‹ Œuvres de Walter Scott (volume 5)Chapitre 9 sur 39 · I. Lîttéraleno^nt : Homme libre · texte numérisé non relu

I. Lîttéraleno^nt : Homme libre

a C'est-à-dire de TAngleterre et de la HoIUnd»

TRÔISDBHE SERK. 53

France eat le succès le plus brillant, et le général fut comblé d'honneurs; mais la reine favorisait Marlborough, moins parce ^'il était le général le plus accompli et le plus heureux de sou temps, que parce qu'il était l'époux de sa chère mistress Freeman. En on mot, les affaires de l'Angleterre, qui dans tous les temps ont exercé tant d'influence sur TEurope, avaient pour pivot Tamitié privée qui régnait entre mistress Freeman et mistress Morley.

An moment où elle semblait le plus solidement assurée, cette

intimité fut détruite par l'influence d'une petite intrigue dans la

famille de la reine. La duchesse de Marli>orough , autrement dite

mistress Freeman, avait usé avec trop d'arrogance du pouvoir

dont Tavait investie l'affection de sa maîtresse. Elle était inté«

ressée et impérieuse dans tontes ses démandes; et ses manières à

regard de la reine elle-même allaient jusqu'à l'insolence. Cette

condaite fat endurée quelque temps comme, étant la suite du pri-

yilége de franchise et d'égalité que l'amitié de Sa Majesté lui

avait accordée On peut supposer que, pendant un intervalle éncor%

plus long, la reine toléra ses caprices et ses impertinences, tant

parce qu'elle craignait son caractère violent, que parce qu'elle était

honteuse de rompre les liens d'un attachement romanesque qu'elle

avait elle-même formé. Cependant elle n'en portait pas moins avec

impatietice le joug de la duchesse de Marlborough, et elle guettait

l'occasion de le secouer.

La duchesse levait placé dans la maison de la reine, en qualité a habilleuse y une jeune, personne de bonne famille, nommée Abigaïl mil, et qui était sa parente. Son caractère était tout l'opposé de celai de la duchesse, car elle ^tait vive et enjouée, et elle cherchait , naturellement ou par poliâque, à plaire à sa maîtresse de toute manière. Elle gagna peu à peu les bonnes grâces de la reine, et enfin sa confiance; de sorte qu'Anne cherchait dans les sdins attentife et dans les. conseils de sa nouvelle amie une conso» lation des manières brusques que la duchesse se permettait avec elle , tant en particulier qu'en public. Lés progrès, de cetke intimité furent suivis de près par Harley, homme d'Etat, plein de talent, et qni avait professé, jusqu'alors les principes des Whigs* n avait été. plusieurs fois prérident de la chambre des communes, «t il était secrétaire d'Etat dans l'administration whig de cette époque; Mais il aspirait à parvenir à un rang plus élevé dans'le ca* binet, parce qu'U se sentait dès talens sapâieûrs;,et il cabala

Si HISTOIRE D'ECOSSE.

contre la dtichesse de Marlboroug^h , parce qu'elle aTaît repoussé ses citilités ayec son insolence ordinaire. L'associé des projets 4e Harley était M. Henry Saint«John qui fut depuis lord Bolingbroke, jeune homme doué des talens les plus distingués, et qui joua ensuite un grand rôle tant en politique que dans la littérature.

Harley ne perdit pas de. temps à faire des avances pour gagner l'intimité de la nouyelle feyorite ; et comme il était parent éloigné de la famille de miss Hill, il y réussit aisément. Le crédit dont elle jouissait alors près de la reine était si considérable qu'elle fut en état de procurer à son cousin des audiences privées de Sa M a> jestéy et la reine, accoutumée à l'insolence de la duchesse de Marlfoorongh, dent le ton d'autorité était adopté par les ministres whigs du premier rang, fut charmée des manières respectueuses de ses nouveaux conseillers. Harley mettait dans sa conduite plus de soumission et de déférence, et il donnait aux désirs et aux opinions de lareine une attention à laquelle elle n'avait guère été habi« tuée jusqu'alors ; son projet était indubitablement d'employer l'influence qu'il acquérait aiiisi à détruire l'autorité de Godolphin et à s'élever à la place de premier ministre; mais cejbte tentative ne réussit pas sur-le-champ- Ses intrigues secrètes et ses conférences, levées avec la reine fiorent découver tes prématurément, et Harley •t ses amis forent obligés de donner leur démission , de sorte que l'administration whig parut plus fermement enracinée que jamais.

Vers le même temps, miss Hill épousa secrètement M. Masham; ce mariage offensa beaucoup la duchesse de Marlborough, qui commençait à sentir que sa parente l'avait supplantée dans l'affection de sa maîtresse. Cette femme impérieuse, voyant que la reine lui retirait sa confiance, s'efforea de maintenir son ascendant par les menaces ; et elle réussit quelque temps à gouverner par la crainte l'esprit de sa ci»devantamie, comme elle l'avait fait anpuravant par l'affection. Mais on faux pas de l'administraiieil whig permit eniin à la reine Anne de secouer ce joug insup» portable.

Un ecclésiastique insensé et à tête chaude , nommé Sachçverel^ avait prêché et faitimprimer un sermon dans lequel il soutenait les principeis les plus exagérés des Torys ^ .et injuriait Godolphin ^ lord«grand«tré6orier et chef de l'administration de la reine Anne, 4n41 appelait Volpone, nom d'un per^nnage qui joue un rdle €dlîeux dans une des eomédies de Ben Johnson. La gnvide majo* fdfeé des propHétasves d'AnglsteEve profoseait' alors Isa principes

TRfflSIBMB SEME. 5S

des Torys et ceux *de FEglise angHcane. Un sermon si bardi, si aodacienXy qnoiqu^il n'eût d'antre mérite que son audace, loi pro* cara parmi eax une immense popularité. Le ressentiment des ministres excédâtes bornes de la modération. La chambre des communes porta une accnsaiion contre le prédicateur devant le tri* banal de la chambre des pairs, qui instruisit son procès le 27 février 1710. On lui donna le plus grand degré de publicité, tant par les efforts des Whigs pour obtenir la condanmation du docteur Sacheverel à une peine sévère, que par ceux des Torys, qui, de leur côté , mirent tout en œuvre pour le sauver de tout châtiment. La multitude poussa le cri : L'Église et Sacheverel I. et elle en étourdit les différens membres des deux chambres qui se rendaient an parlement. Ce procès excita Tattentioi^ publique à un degré presque inconnu jusqu'alors. La reine elle-même y assista presque tous les jours, et sa chaise à porteurs était entourée d'une feule qui s'écriait : Que Dieu protège la reine et le docteur Sacheverel I Nous espérons que. Votre Majesté est pour l'Eglise et pour Sacheverel. La populace se souleva, et prouva son zèle furieux pour l'Eglise anglicane en détruisant les chapelles et les lieux de rendez- vous des non -conformistes, et en commettant d'autres actes de violence semblables.

Le résnltat fiit que le docteur Sacheverel fût déclaré coupable par la chambre des pairs; mais il en fut quitte pour une suspenfflon de ses fonctions comme prédicateur pendant trois ans; châtiment si léger que Taccusé et ses amis le regardèrent domme étant la même chose que s'il eût été acquitté , et que ce fut pour eux un triomphe. '

Comme cette manifestation de l'opinion publique ne se bornait pas à la capitale, mais s'étendait dans toute l'Angleterre, elle prouva évidemment le peu de popularité du gouvernement whig, et enconragea la reine à exécuter lé plan qu'elle avait formé depuis long-temps de changer son ministère, d'entamer des négociations pour la paix, et de mettre fin à une guerre qui semblait être interminable. Par oe changement de gouvernement et de sysième, Anne désirait 'aussi assurer la sécurité de l'Eglise que ses anciens préjugés lui faisaient croire en danger, et par-dessus tout, se délivrer de Ig. tyrannie de son ancienne amie mistress Freeman. Une nouvelle administration fut donc formée sous Harley et Saint-John ; et cette administration , éta^it soutenue par leerédit des Torys, se gouverna principalement, sinon en tous

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poinls, par les principes de ce parti. La dachesse de Marlborough fut privée en même temps de toutes les places qu'elle occupait près de la personne de la reine, et se trouva , comme oh le dit, disgraciée, c'est-à-dire privée des bonnes grâces de sa souveraine et de tous ses emplois. On ne pouvait aussi aisén^ent se passer des services de son mari , car tant que l'armée anglaise était en campagne , nul général ne pouvait remplacer Marlborough, qui l'avait si souvent conduite à la victoire; mais les ministres torys cherchèrent à le 'rabaisser aux yeux du public en instituant une enquête sur certains émolumens indirects qu'il avait touchés comme général en chef, et à se débarrasser de l'indispensable nécessité de ses services militaires en entrant en négociation pouc la paix.

Le gouvernement français vit la situation dans laquelle se trouvait la Grande-Bretagne, et en profita. Il s'aperçut que la paix était absolument nécessaire à l'existence d'Oxford et de Bolingbroke, comme minisires, plus même qu'elle ne l'était à la France comme nation., quoique ses frontières eussent été envahies, ses armées plusieurs fois défaites , et même sa capitale exposée aux insultes jusqu'à un certain point. La conséquence en fut que la France porta plus haut ses prétentions, et que la paix d'Utrecht, après beaucoup de négociations, fut enfin conclue à des conditions qui, en ce qui concernait les alliés, et principalement la nation anglaise, étaient fort disproportionnées aux brillans subcès obtenus pendant la guerre.

L'article du traité que tous les amis de la révolution supposaient le plus essentiel à l'indépendance et à la paix intérieure de la Grande-Bretagne^ semblait avoir été rédigé avec quelque soin. Le roi de France reconnaissait très formellement le droit de la reine Anne au trône, garantissait l'acte de successioa qui assurai^t la couronne à la maison d'Hanovre, et consentait à congédier de ses Etats le malheureux fils de Jacques II,- ce qui fut exécuté. Néanmoins, tandis que le chevalier de Saint-George était forcé à quitter les domaines de l'allié de spn père, du iponarque qui, à la mort de Jacques, l'avait formellement proclamé roi d'Angleterre, ce prince Infortuné, à l'instant de son expulsion, avait peut-être des espérances plus solides d'être rétabli sur le trône de son père, que toutes celles qu'aurait pu lui faire concevoir la faveur de Louiç. C'est ce que démontrera ce qui va suivre.

La reine Anne, comme nous l'avons déjà dit, était attachée à

rétablissement et au clergé de l'Eglise anglicane , et les prineipee de eette Eglise et de ce clergé , s'ils n'étaient pas nniversellement jacobites/ avaient du moins une forte teinte de respect pour les droits héréditaires. Cette doctrine ne pouvait être supposée dés* agréable à la' reine^ soit comme femme, soit conuné souveraine, et eUe> s'était trouvée dans des circonstances qui la rendaient plus disposée à s'y. conformer. Nous avons déjà dit qu'en prenant le parti de se retirer de la maison de son père, lors de la révolution, Anne y avait été déternûnée par Tinfluence de lady Churchill, qui était devenue maintenant, comme duchesse de Marlborough, l'objet de la haine de la reine, comme elle l'avait été de son 9mitié sous le nom de mistress/Freeman ; et ce n'était probablement pas avec un grand plaisir qu'elle se souyenait des opinions de cette dame et des meiores qni en ayaient été la suite. L'abandon d'un père; quoique couvert d'nne raison politique, peut aussi, vers la fin de la vie, devenir m sujet de sérieuses réfleiûons. Il y a peu de doute que la reine n'eût des remords de sa désobéissance fiUale, surtout quand la mort prématurée de ses ennemis, et enfin celle ^un jeune prince donnant de belles espérances, le duc de Glôcester, l'eurent privée de toQt espoir de laisser le royaume à un héritier de son sang.. Ces pertes successives semblaient une juste punition infligée à une fille désobéissante, à qui il ayait été permis de poi^er pour un temps la couronne de son père, mais non delà transmettre à ses enfans. A mesure que la reine devint infirme et.qu esa santé se dérangea, il était naturel que ses regrets l'occupassent encore davantage , et qu'elle ne trouvât aucun plaisir à voir en perspective le prince d'Hanovre , un parent éloigné , appelé à régner sur l'Angleterre ^près sa mort. Elle ne pouvait guère entendre qu'avec répugnance, presque avec horreur, la proposition des Whigs d'inviter à venir en Angleterre le prince électoral qui devait en porter la couronne ^ son décès. D'une autre part, la situation du chevalier de Saint- George, son propre frère, seul rejeton mâle de sa famille, dont la restauration sur le trône de ses ancêtres pouvait être Fouvrage de sâspropres mains, paraissait devoir inspirer à la reine tout l'intérêt de la compassion, et semblait lui fournir en même temps l'occasion de réparer les injustices qu'elle pouvait croire avoir été ^tes à son père, en dédommageant le fils amplement, quoique un pen tard.

Prêtée par des motife si naturels, on ne peut guère doùtçr que la reine Anne, dès qu'elle eut seqMué le joug de la duchesse de

58 HISTOIRE D'BGOàSB.

MarlboroBghy n'ait oommencé à cherdiér les nioyens d'assurer la coarônne, après sa mort, à son frère, le chevalier de Saint-George, an préjudice de Pacte qui l'accordait au prince électoral d'Hanoyre. Elle devait être d'autant pins encouragée à nourrir quelque espoir de succès» qu'une grande ^partie de ses sujets, dans ses trois royaumes, étai^it jaeobites par principes, et que d'autres n'avaient qu'un pas à faire pour passer des opinions extrêmes des Torys les plus prononcés à ceUes qui étaient directement favorables .à la maison de Stnart. UIrlande,-]ft dernière portion des Iles Britanniques qui avait été fidèle à Jacques II, ne pouvait être SBpposée indifférente à la restauration de son fils. En Angleterre, une très grande partie du clergé anglican, les universités, et le parti des Torys qui doDÛnait parmi les propriétaires campagnards, avaient des idées à peu près semblables, et né prenaient pas beaucoup de peine pour les cacher. En Ecosse, on avouait ses opinions avec encore plus de hardiesse, et lions allons en citer un eiemple. La faculté des avocajts en Ecosse, c'ett-à^ire' le corps des hommes de lois,, ayant droit de plaider devant lés tribunaux, forme une corporation qui a plus de poids et d'importance qu'on n'y en attache en beaucoup de pays, d'après la nature de cette profession. An commencement du dix-Kuitième siècle notamment, cette facnlté comprenait presque tous les fils de bonne famille qui n'avaient pas pris le parti des armes ; car l'épée ou la robe, suivant les idées de ce temps, étaient les seules professions qui convinssent à un homme bien né. Les avocats possèdent une belle bibliothèque et une précieuse collection de médailles. Elisabeth, duchesse de Gordon, issue de la noble maison d'Howard , et ardente jacobite , laut envoya en présent une médaille pour leur cabinet. Elle portait , d'un c6té, l'effigie du chevalier de Saint-George avec la devise : Qijus est? cVst-à«dire, qui rq»résente ce poitrait? et au revers étaient les Iles Britanniques , avec le mot : ReMiie, c'està*dire, rendez-les-lui. Le doyen de la faculté ayant présenté à ses )BOtifrères cet emblème très intelligible, il s'ensuivit une discussion pour savoir si on l'admettrait on non dans la collection. On y mit beaucoup de chaleur de part et d'autre, et l'on finit par accepter la médaille à une majorité de soixante-trois contre douze. Deux avocats furent députai pour offrir à la duchesse les remerciemens du docte corps, et ils ne manquèrent pas de le faire de manière à faire aentir qu'ils, comprenaient parfaitement ce que signifiait le présent de&Giâ«.Il8ttrminèrent^diwoo«enelprimantP€8poirqae

IHOISIBMB 8EfUB. 59

SaGriee avait bieniôc Poiscaaion de leur présoiter ime seconde médaille frappée au sujet d'une restauration. Mais quand cette dànarcke fut devenue puMique» les ayocats semUèrent s'alasr* ner des conséquences qu'elle pouTait ayoir, car dans une as» semblée générale de k faculté, le 27 .juillet 1711 , la médaille IdtforinelieBient refusée, et placée entre les mains du lord-SToeat poar étie rendue à la duchesse de Gordon. Mais cette rétractation nepoBTait effaeer la prenne que les membre de ce corps savant et impoilant, les'commeatatenrs des lois écossaises, parmi lesquels sont éltts li^s gardions de k jurisprudence, ayaient montré assez de hardiesse pour donner une marque publique d'adhésion au che- Tslier de Saint-George. On remarqua aussi que le crédit des Jacobites l'emporta dans un grand nombre d'élections en Ecosse.

Tandis qoe la reine yoyait une partie considérable de ses sujets^ dans chaooa de ses royaumes, bien disposés à accueillir son frère- 0omme Jiéritier de son trftne, il se . trouva au moins un de ses Joinisires assez audacieux pour prendre en considération la même mesnre, quoiqu'il pût, en agissant ainsi, paraître refuser derecon» iiaitre les droits de sa propre maîtresse à l'autorité souTcfaine. Ce iBÙùstre était Henry Saint-John, créé lord yicomte Bolingbroke. Câait nu homme dont le génie était vif et le talent brillant , un savant, qn orateur, un philosophe. 11 y avait un revers à ce beau c&té du portrait. Bolingbroke > dans sa vie privée, était dissipé, andadeosement sceptique dans ses idées religieuses, et quand sa ^ve intelligenee lur montrait une chance de s'élever, il ne parait pas avoir ^té^très scrupuleu jc sur lé choix du sentier qu'il prenait, poanru qu'il le conduî^t au pouvoir. Au commencement de sa carrière comme homme public, il s'attacha à Harley, et quand cet lUHnme d'Etat quitta l'administration \rhig, en 1708 ^ Saint-John partagea sa disgrâce, et perdit la pUce de secrétaire de la guerre. 1^1*8 du triomphe*des Torys en 1710, et quand .Harley fut nommé premier ministre, Saint-John devint secrétaire d'Etat. La prosp^ nié fat pourtant l'écueil contre lequel se brisa l'amitié qui avait i^té aux attaques de l-adv|M*sité, et Ton remarqua bientôt qu'il ^tait une difiRirencé d'qpiniein comme de caractère entre le preinier ministre et son collègue.

Harl^ , qui fut ensuite créé comte d'(^ford, était un homme d'an carftQtère sombre et réservé, — lent y tiniide. et incertain , ^t dans ses conseils que dans ses actions. Il semblait être un de ces hommes d^tat qui cherchent à gouverner en maintenant la

«0 mSTOIBE D'EGOSSE.

l>alance entre deux factions ennemies, et qni finissent par deyenir Tobjet des soupçons et de ranimoéité de Tane et de l'antre. Il avait été élevé dans les principes des Whigs; et quoique les cir* constances l'eussent décidé à se joindre aux Torys, et même à en devenir le chef , il avait peine à se résoudre à prendre aucune des mesures violentes qu'ils attendaient de lui » aussi ne paraît^il pas avoir jamais obtenu leur pleine confiance et leur ferme appai. Quoique Oxford eiit adopté les principes des Torys , il ne les professa jamais dans toute leur étendue , et il fut du nombre.de cette 4secte politique qu'on appelait alors ff^himsicals S et qu'on suppo* jsait ne pas savoir ce qu'ils voulaient eux-mêmes, parce qa'ik avouaient le principe du droit héréditaire , et qu'ils désiraient en même temps que le trône. fût assuré à la maison d'Hanovre. Pour preuve qu'il faisait partie de cette classe de politiques, on remarqua qu'il envoya son frère, M, Harley, à la cour d'Hanovre; qn'il affecta de .maintenir par ce canal des relations fréquentes avec l'électeur, et qu'il exprima beaucoup de zèle pour fixer la succession au trône dans la ligne protestante.

Tout ce mystère, toute cette indécision étaient contraires au génie bouillant et rapide de Saint-John, qui reconnut bientôt qu'il n'était pas admis dans les vues secrètes et définitives du collègue avec lequel il avait souffert l'adversité; Il était en outre mécontent qu'Harley eût obtenu le rang de comte , tandis, qu'on ne lui. avait accordé que le titre de vicomte. Le. respect et l'amitié qu'il avait eus autrefois pour Oxford se changèrent peu à peu en froideur, en inimitié et en haine; et il commença, av.ec beaucoup d'adresse et avec un degré temporaire de succès, à préparer dans l'Etat une révolution qu'il avait dessein de terminer par la disgrâce d'Oxford et par sa propre élévation à l'autorité suprême. Il entra avec z^le dans les desseins ultérieurs des^prys les plus extravagans, et l'on cr(nt que pour gagner les bonnes grâces de la reine , il ne manqua pas de prendre part à des intrigues pour l'avantage de son frère exilé.

On remarqua que lorsque le chevalier de Saint-George fut obligé de quitter la France, il trouva un refuge sur les domaines du duc de Lorraine ; et ce petit prince allemand eut la hardiesse de refuser la demande que lui fit le gouvernement britannique de faire aortir son hôte de son territoire. On pensa que le duc n^attrait pas osé

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