‹ Œuvres de Walter Scott (volume 5)Chapitre 12 sur 39 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

ProeUmition da roi George l*"'. •— Ambusado da comte de Stair en France. — • Son infloence pré* Tient tonte oppothion de la part de Louis XÎV à l'accession au trdne de l'électeur d'HanoTre. — Situation des partis à l'arriTce de George I"'^. — Emprisonnement d'Oxford. — /Lccusation portée contre Bblingbroke et Ormond. — Projet d'insurrection par les iacobites. — Le nonvéau mo* nairque repoutae les ayances du comte de Mar » <|ai se retire en Ecosse. ~- Cavaliers Ecossais. '— Partie de chasse de Braernar, et résolution des Chefs jacobites de prendre les armesr — ■ Tentative pour surprendre le chAtean d'Edimbourg. — Préparatifs du gouvernement contre les insurgens jacobites.

La mort de la reine Anne trouva les Jacobites pea préparés à cet événement , et dans un état d'irrésolution , chose extraordinaire pour un parti nombreux et pleiù de zèle. Ils s'étaient nourris de l'espoir que la conduite sombre et mystérieuse d^Oxford tendait à favoriser son projet d'une contre-révolution , et ils regar» daient les déclarations plus franches de Bolingbroke , que les Jacobites d'Ecosse apprenaient par le moyen du comte de Mar, comme dirigées plus explicitement vers le même but important.

Mais ils se trompaient sur les desseins d'Oxford , qui n'algissait à leur égard que comme il était dans son caractère d'agir envers tout le monde ; car il réglait sa conduite de manière à faire croire aux Jacobites qu'il était de leur parti , tandis que son seul but était d'empêcher les factions d'en venir à des extrémités , et d& gouverner tous les partis en leur donnant tour à tour des espérances qui se trouveraient définitivement illusoires.

D'une autre part,. Bolingbroke élait plus vif et plus décidé, tant dans ses opinions que dans sa conduite , et il aurait probable» ment mis assez d'activité dans ses mesures en faveur du roi Jacques, s'il avait eu le pouvoir de les mûrir. Mais se trouvant le jouet d'un caprice du sort qui lui montrait un instant vacante la place à laquelle aspirait son ambition , et qui le moment d'après lui en fermait l'accès, il se trouva pris par surprise et sans être préparé. Le duc d'Ormond, air William Windham et d'autres chefs du parti des Jacobites, partagèrent le même désavantage. Ils auraient pu à la vérité proclamer roi le chevalier de Saint- George', sous le nom de Jacques III, et se fier à leur influence sur les propriétaires torys et sur la populace, pour exciter une in*

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snirecdon générale. Qaelqaes-ims d'entre eux étaient même portés à adopter cette mesure désespérée; et le célèbre docteur Atterbary, évéqae de Rochester, offrit de se rendre à Westminster en yêtemens sacerdotaux, et d'y accomplir lui-même cette céré« monie. Mais c'eût été commencer une guerre civile , et la loi ap« pelant la maison d'Hanovre à succéder à la couronne , les insurgés auraient commencé par se rendre coupables de haute trahison avant d'être assurés d'aucune force qui pût les protéger» An total donc 9 les Jacobites et ceux qui étaient favorablement disposés à leur égard , restèrent , après la mort de la reine, dans rabattement et la confusion , attendant avec inquiétude le cours des circonstances qu'ils ne prétendaient ni gouverner ni arrêter. Au contraire les Whigs, agissant avec un concert parfait et une îermetépeu commune, s'empar-èrent des pouvoirs dont leurs adversaires étaient en possession si peu de temps auparavant^ comme on régiment qui , dans une bataille, ayant pris une batterie d'artillerie de l'ennemi, la tourne à l'instant même contre lai. Ceox des conseillers privés qui étaient de ce parti imitèrent la conduite déterminée des ducs de Somerset et d'Argyle, se rendirent au conseil sans attendre qu'ils y fussent appelés , et donnèrent des ordres pour que le roi George fût proclamé sur-le-champ» ce qui fat généralement exécuté san^ résistance. Le parlement assemblé reconnut le roi George I*** comme le souverain ayant droit au trône , aux termes de l'acte qui réglait la succession à la eonronne. La même proclamation eut lieu en Irlande et en Ecosse sans opposition, et le roi prit ainsi possession légale et paisible de son royaume. Il parut aussi que le voisin le plus puissant et, à ce qu'on pouvait croire, le plus grand ennemi àe l'Angleterre, Louis XIV, n'avait nullement envie de favoriser aucunes manœnvres qui pourraient troubler l'électeur d'Hanovre dans sa, prise de possession de la couronne. Le chevalier de Saint-George s'était hâté de faire^ un voyage à Paris , en apprenant la nouvelle de la mort de la reine Anne ; mais bien loin d'y recevoir un accueil lavorable à ses vues sur la couronne britannique , il fut obligé de retourner en Lorraine avec la triste assurance que le roi de France «ait déterminé à exécuter le traité d'Utrecht, par un article important duquel il avait reconiiu le droit dé la maison d'Hanovre à succéder au trône de la Grande-Bretagne. Il est plus que probable^ comme nouj l'avons déjà donné à entendre, que, dejiuis la condasion de ce traité, quelques intelligences privées, peut-être qud-

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*qQeB conrettiioiiff secrètes , araientmi %ea sYecBdlkigbrèke pour déroger aux termes précis ée cet article. Mais il'était évident qœ le pouvoir du ministre avec leijael cet - a rran gement avait été conclu , si toutefois il l'aVait été formellement, était alors complètement anéanti. Bientôt après l'avènement du roi George àa trône y les affaires de la Grande-Bretagne furent confiées à un ministre qui eut assez dé sagacité pour maintenir le roi de France •fidèle à ses engagemens, en envoyant à Paris un ambassadeur également distingué par ses talens comme militaire et comme diplomate, et par la chaleur de son 2èle pour la succession protestante.

Cet éminent personnage était Jobn Dabrymple, second comte de Stair, qui par son caractère mérite d'être particulièrement remarqué parmi les Ecossais célèbres de cette époque. Il était fils nîné du premier comte , pkis illustre par ses talens que par ses principes, couvert d^i^famie par la part qu'il avait prise au massacre de Glencoe, et vu de mauvais œil par ses concitoyens, par suite de l'adresse et des talens politiques qu'il avait fait servir à l'appui de PUnion, ayant été un agent très utile pour la faire adopter par le parlement écossais. Suivant les idées inspirées à la populace par ses préjugés, une fatalité semblait attachée à sa maison. Il mourut subitement pendant qu'on discutait encore le traité d'Union, et le bruit public attribua sa mort au suicide, quoique ce bruit soit la seule preuve quV>n puisse rapporter.

Une calamité d'un genre bien cruel l'avait frappé auparavant» et c'était John, alors son second fils, qui en avait été la cause. N'étant encore qu'enfant, et jouant avec des armes à feu, il eut le malheur de tuer sur la place son frère aîné. Le malheureux enfant, cause de ce fimeste événement, fut banni de la maison paternelle, sa vue étant deventke insupportable à ses parens. Ils le'plarcèrent dxez un ecclésiastique du c6mté d'i^yr, comme ne devant jamais revoir sa famille. Leminîstre aux soins duquel il fut confié était heureusement un homme dei)on sens effort en état de bien juger ks autres. L'idée qu'il se forma des moyens du jeune exiléie porta» par une suite de rapports favorables, niêlés d'intercessions, à solliciter vivement^ le rappel de son élève dans le sein de sa famille» dont il devint ensuitele principal ornement. Il fdt pourtant long* temps à amener cette réconciliation. Lorsqu'elle ^ut effectuée» le jeune faoname, entra dansTurmée avec tons les avanfirges que* lui assurait'soniraiig et ceux qu'il devait au malheur qui lui était

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«nrivé dans Mn'etf&nc^, et qtiiTaimit f6rcë à se livrei" sérieasement à PétMe. lise distingaa à plusieurs reprises dans les guerres de Mairlbontmgli , et particulièretnent anï batailles de Ramillies , d'Oudenarde et de Màlplàqnet. Lord 'Stair s'éleva en grade en preportîon'de sa imputation militaire; mais il fut privé de tout commandeiçent quand les ministres torys, vers la fin du règne de la rône Anne , firent un nouveau cadre de l'année , pour en exclure les officiers whigs. A Tavénemetit de George I***, il fut mommé un de ses chambellans, conseiller privé » et commandant des forces dlBcosse en l'absence >du duc d'Aigle. Peu de temps après cegraild événement, le comte de Stair, comme nous l'avons déjà dit , fut envoyé à Paris , où il remplit pendant plusieurs an« nées les fonctions d'ambassadeur extraordinaire. Ses moyens presque miraculeux pour obtenir des informations l'y mirent en état de découvrir Ies<plus secrètes intrigues dés Jacobites, de sur- ' veiHer la conduite de la cour dé France, ermèmedelui imposer. Quelque disposée' que f&t cette cour à encourager secrètement les entreprises du chevalier de Saint-George, la foi publique l'empéshait de les favoriser xm vertement, et eUe se trouvait sons lés yeux d'un-homme d'Etatanssi actif qu'intelligent, à qui rien ne semblait rester caché et que ta réputation de courage, de talens et d'intégrité , rendait également impossible d^intimider, de tromper, on d'influencer. On peut ajouter que sa parfaite connaissance du savoir-vivre,^ au^iriiKeu d'une nation chez laquelle les manières «ont presque 'réduites- en science, mit lord Stair à portée de cou* server la bienvdHanrce^et les bonnes graces-de ceux avec qui il traitait, même'eninsiâtatitsur'lesobîets les moins agréiJïles'au "BKmarqne français' et à ses ministres^ et cela avec nneipolitesse exquise quant à la forme , quoique avec une fermeté inébranlable quant ait fond. On ipeutcroireque ce genrede diplomatiexoûta 'ées'sefiBiiieseonsidérâArles', prises surles fonds destinés auxienrices seci<ets. Par les informations qùMlobtenait^ lord'Stair fut toujoxnrs éùétal de déjouer les complots des Jacobites; et satisfiiit de ce «noeës, il ebercha-souvent à^dérober à^a vengeance de sa:propre eour ksândividlis entrés ^qni' avaient été a^z téméraires pour y prendre* part. Ge fut grâce à'I'activité de cd^ilant diplomate que *Ckxirgel"^'dttten grande partie la neutralité de la France, ce qui mt pouvait queconsôliderîa'stiÉbilité de son nouveautrône. ' Âevettott^en^èoiotre histoire.

Seorgé'i'^'aiflsi'traiiqdfflenieat insiMSédatts ses dontainesbri*

tanniqueSy détmrqaa à Greenwich le 17 septembre , six seiAaines après la mort de la reine Anne. Les deux grands partis qui divisaient le royaume semblèrent en apparence également disposés à le recevoir comme leur monarque légitime, et tous deux se soumi« rent à son autorité, quoique avec une grande différence de sentimens et d'espérances.

Les Whigs, triompbans, étaient naturellement assurés que le roi George conserverait ses bonnes grâces à ceux qui s'étaient constamment montrés les partisans de ses droits à la couronne; et comptant sur le mérite qu'ils pouvaient s'en faire, ils désiraient exercer leur influence de manière à écarter, à écraser et à anéantir leurs ennemis politiques.

Les Torys, d'une autre part, croyaient encore possible, en renonçant à tout projet de s'opposer à l'avènement du roi George, de se présenter devant lui de manière à pouvoir commander ses égards ; car le nombre, la qualité et l'importance de ceux qui composaient ce parti , qui comprenait une grande majorité du clergé de l'Eglise anglicane, la |4us grande partie des deux universités, un nombre considérable, sinon la majorité des hommes de lois, et la masse des propriétaires du sol, rendaient leur réunion imposante. Quoique abattus et humiliés par la perte du pouvoir, ils se consolaient par l'idée qu'ils étaient trop nombreux et trop importans pour être mal accueillis par un souverain à l'avènement duquel ils ne s'étaient point opposés, et qu'au contraire ils s'étaient montrés disposés à reconnaître comme leur monarque. Us pensaient que, par leurs démonstrations de fidélité, ils prouvaient la fausseté dés bruits <pii pouvaient être parvenus jusqu'à l'oreille de Sa Majesté, du manque d'attachement d'un grand nombre d'eptre eux pour sa personne.

La meilleure marche politique qu'aurait pu suivre le nouveau souverain eût été certainement de recevoir et de récompenser les services des Whigs, sans se prêter à satisfaire leurs inimitiés politiques. Il n'était pas prudent de prendre des mesures qui paraissaient pouvoir pousser an désespoir et probablement porter à la rébellion une partit considérable de ses propres sujets. Il y aurait eu plus de sagesseÉBde magnanimité à oublier tout ce qui s'était passé avant son avènement; — à recevoir les professions de sou* mission et de fidélité des Torys, sans paraître douter de leur sin« cérité ; — à, devenir ainsi le roi de la Grande-Bretagne, au liea d'être le chef d'un parti ; — à effacer le souvenir des anciennes

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divisions, à se montrer indiflëreminetit le père et le maître de tons ses sujets, et à convaincre ainsi les mëcontens qai ponyaient encore exister, qne, s'ils désiraient avoir nn aatre prince, ils n'avaient du moins aucune raison personnelle pour le souhaiter.

George I^'' était un prince étranger, ne connaissant nullement le caractère de la nation anglaise, la constitution de ce pays, et l'esprit des partis qui le divisaient, — esprit qui, dans les momens de crise, parait ordinairement plus violent qu'il ne l'est quand arrive une cessation d'hostilités. — On ne saurait être surpris qu'il se soit volontiers jeté entre les bras des Whigs, qui pouvaient faire valoir ce qu'ils avaient souffert pour avoir constamment soutenu ses intérêts ; et que ceux qui avaient été ses fermes partisans l'aient trouvé disposé à favoriser leurs projets de vengeance contre leurs adversaires, qu'il avait quelque raison de regarder aussi comme ses ennemis personnels. C'était nn cas dans lequel le pardon aurait été politique aussi bien que magnanime ; mais se souvenir des injures et s'en venger, était plus naturel aux sentimens de ia faible humanité.

Les anciens ministres semblèrent quelque temps disposés à attendre le choc de l'inimitié de leurs rivaux politiques. Le comte d'Oiford se rendit près du roi lors de son débarquement, et , quoique reçu avec froideur, il resta à Londres, jusqu'à ce qu'il fût accusé de hante trahison par la chambre des communes, et conduit à la Tour. Lord Bolingbroke continua à exercer ses fonctions de secrétaire d'Etat, jusqu'au moment oii cette place lui fut retirée presque de force. Il fut aussi décrété d'accusation, et sa conscience lai dit probablement qu'il était coupable, car il se retira en France, et devint bientôt après secrétaire du chevalier de Saint-George. Le dnc d'Ormond , seigneur que ses bonnes qualités avaient rendu popubire, brave, généreux et libéral, fut accusé de même, et de même se réfugia en France. Son destin fut particulièrement regretté, car la voix générale le disculpa ||ïvoir fait aucune démarche par intérêt personnel et dans la vue^son agrandissement. Plusieurs Whigs, qui étaient disposés à poursuivre sans merci le mystérieux Oxford et l'intrigant Bolingbroke , eurent eux-mêmes quelque compassion pour le brave et généreux Cavalier qui avait toujours professé ouvertement les principes qui l'avaient fait agir. Plusieurs autres personnages distingués parmi les Torys furent aussi menacés de poursuites, ou en devinrent les objets, ce qui ranplit tout ce parti de crainte et d'alarme , et engagea quelques-

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