msnoBB raoossB
Sur la trenàkxe occkientafe de l' Ecosse , il âe troiiwt na gmi nooibne de familles foi professjaieat non^sealement ks opiAi>oiis politiques dés Jacobites, mailla religion catfioliqiie romaÎQÇrPar conséquent un double lien les attachait à l'héritier de JàCfffk^ II, qu'on pouyait josteinml regarder oomme ayant sacrifié ses t^is royaumes à sa foi religieuse. Paf mi ce nombre, le comte de JNjlbisdaloy représentant en sa personne d^nx nobles familles, cell^ de lord Herries et celle de lord Maxwell» pouvait être considéré comme le chef naturel du parti. Mais William, vicomte de Kenmare, du comté de GaUoway, protestant, fut préféré pour chef du paiti, parce qu'on ne jugeait pas prudent ^Je myettredes catholiques trop en avant duis cette affaire, de crainte que leur promotion ne causât du ficai^dale^ Beancoup de aeigoeurs des enyirons étaient dîspoeés à exposer leur vie et leur fortune aux mêmes risques que Nitfaiadale et Kesamire consentaient à courir. Le dernier était un homme de bon sens et de résohition, versé dans les affaires de la vie civile, mais tout«à-£ait étranger à l'art militaire.
Au commencement d'octobre, le plan d'insurrection s'était tellement^mûri, que les seigneursdu GaUoway, du Nitbiiidale et de l'Annandale, résolurent de faire un effort soudain pour s'emparer de la capitale du comté de Dumfries. Cette viUe était pix)tégée d'an côté par le Nith, mais de tous les autres elle pouvait être regardée comme ouverte. Cependant le zèle des haUtans et de la noblesse des environs fitéchoner une entreprise qui aurait £ait honneur aux armes des insurgens. Le lord- lieutenant et ses substituts rassemblèrent la milice du comté , et en firent entrer à Diimfries des détachemens considérables, pour coopérer, s'il était nécessaire, à la défense de cette place. Le prévôt, Robert Corbett, réonit les citoyens, se mit à leur tête, et les harangna dan^ un style iaitpoor leur inspirer de la confiance : il leur nappela qufil y allait dejears lois et de leur reUgion , et que leur cause res^fimblait à celle des Israélites, quand Josué les avait conduits conlre les hal>itans païens de la terre de Ghanaan.
a Néanmoins, àk le modeste pt'évi&t de Domtvies, moiqui suis votre chef, quoique indigne, ec^me je ne {mis prétendue avoir une mission divine , comme celle du fils de Nnn , je ne prends pas sur moi de v^ons recommandir l'extdl'minatMm de vos. ennemis, comme une révélation spéciale rordonnanu juge d'I^iaël. Aacontraire, je vonsav^i^ie ardemment d'oser ateo déinenoedela victoirp qii4 iFoiis^st'jaiBSiirée,' et de "vens afttmnîr .^lelesilfeQmin^
TROISIEIIB SERIK. 111
éffirés qui portent les armes contre yoiis , n'en sont pas moins Tos concitoyens et tos frères. » — Ce discours qui , au lieu de fixer l'esprit des auditeurs sur les chances douteuses d'un combat , ne faisait que leur parler de la manière dont ils devaient user de bi Tictoire , produisit le plus grand effet pour donner de l'encourage» ment à la troupe de Fintelligeût prëvdt. Elle sortit de la ville avec les auxiliaires qui étaient venus à son secours, et prit position pour coavrir Dumfries.
Lord Kenmore partit de MofTat, avec environ cent cinquante caYaliers, le mercredi 3 octobre, dans l'intention d'occuper Dam* fries. Mais quand il vit que les amis du gouvernement avaient fait de tels préparatifs pour le recevoir , il sentit sur-le-champ qu'il ne pouvait avec un peloton de cavalerie emporter de vive force une ville dont les habitans étaient déterminés à la résistance. Les Jacobites retournèrent donc à Moffat , d'où ik battirent en retraite sarLangholm et Hawick. De là ils se mirent en marche vers l'orient, pour se joindre aux gentilshommes du Northumberland qui avaient pris les armes pour la même cause, et sur lesquels notre attention doit maintenant se porter.
Un projet d'insurrection, très dangereux et très vaste, avait certainement existé en Angleterre peu de temps après la mort de la reine ; mais le gouvernement y avait fait de tous côtés de si grands efforts ,^que tous les mouvemens avaient été prévenus oa réprimés. On supposait que l'université d'Oxford voyait de très mauvais œil l'avènement au trône de la maison d'Hanovre, et dans cette ville , comme à Bath et dans d'autres places de Toccident , on saisit une quantité considérable d'armes, de chevaux et de munitions. La plupart des gentilshommes torys qu'on soupçonnait de . nourrir des intentions dangereuses furent arrêtés, ou se rjeudirent d'eux-mêmes à la première sommation du gouvernement. De ce nombre fut sir William Wyndham , un des principaux chefs da parti de l'Eglise anglicane.
Dans les comtés de Northumberland et de Cumberland , les Torys, plus éloignés de l'action du gouvernement, se décidèrent aisément à s'insurger. Les nouvelles qu'on apprenait de l'armée de Mar eurent en outre une grande influence pour les porter à prendre cette résolution ; car quoique le comte fftt à la tête d'une force assez nombreuse pour songer à dés exploits plus importans qu'il n'en fit jamais, la renommée exagérait considérablement le peu de succès qu'il ob^nait. L'infortuné comte deDerwentwater ,
112 HISTOIRE D'BGOSSE.
qui joaa an r&le si ëminent dans cette courte rébellion , était lié par le sang à la famille exilée ; sa femme portait jusqu'au fanatisme son dévouement à la cause des Stuarts ; et la religion catholique qu'il professait lui aurait fait regarder presque comme on crime de rester paisible spectateur de ce qui se passait. Thomas Forster de Bamborough , membre du parlement pour le comté de Northumberland , était également jacobite prononcé ; comme il était membre de l'Eglise anglicane, il fut choisi pour commandant en chef de cette insurrection, par la même raison que lord Kenmure avait été préféré au comte de Nithisdale pour commander les levées écossaises. Des mandats d'arrêt ayant été décernés contre le comte de Derwentwater et M. Forster, ils se cachèrent, et passèrent quelques jours chez leurs amis du Northumberland, jusqu'au moment où les principaux Torys du nord purent se réunir pour tenir un conseil général chez M. Fenwick de Bywell.Comme ils prévirent que, s'ils étaient arrêtés et interrogés séparément, ils auraient peine à se défendre de manière à se mettre à l'abri des peines de la haute trahison, ils résolurent de se réunir en corps, et de voir quelle chance la fortune pouvait leur réserver. Dans ce dessein , ils se donnèrent rendez- vous à un endroit nommé Greenrig, où Forster arriva avec une vingtaine Je cavaliers; de là, ils allèrent sur le haut d'une montagne nommée Waterfalls , où ils furent j oints par lord Derwentwater. Ce renfort porta leur nombre à près de soixante cavaliers, et avec ce faible corps ils se rendirent dans la petite ville de Rothbury, et allèrent de là à Warkworth , où ils proclamèrent roi Jacques III. Le 10 octobre ils marchèrent ▼ers Morpeth, où de nouveaux renforts les mirent an nombre de trois cents cavaliers , qu'ils ne dépassèrent jamais. Quelques-uns d'entré eux restèrent indécis jusqu'au dernier moment, entre autres John Hall d'Otterburn. Il assistait à une assemblée des sessions de trimestre , qui se tenait à Alnwick , et où l'on discutait les mesures à prendre pour réprimer la rébellion ; mais il en sortit avec tant de précipitation pour aller joindre la fatale réunion de Waterfalls, qu'il y laissa son chapeau sur un banc.
Les insuigens ne pouvaient lever de soldats d'infanterie , quoiqu'il s'en présentât beaucoup , parce qu'ils manquaient d'armes pour les équiper , et d'argent pour les payer. Ce manque d'infanterie fut la principale cause qui les empêcha d'attaquer sur-lechamp la ville de Néwcastle , ce qui avait d'abord fait partie de leur plan. Mais cette ville, quoique n'étant pas régulièrement for*
TROISIEME SBRIB. US
tifiée , était entourée d'un mur en pierres fort élevé , et garnie de Tidlles portes. Les magistrats , qni étaient lélés ponr le gouyernement y firent morer les portes , levèrent an corps de cent yolontaires pour la défense de la ville, et les bateliers occupés au commerce de chariion sur la Tyne en offrirent un pareil nombre pris parmi eux. Au bout d'un jour ou deux , le général Garpentery ar« riva avec une partie de ses forces, à la tète desquelles il attaqua ensuite les insurgens. Après que Newcastle eut reçu ce dernier reofort, les gentlemen, nom qu'on donnait à la cavalerie deFoiv ster, perdirent tout espoir de surprendre cette ville. Un succès momeritaué qu'obtinrent leurs armes à cette époque pourrait s'appeler un rayon de bonheur qui brilla et s'éclipsa en un instant. Ce fot un exploit d'un gentilhomme nommé Lancelot Errlngton, qni, par un adroit stratagème, réussit à s'emparer du petit fort ou château sur Holy-lsland| qni aurait pu éire utile anx insurgés pour maintenir leurs conimunications avec TEcosse. Mais avant qu'Errington eût pu recevoir les secours d'hommes et de provisions qui loi étaient nécessaires, le gouverneur de Berwick envoya un détachement de trente soldats et d'une cinquantaine de volontaires, qui, traversant les sables à eau basse, attaquèrent le petit fort , et l'emportèrent le sabre à la main. Errington fut blessé et fait prisonnier, mais il réussit ensuite à s'échapper.
Ce contre-temps, et la nouvelle que des troupes s'avançaient an secours de Newcastle, décidèrent Porster et ses compagnons à se réunir an vicomte Kenmure et autres seigneurs écossais armés pour la même cause. Le messager anglais trouva Kenmure près dUawick, dans le moment où sa petite troupe, forte d'environ deux cents hommes , avait presqne renoncé à son entreprise. Cependant en recevant la proposition de Forster, ils résolurent d'aller le joindre à Rothbury.
Le 19 octobre, les deux corps d'insurgés firent leur jonction en cette petite ville j et ils examinèrent réciproquement leur état et leurs équipemens militaires avec une attention mêlée d'espérances et de crainte. En général, la tenue des deux troupes était la même ; mais les Ecossais semblaient mieux préparés pour l'a<^ ' tien, étant montés sur de vigoureux chevaux propres à une charge ; et quoique faibles du côté delà discipUne, ils étaient armés de ces sabres à poignée qui couvrait la main, alors si c<Nn!nuns dans toute TEcosse. Les Anglais, de leur côté, montaient des che- 'Vaux de race ', plus propres à une chasse qu'à une bataille ; ils
l.iv .
Id4 BHlOIRBm
OMuupiaieBt d» fleHes* militaires ^ avtoat de sabres et de pistolet^ de sorte ^e les Ecoasaî» étaient portée à donter si des hommes, si bien équipés pour la faîte, et si imparfieûtemeat pr^[mré$ fomt le combat y ne prendraient pas le parti le plus sûr, a la pr^nicfe senoontre , et .ne les laisseraient pas dans l'embarras. Leur maiMiue de sabres partionlièrement , da moins de sabres affilés^ propres an service de la cavalerie , est proo vé par une anecdote. On dit que lorsqu'ils entrireni! dans la viUe de Wooler , leur offi^ dev eommajidant teur donna Tordre ; — • Messieurs, vous qui avez des sabres , tirez-les ; sur quoi un de ceux qm le suivaient lui ré^ pondit assez pertinemment : — Et que feront eeux qui n'en ont pas? Lorsque Forsttt*.^ par le moyen d'un de ses capitaines, nommé Doublas, se fut ouvert une communication directe avec Mar et son armée , le messager déclara que les Anglais auraieBt donné volontiers des chevaux de vingt»cinc( guinées, prix consîdéraUe à cette époque , pour des sabres semblahles à ceux que portaient généralement les montagnards.
On peut aussi &ire remarquer ici que, des quatre compagnies commandées par Forster, deux, celles qu'avaient levées lord DerwentwaterH lord Widrington, étaient, comme celles deaEc€>s^ «ais , composées de gentilshommes, de leurs parmis et de leurs domestiques; mais la troisième et la quatrième différaient considérablement des autres par leur Qompositi<m. L'une était commandée par John Hunter , fermier sur les frontières, mais qui y joi* gnait le métier de contrebandier. L'autre avait pour chef ce même ISkMiglas,. dont nous venonsde parler, et qui était remarquable par aa dextérité à savoûr se procurer des armes et des chevaux , mé^ tiet qu'on dit ^il ne fit pas seulement p^idant la rébeUion* Dans les compagnies de ces deux derniers officiers, il s'était introduit plusieurs personnes de peu de réputation, des. cens qui av%i«it passé leiUF viid à faire la contr^ande, ou à voler des chevsnx, suivant Tanoieiine pratique des frontières. Ces udividns, d'un ca* ractère suspect et équivoque^ combattirent pourtant avec ua oon* «âge déterminé aux barricades de Preston*
Les mouvemeiis.du Kenmure et de Forster furent bientôt dé* oidés par- la nc^veUe qu'un détadhement de l'armée de Mar avait passé le Frithnle-Forth pourvei^r les joindre; ce qui nous oblige à relburner à Tinsurrection dn nie«4., qui cherchait alors à s'é* tendre jusqu'à celle qui avait éclalbé sur les fi^ntîènes, ea à s^y rattacher. Il but observer iti qaele comtede Maar, dès le i»*eiiiîer
TBOBffMB SBRII. H5
iDomeiit de «m airiTée à Penh , on da moin» dès ^il j em été joint par nne force disponible , avait en le dessem de faire passer le Frith par an détachement, pour Tenvoyer dans le Lothiao, afin d'engager les Jacohites de ce pays à s'insarger , et il s'était proposé d'en donner le conraiandement an Maître de Sinclair, liais comme cette drrision de ses forces aurait considéiUileiiient afiaibli son armée, et Faurait peut-être exposé à la yisita désagréable da duc d'Ai^jie, Mar ajoarnk son projet, josqn'à ce qu'il eût reça des renforts, il en entrait alors en quantité dans Perth.
Du côté du nord, le marquis d'Hontlj, un des seigneurs les plus pnissans de la confédération , joignit l'armée avec près de q^^atre nûDe hoflounes d'infanterie et de cayalerie , montagnards et habitans des basses terres. Le comte Marischal avait amené la veille son contingent, consistant envircm en quatre-vingts cavaliers. UarriTée de ces deux seigneurs sema dans le* oaup quelques germes de dissension. Marischal, loin de montrer la prudence qui devait être le partage de son âge mûr, et avec toute l'indiscrétion d'on jeune homme , donna un juste siqet d'offense à Hàntly en eherckant à le priver d'une partie de ses soldats.
Voici quelle en fut ^occasion : les Mac-Pherson, dan oosqMSé
d'hommes vigoureux et endurcis à la fatigue, qu'on appelait dans
la langue des montagnes Mac-Vourigh, et qui avait pour Chef
Glony Mac«Pherson , tenaient quelques possessions de la fasoille
Gordon, et par conséquent ils s'étaient naturellement placés en
cette occasion sous la bannière du marquis d^Huntly; quoiqu'on
pût dire avec vérité qu'il» n'étaient pas, en général, les vassaux
les plus traitables. Marischal chercha à déteiminer œ ehui à
quitter Huntly pour se pl^er sous ses ordres, aUéguant que,
comme les Mac-Pherson s'étaient toujout'S' piqués^ d'être une
branche distinguée de la grande confédértftkm nommée* le clan
Ghattan , il en était le Chef naturel , puisqu'il portait le nous de
Keith. Mar donna, dit -on, quelque appui à cette prétentién, dont
la singularité offre un trait curieux du tableau des affainss deut
ces insurgés s'occupaient. On prétendit que ce qui arvak porté
Mar à prendre un parti dans ce débat , était le désir qu'il avtfit
qu'ion ne se ftt pas une trop haute idéedn pouvoir d'Huntly , et du
nombre des hommes qui étaient sous seé ordres; Quoi^qtr'il en^oiî,
ks Mac-Pherson trouvèrent' dans lies terres qu^ils tenuienjk de la
Êumlle Gordon de meilleures raisons pour rester attachés au *
marquis , qi4ls n^en^aperee wunt- dans- les avgumens étymologt* * ,
1 1 6 mSTOIRB D'ECOSSE.
ques de Marischal, et ils refusèrent d^abandon^er la banmère sous laquelle ils s'élaieat mis en campagne*
Une autre circonstance contribua à dégoûter promptement Huntly d'une entreprise dans laquelle il ne pouvait espérer de rien gagner , et qui mettait eu danger des domaines dignes d'un prince, et un Rire de duc. Indépendamment d'environ trois escadrons de gentilshommes , dont la plupart portaient son nom. bien montés et bien armés , il avait levé un escadron d'une cinquantaine de cavaliers, qu'il appelait cavalerie légère, quoique toialement incapable du service de petite guerre que ce nom indique. Ua écrivain satirique les décrit comme étant de grands lonrdaads, gauches , portant des bonnets , n'ayant point de bottes , et montés sur de petits bidets à loLgue queue, avec un cavesson sur le nez; le cavalier étant de beaucoup le plus grand des deux animaux. Ces cavaliers étranges devinrent un objet de risée pour les habitans plus civilisés des contrées plus méridionales, ce qui n'est pas surprenant; mais il ne Test pas davantage que leur commandant et eux-mêmes aient conçu du ressentiment de cette incivilité ; ressentiment qui , peu à peu , dégénéra en froideur pour le parti au milieu duquel ils avaient reçu cet outrage.
Indépendamment de ces forces septentrionales, Mar attendait ausS)i de puissans secours du nord-ouest, où se trouvaient les tribus appelées par excellence — les Clans, pendant cette insurrection. Les Chefs de ces familles avaient promis sans difficulté de se trouver au rendez- vous qui avait été convenu lors de la partie de . chasse de Braemar ; mais aucun d'eux, à l'exception de Glengarry, n'avait été très empressé à se souvenir de sa promesse. Un contemporain dit de ce Chef puissant, qu'il aurait été difficile de dire si son caractère tenait davantage du lion, du renard, pu de l'ours ; car il était an moins aussi astucieux et aussi bourru qu'il était courageux. Quoi qu'il en soit, ses défauts et ses bonnes qualités étaient d'accord avec son caractère, qui attirait plus d'admiration que celui d'aucun autre Chef qui eût pris part à Tinsurrection de ' Mat. Il arma ses montagnards > et les conduisit vers les braes ^ de Glenorchy, oii, après y être resté huit jours , il fut joint par le capitaine de Clanranald et par sir John Mac-Lean, qui arrivaient, le premier avec les Mac-Donalîds de Moidart et d'Arisaig, le second avecun régiment portant son nom, de l'île de Mull. Un détache-
X. Mot écossais sig[ntfiant en gcnéral une coUine où les bords d'une ririêre; mais quand il esl j oint aa nom d'an pays , d'un district » il en désigne la partie anpérieare.
ment de ces clans commença la gaerre par ane tenta tiyepoQr lar* prendre la garnison d'Inyerlochy. Ils réussirent à s'emparer de qnelqnes oayrages ayancés, et firent prisonniers les soldats qni les défendaient ; mais leur attaque principale échoua , la garnison étant sar ses gardes.
Cependant^ quoique les hostilités fussent en quelque sorte commencées, ces levées occidentales étaient encore loin d'être com* piètes. Stewart d'Appin et Cameron de Lochiel ne remuaient pas encore, et les vassaux du comte de Breadalbane, dont cet homme singulier avait promis le secours, se faisaient également attendre. Probablement ces clans, qui étaient voisins du duc d'Argyle, et dans lesquels il se trouvait beaucoup de Campbells, ne se sou* ciaient gaère de déplaire à ce seigneur puissant et respecté. Un antre membre formidable de la conspiration, habitant aussi Tex* trémité du nord-ouest de l'Ecosse, était le comte de Seaforth, chef des Mac-Kenzies, qui pouvait mettre en campagne de deux à trois mille hommes portant son nom, et celui de Mac-Rae, qui était aussi cbef de plusieurs autres clans dépendant de lui. Mais il fut également empêché de prendre les armes et de rejoindre Mar, par les opérations du comte de Sutherland, qui, ayant pris le commandement en chef de quelques clans du nord , disposés en faveur da gouvernement, — comme les Monroes, sous leur Chef Monro de Foulis ; les Mac-Kays, sous lord Rae ; le clan populeux et puissant des Grants, — et ayant réuni ses propres vassaux, avait assemblé nne petite armée avec laïuelle il se porta vers le pont d'Alness. Etant ainsi à la tête d'un corps de douze à quinze cents hommes, Sutherland prit une telle position sur les limites du territoire de Seaforth, que celui-ci ne pouvait ni réunir ses vassaux, ni marcher vers le sud pour joindre Mar, sans laisser ses domaines exposés à être ravagés; Seaforth se préparait pourtant à marcher aussitôt que les circonstances le permettraient ; car tandis qu'il faisait face an comte de Sutherland avec environ dix-huit cents hommes, il ctivoya sir John Mac-Kenzie de Coull prendre possession d'Inverness, le brigadier Mac-Intosh qui Toccupait étant en marche vers le sud pour joindre le comte de Mar à Perth.
Ce fut ainsi que, par suite d'une circonstance ou d'une autre, le soulèvement des clans de roccident fut considérablement retardé ; et Mar, dans le plan duquel il n'entrait pas de faire aucune tentative avant d'avoir réuni toutes les forces qu'il pouvait espéi^> fat ou se crut obligé de rester à Perth long-temps après qu'il
irS HISTOIRE DM
M troa¥a à Ja tétc d'ane armée soffisanle pour attaquer le diuy d'Àrg^yle et se fcayer un chemin vers le midi de l'Ecosse ; >et alors la noayelle de sea snecès^ celle de la défaite eu de la retraite da dmCf et l'espoir du butin, aaraient décidé ces Chefs tardifs, qui, dans ronest de l^Ecosse, délibéraient encore s'ils se joindraient à lai on non. Mar essaya pourtant de les déterminer par des argamens d'une antre nalnre, tels qn'il'ponvait en es^loyer, et il dépêcha le général Gordon ponr accélérer ces levées, avec des instructions particulières pour s'emparer du château du duc d'Ar* gyle à Inverary, et des armes qu'on disait y être déposées. On supposa ensuite qu'il entrait quelque aawosilé personnelle dans le pro}#t 'formé par le comte de commencer ainsi des hostilités directes «oonire son grand antagoniste; maia on doi| dire en Phonnenr séu général rebelle qu'il résolut de ne pas donner l'exemple d^employer le fer et le feu, et qu'il ordonna au général Gordon de OMuacer, Vil le fallait, dfincendier le diâteau d'inyerajy, mais de ne pas en Tenir à cette extrémité, pour quelque cause que ce fût, sans dé nouiveanx ojrdrea. Indépendamment du désir qu'il avait de sbmparer du dépôt d'armes qu-on discût exister dada cette plaee^ sen bot étint .probafolemeat d'aœa^ianer une rupture complète entre le duc d'Argyle et las clans veî^As, ce qui aurait nécessàiresKne diminaé beaucoup rinflne»ee. du duc. Nous verrons lÛQiitftt jnsifu'à^ quel point ce système parât t avoir réussi .
iPendant que ces évènemens se passaient , Mar fut informé du soolè veinent partiel qui avait eu lieu dans le NcM^thumberland, et d^ la (tispoaîtiQn à de semblaUes raouvemeus qui se manifestait dans^diverses parties de rEcosse. Oa aurait pu creipe que ces nouvelles Fauaraient enfin porté à scotir de l'espèce de blocus dans Iflqwl le:petit corps du duc d'Argyle retenait une armée si nopé* rieore en nombre. Si Mar jugeait que «les forcés rassemblées à Rerth BOUS ses ordres ne suffisaient <pas pour attaquer une tr<Mipe moins farte de plus de moitié , il lui restait un plan de manœiiTre qui pouvait lui donner encore plustd'avantage sur Argyle. Il poii« vait ordonner au général Gordon, quand il aurait réuni les. clans des comtés de l'ouest, qui ne pouvaient , pas composer moins de quatre mille hoi^mes , au lieu de s'aïauser devant Inverary^ de nmrcber'versleigué de Frew, ou l'on peut traverser le FoFlb ppès de sasonroe, «n<de$fius de Stirlii^g. Un tri mouvernsnt aarait meqaaéledttcdufcâiéderouiea^, taindia^qinerdu côté du nosd Mar et (Siiiait afrastoéiuwânDisOâtre Inî, ^ Awaifciaahé di» wàmm^m^
TROISIKME StRIB. 119
ittitire àa jtmt de Stirling, qai n'était que hiblenieDt gardé. La Cffralerie msnrgée de tord Kenmiire aarait pu aosn coopérer à ce plan d'dpéraiioDSy en ayançant de Duoifiriea vers Glascow, et en menaçant l'oaest de l'Ecosse. Il est éTÎdent qne le dac d'Argyle seatait le danger de Toir ses comninnications coupées avec les comtés oeddentauXy où le goaTentement avait beaucoup de pan> tisans zélés, car il avait donné ordre à cinq cents homines de se rendre de Glascow à son camp de Stirling; et le 24 septembre, il «rdonna à teoB ies régimens de milice et de volontaires de Touest de l'Ecosse, de marcher à Glascow, comme ^tant le [K>int centrd le plos avantageux pour protéger le pays et couvrir son camp : enfin il établit des garnisons dans le village de Ihymen , et dans diverses maisons voisines du gné de Frew, pour empêcher on re* tarder la desoentedes mimtagDaTds dans les* basses terres par cette ▼oie. Mais les habitudes belliquenses des montagnards lesmettaient bien aa-dessns des nouvelles Tocmes des basses terres , [qu'ils auraient probablement traitées avec peu de- cérémonie.
Cependant le comte de Mar, loin d'adopter un plan si décisif résolat de soutenir Kenmure et Forster, en suivant son premier ]dan d'envoyer un détachement à leur secours, au lieu de fciré mardher toutes ses forces vers les basses terres. Il pensait qtrïl leur suffirait de leur donner Taide et la protection d'une forte troupe d'infanterie pour les mettre en état de se renforcer et d'augmenter leur nombre, tandis que cette mesure lui permettrait de rester tranquille à Perth pour y attendre le résultat définitif de ses întrîgoes dans les montagnes, et de celles qu'il avait entamées à la cour du chevalier de Saint»George. Il y avait beaucoup de dangers manifestes à «faire le mouvement projeté. Il fallait traver* ser un grand bras de mer ; et si Pon tentait le passage dans les «avirons deDanfermline ou d'Inverkeithing, oik la largeur en était moindre, il éfaàt à craindre que le rassemblement des barques et k marche des troupes qui devaient composer le détachement ne fit assez de brait dans le pays pour donner i'éVeil an dned'Argyle, qai , soupçonnant ce qu'on voulait '£ftire , enverrait probablement an corps de ses dràgot» pour surpirendre^et couper le détaehemeoi à son armée sur la rive méridionale du Forth. D'une autre part;, effectuer le passage sur la panée du Frith.plns voisine de la mery ràr il se tiiouvaitap:pkis .grand nombre débarques,. et oùHélait plus facited& lea rassembler plus -seoràtemcut,. «tétait exposer le iétaiflieBent an. danger * d'un passage de fttinae<» diorfinit mSUéê
gardé par des batinaens de guerre avec lears chaloapes et leurs barques , auxquels les officiers de douanes de chaque port de mer étaient tenus de transmettre tous les renseignemens qu'ils pou* Talent avoir sur les mouvemens des rebelles. Il ne restait que le choix des difficultés ; il fut résolu que le passage du Frith se ferait à Pittenweem, à Crail^ et autres endroits situés sur la côte orientale du comté de Fife.
Les troupes destinées à cette entreprise furent le propre régiment de Mar, comme on l'appelait, composé des Farquharsons et d'autres habitans des rives de la Dee , — celui des Mac-Intoshs, — ceux de lord Strathmore, de lord Naime et de lord Charles Murray, — tous montagnards ^ excepté le régiment de lord Stratlimore, consistant en habitans des basses terres. Le tout formait environ deux mille ciûq cents hommes; car dans l'armée rebelle les cadres des régimens étaient peu nombreux. Mar contenta les Chefs en donnant à chacim d'eux une commission de colonel , avec la satisfaction de former un bataillon de ses propres vassaux, quelque faible que fût leur nombre.
L'expédition projetée fut organisée avec quelque adresse. Des troupes considérables de cavalerie parcoururent le comté de Fife dans tous les sens, proclamant roi Jacques VlU, et levant les contributions.tant sur les amis que sur les ennemis de leur cause, mais dans une proportion fort différente, faisant aux derniers des demandes beaucoup plus fortes, et les forçant avec plus de rigueur à y satisfaire. Ces mouvemens avaient pour but de distraire, par des brmts divers, l'attention des Whigs et celle du duc d'Argyle, et de couvrir le véritable dessein de Mar d'envoyer un détachement au-delà du Frith. Dans le même projet, quand ils ne purent cacher plus Jong-temps leurs intentions , les rebelles cherchèrent à dérober aux bâtimens anglais la connaissance de Tenidroit où ils avaient dessein de tenter le passage. Mar jeta une garnison dans le château de Burntisland, et parut très affairé à rassembler des barques dans ce petit port. Ces démonstrations engagèrent les bâtimens anglais à filer du câble ; et se plaçant devant Burntisiandi ik commencèrent une canonnade à laquelle répondit une batterie que les rebelles avaient, dressée sur le port extérieur, mais sans qu'on se fit beaucoup de mal de part ni d'autre.
Par le moyen de cette ruse, Mar fut en état de faire passer secrètement les troupes destinées à l'expédition à Pittenweeu,.£lyi Craig, et antres petits ports si nombreux sur cette côte. Il en
donna le commandement à Mac-Intosh deBorlamyClont il a déjà été parlé, coDunimémeiit appelé le brigadier Mac-Intosh» gentilhomme montagnard qni avait appris l'art de la gnerre régulière an service de la France. C'était an soldat brusque et hardi ; mais on prétend qu'il dégradait le caractère militaire par un amour du pillage qni aurait été plus excusable dans un rang inférieur de l'armée. U est pourtant possible que cette accusation soit fausse ou exagérée.
Les bâtimens de guerre anglais ne reçurent avis du projet de Mar^ ou ne s'aperçurent de l'embarquement des troupes , que lorsqu'il était trop tard pour s'y opposer. Cependant ils levèrent Tancre dès que la marée le permit et mirent à la voile pour couper la flottille des insurgens ; mais ils ne réussirent qu'à s'emparer d'une seule barque , montée par environ quarante montagnards. Qaelques bâtimens de transport furent pourtant forcés de rega* gner ia côte du comté de Fife; et les barques sur lesquelles se trouvait le régiment de lord Strathmore» et quelques.aqtres conte* naotdes montagnards , furent obligées d'aborder à Tile de May, dans l'embouchure du Forth, où ils furent bloqués par les bâtimens anglais. Le jeune comte, plein de bravoure, se retrancha sur cette île et adressa un discours à ses soldats pour leur rappeler la fidélité qu'ils devaient à leur cause, promettant de leur en donner l'exemple en exposant sa personne partout où le péril serait le plus grand , et en regardant comme un honneur de mourir au service du prince pour lequel il avait pris les armes. Bloqué dans une ile presque déserte, ce jeune seigneur éprouva denou- Telles difficultés par suite de la jalousie et des querelles qui survinrent entre les montagnards et ses propres troupes, levées dans les basses terres du comté d'Angus. Leur animosité en vint au point que ses soldats résolurent de saisir quelque occasion pour quitter rile sur leurs barques , et d'abandonner les monUgnards à leur destin. Mais Strathmore rejeta cette proposition avec un mépris indicible, et il ne voulut quitter sa pénible situation que lorsque le vent et la marée lui permirent de reconduire en sûreté sur la côte d^où il était parti tous ceux qui avaient partagé son infortune.
Pendant ce temps, la plus grande partie du détachement destué à faire une descente dans le Lothian, an nombre d'environ seize cents hommes, avait réussi dans cette entreprise désespérée. Leur débarquement s^effectua à North-Berwick, Aberlady, Gulan et antres places de la côte méridionale du Frith. De là ils marehèrent sur Haddington, où ils opérèrent leur jonction ; ils se re-
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posèrent «ne nmt, jusqu'à ce qu'ils eussent appris quel ayak été le destin de ceux de leurs compagnons qui n'avaient pas encove paru. Nous n'aTons aucun moyen de savoir si Macintosh avait reçu des ordres précis sur ce qu'il devait faire quand il se tfouver«ît dans le Lothian* Les dépêches de Mar nous portent à cobclure que ses instructions étaient de marcher sur-le-champ vers la frontière, pour se réunir à Kennure et à Focster. Mais ses ordres devaient lui avoir laissé une grande latitude,, puisqu'il était presque impossible de les rédiger d'une mawèr% assez précise pour prévoir toutes les circonstances dans lesquelles il pouvait se trouver, et par conséquent l'exécution devait en avoir été laissée à sa discrétion,. La surprise fut pourtant grande, même dans la pjBtite armée du brigadier, quand, au lieu de .marcher ^ers lesud, comme elle s'y attendait, elle reçut ordre dit fiiire volte face, 6t d'avancer rapidement sur la capitale.
Har appela, ensuite ce mouvement une BH^isedu hrigaditf ; mais il fut probablement occasioné par les avis que Macintosh reçut denses amis d'Edimbourg. pour l'informer qu'ea faisant une marche forcée, il pourrait s'emparer de la capitale avAut qu'elle pût être secourue par le duc d' Argyle , qui eu était à trente nulles* Le succès d'une telle surprise aurait nécessairement jelé le plus grand éclat sur les armes des insurgeos , et aurait élé suivi d'au avantage plus solide , celui de se procurer une grande quantké d'armes et d'argent, sans parler de la facilité d'int^eepler les commilnications entre le duc d' Argyle et le sud. 11 est également probable que Mac-Iutosh pouvait s'attendre à ¥oir éelaler une insurrection à Edimbourg, à la nouvelle de sa mavohe sur oette ville. Quels que fassent ses motifs et son espoir, il s'arança tcvs la métropole, avec sa petite force, le lé octebire 1715, etoeDmavement excita une alarme universelle.
Le lord prévôt de cette ville , nommé Catt^jihéU , était un homme plein de jugement et d'activité. Dès qu'il eut appris que les montagnards étaîe&t arrivés à Haddingt^, il en envoya avis au duc d'Argyle, et faisant prendre Jesaïunes aux gardes d& la ville, aux milicitais et aux vcdontaires, il. avisa. à ttoatesiies^ mesures possibles pour. défendre la capitale, fui,:quoiquie entourée d'un grand mur, était loin d'ètse à l'abri d?un coup éb iHun. Le dib&d' Argyle, sentant toufrlès avantages qpie lesiwnrgens retireraient de la possession même temperairede la métrapifle, Bésobii, en ceUaDoewOBieoaMe eu flusmun antçeiy'de^flfpléerpnr'rae*
TROISOMB SfllUB. lit
ûnvê au petit nombre de aes troupes. Il fit monter deux cent»
honmes d'iofanterie sar des chevaux de somme , prit avec eux
trois cents dragons d'élite , se mit à leur tête, et (fit une marche
forcée de Stirling pour secourir Edimbourg. Sa rapidité fut telle^
qu'il entra dans la yille par la porte de l'ouest à environ dix heutes
du soir, presqn'au même instant que Mac-Intosh arrivait à Veo^
droit où sont aujourd'hui situées les casernes de Piershill, à wx
mille de la porte du leisant de la capitale. Ce fut ainsi que la mé»
tropole, qui semblait devoir étre^la proie du premier occupant^
fat sauvée par la promptitude du duc d'Àrgyle. Son arrivée ré»
pandit une joie universelle parmi les amis du gouvernement , qui
passèrent d'un sentiment bien voisin du désespoir^ à l'extrémité
opposée de la joie et du triomphe. La ville avait été renfcvcée pen«
dant la journée par divers détachemens de cavalerie de milice da
Midlothian et du comté de Berwick, et par des volontaires dont la
nombre augmenta considérablement quand on apprit la nouvelle
de Tarrivée du duc d'Argyle, moins à catuse du nombre de troupes
qoi raccompagnaient, que de la confianee^ générale qu'iaqpiraienl
ses talens et son caractère.
Les ennemis qui s'avançaient ne furent pas à l'abri du charme que jetait sur tout ce qui l'entourait la présence d'Argyle ; mais. ce charme fut pour eux une influence funeaie, et l'espoir de succè» qu'avait conçu leur Chef se changea en désir de pourvoir à la sûreté de son petit détachement, pour lequel il avait probablement d'autant plus d'inquiétude, que, suivant tentes les apparences» <A exagérait lé nombre des forces du duc» et .qu'elles consistaient principalement en eawalerie, dont les montagnards avaieot à cette époque une terreur superstitieuse. D'après ces considérations > le brigadier Mac*Intosh quitta la route d'Edimbourg à l'endroit nommé Jock's-Lodge, et se dirigea vers Leith, où il entra sane Ofqiosition. Il trouva dans la prison de cette place les quarante bemmesde son détachement qniavaient étépris pendant le passag» du Frith, et qu'il remit en liberté. Les mon^tagnards s'emparèrent ensuite de l'argent et des provisions qu'ils trouvèrent à la d/ouane». Après ces préliminaires^ ils traversèrent le pont, et oceupèrenH l€s restes d'une eitadelle bâtie par CromweU pendant «on usarpup tioo. C^était mn fort carré, avec cinq demi^bastions et un fossé. Les portesten/étaient'démolies,.maisdesirempans.étaieiit^n asse» bon état; et sans perdre un seul instant, le brigadier barricada tous les endroits accessibles avec des poutres, des planches>dfi8
charrettes» des tonneaux remplis de pierres , et antres matérianx semblables. Les bâtimens qui étaient dans le port lai fournirent des canons qu'il planta sur les remparts ^ et il se prépara , aussi bien que les circonstances lepermettaient^ à nne résistance désespérée.
Le lendemain matin, le duc d'Argyle se présenta devant le poste fortifié occupé par les montagnards, avec ses trois cents dragons, aes deux cents hommes d'infanterie et environ six cents hommes, miliciens et volontaires , nouvelles levées. Parmi ces derniers on voyait plusieurs membres du clergé , qui croyaient que, dans une guerre de cette nature , leur caractère sacré n^était pas incompa* tible avec les armes. Le duc somma les troupes qui occupaient la citadelle de se rendre, sous peine de haute trahison, leur déclarant que si elles le mettaient dans la nécessité de faire venir du canon , on qu'elles tuassent un seul de ses soldats en cherchant à se défendre, il ne leur accorderait aucun quartier. Un gentilhomme montagnard, nommé Kinackin, lui répondit avec hardiesse, dn haut des remparts , < qu'ils se moquaient de ses menaces ; qu'ils étaient prêts à se défendre contre son attaque; qu'ils ne voulaient ni faire ni recevoir quartier ; et que s'il croyait pouvoir forcer leur position, il était le bien-venu à l'essayer. »
Le duc, après ce défi, fit avec grand soin la reconnaissance de la citadelle , et vit que l'assaut qu'il se proposait d'y donner souffrait de grandes difficultés : il fallait que ses troupes avançassent cent toises environ avant d'arriver aux défenses de la place, et pendant tout ce temps elles seraient exposées au feu d'un ennemi qui était à couvert. Un grand nombre de ceux qui auraient dû concourir à cette attaque ne connaissaient nullement la discipline militaire, et n'avaient jamais vu le feu. Lés montagnards, quoique peu accoutumés à échanger des décharges de mousqueterie en rase campagne, étaient d'excellens tireurs, postés derrière une muraille; et leurs claymores et leurs poignards paraissaient devoir être formidables pour défendre une brèche ou une barricade , où le combat devait avoir lien , en quelque sorte, corps à corps : il fallait y ajouter que le duc «l'avait ni canons, ni mortiers, ni artilleurs pour les servir. Toutes ces raisons décidèrent Argyle à retarder une attaque dont le résultat était si incertain,, jusqu'à ce qu'il y fût mieux préparé. Les volontaires désiraient vivement un assaut; mais le révérend historien de cette rébellion ^ iious dit