‹ Œuvres de Walter Scott (volume 5)Chapitre 11 sur 39 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Lcf BpieMptnt «edisait pcnécuté» par les T n Ê b yté i fm Ê, ^* A«la é» T«t<rttM«w •-« Oui aot 4'Abjv

ntioD -^Loi sur le petronage. — PeiisioiM accordée* aos Chef* iBontagiiard» ponr maioteai* leur attadiement ï la cause jacobîte.—PréparatJrs des'Whift pour assurer i la maison d'Hanofitt ht suceettiQn «a trdnek — Querelle entre Okford él Bolitof broke. — Mort da la reine Anna.

Là réyoladon avait mis les Presbytériens d'Ecosse en posses* sion exclusive du gouvernement ecclésiastique de ce royanme. Mais une partie considérable des habitans, sortont danslescomtés du nord, restaient attachés à rétablissement épiscopal et aux formes de son culte. Ils devinrent des objets de crainte et d'inimitié pour l'Eglise d'Ecosse, et ses représentans ainsi qoe ses adhérens mirent tout, en œuvre pour empêcher, autant qu'il était en leur pooYoir, rexerciçé du culte épiscopal , oubliant les plaintes qu'ils ayaient faites eux-mêmes avec tant de justice sûr la violation de la liberté de conscience , sôus les règnes de Charles II et de Jacques II. Nous devons ici faire observer que TEglise épiscopale d'Ecosse, autrefois, et quand elle était triomphante, avait quelques Itères différences de forme qui distinguaient son rituel de celui de l'Eglise anglicane. Mais dans l'état de détresse et de désolation où elle se trouvait alors, une grande partie des Episcopaqx écossais s'étaient résignés à abandonner ces points de distinction , et en se conformant exactement au rituel anglais, ik cherchaient à obtenir en Ecosse > comme Episcopan^, une liberté de culte semblable à l'indulgence qu'on accordait en Angleterre à ceux qui professaient les doctrines presbytériennes et antres non-conformistes protestans. Cependant les cours ecclésiastiques presbytériennes mandèrent à leur barre les prédicateurs épiscopanx , et leur défendirent d'^exercer leur ministère, sous peine d'amende et d'emprisonnement. Le révérend M. Greenshields apprit p^ expérience que ce n'était pas une vaine menace. D'autres forent insultés et maltraités par la populacç quand ils faisaient une tentative poUr célébrer leor culte suivant ses rites. Ces excès étaient d^ autant moins excusables, que plusieurs de ces révérendf ministres avaient adopté la prière pour l'établissement fonné par la révolution ; et ^Iqne conjecture qu'on pût former sur la probabiUlé de leur

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attacbement à ][a famille exilée, ils avaient mis à l'écart tout ce qui, dans lear mode acluel de culte , aurait pu les faire soupçonner d'être Jacobites.

Le parlement rendit donc avec autant de raison que de jusl^ice y en février 1712, un acte de tolérance eu faveur de tons les mi» nistres épiscopanx se conformant au rituel de l'Eglise anglicane qui seraient disposés à prêler le serment d'abjuration, c'est-à-dire à renoncer à toute adhésion à la' cause de Jacques II et de son fils le Prétendant. Cette toléjrance offensa grièvement le clergé presbytérien, qui disait que c'était lui ôter le moyen de forcer les citoyens à une uniformité de culte , qu'ils prétendaient leur avoir été assurée à la révolution. On doit pardonner quelque chose à la jalousie et aux craintes qu'une persécution cruelle n'avait rendues que trop familières aux ministres de l'Eglise écossaise ; mais l'histoire impartiale nous démontre combien il est dangereux de confier au pouvoir judiciaire d'aucune Eglise le droit de tyranniser la conscience de ceux qui ont adopté une forme différente de culte, et combien il est juste et sage d'en restreindre l'autorité dans le cercle de son propre établissement.

L'Eglise presbytérienne fut encore plus offensée en trouvant dans cet acte de tolérance un article qui obligeait ses propres ministres, aussi bien que les non-conformistes, à prêter le serment d'abjuration. Cet article avait été ajouté à l'acte dans la chambre des communes, à^la demande des Torys, qui soutinrent que les ministres de l'Eglise d'Ecosse devaient donner à la reine- et à la succession protestante là même garantie" de fidélité qu'on avait exigée des Episcopanx.. Les Presbytériens écossais se plaignirent amèrement qu'on leur demandât le serment d'abjuration. Ils pré* tendirent que cette formalité était inutile , personne ne pouvant soupçonner l'Eglise d'Ecosse d'avoir le moindre penchant pour le parti jacobite, et que c'était une usurpation faite par l'Etat isur les di'oits de l'Eglise, que de rendre une loi pour imposer un serment à ses ministres, qui, en matières religieuses, n'étaient tenus que d'obéir aux ,actes de leur assemblée générale. Malgré ces remontrances faites avec aigreur, le serment d'abjuration fut exigé d'eox par le même acte qui prônt^iiçait la tolérance des formes du culte épiscopal à la^ même condition.

Le plus grand nombre des ministres presbytériens prêtèrent enfin ce serment ; plusieurs continuèrent à s'y refuser ; mais il ne leur en arriva rien, le gouvernement fermant les yeux sur leur

obstination. On ne peut guère clouter que PinsertioB de cette clause, qai autrement ne semblerait avoir en pour but que de hearter inutilement les opinions des Presbytériens , n'ait en un double motif. D'abord il était probable qu'elle ocoasionerait un schisme 4ans l'Eglise d'Ecosse entre ceux qui prêteraient le serment et ceux qui s'y refuseraient; ce qui, en divisant les opinions, semblait devoir affaiblir l'autorité d'un corps plein de zèle pour la sacciession au trône dans la ligne protestante, et diminuer le respect dont il jouissait. Ensuite on prévoyait que la grande majorité des ministres épiscopaux d'Ecosse , ^ouvertement attachés à la famille exilée, ne prêteraient pas le serment d'abjuration, et pourraient par cette raison être inquiétés par les Presbytériens des cantons où ils exerçaient leurs fonctions ; mais si un certain nombre de ministres presbytériens se trouvaient aussi exposés au même reproche par suite d'une semblable omission, et ne devaient lear impunité qu'à la connivence du gouvernement, il n'était pas Traisemblable qu'ils inquiéteraient les autres pour un refus dont ils seraient coupables eux-mêmes. L'expédient réussit ; car quoiqu'on assnre qu'un seul ministre épiscopal en Ecosse, M. Cockburn de Glascow, prêta le serment d'abjuration, cependant on ne fit oolle poursuite contre aucun des autres, parce qu'une grande partifs des ministres de l'Eglise presbytérienne auraient été exposés à être poursuivis pour la même cause.

Un autre acte de la même session du parlement rendit aux patrons, comme on les appelait, le droit de présenter des ministres pour les églises vacantes en Ecosse. Il semblait destiné, et il l'était probablement, à mettre les ecclésiastiques dans une plus grande dépendance de l'aristocratie, et à les séparer, jusqu'à un certain point, de leurs congrégations; car il n'était pas à supposer qu'elles seraient également attachées à un ministre qui devrait son bénéfice à quelque grand personnage, ni qu'iV exercerait sur elle la même influence que si elles l'avaient librement choisi ellesmêmes. Chat[ue mode d'élection a ses désavantages particuliers. La nécessité imposée au ministre qui désire de l'avancement d'adapter son style au goût populaire , la chaleur indécente et les intrigues qui accompagnent les élections par le peuple, forment des objections sérieuses contre la permission à donner au troupeau de choisir son [pasteur. D'une autre part, on peut abuser, dans ces cas particuliers, du droit de patronage, puisque la volonté d'un homme sans conscience peut forcer une congrégation à recevoir

6S mSIQIBE D'ECÛSSB.

poâr mimstre an individu de mœars équiyoqaes, dëopé detalens^ et d'une doariae relâchée ; o^s, comme le clergé presbytérien a le droit d'examiner et de rejeter le ministre présenté, sauf un appel. aux cours' supérieures ecclésiastiques, quoi qu'on puisse penser en théorie de fa loi sur le patronage, elle n'a en pratique, et pendant pins d'un siècle, produit aucun effet tendant à diminuer le respect dont jôiiit l'Eglise d'Ecosse. On ne peut cependant douter que le rétablissement des droits des patrons laïques sous le règne de la reine Anne n'ait eu pour but de séparer les ministres du peuple, et de les fnettre d^ns une plus grande dépendance de la noblesse, parmi laquelle il se trouvait proportionnellement un beaucoup plus grand nombre de Jacobites que dans le tiers -état.

Tontes ces mesures, quoique tendant indirectement à favoriser le parti des Tory s, qui, en Ecosse, pouvait s'appeler en général le parti de la maison de Stnart, avaient pourtant encore d'autres motifs qu'on pouvait alléguer d'une manière plausible pour les faire adopter.

Malgré le nombre certainement très considérable des nobles écossais des basses terres qui étaient attachés à la cause du chevalier de Saint-George, et quelle que fût leur importance, la nouvelle situation du pays avait tellement restreint leur autorité sur les classes inférieures, qu'ils nç pouvaient plus se regarder conmie jouissant d'assez d'influence pour faire aucune levée d'hommes considérable, et d'ailleurs, depuis le rapport de l'acte de sécurité, ils n'avaient plus le pouvoir de discipliner et d'exercer leurs vassaux, de manière à les rendre propres au service militaire. Tout ce qu'ib auraient pu faire , à l'aide des parens , des amîs^ et des individus qui étaient sous leur dépendance directe, c'eût été d'équiper quelques escadrons de cavalerie; et quand même ils auraient trouvé des hommes, ils manquaient en général d'armes, de chevaux , et de tous les moyens de se mettre en campagne.

Il n'en él^it p^ de même des clans montagnards. Ils étaient sous le commandement de leurs Chefs supérieurs et de leurs capitaines, tout autant qu'ils l'avaient jamais été dans les temps plus anciens de leur histoire. Séparés de la civilisation par les mon-^ tagnes sauvages au sein desquelles ils vivaient, ils parlaient encore la langue de leurs pères, en portaient le costume , en conservaient les armes , et restaient soumis au genre de gouvernement qu'ils avaient. reconnu. 11 est vrai que ces clans ne se faisaient IthiSiOuveilemfint la guerre comme autrefois , et que deux ou trois

TBOMBHft SBim 67

petites g»fpift0O3 de.aoldivu, pUcte an ivUM.dteWt méUMst assez Inm^dre àlenrft incamans de rajône. L^ Chefii «opérioiirs, leoi^.piûicipaiix- agens » et snrtoat les DtUnki^ WasseU^ c'ealFè* dire le^ boin«e# bien nés.» faùant partie de la tribii » n'étaient noUement au-dessua des derniers B|eQd)rea^ leors clans par Tétenduç de leurs connaissances*. Mlaia les grandsCbefis » c'esl-à'rdîre les Chek des clans très nnmbrena » étaient dans ni^ situation tonte diSÈrente. Presqne tons avaient reçu nne benne édAcation>aTaieiit des.mamè^es^con^toises.9 et qiiand ils étaient dans la. société des habitans des basses terres, et qn'ùls en adoptaient le costnme» on ne les aaraitdistingués de tout antre bonune bien né qne par cet air d'imporumoe qae.prendnatorellement celui qni cannait rantorité dont iijoait. Souvent ils voyageaient enpaysétraagera, et quelque* fois Us y entraient au service9.ne perdant jamais de vue l'instant onldirépée serait mise en réquisition ponr soutenir la canse des StuartSi auxquela ils étiûcnt en général extrêmement attachés. . Cependant l'influence du duc d' Argyle » dans les montagnes de Tonestet dans le nord, celle du comte de Sunderland, de l<)rd Reay, et des Chefs de Grant^ de Ross» de Manso^ et dea^ autnea tribns^teatiinnales» maintenaient leurs iclansrespectife dans le. parti des WJt^ga.

Tons. ces Chefs étaient pauvres, car le produit de leurs do* maines vastes ^ mais stériles^ élait entièrement emplogi^ à sout^ tenir la force militaire de leurs clans. On n'avait à atl;eadre au« cnn genre d'industrie de ceux qui les composaient; toute <H3cnpation utile les aurait dégradés à leurs propres yeux et à ceux de leurs Chefs; et, en s'y livrant , ils auraient cm se rendre inhabiles à s'acqoittBr. de leurs devoirs militaûrea. D'une antre part , quand les Chefs soldaient de leurs montagnea, ils aimaient à dépenser autant qii'.îU étaient pauvres» Ce sentiment de leur prqire impoi^ tance dont nous : avons déjà parlé., les portait à imiter dans lemra dépenses les habitons d'un pays pins riobe-; et plusieurs d'entre ^u» par cette oonduite inconséquente» s'exposaient à des embar* ras pécuniaires. L'argent était une denrée particulièrement pré*ciense à depareiU hommes ; et le gouvernement de^la reine Anne« IM'ndant les dernières .années» de son règne , distribua parmi eux. trois à quatre mille livres sterling. La scnnme allouée à chaque Chef était d!envii:on trois centsoixante livres» dont on exigeait un ^commeiponr pideonent d'une année de .la gp^ftifioation^qn'il aTaitpln à.Sa Maîetfé4-accorder cucebû qui laiaci^vftit.

«8 mSTOIRB D'ECOSSE.

Les Chefs montagnards recevaient cet argent avec d'autant moins de scrnpnle qu'ils n'hésitaient pas à le regarder comme des arrhes de la paye qui lenr serait allouée pour les efforts qu'ils feraient en faveur des Stuarts^ auxquels ils croyaient devoir être attachés par devoir , autant qu'ils l'étaient certainement par inclination. Gomme on ne pouvait douter que le montant de ces pensions ne fAt employé à entretenir lenr suite patriarcale et à la rendre plus nombreuse , il paraît que les Chefs furent convaincus qu'elles ne leur étaient accordées que dans ce dessein. Cet argent ^tait mis à la disposition du comte de Mar, secrétaire d'Etat; et comme, il en était le distribujteur , cette circonstance lui fournit le moyen d^augmenter et d'étendre son influence parmi les Chefs montagnards ; influence dont il fit ensuite usage d'une manière qui fut si fatale pour eux et pour lui-même.

Ces Chefs donnèrent une preuve du sens qu'ils attachaient à la gratification qui leur était accordée , en se réunissant^, à la fin de 1713, pour présenter à la reine une supplique à laquelle on donna le nom X Adresse Vipée à la main. Dans un paragraphe, ils applaudissaient aux mesures prises pour réprimer la licence de la presse , se flattant de ne plus être scandalisés en entendant blasphémer la Divinité et calomnier la race sacrée des Stuarts avec autant de perversité que d'impunité; dans un autre, ils exprimaient l'espoir qu'après le décès de Sa Majesté la sanction des droits héréditaires et celle du parlement pourraient se réanirsur la personne d'un successeur de sa race. Ces insinuations étaient assez claires pour faire voir de quelle manière ils interprétaient la générosité de la reine.

Le duc d'Argyle, dont l'influence dans les montagnes d'Ecosse était suspendue et paralysée par rencouragement donné aux clans jacobites, dénonça au parlement le système de ces pensions, comme étant un motif sérieux d'accusation contre les ministres , qu'il représenta comme faisant des montagnes d'Ecosse une pépinière de rébfBllion. Cette dénonciation ^mena une discussion importante.

Le duc d'Argyle dit que les montagnards écossais étant pour la plupart des Papistes invétérés pu des Jacobités déclarés, leur donner des secours pécuniaires , c'était dans le fait encourager le papisme et fomenter la rébellion. Le trésorier Oxford répondit qu'il n'avait fait à cet égard que suivre l'exemple du roi Guillaume , ^ui, après avoir réduit les montagnards, avait jugé à propos d'ac-

corder des^pensions annuelles aux Gheb des clans ponr les main* tenir en paix; et que si l'on avait quelque reproche à faire à ce sajet an ministère actuel , ce n'était que d'avoir retranché une partie de ces gratifications. Cette allusion à l'exemple du roiGuit lanme semblait fermer la porte à tonte chicane sur cet objet; et, en échappant an blâme /les ministres crurent recevoir les honnears da triomphe. Mais comme on savait parfaitement que cea pensions étaient acquittées sous le déguisement d'une paye miii* taire, il était bien permis de douter que donner aux Chefs les moyens d'augmenter la force militaire de leurs clans et le nombre de lears soldats fût un excellent moyen pour les maintenir dans Tordre et en faire des sujets paisibles. Le système des ministres paraissait donc au total ressembler à la conduite d'une bonne den^ Jans^ qui pour empêcher nn marmot de crier lui met un couteau entre les mains.

Ces divers indices prouvaient que les ministres , ou du moins on fort parti parmi eux, étaient favorables au Prétendant , et avaient dessein, de l'appeler au tr&ne lors du décès de la reine. Cet événement ne pouvait alors être bien éloigné, car, avec tous les symptômes d'une santé qui succombe , Anne était harassée par les factions qui existaient parmi ses sujets, et par les divisions qui déchiraient son conseil. Toujours d'un caractère timide^ et voyant sa confiance trahie, elle était devenue aussi jalouse de son autorité et aussi méfiante qu'elle avait été autrefois docile à se Isisser guider sans inquiétude et sans hésitation. Beaucoup de sujets d'appréhension fatiguaient nn esprit qui n'avait jamais été biea fort, et que la maladie rendait encore plus faible. Elle désirait probablement que son frère lui succédât, mais craignait que le moment où il devrait lui succéder ne fût accéléré parle zèle de ses partisans. Elle ne craignait pas moins que Tenthousiasme dont les Whigs étaient animés pour la maison d'Hanovre n'amenât en An» gleterre le Prince électoral; ce qiû lui semblait la même chose que si l'on eût creusé sa fosse pendant qu'elle vivait encore. Les querelles entre Oxford et Bolingbroke divisaient son conseil , où l'on n'entendait que des reproches mutuels qui avaient lieu quelquefois même en sa présence. La reine, naturellement trèssen-^ sibleà tout oubli des égards personnels dns à son rang, était ^rmée de leur violence, et offensée de la manière dont ils lâchaient les rênes à leurs passions , même devant elle. Alarmés de la perspective prochaine d'une crise que la mort de

70 wsnroniB vttsossE.

la reine'iie pratait manquer SHiikiener/ les Wfaigff firent simtfltanémenties préparaltfa lesiplns énergiqnes'pour soutenir le» droits de la maison âHRanovre à la couronne , même par la voie des 'Hrmesy^s'il fàllait-en Tenir là. Ih prirent sartoïkt soin de repréfientéràiaconrd^HflnoTteies'dângerffqtt'Hs couraient, et les-souf- 'firances auxquelles" ils'étaient exposés par suite de leur attachement à la'ligne proteMante ; et eenx d^entre'eux qui avaient perdu des placeS*honorfeibleS'on4ucratives ne montrèrent de modération, comme xm-peut le croire, ni dans leurs plaintes; ni dans leportrait odieux qà^ils tracèrent 'de lenrs ennemis ; les Torys , le duo d'Argyleet les ^néranxStanhope et Cadogan, s'occupèrent activement à engagei^les'dfiiciers'de l'armée anglaise, en qui ils osaient mettre leur confiance, à porter les soldats, en'cas de besoin , à se déclarer contre le parti qui avait disgracié ftlarlborough , leur général victorieux , qui avait rabaissé les exploits qu'ils avaient bks SOUS' ses ordres, et 'qui par làavait arrêté l'armée anglaise dans sa cairrière'de conquêtes. L'électeur dVanovrefat engagé à entrer en négociation avec la Hollande -et d'antres puissantes, pouren obtenir des trbnpes et des Taisseadx, dans le cas où il aurait besoin d'appelei'^a forée à Tappui de «es droits pouraucoéder au trône de la Grande-Bretagne. Un plan fut formé pour s'emparer de la Tour de Londres an premier symptôme de danger ; et les plus grands personnages du parti s'unirent enseittblepar une promesse de 'se «ottteninmftneHement'pour'la défense de -la amceession protestante.

Tandis que les- WÎiigs prenaient de eonceffceâ mesures énergiques enhardies, 'les ministres Torys, 'par %ur désunion complète^ devenaient horsd^état de profiter du terrain a'vantag^nx qu'ils occupaient, connue étant àla têtedti gouvernement, et du temps que leur laissait le reste de la vie de la rerne , qui s'écoulait mpidement. La discordeeùtre Oxford et BoHngbrdkeen était'venue à un tel point, que ledemier déclara frant^hement que s'il s'agissait de choisir entre la ruine totale de son ptfrti et une réconciliation avec Qxford pour en acheter la sûreté , il n'hésiterait paa à preddre la première alternative. Ils envisageaient les affaires publiques àousun point de vue tout différent. Le comte d'Oxford conseillait des mesures de modération , et même un compromis ou une 'réeonriliation avec les Whigs: Bolingbroke croyait se mieux conformer aux intentions de la reine, en àfiectant le plus grand zèle ^pour les principes de llSglise' anglicane; en lui donnant l^poir

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que 9011 frère lai succéderait «près sa moiti et en caltiTant les iwniies grâces de mistress Hill, alors créée ladj Hasbamy fayorite de la reine y près de laqaelleii avait comf^lètement supplanté lord Oiford par la supériorité de ses manières gracieuses et par la sin* gnlarité de ses opinions.

La dissaMÎon entre ces ^eox :riv«iix poUti^vetr^apràs avoir couvé si bng*tempSy éclata enfin , et en Tint à des hostilités ou- Tcriesdans le-in«Hs de jaiUet 1714. Une eonversatien pleine de récriminations amènes et réciproques eut lieu, en présence de la reine, entre le lord -trésorier Oxford d'une part, Bolingbroke et lady Masham de l'autre. Le résultat en fut la disgrâce du lord trésorier, à qui sa place fut retirée.

Le chemin était alors ouvert à Bolingbroke, et son ambition pouvait se donner carrière. Le moment qu'il avait tant désiré , qu'il n'avait vécu que pour voir, était enfin arrivé. Ni lui, ni personne, n'avait le moindre dioute qu'il ne fiit élevé au rang de lordtrésorier eC de premier ministre. Mais que les espérances des hommes sont vaines I La malheureuse reine avait tant souffert de h fatigue et de l'agitation que lui avait occasionées la scène de ^scorde dont elle avait été témoin, qu'elle déclara qu'elle n'y sur» Tiyraitpas. Sa crainte fut une prophétie. L'entretien orageux, ou pour mieux dire la querelle dont nous venons de parler, avait eu lien le 27 juillet 1714; le 28, la reine tomba en léthargie; le 3D on désespéra de sa vie.

Le même jour, les ducs de Somerset et d'Argyle, tous deux ennemis du ministère actuel, qu'on pourrait plutôt nommer à présent le ci-devant ministère, firent la démarche hardie de se rendre an conseil, dont les autres membres, humiliés, embarrassés et épouvantés, ne furent pas fâchés de se fortifier de leurs secours. D'après l'avis de ces deui seigneurs, le duc de Shrewsbury fut nommé trésorier, mesure dont la reine mourante exprima sa satisfaction. Ainsi tombèrent les espérances gigantesques de Boling-^ broke.

Le î*' août, la reine Anne expira. Elle fut la dernière de la race des Stuarts qui occupa le trône de la Grande-Bretagne» Elle était figée de cinquante ans, en avait ré'gné douze, et sa mort eut liea dans les circonstances les plus critiques où l'elnpire se lût trouvé depuis la révolution.

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