‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 89 sur 134 · IT · texte numérisé non relu

IT

Aa moment où ces derniers accords expiraient sor Tonde, h nacelle atteignit la plage opposée. Ayant de poursuivre sa route, rétranger jeta un regard d'adieu sur l'île, où il put facilement reconnaître le barde appuyé contre un arbre miné, et blanchi conmie lui parle temps. Livré à ses méditations poétiques, il levait son front vénérable vers le ciel, conmie pour demander au soleil • une étincelle de sa flamme divine. Sa main, posée sur les cordes de sa barpe, semblait attendre le rayon inspirateur. Il était immobile comme celui à qui le juge ya lire la sentence qui le condamne : on eût dit que la brise n'osait souleVer une seule boucle de sa blanche cbeyelure, et il semblait que la vie yenait de l'abandonner ayec le dernier son de sa harpe.

Près de lui, Hélène, le sourire sur les lèyres, était assise sur une roche tapissée de mousse. Quel objet excite son sourire? Est-ce le cygne majestueux qui glisse en fuyant sur le lac , tandis que son épagnenl aboie de la riye, et n'ose poursuivre cette noUe proie? Jeune fille qui le savez, dites-moi pourquoi les joues diiélène se colorent d'nn incarnat plus vif?... — Peut-être souIiai^ elle en voyant le chevalier s'éloigner à regret, lui dire adieu de la main, s'arrêter et se retourner sans cesse. Beautés aimables, avant de condamner avec rigueur Théroïne de mes vers, nommez-moi celle qui dédaignerait de suivre avec des yeux satisfaits une sem* blable conquête.

Tant que l'étranger s'arrêta sur le rivage , Hélène feignit de ne pas le remarquer : mais, quand il s'éloigna à travers la clairièrei

Page 1