LE CORONACH K
n n'Mtpliu l'homMor d«tiiloiita^iMi!
k rheare dn daoget dods rayons va porir.
Comme on toit l'onde f e tarir Qaïuid le soleil d'été va brûler nos campagne» I
< Mais «ne bienfaisante pluie Soudain dit rejaillir la sonrce dn coteav t
Duncan va descendre an toml»cau ; A noe conrt ponr toojonn l'espéninoe est rtyie 1 "^
La fancille dn labonrenr Epargne les moissons qni sont Tartes eneoie ••
Hélas I la toi» de la doulear apuAt snr le goerrier ^ui tombe ik son avrotvl
Le sonfHe des froids aquilons Déponille la forêt des Crailles jaunissantes :
La fleur qu'anjonrd'bui nous pleurons • J«ona encore » brillait de eonlenn «datantes I
Agile chasseur des epteanz »
Ta prudence savait préparer la rictoire; Ton bras nous guidait À la gloire ;
Dnncan , tu tas dormir du sommeil des -fombean^ I
Tel que la vapeur des montagnes , "'^ Td que le flot qu'on roit des monts jaillir sondsin.
Et fuir au loin dans les eampagnes> Lé héros, parmi nous , n'a ▼éen qu'un n^atin I
Voyez Stumah'y qui près du cercueil contemple d'un œil surpris le corps de son maître ! pauvre Stumah , qui au moindre geste de Duncan s'élançait plus rapide que Téclair ! mais il relève sa tête, et dresse ses oreilles comme s'il entendait les pas d'un étranger. Ce n'est point la marche ralentie d'un ami qui vient pleurer sur le guerrier qui n'est plus , mais l'approche précipitée de la terreur. Chacun attend 'd'un air effaré : l'écuyer de Roderic entre dans la salle, et, s'arrêtant près du cercueil sans faire attention à la pompe funèbre qui s'offre à ses regards , il élève la croix rougie dans le sang , et s'écrie :
I. Kons «épéteroas seulement, an snjet du coronach des montagntrdf » que c'est l'alnloa des frlandaia et l'ulalatns des Romaine.
a. Nom de chien qni répond à notre FidèU,
lia LA DAME DU UlC. ch. m.
> *^htremiÊW'nMiB'9atk la prairie de Lauièk; qu'on ae hâte de iure parooorir tmtslw diwiaiiies du clan i ce symbole radoaté.
xvm.
AogiiSy lliéaitier de Dnncan , s'ëlanee et saisit la croix fatak. Le jenne homme s'empressa d'attacher à son cftié la dagne et la claymore de son père ; mais qaand il aperçut sa mère qui ToBser- Tait avec nnedoalear maette, il se précipita dans ses bras^ et déposa snr ses lèvres le baiser de ses adieux.
— Hélas I dit-elle avec nn sanglot, tu m'abandonnes 1 — Mais non ; pars , montre-toi le filsMe Dnncan. ^
Angns jeta nn dernier regard snr le cercneil , essaya une larme, poussa un profond soupir comme pour reprendre haleine, et agita avec un geste de fierté le panache de sa toque : alors , tel qu'on jeune coursier de noble race qui obtient pour la première fois la liberté d'essayer son ardeur et sa vitesse, il s'échappe, et vole à travers la bruyère, armé de la croix de feu.
Sa triste mère retint ses larmes jusqu'à ce qiu'elle eût cessé d'entendre le bruit lointain de ses pas ; et, voyant les yeux de l'écuyer laisser tomber les larmes d'une sympathie que son cœur ne connaissait guère, elle lui dit:
— Cousin, il a terminé sa ciarrière celui qui aurait dû porter
ton message I Le chêne est tombé un seul de ses rejetons
est aujourd'hui le dernier appui de Duncraggan ; mais j'espère que le pieu de Torphelin protégera mon fils.
Et vous, braves vas^^aux qui, fidèles dans le danger, tiriez vos glaives de leurs fourreaux au premier signe de Duncan , courez aux armes! soyez les défenseurs de l'héritier de votre Chef I laissez aux feinmes et aux enfansle soin de pleurer le héros. -— . A ces mots le choc des armes et les clameurs belliqueuses retentissent daas la salle fiiaèbre : tous les vassaux détachent des murailles les claymores et les boucliers; un feu passager ranime les yeux abattus de la veuve, comme si ce tumulte cher au héros allait réveiller; Duncan dans son cercneil! Mais ce courage enàprunté s'évanouit bîentât; la douleur réclama ses droitSi et les larmes foulèrent encoee,
Benledi reconnut la croû^ de feu : elle briUa comme l'éclair snr le sommet de Strafhire, et parcourut les vallons et les collines ^
I. Ceux qui Toudromt connaître les pays qae parcourt la crois éé Sm flOToyée par RodcnCt doi* ▼eut la tuÎTre snr la carte jointe à ce poème.
ul crok de feu. m
Le jcwe AB|ia tte prend p&s^in leal inetm de i^^ms; il laine séÂer par la brise des montagnes la larme qm Tient moniUer at paquère^ U voit enfin rouler les ondes naissantes dn Teith , qui baignent la base d'nn coteau boisé, dont la Terdare s'étend jus^M «ar le sable de la rire : c'est là qne s'élète la chapelle de Saintefirigite, Lb fleuve était gonflé par la croe de ses eaax; lé pont était éloigné : mais Aagns n'hésite pas , qaoi^e les sdmbres flots bondissent et achètent d'ébloair ses yeox.déji troobléspar la ioi^ leur; il se précipite à travers le torrent qili écume et rugit; sa ■uindroite élève la croix ; sa main gauche a saisi sa hache d'armes pour guider et raffermir ses pas. Deux Ibis il chancelle»., l'écome jaillit au loin, le torrent gronde avec une violence nouvelle. •• Si Angns tombe... c'en est &it de l'orphelin de Duncraggan! Mais sa laain serre la croix des combats avec plus de force, comme s'il était an moment de périr. 0 parvient à la rive opposée, et gravit le sentier qni conduit à la chapdie.
Un joyeux cortège s'était rendu à la chapelle de Sainte-Brigite. Harie de Tombea s'unissait au jeune Norman , héritier d' Arman* dave. Les amis et les parens de Theureux couple passaient sous les arceaux gothiques » et allaient se remettre en marche après la cérémonie nuptiale. Les vieillards, en habit de fêté, souriaient au souvenir de leurs premiers plaisirs : les compagnons de l'époux cherchaient à exciter la gaieté des jeunes filles , qui feignaient de ne pas les écouter ; les enfans faisaient entendre leurs bruyantes clameurs, et les ménestrels célébraient à Tenvi les attraits de la noayelle épouse, dont Tœil était baissé avec modestie. Ses joues vermeilles rapjpelaient Tincamat de. la rosé sur laquelle étincelle nnc larme de Tauro're. Elle s'avance d'un pas timide, et sa main tremblimte tient les plis de son voile, dont le tissu a la blancheur de la neige.
Le fiancé marche à côté d'elle en la contemplant avec un air de triomphe, et l'heureuse mère lui parle à l'oreille avec lé sourire de la joie.
Quel est celui que le cortège rencontre sur le seuil du temple?. • . <Me messager de la terrenr et du trépas. U balbutie avec l'accent de la précipitation ; ses yeux nagent dans la douleur. Encore hunùde des flots du torrent, souillé par la ponssîère, respirant à
S72 LA DAME DU LAC. gh. m.
peine, il présente le signal des batailles, et répète les paroles de Malise:
— Le rendez-Tons est dans la prairie de Lanrick ; hate-toi, Norman, de porter ce signal.
Qnoi donc! font-il qu'il abandonne la main qn^nn saint nœud Tient d'anir à la sienne, pour s'armer de la fotale croiic et de Fépëe ! fant-il qne ce jour qui a commencé isons de si henrenx auspices, et qui promettait des plaisirs si dons à son déclin , sépare, aTant le concher dn soleil, on époux de celle dont il Tient de re*
«OToir la foi I Cruelle destinée I il le fauti La cause dn clan
d'Alpine, la gloire de Roderic, son terrible signal, ne souffrent aucun délai , il faut partir, — Norman ; obéis sans hésiter.
xxu.
Norman se dépouille lenf ement de son plaid , et fixe d'un regard attendri son aimable fiancée, jusqu'à ce qu'il aperçoiTe les larmes qui coulent de ses beaux yeux : hélas ! ils expriment une douleur qu'il doit renoncer à adoucir. N'osant pas risquer un second regard , il part en suiTant le cours de l'onde et sans tourner la tête, jusqu'à ce qu'il ait atteint le lac de Lubnaig.
Quelle pensée afBigele cœur de Norman ? C'est le douloureux sentiment dé Tespérance différée, et le cruel souTenir de ses Taines TÎsions du matin. A l'impatience de l'amour se mêle en lui la noble soif de la gloire ; il éprouTO cette joie tumultueuse des montagnards lorsqu'ils courent à leurs lances ; il brûle d'un zèle généreux pour son clan et son Chef ;. il se figure son retour prochain, et son triomphe lorsque, après aToir combattu aTOc Taleur, et portant sur son cimier les honneurs de la guerre, il pourra serrer sa Marie sur son sein. Exalté par ces idées, il franchit les ruisseaux et tes bruyères, rapide comme l'étincelle qui jaillit du caillou ; son enthousiasme martial et son amour inspirent à la fois ses chants.
xxm.
LE CHANT pu JEUNE NORMAN.
Mon lit ce soir sera l'honible bruyère , ^t mes rideaux le feuillage des bois : Bflle Marie, aux accords de ta Toix Va succéder une chanson guerrière.
Peut*étre encor qu^un pins pi ofond sommeil M'attend demain sur la plaine sanglante t On entendra gémir ta voix touchante; Mais ton-amant n'aura plu» de réTcilt
Je n'ôie plus me retracer l'inage De U doaleor qu'exprimaient tes beaux yenz; Je n'oie plus rerer à |ea adieoz; .
CesottTenir énenre mon cooragel
. liais qaand l'honnear appelle nos gae^en ,
Regret d'amoar à sa Toix doit se taire : ' Ooi , je le sens , m'a valeur sera fière
De mériter Marie et des lauriers !
S'il faut payer ces lauriers de ma rie , Si ton ami succombe au cbamp d'honneur , Un souTenir consolera son cœur { En expirant il nommera Mariai
llaii si , Taînqnenr > je Tiens )t tes genoux Goûter les fruits que promet la rictoire , Tes chauts d'i^mour k l'hymne de la gloire Ajouteront iHi charme bien plus doux !
JLaToix terrible de la gae^re retentit d'écho en écho dans tes plaines I ô Balqnidder ! Tel est, moins rapide peut-être , l'incendie qoi s'étend an loin pendant la nnit^ déyorant snr son passage les brayères de tes ravines et de tes vallons , enveloppant d'an voile de poarpre tes âpres rochers, et réagissant les sombres lacs qu'ils dominent M
Le signal belli^eux réveille les sombres échos dn loch Yoil : il trouble le silence dn loch Doine , et alarme josqn'à lear source les flots marécageux de Balvaig.
Norman continua s^ course en descendant vers lesnd dans la vallée de Strath-Gartnçy^ jusqu'à ce que tous ceux qui pouvaient réclamer le nom d'Alpine eussent pris les armes , depuis le vieillard en] cheveux blancs, dont la faible main tremblait c^n fixant le glaive à son côté, jusqu'au jeune homme dont la flèche et Tare fai» saientà peine fuir le corbeau.
Chaque vallon isolé envoya ses soldats, qui sp;réunirent au rendez-vous, et formèrent une masse d'hommes prêts à combattre, semblables à ces torrens des montagnes dont les flots confondus se répandent en grossissant leur murmure, et deviennent un fleuve puissant.. Tous ces vassaux de Roderic , élevés dans l'art des batailles depuis le berceau , ne respectaient d'antres liens que ceux de leur clan, d'autre serment que celui qu'ils avaient prononcé par le bras de leur Gl>ef ^, d'autres lois que les ordres du fils d'Alpine.
I. 11 est bon d'informer le lecteur que l'on met souTent le feu aux bruyères d'Ecosse , pour qne les troupeaux puissent brouter l'herbage nouveau qui les remplace. ,
a. Le respect ateugle que les hommes du clan portaient à lear Chef rendait ce serment très •olenfteL
Zf4; LA DAMI m LAC. ch. m.
Ce jour-là Roderic avait paireeura kfrooafiiis 4e Ben-Veiuiy et il avait envoyé ses espions pour observer les frontières de Menteitli« Tons revinrent lai apprendra c^uerMU n^annonçait la rupture de la trêve : tont était paisible dana les domaines de Graeme et de Brdce ; aocan cavalier ne 9e montrait dans Rednock ; nulle bannière né flottait snrlescrëneaixdeGardross; ancien signal sur les tours de Duchray ne faisait foîr par la elané de sa flamme les hérons du loch Con ; tout paraissait paisible.
Savez-vons pourquoi le Chef va. visiter avec on œil si inquiet la frontière de l'ouest avant de se rendre au lieu du rendez-vous?
Un objet plein de charmes était caché dans une sombre gorge de Ben-yenn« Ce matin même Douglas ,, fidèle à sa promesse ^ ^tait parti de Pile et avait été chercher un refuge dans une grotte solitaire.
Plus d*un, vieux barde a célébré Coir-Nan-l7ri$kin ^ dams la langue celtique.; les Saxons donnèrent un nom plus doux à cette grotte, et rappelèrent la caverne des Esprits.