‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 84 sur 134 · A LA DAME DIT LAC · texte numérisé non relu

A LA DAME DIT LAC

de ceux dont la voix m'ékvait beaucoup pins hant que je ne pensais l'avoir mérité. Je sentais y an contraire y la pins profonde gratitude pour le public , en recevant de sa partialité pour moi ce qui n'était pas dû an talent; et je m'efforçai de justifier la fayeur dont j'étais l'objet, en continuant de me livrer aux travaux qui pouvaient contribuer à son amusement.

11 se pourrait qu'en agissant ainsi , je n'eusse consulté ni l'intérêt da public ni le mien. Mais le premier avait des moyens efficaces de se défendre lui-même, et pouvait par sa froideur réprimer chaque tentative hasardée ; pour ce qui est de moi , j'avais depuis plusieurs années consacré un si grand nombre d'heures à des occupations littéraires, qu'il m'aurait été difficile de trouver un autre emploi pour mon temps. C'est ainsi que , semUable à Dogherry, je prodiguais généreusement tous mes loisirs au public, m'encourageant par laréflexion que si la postérité me jugeait indigne de la faveur dont j 'avais joni auprès de mes contemporains, aonseraitforcédereconnaitre qne j'ai possédé la palme, » et que, pour un temps du moins, cette popularité si enviée a été mon partage. Je compris néanmoins qne j'occupais le poste distingué que j'avais obtenu, moi indigne, plutôt comme le champion du pugilat S sous la condition d'être toujours prêt à faire preuve de mon talent, qu'à l'instar d'un champion de la chevalerie, qui remplissait seulement sa charge en de rares et solennelles occasions. Bien convaincu que je ne pouvais, en aucun cas, conserver long-temps une position où le <^price, plutôt que le jugement du public, m'avait placé, je préférai être privé de ma pr^éance par un rival plus digne , à la perspec- ^ve de tomber dans le mépris par mon indolence, et de perdre ma réputation par suitede ce que les légistes d'Ecosse nomment la près» cnpiion négaUve.CevLX qui voudront bien parcourir rintroduction de Rokeby, y verront de quelle manière le poète s'est effacé pour faire place au romancier; comme la reine Ëléonore tomba à Gharing- Cross pour se relever à Queenhithe, dit la ballade.

Il me reste seulement à dire, que durant une courte prééminence de popularité , j'observai fidèlement les règles de modération que je m'étais imposées avant de commencer ma carrière littéraire. ^1 un homme se décide à faire quelque bruit dans le monde, il est ^nssi sftr d'être en butte aux injures et au persiflage, que l'est celui

* * Pendant deux fois chaque année, le premier poète moderne, semblable au champion dons \h\ cie de boxeurs, est appelé a soutenir ou à prouTer son titre , tout imaginaire qu'il est, etc. » — ^•'« /«on. chant XI, st. fs.

m INTRODUCnôl^ k lÀ DÀMt Du LAC.

qal s'aTÎse de tmTerier im village att grand gdopr, d^dlx^ Biâdtt^ par lia abaiemem dai chiena. L'expérience nons apprend ^'èn a'arrèca&t pour ohtder ces aimnaiix importans » le cavalier s'expoie à «me chnte désagréable ; la tentatlTe de punir on eriliqoe malTeillant n'est pas moins périllease ponr rantenr. D'après ce principe, je laissai les parodies^ les satires et les péurds passer) et tairiis qoe ces derniers rittaienl avec le pins de vioknce f j'eus le soin de ne jamais les rekTer, comme font les écoliers ponr les rejeiw an méchant enfant qni y a mis le fsii> ïÈKt rappelant qn'ito sont, en pareils eas, enjeu à éclater dlin» la maiii. Qu'il me eeit permis d'ajonter qne mon règne ^ (poisqM 9fnfà rappelle ainsi ) Ait maïqné par quelques preuves de lk>n naturel aussi bien qne de patience. Je n'ai jamais refttsé dé ï^endi^ à tta écrivain de quèlqne aiérite les services qni pouvaient lui apkilir les d^cttltés de la carrière, et j'ai eu l'avantage, — l'irriiabilitéde notre race le rend assez rare ^*-^ jouirde la faveur générale s«is encourir la malveillance permanente d'auoan es mes eomempsrains> dtt moikis autant que j'ai pu le satw. W. 6.

i^botsford» aTxil x1S3o.

z. M 'Sir Walter régM ayant moi, etc. » *^ Don Juan, chant xx , st 57.

LA

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