‹ Œuvres de Walter Scott (volume 5)Chapitre 13 sur 39 · HISIOBUL DfBGOSSKr · texte numérisé non relu

HISIOBUL DfBGOSSKr

nns de sos cheCs à oayrir. Toirt ille aiULConaeib déwspér&.des Jaoo» bites plus zélés 9 qui les exhortaient à mesurer leurs lorces contre un ennemi qui se .montrait implacable» et à ne pas consentir à leur ruine, sans faire au moins un^effort pour se défendre^ Dans tout le pays, et même dans Londres^ la populace poussa dei nouyeau le cri : L'Eglise anglicane! et elle y mêlait les.noms d'Ormond et d'Oxford 9 les deux principaux personnages qui étaient alors poursuivis criminellement* Il se trouva. dans le clei^é des gens qui» par zèle pour leur ordre » encourageaient les basses classes dans leur conduite désordonnée.. On démolit et Ton brûla les chapelle» des non-conformistes; on pilla les maisons de leurs ministres y et Ton commit tous les excès par lesquels se distingue la populace anglaise, dont la yiolence s'évapore ordinairement par ces actes de désordre et par des clameuA.

Il existait pourtant des symplâmes. de mécontentement d'un caractère plus sérieux que les vains hurlemenset les dévastations insensées de la populace*. Bolinghroke et Ormond.» qv^l avaient trouvé un refuge à la cour du Prétendant, et qui reconnaissaient ses droits à la couronne» ^tretenaient une correspondance aveo les Torys d'Angleterre les plus éminens et ayant Iç plna d'influence; ils les excitaient à chercher, dansoneinsnrrectii>n.généraIe pounla/ cause de Jacques^IlI, on remède aux maux dont.ils étaient menacési tant individuellement que comme formant un parti politique^ Mais l'Angleterre avait long-temps .été en paix. La noblesse âtait «ipulente et peu disposée à risquer^ dans le cas 4'Qne. guerre civile, de perdre sa fortune et les jouissances qu'elle lui procurait* De forts secours, donnés par la France» auraient pu rendrie la prApoution d'une insurrection. plus acceptable; mais le. succès des. mesures diplomatiques de lord Stair à la cour de Louis détruisit tontee les espârances, ou n'en.laissa que de bien bibles et de bien.misérablaa. Une autre ressource se présenta à Tesprit^des che& des ilacobites; c'était d'exciter TEcos^i donner l'eiemple de l'insurrection. 1.68 nobles de ce pays étaiJPprêtsà la guerre, car ilsa¥aieaitcea,bien des occasions de s'y familiariser pendant la vie de lenrspères^ et pendant la leur^. On pouvait aisément les porter à .prendre les armes. — Les montagnards, qui préféraient laguerre à la paix, ne manqueraient pas de se mettre en campagne^ — la flaimne s'étendrait dans les^comtés des frontières de l'Angleterre., d'après lea dispositions d'une grande partie de.la noblesse;-^ et ^ damal'lui'» meur oùJa. nation se .trouvait: en. ce moment , on .esivérait qp» la

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coBflKgratiQn. devieiidrait imlYerselle. Exciter on Molèyeiiient en Eposse dans la Tue de causer une insurrection générale dans tonte la Grande-Bretagne, devint donc le principaX but de ceux qui ayaient quelque chose à craindue des poursuites dirigées ayec tant de rigueur contre les membres du. dernier ministère de la reine. Anna, oa qui en étaient courroucés.

Le comte de Mar, dont nous avons parlé plusieurs fob comme étant secrétaire* d'Etat pendant les dernièriss années de la reine Anne, et comme étant l'individu à qni le ministère avait confié la distribution des sommes accordées aux clans montagnards et l'ad-^ ministration générale des affaires de l'Ecosse, fut naturellement regardé comme l'homme' le plus propre à conduire ses compatriotes an point où l'on voulait les faire arriver. Mar n'avait trouvé aucune difficulté à renoncer aux principes des Whigs, qu'il professait lors de rUnion, époque oii il était un des secrétaires d'Etat

d'Ecosse, pour adopter ceux des Torys. et de BoUngbroke, qui

étaient maintenant les siens. Nous ne lui faisons donc aucune in* justice en supposant qu'il n'aurait pas rejeté brusquement une proposition que lui eût faite la cour de George I*', de rentrer dans le parti dea Whigs. Du moins il est certain que lorsque les che& des Torys eurent résolu de se soumettre à George l^^'', lord Mar^ eu. suivant l'exemple général, voulut donner des preuves de son influence et de son importanoe,. pour se foire distinguer comme un. homme {dont.la fidélité valait la peine qu'on se l'assurât, et qui, en« même temps, était disposé à s'attacher au nouveau souverain. Dans une lettre adressa an roi George tandis qu'il était en Hollande, et datée du 30 aoû( 1714, le comte exprime de grandes craintes que sa fidélité et son zèle pour les intéréts.du roi n'aient été calomniés 9 puisqu'il s'était trouvé le seul des serviteurs de la reine Anne à qui les ministres de la cour d'Hanovre près celle de Londres n'eussent rendu aucune visite. Il fait ensuite valoir la fidélité de* ses ancêtres, les services qii'il avait rendus, lui-même lors de l'Union et lors de l'acte de succession; il assure le roi qu'il trouvera en lui unsujet et un serviteur aussi fidèle qu'aucun, membre de sa famille l'ait été à la race royale précédente, et qn'il l'ait été lui-m^me à la feue reine; il le conjure de ne pas, ajouter .foi aux calomnies dont il a pu être l'objet, et finit par une prineferventeponr latpaix et la tranquillité du règne du monarque. — ^^11 était pourtant destiné à. devenir le premier instrument des;

txonUest^ «gîtèrent .ce règ^.

80 mSTOIRE D'ECOSSE.

Mais ce n'était pas seulement sur sa demande personnelle qae le comte de Mar comptait poar obtenir de la cour de George 1*' ane amnistie pour le passé» et peut-être des faveurs pour Tavenir. Il Toulut aussi faire parade de son influence sur les Highlanders, et dans ce dessein il se procura une lettre souscrite par un certain nombre des Chefs des clans les plus importans, et qui loi était adressée comme ayant un crédit et des propriétés considérables dans les montagnes d'Ecosse. Ils Vy conjuraient d'assurer lé gônyernement de leur fidélité à Sa Majesté le roi George, et deles défendre, ainsi que les Chefs d'autres clans trop éloignés ponr pouvoir signer cette lettre, contre les calomnies auxquelles ils pouvaient être exposés; protestant* que, de même qu'ils avaient toujours été prêts à suivre les ordres de lord Mar en obéissant à la reine Anne, ils le seraient'également à servir fidèlement le roi George. Une adresse des clans, rédigée à peu près dans les mêmes termes par lord Grange, frère de Mar; fut envoyée en même temps au comte pour être présentée au roi lors de son débarquement. En conséquence lord Mar se rendit à Greenwich, s'attendant sans doute à être reçu favorablement en présentant au nouveau monarque un acte de reconnaissance de son autorité par une partie de ses sujets qu'on supposait opposés à son avènement au trône, et qui étaient certainement les mieux préparés à troubler son nouveau règne. Lord Mar fut pourtant informé que le roi ne voulait pas agréer l'adresse des clans, aliénant qu'elle avait été fabriquée à la cour du Prétendant ; et il reçut ordre en même temps de remettre les sceaux, attendu que Sa Majesté n'avait plus besoin de ses services.

II est presque, inutile de faire des observations sur un refus si peu politique. Quoiqu'il pût être vrai que l'adresse avait été rédigée avec la sanction du chevalier de Saint-George et de ses conseillers, il n'en était pas moins de l'intérêt du roi George de recevoir avec la civilité d'usage les expressions d'hommage et de fidélité qu'elle contenait. Dans une situation semblable , le roi Guillaume n'hésita pas à recevoir, avec une apparence de confiance, la soumission des clans montagnards-, quoiqu'on sût parfaitement qu'elle était faite de l'autorité expresse du roi Jacques II. Un monarque dont les droits à l'obéissance sont encore nouveaux, doit,' par politique, éluder toute querelle immédiate avec n'importe ceux de ses sujets qui sont disposés à l'assurer de leur fidélité. Son autorité, semblable à un arbre transplanté, est exposée à souffrir du moindre coup de vent subit, et elle doit par censé-

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qaent s'en mettre à Tabri jusqa'à ce qu'elle ait poussé d'assex fortes racines pour devenir comme incorporée avec le soL Dans le premier cas , an ooragan spadain pent renyerser l'arbre qui , dans le second, peut braver la rage d'une tempête prolongée. Il paraît du moins certain qae le roi Geprge, en refusant d'une ma* nière dure et humiliante une adresse conçue en termes de soumission et de fidélité, et en faisant un affront au courtisan hautain qui la lui présentait, exposa son gouvernement à la cruelle alternative d'une guerre civile , et à la fatale ressource d'envoyer tant de nobles victimes à l'échafaud, qui, sons le règne précédent, n'avait jamais été teint du sang anglais répandu pour des causes politiques. Cette faute ne peut pourtant être imputée avec justice à un prince étranger qui, regardant la liste de noms celtiques qu'il loi aurait été impossible de prononcer, et qui terminait cette adresse , ne pouvait être supposé capable d'en conclure que les scalaires, pris collectivement, étaient en état, presque en un clin d'œil, de mettre en campagne dix mille hommes qui, s'ib n'étaient pas^des soldats réguliers, étaient habitués à une sorte de disciplhie qui les mettait de pair avec des troupes de ligne. Ceux qui entouraient le roi auraient dû Tinstruire de ces faits; et puisqu'ils ne l'ont pas fait, ce sont eux qui doivent être justement accusés du sang qui coula pendant la guerre civile, et de toutes les calamités qui l'accompagnèrent.

Le comte de Mar, voyant ainsi ses avances repoussées par le nouveau monarque, en conclut nécessairement que sa perte était décidée; et avec un désir de vengeance qui, quoique rien ne pût le justifier, était du moins assez naturel, il résolut de se mettre à la tête des mécontens en Ecosse, de les exciter à se soulever à l'instant , et de payer le mépris avec lequel ses offres de service avaient été rejetées en mettant en danger le gouvernement du prince dont il avait reçu une telle insulte.

Ce fut au commencement d'août 1715 que le comte de Mar s'iembarqua à Gravesend ,.dans le plus strict incognito, accompagné du major-géfîéral Hamilton et du colonel Hay, hommes qui avaient quelque expérimce des affaires militaires. Ils partirent sur. un bâtiment charbonnier, gagnant leur passage,, dit-on, en trayaii» lant à la manœuvre, afin de mieux soutenir leur déguisement. Ils débarquèrent au p^titport d'Eliej, sur la côte orientale du comté de Fifo, qui était alors rempli de partisans deJa causé jacobite* L'état de cette province, sous d'autres rapports , offrait des façi-

82 HI8T9«ffi VBGOSOS.

lité» an Gomtedb Mur. CTeal une péniiMyale séparée da Lothian par le Frith èe Ftnth , et du cdté d'Angftt par celui do Tay ; et comme ce pays* n'aTait alors que très peo de commanicalîons avec la ea« pitale , commvnicftlieBS qui ne sont dcrvennes plus fréquentes que beaucoup ph» tard, il semblait un district séparé du reste de TEcosse; et on rappelait quelquefois en plaisantant lerojraume 46 Fife. La classe moyenne, au commencement du dix-huitième siècle I y était presque en totalité attachée à la religion presbytérienne; mais il n'en était pas de même de la noblesse, qui était beaucoup plus nombreuse en ce comté que dans tonte autre partie de PEcosse. JLa sécurité dont on y jouissait pendiint les guerres des siècles précédens y avait introduit de bonne heure la civilisation. La valeur du sol , du moins sur les bords de la mer, y avait occasiené une grande subdivision des propriétés, et il n'y a pas de comté en Ecosse où l'on voie un si grand nombre de maisons de campagne à si peu de distance Tune de Tautre. Ces nobles étaient presque tous Torys, ou, en d'autres termes, Jaeobites ; car la sub» division de& politiques appelés ff^AimsicaU, ou Torys attachés à la maison d'Hanovre, quoique bien connue en Angletenre, pouvait à peine être regardée comme existante en Ecosse. Indépeodanmient de leurs principes, les lahrds du comté des Fife étaient pour ia plupart des liommes qui n'avaient pas beaucoup à perdre dans les dispensions civiles, ayant à soutenu* un établissement beaucoup a«« dessus du revenu de leurs domaines, lesquels étaient par conséquent grevés de dettes toujours croissantes. Ils n'en étaient donc que ph» disposés à prendre part à des entreprises dangereuses. Aflec* tant les manières des aneiena Cavaliers, ils avaient l^humenr joviale, et avaient ^in de* ne pas laisser échapperuneeenleoGca* sien d6 boire à la santé du roi , acte de loyauté <pii , oonoM les vertus d'un autre genre, trouvait en lui-même sa récompense. Parlant beaucoup et très haut , ces Jacobites s'étaient acçoutumiës à croire qu'ils étaient le parti dominant*; idée que les membres de tonte faction particnlière qui conversent exclusi v ement «nsenble sont ordioaîrenient assea: portés à concevoir. Lear manque de connaissance du monde, l'absence totale de journaux , à T-excep* iion de ceux qui exprimaient vivement l'esprit de leur parti, et dont ib ne cherchaient pas plus à corriger les principes qu'ils ne songeaient à rectifier lés faits qu'ils ayanfai^Eit, en eonsuttaott ceux qui étaient écrits dans un sens opposé, les rendaient en même temps curieux et crédules. Cette légère esquisse des laûrde

noisiBu aniii. as

le Vik peat s'appHqiier aaisi jattMMol aux ganliishomnMsoaa*

pagnarda jaoobites de cette épôqae dans la plspart des Gonlét

é'ËGoase. lis avaient* des vertus qai tenaient ea balance lears

hâtes et karg folies. Les principes politifaes qu'ils suivaient leor

avaient été transmis par leurs pères; ils se rattachaient , dans

lenr idée, à l'honneur de leur pays, et ils étaient disp^^sés à les

ééfeadrè avec un degré de zèle qui ne oemptait pour rien les

risqaes personnels qn'ib avaient à courir pour leur vie ou pour

lears biens en agissant ainsi, il se trouvait aussi parmi eux des

indiTÎdas qui avaient des talens naturels perfectionnés par l'édn*

^tion. Mais, en général, les faoftunes que lé comte de Mar désiraîl

alors exciter à quelque acte soudain de rébeliion étaient de ces

gens francs et intrépides qu'on né saurait accuser de voir hma,

loin de?ant eux. Ils avaient déjà partagé le mouvement d'énaa*

tion générale causé par la mort de la reine Anne, et par Vajh

proche de la crise qu'on regardait comme devant suivre cet évè»

oement important ; ils avaient lutté contre les noUes du parti des

Whigs, qui leur étaient inférieurs en nombre, mais en général

plos dertes et plus intettigeas, relativement aux adresses des

coars de justice et des juges de paix. La plnpavt d'entre eux

avaient fait Tenir de pays étrangers des épées, des sabres , des

carabines et des pistolets, ils avaient acheté des chevaux propres

an service militaire; et quelquespuns avaient augmenté lé nombre

de leurs domestiques, en choisissant de préférence des bommes

qui avaient servi dans quelqu'un des régimens de dragons licen*

<!iés jMtr suite de la paix d'Utrecht. CSependaiit, malgré cespr^a*

ratifs d'insurrection , quelques-uns des hommes les plus in^rtâns

da comté de Fife, aussi bien qu^ailleurs, hésitaient à se déclarer

^ rébellion contre le gouvernement établi, et à faire. un p^s qui

ne leur permettrait plus de reeoler. Leur répugnance céda à

l'impatience de là majorité, excitée par les brnits flatteurs, quoi*

qae prématurés, que s'empressaient de faire circuler des gêna

qn'on pouvait appeler les nouvellistes de la faction.

C'est fin fait bien connu que» dans toutegrànde crise politique» il se trouve des gens qui ne sont ordinairement ni'les plus sages» ni les plus importans , ni les plus estimables, qui chercbent à S0 procurer une importance personnelle en prétendant avoir des moyens particuliers déformation sur ce qui concerne les intérêts les plus pressans du parti , et qui , en ajootaint foi à tous les bnmts qd comrenft sur les affaires da parti qu'ib ne servent qu^à

84 HISTOIRB D'KGOSSB.

ranser en s'y attachant , se montrent aussi crëdnlesqa'in&tigables à les commonigaer. 'Lord Mar eut des entreyues ayep pLosiears d'entre eux, çt exalta leurs espérances par le jour ayantageux sous lequel il leur fit yoir les affaires politiques , comptant bien sur leurs propres additions et exagérations pour rapporter ce qu'il leur aya^t dit.

De tels agens, cjiangeant en certitudes ce qui leur ayait été donné comme des probahilitésy fournissaient une réponse à chaque objection qui pouyait être faite par les têtes les plus prudentes de leur parti. Si quelque personne circonspecte faisait dbseryer qu'ayant une leyée de boucliers il serait à propos d'attendre que les Jacobites anglais montrassent des intentions sérieuses, quel* qu'un de ces nouyellistes actifs était là pour affirmer qu'une insurrection générale était àur le point d'éclater en Angleterre, et qu'on n'y attendait que l'arriyée d'une flotte frai^çaise ayec dix mille hommes commandés par le duc d'Ormond. Si celui à qui il parlait semblait préférer que les Français fissent une inyasion en Ecosse, le même nombre d'hommes allait y débarquer sons le commandement du duc de Berwick. Dés secours de toute espèce étaient libéralement promis, et toujours tels qu'on semblait les désirer^ mais si quelqu'un était assez modéré pour borner ses désirs à une paire de pistolets pour son propre usage, on lui en promettait pne yingtaine qu'il distribuerait à ses amis et à ses voisins. Cette espèce d'illusion mutuelle augmentait chaque jour, car. ceux qui se trouyaient engagés dans la conspiration , étant intéressés à faire le plus grand nombre de prosélytes possible, coopé* raient actiyeme^t à inspirer aux autres les. espérances par-Iesquellestjls soupçonnaient peut-être déjà qu'ils avaient été trompés eux-mêmes.

Il est vraiqu'en jetant un ^oup* d'œil sur la situation de l'Europe, ces infortunés aurai^it dû voir que l'état ^e la France était loin de pouvoir faire espérer ces secours généreux qu'on la représentait si disposée à fournir, et même s'occupant déjà à les préparer. Rien n'était moins probable que l'idée que ce royaume, respirant à peine après une guerre qui l'avait mis à deux doigts de^sa ruine, et jouissant d'une paix bien plt^s avantageuse qu'il n'avait pu l'espérer, aurait été' disposé àdonnerdu prétexte pour rompre le traité qui avait pacifié l'Europe, et pour renouveler contre la France une confédération sous les efforts de laquelle elle avait presque succombé. Cdla était encore plus yrai depuis que, par la

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mort de Louis XIV * dont Tambition et la Tanitë insensée aTaient coûté tant de sang , le goByemennent de ce royanme était entre les mains da doc d'Qbrléans. Si Loais eût yécn plus long-temps » il est TraisemMable que, quoiqu'il n'eût pas osé embrasser pnUiqnement la caase da chevalier de Saint*George , ce* qui était renda évident par le refus qu'il avait fait de le recevoir à sa cour » cependant le souvenir de sa promesse à Jacques II sur son lit de mort, et le désir de caaser des troubles en Angleterre, l'anraient porté à avancer quelque argent au malheureux exilé., ou à lui donner sons main quelque assistçûnce. Mais à la mort de Louis, la politique da dnc d'Orléans, qui n'était attaché au chevalier de Saint-George par aucun lien personnel , le porta à agir avec une bonne foi complète à l'égard de l'Angleterre, — à faire droit à tontes les de* mandes du comte de Stair, — et à arrêter dans les ports de la France tons les préparatifs que la vigilance de ce ministre y dé* coayrait, et qu'il lui dénonçait comme ayant pour but de favoriser une insurrection des Jacobites. Ainsi, tandis qu'on représentait le «heyalier de Saint-George comme obtenant de la France des se> cours d'argent, d'armes et de soldats , avec une profusion que les moyens de ce royaume auraient eu peine à permettre , secours qu'il aurait été difficile , d'après l'infériorité de ses forces navales, défaire passer en Angleterre, même dans les jours les plus prospères de Louis , le f^t était que les ports de ce pays étaient fermés même aux efforts que le Chevalier aurait pu faire en petit par le moyen de ses ressources particulières.

Mais au contraire, on représentait en Ecosse la mort de Louis XIY comme favorable à la cause du Prétendant. Le pouvoir de la France, disait-on, était maintenant entre les maii^s d'un jeune prince actif et courageux , dont le cœur devait' naturellement être pins ouvert à un noble esprit d'entreprise, que celui d'un vieux monarque , découragé par l'adversité, et qui par conséquent serait prêt à faire pourla cause des Jacobites tout ce que le feu roi avait si souvent promis, et mêmeencore davantage. En un mot, la mort deLonis*le-Grand, qui avait été si long-temps l'espoir et l'appui des Jacobites , fut hardiment représentée coname un événement favorable en ce moment de crise.

Des renseignemens pris avec pn peu d'impartialité auraient dissipé des espérance^ fantastiques basées sur des bruit&sans fou*

86 HBnomB VBOOSaE.

dément de aeeoifirft élrangen ; cependant des Rotions senriilabks è celles dont je lâene de parler, et qui tendaient à ezalter les esprits et le zèle du parti , circulaient en Ecesse parce qu'on les croyait^ et étaient ornes parce qu'elles circulaient ; et la noblesse des com^ tés de Siirling , de Perth y,d' Angus et de Fife ,4)ommença à prendre les armea, et à se rassembler par petites troupes., aux pieds des monts GrampienSy attendant le résaltat des négociations de lord Itar dans les montagnes.

En quittant le comté de Fifo, après y avoir eu des entreTues myec les personnes qni paraissaient le plus profères à servir ses projets, Mer se ruidit sur ses propres domaines de Braemar , si** taée sur les bords de la Dee , et il s'installa chez Farqoharson d'In^ 'vercanld, qni était Chef du clan de Farquharson, et qni pouvait mettre sur pied on corps de troupes très considérable. Il était vassal 4e lord Mar ppar une petite partie de ses posses^ons , ce qui donnait BU comte beaucoup d'influence sur lui. Elle ne suffit pourtant yas pour le déterminer à s'exposer, lui et son clan,,âmx risques ^'une insurrection subite. Pour éviter les importunités à ce sojet, fil partit pour Aberdjeen , après avoir déclaré à Mar qu'il ne pren- 4dratt 4e& armes que lorsque le Chevalier serait effectivement déjNirqaé dans le royaome. Cependant il se joignit aux insurgena np jpeu plus tard .

Désappointé en cette occasion, Mar pensa qiie,^comme les révoiutionB les plus désespérées soiit ordinairement plus facilement adoptées dans de grandes assemblées , où r<m est excité par Fexemple , et où la honte ^npéche soit de se retirer, soit d'éaon- «er mne opinion différente de celle des.aulres, ce qu'il avait de mieuxà làirje était de ocmToqner une grande réunion des Chefs et des hommes de haut rang qui pr^essaient de l'attachement pour ia famille exilée. L'assemUée se réunit sous le prétexte d'une ^grande tdmsse, qni, de la manière dont elle avait lieu dans le» ttiovAagnes, était wie occasion de rendez-vens. général d'une nO»* tm^ partieulière. Tous les Chefs y pararent è la tête deleurs vas» sanx^ portant le costume des montagnards, qu'avaient mâme prie ipNlqnes seignieurs des basses terres, et la Cette ett lien avec to«t Téclat d'une magnificence agreste. On^forma on oerclei{a'on a|H ^le le tinehdy .antonr d'une ciroonféuence de fdusîears Bailles , 4aM5.de8 JEorêts aaiav»i^es et ^désertes qui n'^tt d^ftinrea hriailana que les daims. A un signal donné , les chasseurs qni composent le /enrA^/ marchent en avant i en rétrécissant le.cer«le., et chassent

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devantenx les daims époav antés , et les antres animawT saoTages gui peavent se trooTer dans celte enceinte, et qui ne peuvent éyiter les chasseurs qui le&entouFent. Etant resserrés de cette manière, ils sont poussés dans un défilé où ils sont attendus par les prindpaox chasseurs » qui font preuve de leur dextérité en chaisissant et en tuant les daims les plus gras. Comme il fallait un grand nombre d'hommes pour former le Unchel^ la présence des vassaux était rigoureusement exigée en cette occasion. C'était même un devoir féodal que la toi leur imposait, et ils étaient tenus de suivre leur Chef à la chasse, tout aussi bien ^e de marcher sous sa bannière à la guerre., et de former la garnison de son château en cas de danger.

Uoe pareille occasion était infiniment favorable. L'amour général de la chasse, et la réputation qu'avait la forêt de Braemar decomeuir du gibiw détente espèce , réunirent presque tous cemx qui possédaient un rang et de l'influence, et qui se trouvaient à portée du rendez- vous, sans compter beaucoup de personnes qoi , ^ooiqne de moindre importance, servaient du moins à grossir le nombre. Ce grand conseil se tint vers le 26 août , et l'on peut bien penser qu'on ne s'amusa pas beaucoup à chasser, quoiqui^^ îhxld prétexte et l!excuse de la réunion.

Parmi les nobles de première distinction , ony^vit, en personnes eu par représentans , le marquis d'Huntly, fils aine dn dac de Gordon, le marquis de Tnllibardine, fils aîné du duc d'Aihole; les comtes de Mithsdale, Maiischal, Traquair, Errol, SouUiesk, Camwath et Linlithgow ; les vicomtes de Kilsythe, Kenmuir, Kingston et Stormount; les lords RoUo, Dufbis, Orummond , Strathallan , Ogil vy et Nairne^ Parmi les Chefs de clans on distinguait Gkngarry et Campbell de Glendarule , venus de la fart du puissant comte de Breadalbane, et beatu;onp d'autres ayant plus ou moins d^importance dans les montagnes dfEcosse.

lorsque ce«conseil fu^ assemblé, le comte de Mar luiadressa la |Arole avec ce genre d^éloquence qui étaitson primnpal talent,,et qni devait particulièrement réussir auprès des hommes fiers et ^és qui l'entouDaient. Il avoua, les larmes aux yeux, qu'il n^avait que trqp servi d'instrument pour accomplir entre T Angleterre et TEcosse cette union qui n'avaitaboutlqu'à donner, aux Anglaisiez moyens d^nsfRervir^cedernier royaume,»coîume ils en asiaienjt i#jà

Iedésir« Il rqprésenta.vivBment^ele^prince^'Ha&Oyi^® ^^ >^ intraa.etmi nsnrfiatenr q^nganveniaityuvle moyen d'une {action

avide de pouvoir et d'innovations ; et qae la seule ressource potir échapper à cette tyrannie était dé se lever hardiment pour défendre sa vie et ses propriétés., et de placer sur le trône l'héritier légitime des trois royaumes. Il déclara que , quant à lui , il était déterminé à arborer Tétendard de Jacques 111, à appeler aux armes tous ceux sur qui il avait quelque inflaence , et à risquer sa vie et sa fortune pour cette cause; il invita tous ceux qui l'écoutaient à s'unir généreusement à lui pour cet objet. Il fut libéral dans ses promesses de secours de la France en hommes et en argent, et répéta Vhistoire que deux descentes devaient avoir lien , l'une en Angleterre, sous les ordres d'Ormond ; l'autre en Ecosse, sous ceux du duc de Berwick. Il assura aussi positivement ses auditeurs de la certitude d'une insurrection générale enl Angleterre; mais il insista sur ce qu'il était de nécessité absolue d^en donner l'exemple dans le Nord, et ajouta que le moment était propice puisqu'il n'y avait alors que très peu de • troupes régulières en Ecosse ; finissant par dire qu'on pouvait attendre des secours de la Suède aussi-bien que de la France.

On dit que le comte de Mar, en cette mémorable occasion, montrafjdes lettres du chevalier de Saint-George, et une commission par laquelle il le nommait son lieutenant-général et commandant en chef de ses armées-en Ecosse. D'autres relations assurent, avec plus de probabilité, que Mar ne produisit d'autres lettres de créance qu^un portrait du Chevalier, qu'il baisa à plusieurs reprises en témoignage de son zèle pour l'original ; et qu'à cette époque il ne prétendait pas an commandement général de l'entreprise. Tel est aussi le compte rendu de cette affaire dans un exposé rédigé par le comte lui-même, on du moins sous ses yeux, et il y est dit bien clairement qu'après que Mar eut levé l'étendard dé la rébellion, il se passa près d'un mois avant qu'il eût pu se procurer une commission.

Le nombre de personnages de haut rang qui se trouvaient rassemblés, et l'éloquence avec làquejle on discuta publiquement des objets qui depuis long-temps occupaient les secrètes pensées de tous les cœurs , produisirent leur effet sur toute la réunion. On sentit qu'opposer des remontrances ou des objections à la proposition du comte, c'était s'exposer au reproche de lâcheté, ou au soupçon de manquer de zèle pour la cauàe commune. Il fut convenu que chacun rétournerait chez soi, et lèverait, sous différens prétextes^ toutes le^ forces dont il pouvait disposer, et qcte lé 3 sep-

tembre il j aurait une seconde réanion à Aboynei comté d'Aberdeen, afin de décider comment on se mettrait en campagne. Le marqais d'Hantly fut le seul qqi refusa de prendre des engagemens ponr an temps limité ; et attendu son hant rang et son importance, il loi fat permis de diriger ses propres mouvemens comme bon lui semblerait.

Ainsi se termina celterélèbre partie de cbasse de Braemar, qni, comme le dit le yieux barde de celle de Cheiy-Chacê^ eut des suites capables de faire couler les larmes d'une génération qui était encore à naître. II j eut une circonstance dont oh parla dans le temps, qui tendait à niontrer que tout le monde n'avait pas oublié «ine le comte de Mar, sous la garantie duquel on se hasardait à celle entreprise téméraire , était regardé par quelques personnes comme ayant le caractère trèp versatile pour qu'on pût lui accorder une confiance entière. Les appartemens du château de Braemar n'étant pas aussi nombreux que les hôtes qu'on avait à y loger, il arnva, comme cela n'est pas extraordinaire en pareilles occasions, ^'on certain nombre de gentilshommes de classe secondaire ne purent avoir de lits, et furent obligés de passer la nuit autour de la cuisine; ce qui alorsn'était pas regardé comme un grand inconrenient. Un domestique anglais au service du comte ne fut nullement de cette opinion. Habitué au:^ aisances de la vie du sud de la Grande-Bretagne, il se promenait avec humeur dans la cuisine, en se plaignant amèrement d'être obligé de rester debout toute la iinit, quoique bien des gens fort au-dessus de lui en fissent autant, et disant que, plutôt que d'être encore exposé à une telle gêne, il retournerait dans son pays et se ferait Whig, Cependant il se consola bientôt en prenant! la résolution de s'en rapporter à la dextérité de son maître pour échapper à tout grand danger. — Laissons faire milord, dit-il; s'il le juge nécessaire, il tournera casaque aussi bien que qui que ce soit en Angleterre.

Tandis que les gentilshommes des basses terres assemblaient feuTs escadrons, et que les Chefs montagnards levaient leurs nommes, il arriva dans la métropole de l'Ecosse un incident qui prouvait que l'esprit d'entreprise qui animait les Jacobites s'étendait jusqu'à la capitale.

Jacques lord Drummond, fils de cet infortuné comte de Perth, îni> après avoir servi Jacques Vij comme chancelier d'Ecosse, avait partagé l'eiil de son maître encore plus malheureux, et en avait été récompensé par le vain titre de duc de Perth, était alors

90 HISTOIRB D'ECOSSE.

à Edimbourg; et par le moyen d*aii nommé Arthur, qui avait été autrefois enseigne dans la garde écossaise , et qui était en quartier au château,^ il avait formé, pour surprendre cette forteresse inaccessible, un plan qui ressemblait à un des hauts faits de Thomas Randolph, ou de lord Jacques de Douglas, dit le Noir, plutôt qu'à un exploit de guerre moderne. CSçt enseigne Arthur trouva le moyen de séduire, par argent et par proçiesses, un sergent nommé Ainslie et deux soldats. Ils devaient, lorsqu'ils seraient de garde sur les murailles qui s'élèvent du fond du précipice du c&té do Nord, près de la porte des sorties, tirer en haut des échelles de cordes disposées à cet effet , et garnies de grappins en fer pour les attacher au haut des murailles. On se flattait que par ce moyen une troupe de Jacobites d^élite pourrait aisément escalader les murs et se rendre maîtres de la place. Un phare placé aur mie certaine partie du château, trois salves d^artillerie, et des feux allumés de niontagne ea^ montagne dans les comtés de Fife et d'Angus, devaient annoncer ce succès au comte de Mar, qui alors marcherait à la hâte à la tête des forces^ qu'il aurait rassemblées, pour aller prendre possession de la ville capitale et de la princi' pale forteresse de TEcosse.

n n'y eut aucune difficulté à trouver des agens pour cette entreprise importante et dangereuse. Cinquante montagnards d'élite furent appelés dès domaines de lord Drummond dans le comté de Perth, et cinquante hommes furent choisis en outre parmi les Jacobites de la capitale. Ces derniers étaient des officiers réformés, des clercs, des apprentis, et d'autres jeunes gens d'une classe fort au-dessus de la populace. Drummond, autrement appelé Mac Gregor de Bahaldie, gentilhomme montagnard doué d'un grand courage, fut chargé de les commander. S'il avait réussi, cet exploit aurait donné au comte de Mar et à ses forces le commandement de la plus grande partie de l'Ecosse, et des moyens sûrs et fociles de communication avec les méContens d'Angleterre, eommunicatipns dont le manque se fit si cruellement sentir par la suite.!! auraitaussitrouvédàns cette fortere3seune quantité considérable d'armes, de munitions et d'argent, ce qui lui était si nécessaire poar son entreprise. L'apathie du lieutenant-colonel Stnart , alocs gouverneur du château , était si gralide , que, jnalgré- Les nombreuses bévues des conspirateurs , et en d^it de l'avis, positif qni lui fut donné de leur projet, la surprise fut très^prèsdexéossir.

sunes consfiirateurs , enfans perdus de pette enUReporiscii

TJUWmiB SOIE. «I

araient moins de discrétion que de courage. La nuit où die de- Tait ayoir lieu y.dix-hoit d'entre eux étaient à .boire dans nu cabaret, et ils causaient avec si peu de précaution ^ que quelqu'un ayant demandé à l'hôtesse qui étaient ceux qui composaient cette réonioD, eUe fut en état de répondre que c'étaient des jeunes gens qui étaient à se faire poudrer les cheveux pour aller attaquer le château. E^fin le secret tout entier fut confié à une ièmme. Ar« thor, le guide des conjurés i avait communiqué le plan convenu à sonfrère, qui était médecin, et l'avait fait entrer dans le complot. Mais quand le moment de l'exécuter approcha» le docteur tomba dans une mélancolie extrême , que sa femme remarqua. Comme une autre Bel videra ^ , comme une seconde Portia, elle ne loi laissa pas de repos qu'elle ne lui eût arraché son secret, et elle eu fit part siir-le-champ,. dans une lettre anonyme , à sir Adam Cockbom d'Ormiston , alors lord -juge -clerc, qui £t passer à l'instant même cette nouvelle au château. Elle arriva dans un menent si critique, que ce fot avec difficulté que le messager put y entrer; et même alors le gouverneur, ne croyant pas à oette nouille,, on favorablement disposé en secret pour la cause du Prétendant, se contenta d'ordonner que les rondes et les patrouilles iefissentavec un soin tout particulier, et alla se coucher.

Cependant les Jacobites qui devaient monter à l'escalade s'étaient réunis dans le cimetière de révise de l'Qccident , d'où ils allèrent se poster sous les murs cTu château. Ils avaient une partie de leurs échelles de cordes, mais celui qui les avait fait faire sons ses yeox, un marchand d'Edimbourg , nommé Charles. Forbes , et ^devait apporte^ ce qui en manquait epoore, n'était pas arrivé» On nepoui^ait rien faire sans lui; cependant, cédant ^. leur impa- ^ence, ils gravirent le rocher, et arrivèrent près de la muraille à Tendroit où leur complice était en sentinelle. Us le trouvèrent prêt à remplir le rôle dont il s'était chargé, en tirant an haut des i&nrsréchetllequi devait les introduire dans le château. Il les'ent^ea à se hâter, leur disant qu'il devait être relevé par lapa* trouille à njinuit, et que, si l'affaire n'était pas terminée auparn- ^Ant, il ne.ponrrait.plu^ leur être d'ancun secours. Le temps s'écoolait rapidement, et B^aldie, qui commandait les aventuriers, engagea la sentinelle à tirer l'échelle et à attache^ le grapj>ia à k' muratllei . afin de v)oîr si elle était assez longue pour tenter

lear entreprise. Mais 'il se troava, comme ils s*y attendaient, qu'elle était trop courte de plus d'une toise. A onze hedres et demie, t)n entendit la marche de la patrouille , qui avait commencé sa ronde plus tôt que de coutume, par suite du message du lordjuge-clerc. La sentinelle sVcria alors 'en jurant : — Voici la patrouille, dont je TOUS parle depuis plus d'une demi-heure;' tous nous avez perdus vous et moi, et je ne puis plus vous servir. Aces mots, il leur jeta le grappin et l'échelle; dans la vue de cacher sa complicité , il tira son coup de fusil , et cria : — L'ennemi I Les Jacobites furent alors obligés de s'enfuir chacun de son côté, la patrouille tirant sur eux du haut des murailles. Douze soldats de la; garde bourgeoise qui avaient été chargés par le lord-jage* clerc de faire une ronde autour du château, arrêtèrent trois jeunes gens, qui protestèrent qu'ils se trouvaient en cet endroit par hasard , et un vieillard , le capitaine Mac-Lean , officier de Jacques YII, qui s'était froissé les membres en tombant sur le rocher. Les autres s'échappèrent le long de la rive septentrionale du lac North, à travers les champs appelés alors Barefood's Parts , et sur lesquels s'élève aujourd'hui la nouvelle ville tf E- ^mbonrg. Dans leur retraite , ils rencontrèrent leur ingénient trop tardif, Charles Forbes, chargé de la portion d'échelles qui leur aurait été si nécessaire un quart-d'heure plus tôt. Sans son manque de ponctualité, l'avis donné au lord -juge -clerc et les précautions qu'il avait prises n'auraient pas suffi pour mettre la place en sûreté. Il ne paraît pas qu'aucun des conspirateurs ait été puni , et il n'aurait pas été facile d'obtenir la preuve de leur crime. Le sergent qui avait trahi son devoir fut pendu> par sentence d'une cour martiale ; et le gouverneur , dont le nbm qn'il portait donnait peut-être une nouvelle force aux soupçons conçus contre lui, fut destitué, et mis en prison pendant quelque temps. Il ne fallait ni cette attaque ouverte sur le château d'Edim- 1)0urg, ni la nouvelle de Ja prise d'armes du comté de Mar dans les montagnes, et de l'insurrection des mécontens dans la plupart des comtés d'Ecosse, pour attirer l'attention du gouvernement dn roi George sur la situation inquiétante de cette partie de ses do- ' maines. On prit à la hâte des mesures de défense. On concentra le petit nombre de troupes régulières qui se trouvaient alors en Ecosse, pour en former un camp à Stirhng, afin d^empécher les montagnards rebelles de s'eniparer du pont sur le Forth , et de s'ouvrir ainsi un chemin dans^ les basses terres. Mais quatre régi'

TROI^IEMB SBRm. »S

mens sur le pied de paix ne comptaient chacim que deux cent duqoante^ept hommes effectifo; quatre régimens de dragons n'ayaient pas, à beaucoup près , deux cents hommes chacun; ce ^ui ne formait qu'un tqtal de quinze cents hoqunes tout au plus.

Pour augmenter des forces si peu nombreuses» deux régimens de dragons appartenant au comte de Stair, et deux régimens d'infanterie en garnison dans le nord de l'Angleterre » reçurent ordre de se rendre au camp de Stirling avec la plus grande célérité. Les régimens d'infanterie de Clayton et de Wightman et les dragona. d'Évans forent rappelés d'Irlande. Les six mille hommes de troupe» auxiliaires que la Hollande s'était engagée à fournir , en cas de besoin, pour garantir le trône à la maison d'HanoTre, furent re* qnisdesEtatSy qui oi^onnèrent aux régimens écossais à leur service de se rendre sur la côte, mais qui s'excusèrent de les faire embarqner, attendu que l'ambassadeur de France avait désavoué de la manière la plus forte, de la part de sa cour, toute intention d'aider ]es factions dans la Grande-Bretagne, soit en y envoyant le Prétendant, soit en donnant des secours à ceux qui portaient les armes pour loi. Les Hollandais alléguèrent cette raison comme suffisante poar sospendipe l'embarquement de ces troupes auxiliaires.

Oatre ces mesures militaires, les ministres de George P** ne forent pas long-temps .sans en prendre d'autres tendant à saper la cause première des rébellions en Ecosse, c'est-à-dire l'iuflaence Kodale que L'aristocratie exerçait sur ses vassaux, ses tenanciers et tons ceux qui vivaient sous sa dépendance, et qui faisait qu'un homme puissant de ce pays, disgracié-ou mécontent, avaitle pouvoir d'appeler aux armes, quand il le voulait , un nombre d'indi^ ^08 qui , quelque peu disposés qu'ils pussent être à s'insurger contre le gouverneu^ent, n'osaient ni ne pouvaient, sans s'exposer à de grandes pertes et à des actes d'oppression , s'opposer au bon plaisir de leur Chef suzerain.

Le parlement passa donc, le 30 août , un acte destiné à encourager la loyauté^ en Ecosse , plante qui, depuis un certain nombre d'années, avait paru ne pas se plaire sous le climat froid et septentrional de ce pays ; ou qui , du moins , si elle ^'y trouvait , était d'une nature toute différente de celle qu'on connaissàk sous le même nom à Westminster.

Cet acte, communément appelé l'Acte desClan^, disait : 1° que

*• Dans U mu 4e fidélité aa roi*

«4 ffiSfOnBBSMMSB.

fli im aeipieiir fMal m ooas^iiwt en rébelHoH et s'ex^MMdt à lit peine de haute trahison , tons les yassanx qui lenatent des terret délai, et qui continoéraieni à être fidèles an rei, les tifmdraient À l'ayenir de la oonronne ; 3? qne si on fermier restait en paix tandis qUe son seignenr serait en rébellion et cony ainon de hante trahison , àenx années de jonissànoe gratuite seraient ajoutées an bail de ses terres ; 3^ que si le seigneur restait fidMe et paisible pendam qne le yassal prendrait part à une rébellion et encourrait la pane àe haute trahison , le fief ou les tems tenues par ce Vassal retovr* lieraient audit seigneur, comme si elles n'eussent jamais été sépa« rées de ses domaines; i^ un autre article prononçait la nullité de tous actes de transmission de biens ou de substitution qui auraient été faits depuis le 1^' août 1 7 1 4 ^ ou qui pourraÉeht Tétre à rayeniri déclarant qu'ils n'empêcheraient pas la confiscation desdits biens^ «ttèndu qu'on àyait eu souyent recours à de tels actes dans la seule yue d'éluder les peines portées par la loi.

Cet acte remarquable fut un grand pas , et le premier qu'on fit, pour relficher les liens du système féodal, patr suite duquel les ordres du seigneur deyenaient, en quelque sorte, la loi duyassaL L'article relatif aux transmissions et substitutions de biens ayait aussi une grande importance, en rmidant inutile» les tentatiyes qu'on àyait faites fréquemment pour éyiter la eonfisealien debiens, ^ passant dé parais actes ayant de s'engager dans une rtftelU^; mais ceux qui ayaioit été faits à titre onéreux , c'esi-à-tire pew? yaleur reçue, furent j ustement exceptés de l'application de oette loi.

n y ayait en outre un autre article qui donnait à la couroime le ponyoir de sommer tonte personne suspecte en Ecosse de e<mipa* raître à Edimbourg, ou en tel autre lien qui serait j ugé cony enable^ pour y donner caution de fidélité, ayec déclaration que, faute d'obéir. à cette sommation , on serait proclamé rebelle,. et puai par la confiscation de ses reyenus. Immédiatement des sommations furent notifiées à tons les nobles qui avaient d^à pris les armes ou qu'on soupçonnait de fayoïiser ia cause jacoÛte, depuis le comte de Mâr et ses amis jusque Rob-Roy MacGregor, leoélèbra proscrit. Cette Ibte conténkit les noms d^enyiron cinquante per^ sonnes de distinction; et deux seulement, sir Patrice Murray et sir Alexandre Ërskine, jugèrent à propos d'obéir à cet ordre.

Indépendainment de ces précautions générales, on prit des me» sures militaires en beaucoup d'endroit3, et notamment dans les yilles et dans les ports de mer, pour opposer de la résistance à la

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rAelKûn à laqnélte on tf^attendait . Il est bon éê reamnpet ici qif m grand changement s'était opéré dans la masse do peuple en Ecosse, par suite da méccmteotement qne loi avait inspiré la conclusion da traité d'Union. Tels étaient, à cette époque, les effets de l'orgueil mortifié, de la crainte populaire et de Pantipalhie nationale, que, dans toutes les yiUéset dans tous les comtés, la populace se serait soulevée pour placer le Prétendant sur le trône, quoiqu'il professât la religion catholique et qu'il lAt le fils^ de Jacqoes Y II, dont les Preàbytériens de l'ouest se rappelaient avec horrear les persécutions, ainsi que celles du règne de Charles II , son prédécesseur. En conséquence, nous aVbns ytt que ce n'était qu'ea gagnant leurs Chefs par des pensi9ns et en les trompant par le moyen d'espions adroits, qu'on avait retenu les Gaméroniens, les plus zélés des Presbytériens, opposés à tout magistrat qui n'avait pas fait partie de la Ligue Solenaelleet du Coveuant; ils avaient été sur le point de prendre les armes pour dissoudre le parlement qui avait conclu 1-Union , et de se déclarer pour Jacqaes Ilf ; mais il en fut de 4'Uiiion ^omme d'autres mesures politi» qnes contre lesquelles il s'élève de violons préjugés pendant qu'on les discute. La complication de maux qu'on avait prédits était si loin de se réaliser, que les antagonistes de ce traité commençaient à être honteux d'avoir conçu de telles appréhensiojos. L'établissement de la taxe sur la drêche était la mesure qui avait eseité les pins vives réclamations, et Texécution en avait été suspendue par politique^ Les marchands d'Ëdimbourg^qui fournissaient des objets de luxe aux pairs d*Ecosse avaient trouvé d'autres pratiques depuis que l'aristocratie résidait à Londres, ou avaient donné un autre cours à leur industrie commerciale. L'importance imaginaire Savoir un corps législatif écossais siégeant dans la métropole de l'Ecosse fut oubliée quand ce corps eut disparu ; et Tabolition du conseil privé d'Ecosse, considérée de sang«froid, pouvait passer pour un bienfait accordé à la nation plutôt que comme une privation. En un mot, le ressentiment général excité par le traité d'Union, d'abord assez vif pour bannir toute autre idée, était un paroxysme trop violent pour qu'il fûf'durâble. — ^ On en sortit par degrés; et quoique ce préjugé dominât enèore dans l'esprit de quelques classes, les opinions* des captés inférieures avaient, en général, repris, en grande partie, leur ancien cours; et dans le

>• Le texte àitÛFâiuàn le petit«filcf nais e'eet sans donte one ertoar t7po^aphi<{tte.

96 HISTOIRE D'BGOSSB*

snd et Fonesty ainsi qne dans la plupart des Tilles, on conservait encore cette horreur salutaire et habituelle contre le diable, le pape et le Prétendant » que la. crainte pour Tindépendance de l'Ecosse avait étouffée et fait disparaître pendant nn certain temps.

D'une autre part , les marciiands et les citoyens d'an ordre plus élevé, qui commençaient à entretenir quelques yues éloignas de s'enrichir en se livrant au commerce des colonies et aux autres branches lucratives d'entreprise commerciale que TUnioa venait de leur ouYrir, n'étaient plus disposés à' voir quelque chose de tentant dans la proposition violente de ]\lar contre le traité; et, de même que les classes inférieures, ils étaient beaucoup plus portés à écouter les représentations des ministres presbytériens, qui, sentant ce qu'ils ayaient à attendre d'une contre-révolution, usaient de tonte leur influence, et en général avec succès, pour soutenir le gonvernemen|^existant du roi George. Les fruits de ce changement dans le caractère et les opinions des classes inférieures et moyennes devinrent bientôt manifestes dans la métropole et dans toute l'Ecosse. A Edimbourg, des hommes riches et bien établis dans le monde formèrent une association pour lever des souscriptions afin d'acheter des armes et d'entretenir des troupes , et une partie des souscripteurs eux-u)émes formèrent un régiment , sous le nom de Volontaires associés d'Edimbourg , qui était composé de quatre cents hoipmes. La ville de Glascow, avec un pressentiment de réminence commerciale qu'elle devait atteindre par suite de l'Union, contribua libéralement en argent à la défense du roi George, et leva aussi nn excellent régiment de Yolontaires. Les comtés occidentaux de Renfrew et d'Ayr offrirent quatre mille hommes, et le comté de Glascow offrit un régiment de mille hommes à ses frais. Vers les frontières , le parti des Whigs ne montrait pas moins d'activité. Dumfries se distingua en. levant parmi ses habitans sept compagnies de yolontaires de soixante homnxes chacune : mesure d'autant plus nécessaire qu'on craignait une attaque de l'a part d^un grand nombre de gentilshommes catholiques et mécontens , qui résidaient dans les environs. Dans la partie orientale du Teviotdale le duc de Roxburgh, sir William Bennet de Grubet et sir John Pringle de Stitchel , formèrent quatre compagnies composées d'un nombre d'hommes proportionné à celui des armes qu'ib purent trouver. La partie supérieure de ce comté et le comté voisin de Seikirk montrèrent moins de zèle pour prendre les armes. La haine de l'Union y prévalait encore plus

qu'ailleurs. La drconstancede leur Toisinage de l'Angleterre con» triboait probablement à y entretenir le mécontentement, en rappelant plus fortement le souvenir des longues guerres qui avaient eu lien entre ces deux royaumes. Les prédicateurs caméroniens y avaient aussi rempli la tête d'un grand nombre de bergers de leurs doates fantasques et chimériques relativement an droit des magistrats qui n'avaient point accepté le Covenant d'exercer leur autorité, même dans les cas ou l'intérêt national l'exigeait de la mamère la plus urgente. Cette doctrine était aussi raisonnable que si ces personnages scrupuleux eussent découvert qu'il était illégd d^employer l'assistaLnce dcjs pompiers dans un incendie, parce qu'ils n'avaient point fait partie de la Ligue solennelle et du Covenant. Ces scrupules n'étaient pas universels, et ils prenaient autant de nuances et de teintes différentes qu'il se trouvait de prédicateurs en vogue pour lés faire valoir ; ils tendirent pourtant grandement à apporter des retards et des entraves aux efforts du gooyemement pour se préparer à la défense dans ses districts. Toute la popularité du révérend Thomas Borton, éminent théologien de cette époque, ne put même lever un seul homme pour le service du goaTernement dans toute sa paroisse d'fittrick.

Néanmoins, malgré des exceptions partielles, la portion du peuple écossais qui, n'était pas sous la dépendance immédiate de seigneurs jacobites resta en général fidèle à la succession protestante, et montra du zèle à s'armer pour la défendre.

Ayant ainsi décrit les préparatifs de guerre de part et d'antre, nous parlerons dans le chapitre suivant du commencement de la campagne.

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