M. Patten
que lorsqu'on leor eut fait comprendre que le poste d'honneur leur appartenait de droit comme volonlairesy c'est-à-dire qu'ilsdeyaient marcher à l'attaque au premier rang, ils approui^èrent de tout leur coeur les motifs du duc pour ajourner l'entreprise. Atgyle retourna donc à Edimbourg pour se préparer à attaquer la citadelle le len* demain avec de l'artillerie.
Mais Mac-Intosh ayant échoué dans son projet de se rendre maître de la capitale, son intention n'était pas de rester dans les environs; il quitta la citadelle de Leith à neuf heures, et conduisit son détachement, dans le plus profond silence, le long des sables, jasqu'àSeatoii-Honse, château>fort situé à environ dix milles d'Edimbourg, appartenant au comte de Winton,. et entouré de hautes murailles. 11 lit à grand bruit des dispositions pour s'y fortifier et s'y approYisionncr, comme s'il eût eu dessein d'y rester quelque temps. Le duc d'Argyle, avec sa promptitude ordinaire, s'apprêta à attaquer Mac-Into&h dans ses nouveaux retranchemens ; il envoya chercher des artilleurs au camp de Stirling, et fit préparer quelques canons du châtjeau d'Edimbourg , avec lesquels il se proposait de marcher sur Seaton-House pour en déloger les rebelles. Il fut encore interrompu dans ce projet par des exprès que le général Whelham, qui commandait en l'absence du duc, lui envoya coup sur coup de Stirling, pour lui donner l'avis, peu agréable, que Mar, aTec toute son armée, était en marche sur 3tirling, espérant trouver l'occasion d'écraser le peu de troupes qui y restaient, et qui n'excédaient pas mille hommes.
Dès qu'il reçut cette nouvelle, le duc, laissant deux cent cinquante hommes de son détachement sous les ordres du général Wightman, pour exécuter le plan de déloger les montagnards de leur fcMTteresse de Seaton, retourna à la hâte, avec le faible reste de sa troupe, à Stirling, où sa présence était fort nécessaire. Mais avant de parler des évènemens qui eurent lieu de ce côté, nous suivrons encore Mac-Intosh et sa troupe pendant quelques journées de leur marche.
Le samedi 15 octobre, un corps de dragons et de yolontaires vint reconnaître les environs de Seaton-House. Mais comme les inontagnards firent une sortie avec hardiesse, le parti venu d'Edimbourg se croyant trop faible pour hasarder une action, battit en retraite du coté de cette ville, et les rebelles rentrèrent dans le fort. Le lundi .17 octobre, on parut avoir des vues d'attaque plus sérieuses contre Seaton. Lord Rothes, lord Torphicken et d'autres
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aciers marehèrei^t contre ce chStean, avec trois ewc» volon* taires et les troupes que le duc d' Argyle avait laissées poar déloger Hac-Intosh. Mais, dans cette troisième tentative comsie dans les éenx aatresr/on ne jugea pas pmdent d'attaqaer les opiniâtres montagnards, attendu qn'ane défaite, à«i peu de distanee de la xapitale, aurait eu nécessairement des suites auxquelles il eAt été téméraire de s'exposer; Les troupesdngouTemement retonmètent donc pour la troisième fois à Edimbourg sans avoir eu d'autre engagement avec l'ennemi, que quelques coups de fusils de part et d'autre.
Mac*Intosch ne crut pourtant pas^ que la prudence lui pemdt de laisser à ses ennemis l'occasion de Tattaquer de ncMiyean dans sa position présente. Il avait envoyé au général Forster une lettre 4pi , étant arrivée à Tinstant où les amis engagés avec loi ^uis cette entreprise malavisée délibéraient s'ils n'y renoncerâMitpas, les détermina à rester sous les armes , et à se réunir à ces montagnards qui avaient traversé le Frith à si grand risque, pour venir les joindre. Forster et Keumure répoiràirent donc au message 4e Mac-Intosh , en lui proposant de se réunir à ses forces à Kelso ou à Coldstream , comme il le jugerait convenable. Les lettres que le brigadier avait reçues de Mar depuis qu'il avait passé le Frith , aussi Inen que ses premières nsetructions, le chargeaient de faire sa jonction avec les iiunrgés des frontières. D accepta -donc leur proposition, et désigna Kelso pour lien de rendee-voas. Sa première marche le conduimt au village de LongfoFOiachaSy eu il arriva dans la' soirée du 19 octobre. On peut m^itienner ici que dans le cours de cettejournée on passa devant Hermands!»», demeure du docteur Sinclair, quer Mac-Intosh , avecrqndque chose de Tancien esprit vindicatif des montagnards^ avait la phis grande envie de faire brâier^ en revanche de la mort du jeune Hepbam Âe Kéith. On le détourna d'en venir à cett^ extrémité; UMie fat maison fut pillée par les montagnards de lord Nairne, qui ncmtrèrent une grande activité ponr infliger ce genre de punition» Sir William- Bonnet deGrubet, qiii avait occupé Kelso au nou da gouvernement, avec -quelques soldat» de milice et ^fMlqueS' volontaires , apprenant que quinee cents montagnards» ai^asaçaieiit contre lui du côtédu levant, tandis que emq à six cencs cavaliers^ les fbrcc^s réunies de Kenmure et de Forster pouvant monter à oe nombre, descendaient des montagnesdeChëviot, renonça au projet de défendre Kelso. Abandonnant les bMvicades iptffl cvadÉ tatiL
SÊÊoau iST
MBslnDre dans- cedeaficbr, il 9^ ntini Yen EJ Bi be org «vee sa petite trou|>e, emportant ayeo loi la plna granée partie dea armas éoBt il s'était anuD*
LacBvalene de ForsMr et de Kemnave étant partie de Wooler, amiraÀSjelso ^nlqnes heiuea aVani les montagnards , qni ayaient qnitté Ppiise la mianfi matisiéa* Les aaraKers écossais qni en lEù* sâisDttpvtie'traTersèDant la TÎUe sana iaire halte, pour aller avdeva|rt de Maiylntosh jnsqn'à . Ëdnani'Bridge , marque d'égard ^'ik^cniraBt dae à la braYonre a^ec kqodle le brigadier et ses montagaards étaient Tcnns i lenr secours à trayers tant de dan* gers. Lesiorces-réiiiHeSy quand on les passa en revue à Kelse, se tfoomett monter à environ six cents iioBunes de cayalerie, et cpiatof tt ceats d'infanterie» car la désertion avait enlevé à Mao- Intosh qoel({aes soldats. Us entrèrent dans la viMe en triomphe, et «'eoiparàreiil^da peu d'armes que sir William Bennet y avait laissées. Ils prodamèrent Jacques Ylil sur la place du marché de eeite beHe ville, et assistèrent à l'ottce divin , *- du moins les of- ^i^y^dsns réglise de la vieille Abbaye, où ma ministre, qui «Tait refaié le serment , prêcha un sermon sur le droit héréditaire, dont le teste "était : Le droit dupttmier^ne est le sien , Den^ tà^., ch. XXI^ y. 17. Les Chefs tinrent alors un conseil général air H^'ib devaient laire dans Tintérét de l'insurrection. Us tvai^li dioifiir entre deux lignes de condoite ; l'une étak appuyée V les gentilsliomneff écossais, l'antre par les insurgés du nord 4e l* Angleterre.
Ssivaat Le premier plan dTopératîens , on proposait de foire «▼nieer les ierees réanîts vers l'ouest, le lengdes frontières , et 4*occeper clsemin fusant les viHes de Dumfries , d'Ayr, et même ^Gintem, Onne s'attendait, sur ces différons points, à aucune l'éfiistanoe quelles treupea rémiies ne fuBsent en état -de surmonter. & arrivant dans yonest de l'Ecosse^ on proposait d'ouvrir le pas- ^sdes dettes, dont la défense était prîncipaleittent confiée à fKhfUQftGQrpa^e nâliee et de volontaires,, aux forces très consi^ ^^ables'des. clans df^oomié df'Argyle, qui étaient déjà assendilés ttas le? féaésal Gordon» Avec* FarméC' bien supârâenre du comte ^Mar^^fece» et arfee*left^6n<€esf4e- Macintosh, de Keiimare et ^ ForsieB, en arvièr^elrsur sonflane gauche, on regardaiit comme impossible que, malgré tous ses talens , le duc d'Argyle pût persister à conserver son poste important de Stirling. ÏPaprès tontes les
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chances il devait être entièrement chassé de l'anden royaume,
comine on aimait à appeler TEcosse.
Ce plan de campagne offrait deux avantages. D'abord , il tendait à concentrer les forces des rebelles, qui , séparées comme elles Tétaient, et divisées dans tout le royanme, avaient jusqu'alors été tenues en échec et neutralièées, comme l'armée de Mar par le duc d'Argyle, ou forcées ji battre en retraite devant les forces du gouvernement , et à changer de quartiers pour pourvoir à le^r sûreté ; ce qui avait été le destin de Forster et de Kenmure. En second lieu , la base sur laquelle ce plan reposait était fixe et solide. L'armée de Mar d'un côté , Gordon avec les clans de l'autre, étaient des corps de trodpes existant et sous les armes , et il ne se trouvait en campagne, pour le gouvernement, aucun parti assez fort pour les empêcher d'effectuer la jonction dont il s'agissait.
Malgré ces avantages , les insurgés anglais insistaient fortement pour qu'on adoptât une marche toute différente, en portant de nouveau la guerre en Angleterre , d'où ils avaient été si récemment forcés à se retirer; Au premier coupd'œil, cette proposition avait un air de hardiesse et de courage, et si on l'eût adoptée , et qu'on eût agi avec concert et résolution , elle aurait offert une chance considérable de succès. Lsâ dragons et la cavalerie assemblés à Newcastle sous le général Carpeiiter ne formaient^^qu'un corps de mille hommes, et avaient été très fatigués par des marches forcées. Les insurgens, soutenus par ]Mac-Intosh et son infanterie, aurafent pu réussir, par une marche soudaine , à attaquer Carpenter dans son camp, ou à le combattre en rase campagne. Dans tous les cas , la grande supériorité de leur nombre aurait obligé le général anglais sbit à hasarder une action avec une grand désavantage r soit à battre en retraite. Dans l'une ou l'autre supposition > les gentilshommes du Northumberland seraient restés maîtres de leur province natale , et auraient pu s'emparer de Newcastle , et interrompre le commerce de charbon ^ Enfin, les grands domaines et l'influence de lord Derwentwater et d'autres seignears les avaient mis à portée d'augmenter leurs forces d'autant de soldats d'infanterie qu'ils auraient pu en armer ; et sans infanterie Les nobles qui avaient pris les armes ne pouvaient être regardés que comme une ame sans corps, pu une poignée sans épée; mais
X. Afin de g^tier rapprovisionncmeat de la ville de Londres, qui tire de là tput le charbon ncces- Bftire à sa consommation.
TROISIBMl^ SBRB. 129
Forster et ses amis ne' Yoularent pas consentir à nue mesure en fayenr de laquelle on ponyait allëgner taAi de raisons, et perdaient le temps en de vaines discassions : ils restèrent à Kdso du 22 an 27 octobre. Alors il deyint impossible de mettre ce plan à exé* cntion; car ils apprirent que, tandis qu'ils délibéraient encore, le général Carpenter agissait, et que sa petite armée, s'étant reposée et ayant reçu des renforts, s'était avancée jasqn'à Yloler les chercher et leur livrer bataille.
Forster et les officiers anglais insistèrent alors sur un autre plan, qui aurait encore fait de l'Angleterre le théâtre de la campagne. Us proposèrent d'éviter la bataille que le général Carpenter paraissait disposé à leur livrer, en marchant à l'ouest le long des frontières d'Ecosse , de tourner ensuite vers le sud pour entrer dans le comté de Lancastre , où ils assuraient leurs confédérés écossais que leurs amis étaient prêts à s'insurger , au nombre de ^gt mille hommes tout au moins, ce qui suffirait pour les mettre en état de marcher sur Londres , en dépit de toute opposition.
£q cette occasion importante les insurgés anglais donnaient une preuve décidée de cette espèce de crédulité qui dispose les hommes à ajouter foi, d'après les plus faibles apparences, aux nonvelles qui flattent leurs espérances et leurs opinions, et qui portii Addison à appeler les Jacobites de cette époque une race d'honunes qui vivaient dans un songe , qui se- nourrissaient journellement de fictions et d'illusions ; et à les comparer au vieux chevalier obstiné de Rabelais, qui avalait tous les matins une chimère pour soiit déjeuner.
Les seigneurs écossais, et particulièrement lord Winton, ne forent pas convaincus par les raisonnemens de leurs amis du inidi, et ils ne paraissaient pas avoir partagé leurs vives espérances d'un soulèvement général dans le comté de Lancastre. En conséquence, ils s'opposèrent fortement à tout mouvement dans cette direction. La seule détermination certaine que prirent donc les rebelles , au milieu de la division de leur conseil, fat qu'ils s'avanceraient vers l'ouest, le long de la frontière, marche qui les mettait également sur leur route, soit qu'ils se décidassent définitivement à gagner la partie occidentale de l'Ecosse, soit qu'ils préférassent entrer dans le comté de Lancastre. On verra dans la suite de cette histoire les progrès et la fin de cette expédition malencontreuse.