‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 91 sur 134 · I. Armoiries de DonçUs» Voyez Marmion · texte numérisé non relu

I. Armoiries de DonçUs» Voyez Marmion

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badinage. Qui peut, dans les solitudes àe Toiiest , sourire en nommant Roderic? Je le yis immoler de sa main un chevalier dans HolyiRood; je le vis retirer da corps de sa victime sa dagae sanglante (r): les pales. coortisans s'écartèrent pour laisser passer l'impitoyable homicide; et depuis/ quoique proscrit , il a sn conserver fièrement ses domaines des montagnes. Quel autre que loi e&t osé donner — maudit soit le jour qui m'arrache cet odieux aveu! — quel autre que lui eût osé donner asile à Douglas , àl>ooglas désavoué par tous ses nobles pairs comme un cerf poursuivi et blessé ^ ?

Hélas 1 ce chef de maraudeurs a pu seul risquer de nous {«rotéger ; et maintenant que tes jeunes appas se sont épanouis , il voit sa récompense dans le don de ta main : en peu de temps les dispenses nécessaires peuvent être apportées de Rome , et venir à l'appui de sa demande. Alors, quoique exilé, ton père, en vrai Douglas f inspirerait de nouveau le respect et la crainte à ses ennemis : mais 9 quoique Roderic t'aime assez pour se laisser guider par toi avec un fil de soie , et pour sacrifier ses terribles volontés à tes désirs y cependant , ma fille chérie, garde-toi d'en parler légèrement ; ta main touche la crinière d'un lion.

xni.

— AUan y reprit Hélène, et Tame de son père brilla dans ses yeux , je sais tout ce que je dois à la famille de Roderic ; lady Marguerite a eu pour moi tons les soins d'une mère , dqpuis que la fille de sa sœur est devenue orpheline dans ces déserts. J'ai contracté une dette plus sacrée encore envers le brave Chef, son fils, qu protège mon père contre la vengeance du roi d'Ecos^ : si je pouvais m'acquitter avec mon sang, je le donnerais volontiers à Roderic. Oui, Allan, il peut demander mon sang et ma vie.... mais non ma main. Plutôt que d'épouser Thomme qu'elle ne peut aimer, Hélène Douglas préférerait s'ensevelir dans le cloître de Saint-Maronan ^, ou même aller au-delà des mers , errer sans asile et implorer la froide charité des hommes dans ces lieux où jamais ne fut prononcé un mot écossais , où jamais le nom de Douglas ne fut entendu.

X. La situation de cette famille, si paissante avant son esil , n'est point exagérée ici. La haine qoe Jao^cs portait an nom de Douglas était si invétérée . que quels que fussent le nonriire de leurs allies et le mépris qu'on faisait alors de l'autorité royale, aucun de leurs amis n'osait les accueillir que souji le plus grand secret.

a. La paroisse de Kirkmarnock tire son nom d'une chapelle dédiée k saint Maronoch , Marnoe oa Maronan. La fontaine qui était dédiée à ce bienheureux patron a aigonrd'hui un peu perdu dei ▼«rtua qu'oa lui attribmit autrefois.

Ta balances ta tête blanchie, ami fidèle; tèé regards ne me disent en fayeur de Rodeiicrienqneje n^ayoae. Oui, Roderic est vaillant ; mais il est terrible comme la vagne menaçante de Bracklimi^; Ù est générenx,.,. excepté qnand nn transport dç vengeance ou de jalpusie embrase son cœur. Je conviens qu'il est fidèle à ses amis comme sa claymore l'est à son courage ; mais ce même fer s^ait plus susceptible de pitié pour un ennemi que le cœurdeRodéric.

n est libéral quand il s'agit d'abandonner à son clan le butin qa'il rapporte à travers les lacs et les ravines , après avoir laissé des monceaux de cendres rougies de sang dans les plaines où s'é'* levait un riant hameau.

J'honore la main qui combattit pour mon père, comme doit l'honorer la fille de Douglas ; mais pourrais-je la serrer dans la mienne qaand elle s'ofbv à moi toute fumante du sang des malheureux cultivateurs égorgés dans leurs Chaumières? Non! plus les qualités de Roderiç répandent d'éclat, plus elles font ressortir ses passions et son orgueil ; elles sont comme l'éclair dans une nuit obscure.

Encore enfant (à cet âge l'instinct nous fait distinguer nos ennemis de nos amis ) , je frémissais à l'aspect de son front farouche , de son plaid ondoyant et de son noir panache. Pourrais-je aujourd'hui sonf* frir son air hautain et superbe? Mais si c'est sérieusement que tu attribues àAoderic la prétention de devenir mon époux, j'éprouve im sentiment de douleur , je dirais même de crainte si ce mot était connu des Douglas

Laissons là un entretien odieux : que penses-tu, Allan , de l'étranger auquel nous avons donné Fhospitalité?

— Ce que j'en pense ?. . . Maudit soit l'instant qui amena cet inconnu dans notre île! L'épée de ton père, fabriquée jadis par un art magique pour Archibald Tineman \ alors qu'apaisant d'andennes haines il réunit les lances des frontières aux arcs d'Hotspnr ; l'épée de ton père, en sortant d'elle-même du fourreau,

1. C'est ntèê d'un \kf tappeU h pomt de Bntdtibtm qn'antoirent en moiitagiMi Domm^ le Kéltie forme ane i>«lle cascade qui porte ce nom. Le pont est si ^roit qa*on ne le trarerse ^ère sans iMmbler. Royales yuês pittoresque» «rEe0SM, i toI. in*4. Taris, Chartes Gosselin.)

2. Archibald, troisième comte de Douglas, était si malheureux dans tontes ses entreprises, |B'il en acquit le snmom de Ttnemant du mot écossais f/jw, perdre, parce qu'il perdait ses •anjpagnons dans tontes les batailles qa'il donnait , etc., etc., etc. ( Voyes Vffùt»lr$ d9 Ujint^Uam

350 LA DAME DU LAC. gh. n.

nVtpelle pas annoncé l'approche d'an secret ennemi (^2)? Si on espion de la coar s'était introduit ici, que u'anrions^noaa pas à craindre ponr Douglas et ponr cette île » qu'on regardait aatrefoû comme le dernier et le plus siir retranchement do dàu d'Alpine!

Mais cet étranger ne serait-il ni un ennemi, ni on espion,... oue dira le jaloux Roderic ?... Je n'approuye pas ton geste de dédain. •• Rappelle-toi la terrible quereÛe <{ui s'éleya entre Maleola Grœme et Roderic quand tu onirris le bal avec ce jeune Chef , am fêtes du mois de mai t quoique ton père rétablît la concorde, k cœur de Roderic nourrit encore le feu mal éteint de ses ressend* mens. Prends donc garde. ••••

Mais écoutons s quel son frappe mon oreille ? Je ne puis distinguer ni le soupir de la brise mourante, ni le mnnnnre plaintif des bouleaux , ni le frémissement des trembles ; aucun souffle ne ride le lac; la blanche barbe de la filage ^ est immobile : «ependant, par la yertu de mon art, j'ai cru entendre». . écoutons 1 Je recoDnais les cornemuses guerrières qui font retentir an Unn le pihroc des montagnards. —

xyi.

Le barde et Hélène aperçurent à l'extrémité du lac quatre points obscurs» qui, s'accroissantpar degrés, parurent enfin quatre na* yires ayec leurs agrès et leur équipage : ils descendaient de Gleigyle et yoguaient à pleines yoiles yers jl'île solitaire.

Ils passèrent la pointe de Brianchoil , et en prenant l'ayantafe, du yent ils déployèrent an soleil le pin dessiné snr la hajmiièiedi fier Roderic»

A mesure qu'ils s'approchent on yoit étinceler les lances piques et ks haches d'armes. D^à on distingue 1^ tartans plaids et les panaches ondoyans.

. Les matelots s'inclinent et se redressent chaque fois que la frappe les flots» qui gémissent sons leurs efforts» étîncellent s'élèyent en yapeur. Les ménestrels sont sur le tUlac; ks ricl bander oUes qui ornent le bourdon de leurs eomemnses desce» jusque snr le sein de l'onde pendant qu'ils font résonner sv k l'antique chant des montagnes.

xyii.

Le pihroc retentit de pin» en plus s d'abord les son»^ ad»mj par l'éloignement et airr ôtés par les in^alités dn cap el de Is ki^

c. etUttu fii^mvfitmà de Uaa«9f Thràt i cofon^

arrivaient an, rivage de 111e i dépoullâs de tovie intonation trop rude. Mais bientôt on peut Ëicilement reconnaître les sons aigres et perçans de la marche guerrière qui appelle aux combats le clan d'Alpine. Ce sont des notes rapides comme les pas précipités de mille guerriers qui accourent au rendez-yous, et ébranlent la terre parleur course rapide. A un prélude plus léger qui exprime ensuite leur marche joyeuse » snocèdent le sigml dv cimibat , les clameurs confuses , le cliquetis des armes et le choc des boucliers. Après un repos dont le silence a quelque chose de triste, la musique retrace une nouTelle mêlée, la charge impétueuse , lexri de ralliement, la retraite changée en déroute^ et la Yoix de la Tictoire qui proclame le clan d'Alpine.

Ces sons bizarres se terminaient pai^ un murmure plaintif et prolongé qui aux clairons de la gloire fai&tyU^ succéder l'hymne funèbre pour ceux qui n'étaient plus ^ .

XTnié

Les cornemuses avaiffiit cessé de se faire entendre ; mais le lac et les coteaux répétaient une nouvelle harmonie; un chœur de Toix remplaçait les accords des instrumens guerriers ; cent vassaux de Roderie célébraient les louanges de leur Chef» Chaque rameur, incliné sur son aviron , lui imprimait nn mouvement ca« d^eé , semblable an bruissement des arbrtîs quand la brise d'hiver se glisse dans leurs l'ameaux dépouillés de feuilles.

Adan distingua le premier le chant entonné par le ehcenr , dont i)ientôt Hélène put auéisi saisir les accens guerriers^

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