rendrais coupable si je laissais dépouiller son temple , et si je consentais que le perfide Marmioh ^empurât sous mes yeux d^un semblable trésor ! Cependant notre monarque a juré qneClara serait arrachée du ctoître; et peUt-étrë déjà Marmion est portéui^ dé Tordre de Sa Majesté.
kxm.
Vous toye£ devant vous une fille du Seigneur, prisonnière sans défense , et abandonnée au génie du mal. Je réclame votre assis- ^nceau noih dé tous vos pas dans les saintis lieux que vous avez ^l'oolirtts, au nom ded martyrs , des serviteurs de Dieu, au nom de toué les àiige^ et (ïë l'Eglise dti Christ ! Sachez donc que lorsque Wilttm lut tr^i, celle qtd aVait falsifié lés lettres, d'accord avec Boh écuyer, Otii, sacke^ que cette femme criminelle. . . je ne puis le dire stlns horreur et sans honte... c'était une religieuse déjà çoup«bte de parjtire... séduite par Marmion : peut-être vous étonne- ^z-voàs ^ne Pâmante de ce chevalier f&t complice d'un crime qui devaitfaire passer l'homme qu'elle aimait dans les bras d'un ai^ire; biaià elle espérait par là obtenir un ascendant illimité 9ur celui qui Verrait son honneur entre ses mains : voilà pourquoi elle avait
^dre ietir «cause bonne. Ainsi, dans le irpipan, à*Mde *t JlméUon, l'on de« d«ix frères d'anses^ ^^ta d« l^mdre Hé soâ frère et se hattunt pour lui» jure qu'il n'a pas conuiii* I0 çiima dOBt ton ^tagoniste accusait atec juste raison celai ^'il représentait.
278 RIARMION. ca. y.
gardé secrètement lesprenvesda complot etdesmstnictionâécrites et signées de la main de Mannion. G^est ainsi qae sainte Hilda a daigné se servir de la trahison dWe pécheresse pour conserver la gloire de sa maison et assurer le boiihear immortel de Clara.
xxiv.^ , n serait trop long et inutile de yons dire comment ces pa]Àers sont tombés entre mes mains; ils ne peuvent y rester. Que sainte Hilda daigne veiller sur saprienre fidèle I qni sait tons les ontrages anxqnels nous sonunes exposées avec nn guide tel que MarmionI 0 vierge bienheurense, si jamais je quitte ta paisible retraite pour voyager par terre ou par mer, puissé-je être condamnée à une
cruelle pénitence! Ecoutez ma prière, saintpèlèrin; je confie
ces papiers à vos soins, parce qu'on n'osera pas vous arrêter ; vous les remettrez avec prudence an cardinal Wolsey, afin qu'il les montre au roi ; et , pour prix de ce service /nous ferons dire pour vous une messe dans la chapelle de Witfaby,, les prêtres y chanteront de saints cantiques à votre. intention. Mais q^avez-voos? parlez.-^
En recevant le dépftt des mains de Tabbesse , le florin frémit et parut vivement ému; il allait répondre quand on entendit on son aigre comme les accens lointains d'un clairon qui expirent avec la brisé qui les apporte. — Que saint Withold nous protège, s'écria Tabbesse effrayée! que vois-je autour de la croix de la cité? que veulent dire ces fantômes qui apparaissent sur la tour? ils semblent agiter des écussons et faire flotter des bannières ! —
La croix d'Edimbourg ^ était une colonne de marbre qtd s'élevait sur uiie tour octogone. (Il est rasé aujourd'hui ce monument du haut duquel on proclalnait les édits du monarque et les lois d'Ecosse au son glorieux des clairons : que la tonibe accable comme un plomb pesant la tête de celui qui Ta détruit ! je prononce contre lui la malédiction des ménestrels.) Ce fut sur cette tour antique que l'on vit une apparition surnaturelle. Des spectres, qu'on ne distinguait qu'obscurément, semblaient se montrer et s'évanooir
1. -La croix d'Edîmboarg était remarquable par son ancienne et cariense architectnrei La portion inférieure était une tour octogone de aeise piedi de dianèire et d'enTÏron quinie de haut. A chaque angle était nn pilier, et entre eux une arche d'ordre grec Une coloqne d'un seul morceau formait la ci-oix, qui^avait plus de ringt pieds de hauteur et était surmontée par une licorne. Les magistrats de la ville détruisirent ce monument en 1766, avec le consentement des lords de session {pnk pmdor!), <ous le vain et faux prétexte qu'il encombrait la rue.
Aussi long-temps que la tour subsista, on y publia les actes du parlement ; et la place qu'elle oe> cupait, marquée par des rayons divergens du centre d'une pierre dans la rue Haute, est encore le lise oi> se font les proclamations.
aussitôt, se parler, s'appeler du geste, avancer et Mr. On jcroyait deyioer que c'étaient des héraats et des poùrsniyans d'armes qui se préparaient à faire nne proclamation à son de trompe et dans tout Tappareil usité. Mais toutes, ces figures se dessinaient yague- Bient dans les ténèbres, semblables aux fantômes que l'imaginatioa croit voir dans les nuages colorés , par la lune , d'une fla[mme passagère. Enfin , du milieu de cette troupe fantastique, il si'élèye nne voix qui fait entendre cet appd terrible (n) :
MVI.
■— Princes, prélats, monarques et cheyaKers dont je vais pro* noncer les nomè, prêtez Poreille I Sujets de celui qui m'envoie, je vous somme de comparaître tous devant son tribunfd, je vous cite au nom des crimes dont vos cœurs se sont souilléà ; je vous cite an nom de la ,volnpté , de la colère, de Torgueil, de la crainte, et de toutes les passions qui vous ont dominés ; je vous dte par le âlence de la tombe et les derniers soupirs du moribond 1 vous êtes sommés de comparaître dans quarante jours devant le trône de Totre maître. —
Ou entendit «lors, proclamer une longue sidte de noms : lé prenûer, ce fut le tien , malheureux Jacques I et puis ceux de tous tes eheraliers : Grawford, Glencaim , Montrose, Argyle, ]Eloss, Bothwell, Forbes, L,ennox, Lyle«... Mais pourquoi nommerai-je tons les nobles guerriers des îles des Highlands et de la basse ^sse qui périrent plus Urd à la bataille de Flodden ? Cette voix soleonelle cita aussi -Marmion, seigneur de Fontenay et ^e Lut> terwald; et enfin le damier de tous, Wilton ^ jadis seigneur d'A« ^ley. Ce fut alors qu'une autre voix répondit : — Je proteste contre cette sommation fatale et défie le maître des enfers; j'en appelle au Dieu du ciel qui brisa les chaînes du pécheur I — A ces ^ts la vision s'évanouit comme un sooge. Après avoir poussé un cri eOrayanty Fabbesse tomba la face contre terre , et se mit à répéter tout bas son. chapelet; ses nonnes accoururent, et la trou* ^^rent seule sur le balcon : dans son trouble, elle n^avait pas vu ^paraître le pèlerin.
xxtii.
Changeons de théâtre.
L'armée se met en marché, les mes d'Edimbourg sont désertes, oa n'y voit plus que Fenfant ^vacillant encore, la beauté inquiète, |c vieillard à cheveux blancs, et les mères tremblant^ qui vont ^plorer le ciel dans des chapelles et faire d<ss vxieux pour les ob-
37$ BIARMION* ce. t.
j^ 4o'l0UR9 affisedons. Qa'est deyenp le pèlerin? où sont l'ab* bes5e , llarmion et Clara? Confiés à la garde du noble Doaglas, ils sont conduits par loi au château de Tantallon : lord Harmion ma^ chait à sa droitei et le pèlerin fusait toujours partie de sa snite , car le comte Angus exigeait , comme Lindesay, qu'aucun des gens du b^9fi anglais ne s'écartât sur }^ route. Mais on remarquait im grand changement dans ce pèlerin mystérieux : il parlait libremest delà guerre et deseiq[doits qu'un seul cheyalier pouvait faire Ion* qu'il combattait pour sa terre natale ; puis il levait souvent la tête conune s'il méditait une action extraordinaire. U loijgnait IpHnême son cheval , le lauçait soudain dans les sentier^, et rejetant an ar rière son noir capuchon , il semUait l'exciter à firsnchir une barrière et l'arrêtait aussitôt. Le vieil Hubert disait que jamais €an* lier, excepté Marmion , n'avait été aussi ferme sur sa selle*
XXVUjl*
A une demi-heure de marche venaient Tabbesse de Sainte»HiUa et toutes ses nonnes , sous une escorte commandée par Fitz-Eostace. Marmion n'avait point demandé à entretenir Clarai depeor d'augmenter ses soupçons et sa haine-; il croyait d'ailleurs. plus {i^dent d'attendre qu'elle fût séparée de$ autres reUgieuies; il espérait qu'alors l'ascendant de sa famille et les ordres^ de Hsnry siyrfiionteraientses refus. Marmion ne brûlait point de cette flamme qui ne vit que de soupirs et de tendres regards ; il aiinait plus que Cl#ra elle-même les vastes domaines qui formaient sa4ot ; et d'ait leqrs depuis que, pour, écarter Wilton et venger son orgueil lia« miliéy p^it&t que dans Taccès d'une aveugle jalousie, il s'était souillé {lar une trahison » l'objet qui lui ^vait fait violer les Ifiisde l'hopneur lui était parfois presque odieux ; s'il avait jamais aimé) c'était celle qui était descendue vivante dans les sombres caveaux de SaintrCuthbert*
Lorsque Eustace aperçut la ville de Berwidc et le law ^ pyramidal qui la commande , tt fit iairehalte à sa troupe devant noe antique abbaye^ dont les tours dominaient le rocher de Bass, V^ de Lambie et la plaine des flots. Au son d'une cloche on vit sortir la prieure respectable du couvent , qui pria l'abbesse de Saintede demeurer avec elle jusqu'à ce que Douglas eètjitif^
nord4eB«nri<*
LA COUR. 87t
im navire paior la traiviport^ aa cLi^tre de WitU^. L'eUieMida Samtp-Hilda rei|iercia ia npni^e écossaise d^ ee^te offire ddigeeatff, et j'épargnerai aa ^ectepr les discours pieux et eoortois de ces deux filles du Sdgneiir ; toates nos voyageuses deseeiMir^t ayee joie de leurs coursiers. Biais lorsque Clara Toulnt fiûre cenme les mres, Fitz-Ëostace lui dit ; — Je sois désespéréi bdleClarai de Yons séparer de vos seintes conqiegnes^ vude je dois ohéir au ordres que j'ai reçus. Mamûon el Douglas m;*eiit ehergé ,de toq» maysoer atec moi; lord Manmoua montré an eomte lyne tellM de ion sonyerain qni rantorise à yons eendaîreianB nUùBà eapràl de Yotreconsin le lord FiU*Clare,
I/abbesse soiprise se récria hantemeat ; rinfortnnëeClarii pâlit» et son sang se glaça conune si elle avait entendu lire ma arrêt de mort. — Rassurez-yons > ma £lle , dit l'abbesse , ils n'oseront PUT0Q4 arraolier de mies bres et yous finrcer à suivre «ne troupe année» '
•-- Sainte prieure , reprit Fitz-Eustace 9 la belb Clara sera eoi^ fiée 4 ladyAngus pendant Aotre séjour en Eepsse) et, quand noue partirons pour. l'Angleterre > il nous sera facik de nous prbertfer des femmes pour servir selon son rang l'héritiàre de Gioalar. Mes no]>Ie seigneur rejetterait bien loin la poisée d'oflfeuser PaimaUe Clara par la moindre parole on le moindre regard; il sera pour elle on fidèle guide ^ et ne lui demandera même pas la plus l^ère des fayeors qu'on accorde à un étranger, jusqu'à ce qu^il l'ail ve* ïûiae à s(m cousin.
Eostace rougit avec grâce en pr(monçant ces paroles; sabonne foi était peinte sur son visage et rassura un peu Clara ; mais VA» bessG fit entendre tout haut ses plaintes contre Hei^ et Douglas ; elle leur prodigua les reproches et les menaces : elle s'adressait à tons les martyrs et à tous les prophètes, et elle invitait la firieure écossaise à s'unir, à elle pour maudire lord Marmion. Mais la graTe prieure de l'ordre de (Steanx lui r^midit s r^ Nous devons <^ au roi et an comte Douglas; cessez de vous désoler; il nu petit y avoir de danger pour Clara d^s le château de Tantallon.
L'abbesse, voyant cin'elle ne gagnait rieii par ^es iXiV|âf0ttv^B » f^pnt sa dignité habituelle, car elle en avait beaucoup; elle ajusta ^Q voile, et levant la tête elle dit à Eustace d'un ton solenndi:-^ Va dire à ton maître injuste et déloyal qu'il lise les annales 4m aa
280 MARMION. ch. v.
maison ; il yverra comment nn de ses ancêtres expulsa les moines
de GoTentry 9 et quelle fat sa pnnitf on son clieyal s'abattit sous
lui et trahit son orgueil , un bras plébéien lui ôta la vie à la Tue de ses propres Tassaux^ Que Dieu sôit juge entre MarmioQet moi : ton maître est un grand, seigneur, et je ne suis qn'ane pauvre recluse ; mais souvent nous voyons dans rEcriture comment un aussi faible ennemi que moi écrase un oppressear. Le dieu qui inspira Judith , Jaël et Déborah... Ici l'impatient Bloant interrompit Tabbesse : -^ Fitz-Eustace , dit41 , que lé feu saint Antcune t'arde 1 resteras- tu tout le jour la toque à la main pour entendre prêcher cette sainte vestale? prenons garde qu'an plos long retard ne nous attire un autre sermon du lord Marmioo. Allons , camarade , mets le pied à l'étrier, et que madame premie patience.
— Eh bien! dit Clara, soun^éttons-nous à la force, mais que ' ce chevalier barbare n'espère pas venir à bout de ses desseins ; il peut me ravir mes biens et nia vie , mais je serais criminelle si je consentais à être l'épouse de Marmion. Si c'est la volonté dn roi que je ne puisse trouver aucun asile sans y être poursuivie par un homicide que les anges de l'enfer n'épouvanteraient pas, il me restera encore un dernier refuge où los rois ont peu de pouvoir... une victime m'y a déjà précédée. — Ma sainte mère en Jésos- Christ^ donhe&moi votre bénédiction et souvenez-vous de TOtre pauvre Qara ! .
L'abbesse ne put retenir ses larmes et ses sanglots en lui donnant mille bénédictions ; toutes les nonnes pleurèrent comme elle. Le sensible Eustace fat obligé de s'essuyer les yeux; et Blount, moins compatissant , fut presque attendri. L'écuyer prit la bride du palefroi de Clora, et essaya vainenlent de la distraire par ses soins empressés.
xxxui.
Mais ils avaient à peine parcouru un espace de trois milles, qoe le vaste château de Tantallon s'offrit à leurs yeux sur la hauteur.
I. Ceci se rapporte à une catastrophe qui arriva réellement k un Robert de Mannioo, aooi U rdgne da roi Etienne. Guillaume de Tiewbory, qui bn parle, lui donne quelque* traits do caractère de mon béros : — ^ Homo hellhosu$,ftrocià et astuiidfori nulle no tempore impur. Ce baron ayan^ chaasé les moines de l'église de Coventry , ne Urda pas . selon eux, à eprouTer les cffeU de la v^geance divine. Ayant entrepris une guerre contre le comte de Cbester, Marroion chargeait ik la tr a de aes troupes un corps de farméii du comte; son cber^l. s'abattit, le carilier se cassa la jonibeca tombant, et il eut la tête cpnpée par un soldat avant qu'on pàt le secourir. Toute cette bistoiK<*f lapportm par OoilUniM de Newbury.
G'étak an vaste édifice qu'on regardait comme un fort imprenable ; de trois calés les flots de l'Océan entouraient la montagne , et le quatrième était défendu par dés remparts sotides et par un double fossé ^ : il fallait -passer sur un p6nt étroit avant de parvenir aux portes de fer de la cour princijiale; c'était un espace carré dans leqneldtss corps de logis élégans et vastes , et des tourelles de toutes les dimcmsionsy .projetaient les formes irrégulières de leurs ombres ; ici était le donjqn ; là une tour dont les créneaux se perdaient dans leis nuages , et d'où la sentinelle ponyait souvent voir la tempête se former an loin sur les flots^
C'est là que Marmion séjourna quelque temps avec sa suite y recevant un aimable accueil du. comte Douglas. Chaque jour de nouveaux courriers ou les signaux de la flamme leur apprenaient les divers succès de la guerre, ils surent d'abord que Jacques s'était emparé de Wark, d'Etall, de Ford y et plus tard du château de Morham*. Marmion en ressentit une peine visible, et Dougias-espérait que son prince ferait la conquête de tout le Northumberland ; mais on ajoutait tout bas au récit de ces premiers . avantages , que, laissant fondre so|i armée y le roi passait les jours dans les fêtes a?ec l'artificieuse épouse de Hugh H«ron.^ Je laisse aux chroniques toutesces anecdotes ; je ne veux célébrer que la bataille de Flodden , et non faire une. histoire.
Oi^pprit enfin à Tantallon que l'armée d'Ecosse avait assis son camp sur cette haute colline qui domine fièrement la plaine de l^mified; et que le. brave Surrey, ayant rassemblé de nombreuses troupes dans les provinces anglaises , marchait contre les ennemis , et campait à Wooler. ' .
Semblable à un coursier qui entend de loin le son guerrier de la trompette 9 lord Marmion commença à perdre patience. — Une me convient guère > disait-il, de me cacher dans un château comme une vierge timide, lorsqu'il se prépare une bataille : il faut que j'y assiste ; ce serait une honte si elle se donnait sans Marmion» Il
T. Dorant U régence, après la mort de Jacques V, la reine donairière, Marie deGnise, délira placer vne garnison française à Tantallon, ainsi qu'elle Pavait déjft fait à Dunbar et Jinchkeith ponr mieox maîtriser les seigneurs enclins à la réforme. Elle chercha d'abord -à s'assurer le consentement dn comte d'4ngus. Il s'occupait alors à nourrir un faucon qu'il tenait sur le poing et s'adiressaçt seulement à l'oiseau , tandis qu'il laissait la* reine libre de se faire l'application de aea paroles t — Le diable est dans ce milan goulu, dit-il, Jl ne sera jamais rassasié. » Mais, la reine insistant , sans paraître le comprendre , Angns répondit avec' la fadeur tl^un noble feudatairè : •— (c Oui, Madame, le château est à vous; jk Dieu ne plaise qu'il en soit autrement Mais , par la paissance de Dieu, Madame I (c'était son serment habituel ). je serai le gouverneur du cbitean, et je vous le garderai aussi bien que tont autre que vous pourriez }r placer, m ( Anti^té* prorinciaUt 49 air YfàktK Scott , vol. II , p. 167.)
282 SUQMION. ce. v.
me semble , d'aiUeiinii sans saToir pourquoi, 91e te CtoingUs me traite aVec moins de courtoisie. Cep çst fait , je Tais Ipi dir^ adiea. Marmion ordonna à ses j^eiis. de se tenir prêts à partir an Ipy^ ^ l'aorore.
ïft DU CHANT CIMQUIEUE.
nmiODUCTiON
AU CHANT SIXIÈME
▲ RIGHABD HEBSa, BSQ..
AuxmSy ifùf^n gimisse le foyer... Le ymit est £roid| mcds laissons-le Bonfller tout à son aise , et pasiens joyeiMiBiiieiit la veille de Nêël. On a pensé ^Ans tout lee siècles que le rcdâonTellemènt de Pinnée devait être consacré aui^ festins et à là joie. Les Danois ecx^némes , anx jours du paganisme , eélâiraient llole * , en ver^ ont rhydrômel à grands flots ; ils fixaient leurs vaisseaux à la nve, .et tout Fé^iuipage prenait paît à la ftte. Réunis sousFétrdte hatte en bois de pin dont leurs haches et leurs boucliers ornaient les murs, ils dévoraient une viande encore saignante, et l'arrosaient de bière noire. Au milieu des djébris du banquet y -ils. écoutaient a^ec un féroce plmsir les chants d'un si^alde vantant Itt déttcea d'an jour de bataiUe; soudain ces bidedx convives se levaient, sains d^in délire frénétique ; leurs cheveux roux flottajient êpnrh sur leurs épaules, et leurs danses sauvages autour du foyer rappelaientles baii>ares plaisurs du palais d'Odin.
, !• L'iule \9je8 Ofenol», dan^ les tempk da paga^iisme («t ce mot s'emploie encore en Bcosse poiir désigner la ^oël ^ , était célébré par de grandes réjouissances. Les, D|ipoù faisaMpt édptcf leur jjpip ^ Ubie en se jetant les ans aax autres les os qu'ils ataiédt rongés. Torfaeus nous a fait à ce sujet, dans son histoire de Krolfe Kraka, un récit long et curieux sur un nommé HotU , qui habitait la COUT de Daoemarck. IL fut tellement assailli de ces projectiles, qu'il se construisit un retranchement rormidable contre ceux qui voulaient continuer la raillerie. Les danses des guerriers du nord fptour w leur» énormes feux de pin sont rkpportées par Olaûs Ma'gutii». Cet aiitétir nota apntend qulU <w»aientavec nne telle ardeur, que ïi l'un d'eux tenait )i Ucher là maita , il était làncë datts \e fed •vec la rapidité d'une fronde. Il en était incontinent retiré, et qn l'obligeait à bblrtt ttne «îértalj^ mesure de biàre. C'était une punition, disaient-ils, poor aroir dérangé le nu da rai
n était aussi ^en honneur chez les premiers chrétiens nos ancêtres, ce joar où l'année> achevant sa course , ramenait la î>ïoël hospitalière ; des rites religieux et domestiques saiictidaient la Teille de la fête ; la nuit de No^, toutes les cloches se faisaient entendre ; c'était la seule nuit de tonte l'année qjai vît le prêtre en étole élever le cailice des saints mystères ; la jeune fille se parait de ses plus beaux vêtemens , la salle du festin était décorée d'nne verdure consacrée, et l'on allait solennellemient cueillir le gai dans les bois ; la salle du baron s'ouvrait toute, grande au vassal, au tenancier, au serf, à tous. Le pouvoir mettait de cêté sa baguette de cpnmiandement, et l'étiqUette dépouillait son orgneil, L'héritier, avec desjroseites aux souliers, pouvait dan^çétte soirée choisir pour sa danseuse la simple fille du village ; et le lord, sans déroger, prenait part au jeu vulgaire de Posé and pair. Dans les transports d'une gaieté franche, tous bénissaient d'une commune voix l'heureuse nuit qui avait apporté à la chaumière comme an palais la bonne nouvelle du salut ^ •
Le feu , qu'alimentaient des troncs de bois sec , s'élevait avec nn murmure sourd dans la vaste cheminée; la large tablé de chêne qui, lavée ce jour-la avec un grand soin, avait repris tout son éclat , ne portait aucune marque pour distinguer la place da seigneur de celle del'écuyer. Bientôt on la couvrait d'én<Nrmes quartiers de viande, servis par des valets vêtus de bleu; au milieu s'âeVait u^e hure de sanglier conronnéie de buis et de romarin; le veneur racontait comment le monstre était tombé ; il disait combien de chiens il, avait percés de ses défenses, et ses derniers çffi)rts avant d^expirer. La liqueur circulait dans de larges pots garnis de rubans; sur la table famait le succulent aloyau ^, escorté da phmb'porridge et du gâteau de Noël. Dans cette fête solennelle, la vieille Ecosse ne manquait jamais de se faire honneur de ses oies savoureuses. Puis les masques entraient dans la saUe en chantant les noëls ; si le concert n'était pas mélodieux , au moins il p^' lait au cœur et inspirait la joie. On pourrait peut-être trouver dans ces fêtes quelques traces des anciens mystères. Une chemise blanche suffisait pour se déguiser, la suie qui barbouillait les joues tenait fieu de masque, et cependant sous quel riche traves*
X. Dans les pays catholiqoes romains, on ne dit jamais la messe dansXa nuit, excepte |*^*"'' Noël. Chacune des folies «vec lesquelles on célébrait jadis cette fête pourrait ^aire le sujet d uM oo» longue et curieuse.
AU CHANT SIXIÈME. J8S
tissement Tit-ou jamais des cœurs plus heureux? L'Angleterre était bien la joyease Angleterre , qaand le vieux Noël ramenait ses jeux. C'était Noël qui perçait le tonneau de la meilleure bière. C'était Noël qui racontait le conte le plus gai. Une bonne gambada de Noël entretenait le contentement dans lé cœur du pauvre pendant la moitié de l'année *.
On retrouve encore dans nos pays du nord quelques vestigesdece bon^eux temps; le titre de parent y est encore respecté, même à ces degrés éloignés où peut-être il n'est plus qu'un vain nom pour les peuples du sud ; car, dit un de nos proverbes, te sang est plus chaud que l'eau ^. Je n'oublierai jamais la description de ces fêtes de Noël 9 où mon bisaïeul (o), avec sa barbe grise , ses cheveux blonds et sa démarche vénérable, venait partager les réjouissances de ce saint temps. Ce jonr^là il consentait à rougir son eau d'un peu de vin , et son zèle pieux ne s'efiEEurouchait pas d'une honnête gaieté. Qu'il était loin de se douter alors que quelque jour il figurerait dans mes chants 1 Ce vénérable vieillard n'avait d'antre titre à la célébrité qii'une loyauté qui lui avait coûté cher. Resté fidèle à la race- bannie de nos r6is, il perdit ses terres... mais il conserva sa barbe. "
•Dans la demeure chérie que j'habite, une rÂception amicale s'unit à une aimable liberté ; la cordialité en chasse la contrainte ; on se soucie peu du vent et de l'orage , et le temps s'envole sur les ailes des plaisirs et de la gaieté : oui , la retraite de Mertoun est belle, même en ce niôment où il n'est plus une feuille qui orne les branches. La Tweed se plaît à serpenter au milieu de ce vallon , dont elle ne s'éloigne qu'avec regret; elle réfléchit tous ses sites dans Je miroir de son onde , et semble l'embrasser avec amour. A nous aussi cette demeure est bien chère; comme la Tweed , nous ne la quittons qu'à regret.
Qu'il est juste, cher Heber, de penser à td la vaille de cette
T. n paratt certain qne les masques d'Angleterre, qni, comme l'nsage existe encore dans le Northomberl*nd, aTaîent coatume d'aller porter dans tontes les maisons voisines lé soc de la charme, oisif dans cette saison ,^et les gw tards d'£cosse , qui ne sont pas encore totalement tombés en désnétnde, nous offrent ane image imparfaite des ancims mystères. Ces mystères sont aussi l'origine du théâtre anglais.
En Kcosse (mëiptottsu) nous 'avions rbabitude, avec les enfans de mon âge, de prendre les rAles des apôtres, on dn moins ceux de Pierre, de Paul, et de Judas Isoariôte. Le premier avait les clefs , le second portait une épée , et ^e troisième un sac dans lequel on déposait les pièces d'argent que nous réapltions dans le voisinage. L'an de nous faiàait aussi un cl^aropion en recitant quelque vieille ballade; un autre était.... « wtf/cMndlrs , roi de Maeédomtt'qui eomqmtiê WMndt entier, excepté P Ecosse ; et aui ,- lorsqu'il vint pour Fattaqner, sentit sa 9tUmr se refroidir en wojrnnt tute natùfn si coùra^ gease et si /èr». » Ces vers, et plusieurs autres» étaient récités par routine et sans suite; noot avioDS aussi. Je crois , un saint George.
a. Blood is warmer tkan mater, Provcfbe qni sert à jostifisr nos préventipiiB de famille.
286 onitODucrnoit
joywMlÉie f qaedd BMmeoi déUoieax elle tioiu rappelle ! GoboImi 4e Cm n'aToas'iieii» pas écoi^té ensemble Ict cledie de làiiiiiit ! Su»pends I Gtk0r Hebori snspends nu moment teè gfàTes dteupations; laisseen paix- ces roliunes clasaiqaefl qœ i^ona ont légiiéa Ife» Glacis et lea LatîJDS s certain^lnent p««onne neles possède miemc que toi ; et sans donte ces anciens, comme disait' Ked Bluff > étaient de fsrt aîmablee gens dans leur temps ^ i mais tout changé ayee les sièfeles, 0t la yeille de Notii il faut des contes de f^es on de chevalerieé.... Profane I qnoil dbanddnner les grandes créations desancienu, lenr prose snblknè et lenr diyine poésie , ponr sniTrë dans le rorfaume de jia féerie quelque spectre oti quelque magicieDPéM Mon f èher HAer^ mais ayant de ctitiquér, éconte ma défeiise : pOur<pioi Leyden ^^ hâasi ne peut-il plus itie prêter le i^ecoande son yaste sayoiri
Je poûarrus te dite qtte dans le royaume des morts.». Ulysse traeOntra Fombre d' Aldde ; le fantd«ie de Polydore apparut à Enée sqr les riyi^fès de TUrace ; (piant à des prodiges , nous ioyons doos Tilè-Liye 1^ U^mitu bo$ à diàqtie page , et èe bœuf parlé aussi (ràyeniiçnt que s'il cridt le ptix. des fonds publics f on que à'il te&ait à Rome la place d'un membre du conseil-commtfu*
Tcmles les nations ont ed leurs présages fatoris itt kfars tiràditîons populaires (p). Hegattte le pafy^san de Gambrie. . • V6is avec quel soin il étke Glendowerc^ et l'arbre des esprits 1 Interroge ce montagïiaM dbnt la ckyiiiorc conquit la tietoire sur les bords de Ifaida, il pâlita tout^à cdup si tu lui demandes le yei^durài m&ti& quelque histeite de reVenant ; il craindrait de S'exposer à la Tcm- (eance du roi dtes fées^ qui^ ce jour-là , quitte sa yertô demeure, et, inyiflîble à tous les yeux> se promène au milieu dès enfens des hommes»
1. AnldlNil était ÀiifOT^ aiteâble ga^çodi Mottskar; otxi, ubfdrt «im^ble gàt^n ddnt 80li ItopS'
CoxonàTs» (XdBaehelor,
BXCTO*.
Ce Ôénitme, ttonsieiif , est no ejweUeot homoMU £twt-aae Paris ^
Non , il était de Rome.
ReghaId. te Joueur,
,. ;». ^flîm i^den/qni avait été tsfe utile à nr Waker Scott dans le tnmiH prép«tal0te« é» Btrèlr JÛtins^^/., s'e«ih«i;(|Da poor l'inda en avril laoS , et maonrt à Jara ai» mloiè d*âo^'>9it,ittit
Î!àvoir atteint sa traata-sixièim «mée. -> Gea ligafes to«abaiHea.l«i ont^ été ttftaêaé» p<i' B poète.
« LrewK diastés par «na tiarpe aifjoarairaS nftiètte, il a cessé de vivreT celai qui roiai cflâ)ra ' n est éteint ce fiUmbeaa qui aimait à répandre au loin la clarté du saroir* Vu liTlge étrsAS^ * '^'^ le dépdt de^ ««idiMt 4s l«f«iBl (£or/i^dMb», diMt ▼« MlHM» tl.>
ÂÊiu jutiais^ ^er Aini, pê«§é 'sans Itt totir ile FfftnchenMmt ^^ {ni «enibie'flaspendiie coiiiilié PftiFd de Fld^e sur la rrtière 6t M kameàai lek paysans racontant qaa oiss vOfttéa profonde ifscèleilt OB riohe trésor^ fimit des rapiites et dé la tyrannie an detnier seS^ gnent de Ftai&clleniont. Le cofffe-fort anqtiel'il est eotifiéert fermé par d^ënonnes Terrons ; près de Ik ëât aœilt nn yenënf, âénti&eUe vigtlantë , àyec son cor SUspendn k àôii é^iMle, et S6h conte&il diB éhasse attaché à sa ceinture. A ses pieds sont Côttchés seà filoiM fidèles. Si ce n'était son œil sombt^ dont ancnn ttéimne he peut soutenir te r^àrd amer, on le prendrait pont: fm cbàSàénr* qui a ^Ihs fttne Mb sonné du cor et foncé sa hiëttte sût le gibier, banè leiDiême donjon est un yieux prêtre magicien qni fait tons Sek efforts pour chasser le fantdme ennemi et s'emparer de ses richesses. II s'est écoolé cent ans depuis qu'a commencé cette lutte, et ils en sont encore Tnn et l'autre au même point. Souyent les paroles mystérieuses dn nécromancien font tressaillir et hurler le démon obstiné^ souyent elles ont brisé les barres de fer et les cadenas qui défendent le précieux dépôt ; mais à peine ouyert, le coffre magique se referme «inssitôtsur lui-même ; cette lutté doit durer jusqu'au joor du jugement, à moins que le magicien ne paryienne à. prononcer le mot quf produisit le charme quand le comte de Franchemont ferma la cassette enchantée : déjà cent ans se sont écoulés-, et à peine a-t-il pu dire trois lettres.
Ces superstitions si uniyersellement répandues doiyent faire excuser tout ce qiiè dit le yieux Pitscottie : c'est à l'un de ses contes que je dois l'idée de ce messager céleste qui yient dans l'église de Lithgow ayertir le roi d'Ecosse ; c'est lui qui rapporte aussi la citatiou de l'enfer. Pardonne-moi le conte du moine de Dnrham et son fantôme armé de pied en cap. Daigne excuser aussi le graye Fordun , qui raconte l'histoire de la cayeme de Gifford.
Hais pourquoi te citer tous ces auteurs , à toi qui dans on instant
X. J'ai trouvé dans l6 jqiimal de l'ami auquel le cinquième chant de ce poëme est dédié la notice suivante:
« Apràs avoir passé le joli petit rUlage de Franchemont, près de Spa , la route conduite travers plusieurs vallées délicieuses sur un plateau élevé d'où l'on aperçoit l'ancien château, qui estactuelle- Qent le sujet de-plusieurs légendes superstitieuses. Les paysans du voisinage croient fermement que le dernier baron de Franchemont a déposé dans un des caveaux de son manoir une cassette contenant un trésor immense , qu'il a; au moyen d'un charme magique» con6ée au soin du diable ; celui-ci» gardien fidèle , reste toujours assis sur le coffre» sons les traits d'un chasseur. Quiconque ose y potter la main est aussitôt frappé de paralysie. Un saint prêtre fut une fois conduit au caveau ; il employa ^ Tain les exorcismes les plus puissans » le chasseujr resta immobile. Enfin il dit au prêtre qu'il abandonnerait la cassette s'il voulait écrire son nom avec du sang. Lb saint honimi; refusa » non sans l'aison , car il aurait ainsi livré son ame au diable. Cependant le démon fuirait sur-le-champ si l'on ponvait découvrir les paroles mystérieuses prononcées par le dépositaire du trésor. J'ai recnirilli plasienrs histoires du marne genre de la boucne d'un villageois qui lui-même a va le diable aou la forme d'ua gros chat.