‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 83 sur 134 · ARGUMENT · texte numérisé non relu

ARGUMENT

La scène de ce poëme est placée principalement au ▼oisinage du lac Katrine , dans les Hi§h1a4 de l'Ecosse occidentale , comté de Perth. Le temps de l'oction comprend six jours, et chaqae j^ «st le sujet d' an chant. ^

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Après le saccès de Marmon je me sentais porté à dire comme Ulysse dans l'Odyssée :

O&Toç (xèv ^^ aeOXoç âdcaTOç éxT^TeXeirat, Wuv auTC (ncoTTOv oXXov.

QflTssis, 8, Ut.V.

tt Ce combat si pénible eftt enfin terminé. Maintenant essayons, mes braTcs, si jepois atteindre à na autre but. »

Les mœurs et les coutumes anciennes de la race aborigène qui habita les Highlands de l'Ecosse y m'avaient toujours paru éminemment £aYorables à la poésie • Le changement de leurs usages ayait eu lieu presque de mon temps; j^avais appris au moins plusieurs particularités concernant l'ancieia état des Highlànders, d'honmies âgés appartenant à la dernière génération y et le vieux gaël écossais m'avait toujours semblé devoir se prêter aux compositions poétiques. Les haines et les dissensions politiques qui, un demi* siècle plus tôt, auraient éloigné la portion la plus riche et la plus florissante du royaume de s'occuper d'un poëme placé dans les Highlands , étaient alors remplacées par la généreuse compassion que les Anglais ressentent, plus que toute autre nation > pour les infortunes d'un honorable ennemi. Les poèmes d'Ossian ont assez montré, par leur popularité, que si les sujets highlanders étaient

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susceptibles dlintéresser le lectear, des préjugés purement nationaux ne viendraient pas s'opposer à leur succès.

Cette romantique contrée , où j'avais l'habitude de passer une partie de l'automne , m'étatt connue pat de nombreuses lectures, par mes propres observations ^ et plus encore par tout ce que j'avais «bteodn ; les ^i\e^ du l^c fLatni^^ se liaient pour moi au souvenir de plus d'un ami bien cher, et me rappelaient les joyeuses excnrsions d'un temps passé. Ce poëméi dont l'action s'écçule au milieu de scènes si belles et si pi^fondément gravées dans ma mémoire, fut un travail fait avec amour y et il ne m'est pas moins doux de m'en occuper aujourd'hui, f^a coutume particulière à JacqqiBS IV, ^\ ^i^rfont à Jacques V, de parcourir leur royaume incognito , me fournit l'idée d'un genre d'incident qui ne manque jamais d'exciter l'intérêt pour peu qu'il soit conduit avec la moindre adresse.

Je puis avouer à présent que le plaisir causé par cet ouvrage ne fut cependant pas exempt d'inquiétudes. UA proche parente, qui, pendant toute son existence y me permit l'affection familière d'nn ^^e, r^id^it a^ors pr^ de moi ®( m^ demandait souvent quel motif me rendait si matinal (les premières heures de la joarnée étant celles où je travaillais le plus facilement), je finis par lui confier le sujet de mes i^éditati^nÇy et je n'oublierai jamais avec quelle affectueuse sollicitude elle me répondit : — Ne soyez pas si imprudenty mo^ très cher cousin S ^ous êtes déjà populaire, — plos peut-être que vous ne l'espériez , et plus même que moi et d'autres amis prévenus n'auraient osé s^en flatter .Vous êtes placé très haut, — ne risquez pas de glisser en faisant une tentative hasardée; c^y SQy^z-ensâr, un favori ne peut pas même chanceler impunéq^ent. Je répondis à ces aSèctuenses observations par les paroles

« Ole pas osfir risquer de tout perdre pour tout gagner , c'est «peindre trop la fortune ou avouer son peu de mérite. »

— lU jç reçois un échec , ajoutai-je, car la conversation est restée fortement empreinte dans ma mémoire , ce sera une preuTe qoe je n'aurais jamais dû réussir ; j'écrirai en prose le reste de ma vi^, vous n'apercevrez aucun changement dans mon humeur, et

I. La datoe arec laiyoeUa sir Wtlter Scatt rat cat antretien, ëttit sans donte sa tante miss Chris* tîoe Ruthetford; à i'epoque où cette introduction fat écrite, il n'ayait encore perdu aQcunep>* XMMe qu'on poissa supposer aTOir été oonsultée par lui sor des questions littéraires. Lady Dpuict | an Toyant le corps de Tybalt s'écria :

« Tybalt , non cousin! Tanfant de ma sœnrl»

A u mm DU I.AG. m

Vive lo joli b«nnet hl«o, le pç^ud»

La plamc, H courage f

Je mcaitm ensoiu le premier chant èa poëme à ce censeur inquiet et bienveillant , et il la réconcilia avec mon impradence. Gq)Qiidant y malgré Fassnrance de mes paroles dictées par Pobsti- Qfttion qa'^m a souvent dit être le propre de cenx qui portent mon 9091 , j'avoue que ma confiance fat fortement ébranlée par lés avis émanés d'an goât si sâr et d^ane amitié éprouvée y et je ne me mtis pas trèseneoaragéy en Pentoidant rétracter son jugement pea favorable, lorsque je réfléchis à quel point sa partialité pour iRoi avait dû influer sur ce changement d'opioion. En semblable çecan^ice Fafiection ressemble à la lumière habilement répandue sur ui tableau; elle fait ressortir avec avantage les teintés heuïwses et jette une ombre sur les défauts.

<h me soBviens que vers le même temps un and tel que le chas- SMi^ de l|k vieille ballade , avec son bon fasil , vint ranimer mon ^ ^sfm 2 e^était un simple fermier, mais un homme en qui une forte mteUigeaee, «n bon goût naturel et un vif sentiment de poésie i^plaçaient plonement les lacunes d\ine éducation incomplète tt irrégulière ; il étai^assionné pour les plaisirs de la chasse, aux« fisb noua nous livrions souvent ensemble.

Un jour qa'il vint dîner avec moi à Ashestiel, je saisis l'occasion de loi lire le premier chant de la Dame du Lac , afin de m'assurer dfil'e&t que le poëme produirait sur un individu qui n'était que l^nprésentant trop fidèle delà plupart des lecteurs. On doit bien nppoiec que je me décidai à fixer mon opinion plutôt par Fim* pi«stioB que mon ami paraîtrait éprouver que par ce qu'il jugerait ^venable de dire. Son maiptlfen fut d'abord assez singulier ; il ^la tt^dn aur son front, et écouta avec une grande attention tous ks dékaik de la chasse au cerf jusqu'au moment où les chiens se jettent d'eux-niêinesdans le lac pour suivre leur maître qui s'em- '^^l'W avec Hélène Douglas. Il tressaillit alors \ une exclamation s^daine lui échappa, et, frappant sur la table, il déclara, avec ^ aocem mécontent approprié à l'occasion , que les chiens avaient ^ ^re totalement rainés en les laissant se mettre à l'eau après uasi rodes fatigues. J'avoue que je puisai beaucoup d'espoir dans I espèce de rêverie qui s'était CTiparée d'un amateur si zélé des l^sx de V^mifp» Nâurod , et qui avait si complètement dissipé

ai.

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tous les doates sur la réalité de llûstoire. Une antre de ses remarques me fat moins agréable; il décoamt Tidentité dn roi avec l'aventnreax cheyalier Fitz-James lorsque celui-ci sonna du cor pour appeler sa suite. Il est probable qu'il se souyint d'une vieille ballade assez gaie et quelque peu grivoise où une intrigue royale se dénoue ainsi :

a Saisissant un cor suspendu à sa ceinture , il en tira un son aigu et perçant ; aussitôt vingt-quatre chevaliers, couverts de leur armure, s'élancèrent sur la colline ; il prit alors un petit couteau, laissa tomber ses habits vulgaires, et devint le plus élégant de tons les gentilshommes qui Fentonraient. Désormais , nous cessâmes

de rôder, etc.. »

Cette découverte, comme le dit M. Pepys, lorsqu'il s'aperçut de la déchirure de son manteau de camelot , n'était qu'une bagatelle ; cependant elle me troubla , et je consacrai beaucoup de temps à effacer tout ce qui me parut propre à laisser deviner mon secret avant la conclusion ; car j'avais placé sur lui, pour produire de l'effet, ce même genre d'espoir pour lequel on prétend qu'un pos- ' tillon irlandais réserve toujours « un temps de trot pour l'avenue.» Je vérifiai avec un soin tout particulier l'exactitude des circonstances locales de cette histoire. Je me rappelle entre autres que j'allai dans le comté de Perth pour m'assurer si le roi Jacques avait pu se rendre des bords du lac Yennachar à Stirling-Gasde dans l'espace de temps supposé, et j'eus le plaisir de me convaincre que la chose était tout-à-fait praticable.

Après un long délai , la Dame du Lac parut en juin 1810; son succès fat certainement assez grand pour me porter à croire qae j'avais au moins attaché un clou dans la roue de la fortune si inconstante d'ordinaire, et dont la stabilité, en faveur d'un individu qui avait osé tenter l'épreuie trois fois de suite, n'avait pas encoreéié ébranlée. J'avais peut-êtreatteint ce degré de réputation auquel la prudence et une certaine timidité auraient fait halte et mis un terme à des efforts par lesquels il était plus que probable que ma renommée s'affaiblirait au lieu de s'accroître. Mais, de même que le célèbre John Wilkes, qui passe pour avoir dit au feu roi qu'an milieu de sa plus haute popularité lui-même n'avait jamais été un wilkiste^ je puis, en toute sincérité, me disculper d'avoir jamais été partisan de ma propre poésie, même lorsqu'elle jouissait de la plus grande vogue, il n'est pas à croire que je fusse assez ingrat ou assoz follement candide pour mécon^uaitre ou mépriser le mante

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