‹ Œuvres de Walter Scott (volume 5)Chapitre 10 sur 39 · X. Fantasques · texte numérisé non relu

X. Fantasques

TROISIEME SERIE. 6t

agirainâi, s'il n'eût eu quelque assurance secrète que cette demande ne loi était faite que pour la forme, et que la reine au fond ne désirait pas priver son frère de ce lieu de reinge. D'autres' circonstances concouraient encore à fedre tirer la conclusion que la reine Anne et ses nouveaux ministres fiavorisaient le parti jacobite.

n est pins qne probable que le duc d'Hàmilton, dont nous avons si songent parlé, devait être chargé de quelques négociations de la natore la plos délicate avec la cour de France, quand, en 1713, il fiit nonuné ambassadeur extraordinaire à Paris ; et l'on ne peut guère donter qu'elles n'eussent pour objet la restauration de la maison deStnart ;Cet infortuné seigneur le donna à entendre à son ami ; Lockhart de Carnewarth, lorsque, le quittant pour la dernière fois, il revint à lui pour Fembrasser à plusieurs reprises , comme nn homme qui sentait tout le poids d'une mission importante, et peut-être avec le pressentiment de quelque calamité prochaine. L'infortune planait alors sur lui d'une manière bien étrange , et avec des ailes ensanglantées. Ayant un procès avec lord Mohun, seignènr débauché et de mœurft corrompues , dont le plus grand exploit était d'avoir poignardé un pauvre acteur, quelques années auparavant, dans un accès d'ivresse, le duc d'Hamilton eut une entrei^e avec lui dans l'espoir d'arlranger à l'amiable leur contestation jqdiciaire. Dans cette conférence, le duc, en parlant d'un agent qui avait joué un rôle dans cette affaire, dit que cet homme n'avait ni foi , ni honneur, et lord Mohun lui répliqua qu'il en avait tout autant qne Sa Grâce. Ils se séparèrent à ces mots ; et l'on aurait cru que le duc étant la partie insultée , c'étidt lui qui devait vouloir se venger de Taffront qu'il avait reçu, s'il croyait qu'il valût la peine d'y songer ; cependant , contre l'usage en pareil cas, lord Mohun , qui avait fait l'insulte, fut celui qui envoya le cartel, lis prirent renâbz-voqs dans Hyde-Park, s'y battirent à Tépée, et en quelques nuiiutes lord Mohun fut tué sur la place , et le duc d'Hamilton , blessé mortellement, ne lui survécut pas longtemps. Mohun , libertin odieux et mépHsable, ne fut regretté de personne ; mais il n'en fi^t pas de même du duc d'Hamilton , qui , malgré un certam degré d'irrésolution dans sa conduite politique , causé peut-être. parce que son jugement |ie lui permettait pas d'aller aussi loin que ses sentimens l'auraient entraîné, avait beaucoup de qualités aimables et même nobles , qui le fireçt généralement regretter; Le» ICorys.particidièrement regardèr^t la mort

62 HISTOIRE D'BCXMSB.

da dac d'Hamiltan , arrivant dans au armant si crittapie » imndim une circonstance li singulière , qu'ils n'hësiièrent pas à dire toot haut que quelque furieux du parti des Whigs avait excité kri Mohnn à envoyer le cartel. Ils allèrent jusqu'à ajouter que le Dm était tombé, non sous Fépée de son antagoniste, mais sous œUe da général Macartney , second fils de lord Mohnn. La déclaration du colonel Hamilton, second du duc^ tendait à infirmer cette dennère accusation; le général Macartney, voyant que les préventions da public étaient extrêmes contre lui, prit le parti de se cacher, et nne récompense fut offerte à qinoonqne le découvrirait* Q (ht mis en jugement sous le règne suivant, et acquitté sur des preuves qm sont loin d'établir clairement son innocence. •

Quoi qu'il en soit, la mort du duc d'Haauk<m, qu'elle eût pour cause un ressentiment politique, on une haine privée, n'mter* rompit pas le cours des projets foraéa pour la restauration de la maison de Stuart* Lord Bolingbroke Ui-mâme fut chargé d'ans mission à Paris, et il paraît fort prdiaUe qu'on y rédigea quetqaâs articles secrets pour expliquer ceux du traité d'Utredit qui avaiait rapport à Texpulsion du Prétendant du territoire de la France, et

au désaveu de son droit de succession à la couronne de la Grande*

Bretagne. Il est égalemei^t vraisemblable qu'on cacha ces ama* gemens au pi:emier ministre Oxford, puisqu'ils étaient diamétrale* ment contraires à ses vues, qui étaient favorables à la maûoa 4'Hanovre. ^

Telle était la situation du gôuvernemead; ang^aisi divisé comme il l'était entre là marche incertaine d'Oxford et les intrigues plus secrètes, mais plus hardies et plùs.décidées^le Bolingbroke; les mesures générales qui furent adoptées relativement à l'Ecossa indiquèrent un penchant prôàoncé pour la canse jacoUteet pour ceux qui en étaient Fappui.

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