‹ Œuvres de Walter Scott (volume 5)Chapitre 22 sur 39 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Retraite de4'annéé jacobite. ^ Erasion du CheTalier e( da comte de Mar Si bord d'an narire à Montrose. —^ Dîspeirsion de. l'année jaoobHe. ^-^ Incapacité de Mar comme général.--^ Arrivée d'Argyle à LondreSé. — Accueil qu'il reçoit à la cour. >— Il est privé de tous ies emploie — Cause de cet acte d'ingratitude du gooTerriement anglais. ~— Jngement des prisonniers jacobites à Carlisle.'— Désarmement des Montagnards. — Vente des biens confis^nés. — Plan de Charles XII , roi de $uède, pour la restauration des Stuarts. — Expédition envoyée par le cardinal Albéroni dans !• même dessein. — « Bataille de Glenshiel. — L'entreprise est abandonnée.

Quels <|ue fussent les bruits qui couraient parmi les sOldatSi les principaux chefs avaient résolu de commencer une retraite à la tête d'une armée mécontente , dégradée à ses propres yeux, se méfiant de ses officiers » et capable y si la méfiance venait à se changer en fureur, d'enlever son roi et son général pour les em-

TROISmiB SBRB. 18S

mener dans ses montagnes; et j faire une guerre ûrëgulière à la manière des clans.

Le 28 janvier, le bruit de Papproche da dac d'Argyle donna l'alarme à Pertli; et il est remarquable que, qnoiqne ]eê officiera» généraux y aa milieu de la confusion qui régnait , n'eussent donné ancan ordre poar les mesures à prendre en cas de cet éyènement probable, cependant les clans» avec une sagacité d'instinct, prirent d'enx-mémes les postes les plus forts pour résister à toute attaque; et majoré un désordre momentané, on entendait .les soldats s'encoorager matuellemeht en se disant les uns aux autres : — Gela ira assez bien. Le malheureux prince était loin de montrer la mime ardeur que ses partisans. Oa remarqua qu'il avait l'air d)attii, qu'il versait des larmes, et on l'entendit dire qu'on l'avait bk Yeuir, non pour lui donner une couronne , mais pour le c<hi« daire an tombeau. — Les pleurs, dit le prince Eugène quand ii apprit cette circonstance, ne sont pas le moyen de conquérir un royaume.

Ce toi au milieu de cei^nflit de sentifnens que la retraite conu mença. Le 30 j anvier , anniversaire de la décapitation de Charles P^, ^i par conséquent, jour de mauvais augure pour son petit-fib » 1 armée des montagnards passa le Tay sur la glace qui couvrait alors ce fleuve, quoique rapide et profond. Un corps de dragons du une d'Argyle prit bientôt après possession de la ville ; mais le tempa âait si rigoureux, et la marche des rebelles si régulière, qu'il fut unpossibled'envoyer contre eux une avant-garde de force suffisante pour les inquiéter dans leur retraite.

Lorsque les rebelles furent arrivés au port de Montrdse, le bruit se répandit parmi les montagnards que le roi, comme on l'appelait» le comte de Mar et quelques antres de leurs principaux chefs, allaient les abandonner et s'enfuir par- mer. Pour tranquilliser les loupes, on donna ordre de continuer la marche vers Aberdeen ; h voiture et les chevaux du chevalier de Saint-George furent ^enés devant la porte de son logement, et ses gardes montèrent a cheval comme pi^êts à marcher. Mais avant l'heure fixée pour le départ, Jacques, quittant secrètement son appartement, se rendit ^s celui du comte de Mar, et tous deux prirent un sentier dér ^nrné pour gagner le bord de la mer, où une barque les attendait afin dé les conduire à bord d^un petit bâtiment qui avait été préparé pour les recevoir. La sijbreté de ces deux personnages étant ^arée, on envoya de» barques à terre pour en ramener lord.

iH HISTOIRB B'EGOSSE.

Dminiiioiiâ et qtielqiies antres gentilshommes , la plupart faisant partie de la maison du Chevalier • Ce fat ainsi que le fils de Jacques II quitta encore une fois les rives de son pays natal, où, en cette dernière occasion , il ne semblait être vena que pour pourvoir à la sûreté de son général.

Le général Gordon s'acquitta de le^ tâche, aussi triste q» difficile, de conduire à Aberdeen les restes découragés de Famée des montaghards ; lord Marischal l'aida à accomplir ce detoir^ en se mettant à la tête de l'arrière^gaMe. Il est probable que la rage des soldats , en se voyant abandonnés, se serait portée à quelques actes d'insubordination et de violence ; mais Fapproche des forces du duc d'Argyle, en diverses colonnes, qui les menaçaient, prévint cette catastrophe. Une lettre close, qui devait être ouverte à Aberbeen, contenait les ordres secrets du Chevalier pour le général Gordon et son armée. Quand on l'ouvrit , on vit qu'elle contenait des remerciemens à ses fidèles serviteurs, l'annonce que le désappointement Tavait obligé à se retirer chez l'étranger, et la permissien à ses adhérens, soit de rester en corps et de traiter avec l'en* neui , soit de se dispei%er suivant que les circonstances paraîtraient Texiger. Les soldats apprirent en même temps qa*ih cesseraientde recevoir leur paie.

Un transport général de douleur et ^^indignation suivit cette unnonce. Un grand nombre d'insurgés jetèrent leurs aimes avec désespoir, en s'écriant qu'ils avaient été abandonnés et trahis, et qu'ils étaient maintenant laissés., sans roi et sans général. Les clans se divisèrent en différens corps et marchèrent vers les mon* tegues, où ils se dispersèrent pour regagner chacun son vallon hânéditaire. Les gentilshommes montagnards ou des basses terres qui se trouvaient à l'armée se cachèrent dans les montagnes (ff s'avancèrent dans des comtés plus au nord, où des bâtimens, en* voyés de France pour les recevoir, en conduisirent une grande partie sur le continent.

Ainsi se termina la rébellion de 1 7 1 5, sans avoir même le triste éclat d'une défaite. Elle fut fatale à beaucoup d'anciennes et illostrès familles d'Ecosse,, et paraît avoir été une entreprise au-dessus des talens de l'homme que lé hasard ou sa présomption en avait créé le chef. Ce serait injuste pour la mémoire du malheureax Mar de ne pas l'acquitter de tout reproche de lâcheté ou de trahison ; mais son génie le rendait plus propre aux intrigués d'une eouT qu'aux travatix d^ine eampagne. Il semble avoir partagé

complètement les espérances chimériques qa*il inspirait à ses partisans, et avoir compté sur l'assistance qae le duc d'Orléans ne pat on ne Tonlnt pas loi accorder. II cmt anssi qne le royaume était tellement disposé à la rébellion , qn'il ne fallait qu'allomer une étincelle pour prodnire tm incendie général : en un mot, n mit sa confiance^ en ce qu'on appelle le chapitre des accidens. Avant la lataiBe de Sheriftmuir, son inaction semble avoir été impardonnable, puisqu'il souffrit que le duc d'Argyle, en prenant ttne ferme attitude , en imposât à une force quatre fois plus nom« ireose et la neutralisât. Hais après cet événement, persister dans celte entreprise était un acte de démence, puisque chaque moment de retard l'approchait dayanjtage du bord du précipice ; cependant il invita même le Chevalier à partager les dangers et la honte d'une retraite inévitable. En Un mot, toute l'histoire de cette insurrection démontre que rien ne peut être plus malheureusement combiné qu'âne entreprise audacieuse sous un chef irrésolu.

I^ comte de Mar dirigea ensuite, pendant quelques années, les ^'res d'Etat du chevalier de Saint-George , prétendu ministre d'ott prétendu cabinet. Au commencement de 1721 , il perdit la <!onfiance de son maître; et il passa le reste de sa vie dans la i^traite, eh pays étrangers. Ce seigneur infortuné était homme de goflt, et en imaginant des moyens d'embellir Edimbourg, capitale |de l'Ecosse, il montra plus de talent qu'il ne l'avait fait en cherchant à changer le gouvernement. On lui doit la première idée de plosiears améliorations qui eurent lieu en cette tille dans des *^ttïp8 pins modernes.

I^ dnc d'Argyle ayant pris les mesures les plus actives pour ^^dreles restes du feu de la rébellion, en dispersant les corps 9^1 étaient encore sbqs les armes, ordonna à des colonnes mobiles «e traverser les montagnes dans tous les sens, pour recevoir la sonmission de ceux qui voulaient s'humilier, ou employer la force <^Qtre tout ce qui ferait résistance. Il arriva à Edimbourg le ^7 février, et les magistrats, qui n'avaient pas oublié sa marche hardie pour secourir cette ville, quand elle avait été menacée par lebrigadiei' Mac-Intosh, le reçurent avec magnificence. PeJà, il ^ rendit à Londres, où George I^** lui fit un accueil distingué.

Et maintenant vous désirez sans doute savoir par quels nouveaux honneurs, par quelle augmentation de pouvoir ou de richesse, le 'oi d'Angleterre récompensa l'homme que son génie avait mis en ' ^tat àb foire tête à un nombre quadruple du sien> et qui avait

188 HISTOniB D'BGOSSB.

retenu snr la tête de Sa Majesté la coaronne aa moinft d'onde ses royaumes, aa moment où elle chancelait sur sa tête. Je tous répondrai brièyement. Très pen de temps après la fin de la guerre^ le duc d'Argyle fat privé de tons Sjes emplois. 11 fiiat chercher la oaase de cet acte extraordinaire d'ingratitude dans la haine per« sbnnelle que lai portait le duc de Marlborough ; dans la fierté hautaine du duc d'Argyle qui faisait de lui an membre incommode et inflexible d'an cabinet ministériel; et pent-être dans quelque appréhension de l'influence personnelle et croissante de ce grand homme en Ecosse » son pays natal , où il ét9<it uniyersellement aimé et respecté , même par un grand nombre de ceux contre lesquels il ayait combattu.

On croit en outre que la disgrâce da duc à la cour se rattachait, jusqu'à un certain point, à une disposition législative,, d'une justice fort équivoque, qu'on adopta pour le jugement des prisonniers d'État. Npas avons déjà parlé des procédures criminelles d'après lesquelles des prisonniers faits à Preston furent exécutés. Ceux qui avaient été pris les armes à la main , à Sherifimuir et ailleurs en Ecosse, auraient dû» d'après les lois anglaises et écossaises, être jugés dans le pays où }e crime de hante trahison avait été comiois. Mais les hommes de loi d'Angleterre se souvenaient des procédures qui avaient eu lieu en 1707, époque où il avait été impossible d'obtenir des grands jurys d'Ecosse un décret 4'accusation qui * aurait permis de mettre en jugement les prisonniers. Les liaisons étroites d'alliance et d'amitié qui régnaient même entre les familles dont les principes étaient le plus opposés, comme Wfaigs et Torys, faisaient que le parti victorieux en Ecosse ne se souciait pas de servir dUnstrument pour accabler les vaincus, et était disposé à leur fournir quelques subterfuges pour se sauver, même aux dépens d'une stricte justice. Pour obvier aux difficultés d'obtenir une condamnation, difficultés qui auraient pu encourager par la suite à d'autres actes de haute trahison, il futTésolu que les prisonniers écossais seraient traduits en justice en Angleterre, quoique leur crime eût été commis dans leur propre pays. Cette marche était sans doute extrêmement commode pour la poursuite; mais il reste à savKr où de pareilles innovations s'arrêteront, quand un gou< vernement prend sur lui de changer le cours ordinaire des procédures légal es > pour rendre plus certaine, la condamnation des coupables. La cour à^Oyer et Terminer Aé^dL pourtant à Carlisle, et elle aarait pu ayec autant de raison tenir ses séances à Lands

End 9 dans le Côrnoaailles oa dans les Iles de Scilly. Mais on nsa enyers les accusés d'une modération étudiée, qui semblait leur annoncer que s'ih s^abstenaient de récaser la jaridiclion de la coor, ils seraient traités ayec indnlgence. Un grand nombre furent mis en liberté; et quoique yingt-quatre d'entre eux eussent été jugés et condamnés, pas un seul ne fut exécuté. On assure que le duc d'Ârgyle, comme Ecossais, et comme un de ceux qui avaient trayaillé à lUnion, s'était déclaré, dans le conseil de Sa Majesté, contre nne innovation qui semblait être une infraction à cette mesure, et que le mécontentement qu'on en conçut contribua à la chute de son pouvoir à la cour.

On distribua libéralement des actes de grâce à tous ceux qui s'étaient séparés des insurgés avant la fin de la rébellion. On pardonna en général aux Chefs montagnards et à leurs clans, après lear soumission, et à condition qu'ils feraient la remise de leurs annes. Hais cette convention ne reçut qu'une exécution simulée ; les Chefs ne remirent que des armes hors de service, tandis qu'ils <^i2servèrent et cachèrent avec grand soin toutes les autres. Les clans qui étaient restés fidèles au gouvernement firent au contraire une remise complète, et ils s'en trouvèrent ensuite dépourvus t^and ce même gouvernement eut besoin de leur secours.

Cependant les {Principes des Jacolntes continuaient à fermenter d^s l'intérieur du pays, et iLs y étaient entretenus par des exilés nombreux, hommes d'un haut ratig et de grande influence, qui avaient fui de la Grande-Bretagne par suite d'un décret de proscnption. Pour réprimer leurs manœuvres et intimider les antres, les biens' des procrits furent déclarés confisqués au profit de la ^^ronne, et la gestion en fut confiée à des administrateurs, pour ^^re rendus au. profit du trésor public. Le revenu annuel de tous ^cs biens, quoique comprenant ceux d'une quarantaine de familles de rang et de considération,- ne s'élevait pas à trente mille livres sterling. Ces biens confisqués furent ensuite achetés du gouverneinent par une grande compagnie mercantile de Londres, qui s était établie dans l'origine pour fournir de l'eau à toute la ville, ^^ la tirant de la Tamise. Mais cette entreprise ayant manqué sons l administration des spéculateurs, les fonds que possédait cette ^ïapagnie reçurent divers emplois tout différons , d'après lés fecilités que lui en donnait sa charte. Entré autres spéculations , ^Ue d'acheter les biens confisqués fut une des plus hardies; et si « '^ compagnie eût maintenu son crédit , c'eût été une des opérations

190 aiSTOIRE D'£GOSSE.

les piaa lucratives qu'elle eût jamais faites. Mais le produit réel de cette immense étendue de bois et de déserts , habités par des tenaib ciers qui n'étaient disposés à reconnaître pour propriétaires que les héritiers des anciennes familles i et qui vivaient dans des cantons éloignés, où le pouvoir des lois éts^it entravé par les privilèges féodaux» et ne pouvait être qu'une faible protection pour les intrus, ne fiit pas à beaucoup près suffisant pour payer les intérêts des dettes que la compagnie avait contractées. Les acquéreurs furent donc souvent obligés de louer les terres aux amis et aux parens de ceux sur qui elles avaient été confisquées, et qui faisaient passer aux propriétaires exilés les moyens de subsister dans le pap étranger où leurs erreurs et leurs infortunes les avaient forcés à se réfugier, tes affaires de la compagnie d'York-Puilding, qui était devenue, de cette manière singulière, propriétaire de biens d'une étendue immense en Ecosse, se dérangèrent ensuite tout-à-£ait, par suite de l'infidélité ou de l'extravagance de ses administrateurs. Elle fit de temps en temps des tentatives pour vendre ses biens d'Ecosse, mais elle n'y put réussir, on n'en obtint qu'un vil prix. Les capitalistes montraient de la répugnance à acheter les domaines confisqués, et en deux ou trois occasions les familles qui en avai^it été dépossédées furent en état de les racheter à très bon marché. Mais dans la. S|econde parUe du dix-huitième siècle, quand on com" mença à mieux comprendre la valeur de ce genre de propriété, des acquéreurs se présentèrent à l'envi les uns des autres, sans être retenus par les scrupules qui, bien des années auparavant, avaient empêché de mettre des enchères contre les héritiers de l'ancien propriétaire. Chaque nouveau domaine qu'on mettait en vente rapportait un prix plus élevé, quelquefois même dix fois plus haut que celui auquel il avait été vendu dans l'origine; et après plus d'un siècle d'insolvabilité, toutes les dettes de la compagnie furent complèt^oaent acquittées. Si elle avait pu conserver ses propriétés, on si, comme on l'avait une fois tenté, on avait pu substituer d'autres personnes aux droits de là compagnie, le gain qu'elle aiyrait fait eût été immense.

Avant de passer à des objets moins intéressans, je dois parler ici de deux plans conçus en pays étranger, dans l'espoir de faire renaître en Ecosse la guerre civile de 1715. Deux ans après cette époque de troubles, le baron Gorz, ministre de Charles XII, roi de Suède , homme dont les desseins politiques étaient aussi chiffl^* riq^ios que le» projets de conquête de son maître, formate plan

THOISmiK SEME. 191

d'une coniëdératioa pour détrôner George l*', et replaeer sur le trône Théritier de la maison de Stoart» Son maître impëtnenx était indigné contre George, parce qu'il s'était mis en possessien des Tilles de Bremen et de Verden. L'ancien ennemi de Charles ^ le c^r Pitfre, était disposé à fiiToriser ansai ce projet; et le car* dinal Âlberoni, alor^ ministre toat«paissant dn ro^'Espagne, le soutenait de toat son pouvoir. Ce plan était qne dinaille hommea feraient nue descente en Ecosse, sous le commandement de CharJesXII en personne, le succès de cette entreprise étant confié 9 sa répatation redoutée de courage et de détermination. Il pourrait être amusant deTeohercher les suites probables de ce projet, SI le Suédois à la tête de fer s'éuit mis à la tête, d'une armée de mon- ^nards enthousiastes, doués d'un.courage aussi romanesque que le siea. On pourrait douter que cette audace d'esprit égale de part et d'autre eût été un lien d'affection entre le chef et ses troupes ; celles-ci n'auraient-elles pas été aliénées de leur commandant par ihabitade qu'avait Charles d'exercer une autorité despotique? Mais ce3 recherches nous écarteraient tro^) dn chemin que boqs <leTon8 suivre. Cette conspiration fut découverte par les espions d° gonvernement français , alors allié avec l'Angleterre , et toute possibilité de mettre ^ exécution le projet qu'on avait formé s'épanouit par suite de la mort de Charles XII devant FredericksbaU

Mais quoiqae cr projet eût échoué, l'entreprenant Alberooi ^éu continua pas moins à nourrir L'eapoir d'effectuer une contrei^évolntion dans la Grande-Bretagne , à l'aide des forces de VEa^ P^ue. Le chevalier de Saint^Geerge fiât invité à se rendre à Ifa- ^nd en 1719, et il y fut reçu avec tons les hopneurs dus an roi ^ ^Ifiterre. Sijt miUe sroldat^, avec des armes pour douze mîlk^ Qreut mis à bord de dix vaisseaux de guerre , et placés sous les ^dre^da daç d'Ormond. Mais la fortune et les élémensdéjpuèrçat p^ ces efforts en faveur de la malencontreuse maison de Stuaru ^ flotte essuya, à la hauteur du cap Finistère, une tempête tei« ^le qoidécimceriatoate l'entre|)ri8e. Une bien faible partie de ^tte expédition , consistant en deux frégates parties de Salnt- ^i>astien, et chargées de trois cents hommes, avec quelques ^^es, quelques mimitioBS et quelque argent , arriva à sa desti^ ^^tion dans l'île de Lewis. Les c^efe exilés qui se trouvaient à bord ^^ent le marquis de Tullibardine, le tiomte Hfarisçhal et le^mte ^«Seafcorth,

192 mSTOIRB D'ECOSSE.

Nous n'ayons pas en occasion de parlei^ de Seaforth èepài qu'il HTait quitté l'armée de Mar en même temps que le marquis d'Huntly , afin de s'opposer au comte de Satherland qai, voyant le succès que Loyat avait obtenu à InVerness, s'était remis en campagne pour le gouTernement. Quand les deux Chefs jacobites forent arriv^sur leur territoire, ils virent que le comte de Sa* therland avait une telle force , et que les affaires de leur parti offraient un aspect si désespéré , qu'ils se décidèrent à contracter avec Sutherland l'obligation de se soumettre au gouvernement. Huntly tint sa parole; il ne rejoignit jamais les rebelles , et sa soumission lui valut son pardon. Mais le comte de Seaforth prit de nouveau lés armes dans son île de Lewis vers la fin de février 1716. — On envoya contre ce Chef ré6*actaire un détaehement de troupes régulières, commandé par le colonel Chohnon' dely y qui subjugua ceux qui étaient sons les armes. Seaforth s'échappa en France, passa ensuite en Espagne où il résida quelque temps, et on le renvoya en 1719 daqs son pays natal, pour profiter de l'assistance qu'un Chef si puissant pouvait donner au projet d'invasion.

En arrivant dans son île de Lewis, Seaforth leva promptement quelques centaines de montagnards/ et traversa la mer pour passer à Kintail, dans le dessein de donner une nouvelle impulsion à l'insurrection. Il y ajouta quelques troupes aux levées de son clan, mais avant qu'il eût pu rassembler une force considérable, le général Wightman màrchacontre lui avec un corps de troupes régulières >d'invemes8, renforcé par les Honro, les Ross et autres clans fidèles des montagnes dû Nord.

Il trouva Sealbrth en possession d'un défilé nommé Straéhells, près de la grande vallée de Glenshiel. Un combat irrégnlier s'en suivit; on tirailla et on escarmoucha beaucoup ; mais Seaforth et les Espagnols conservèrent le défilé. Greorgé Monro le jeune, de Guldairn, reçut, dans cette action, une blessure qui le mit hors de combat. Comme Tennemi continuait à tirer sur lui, le Chef blessé ordonna à son domestique, qui était resté près de lui, del'abandonner à son destin, et d'informer son père et ses parens qu'il était mort honorablement. Le fidèle serviteur fondit en larmes , et demandant à son maître comment il^pouvait supposer qu'il le laisserait en cette situation , il se jeta sur son corps de manière à le garantir des balles de l'ennemi, et reçut, en cette position, plusieurs blessures; dont il préserva son maître. Us furent tirés tous deux

de ce péril imminent par nn sergent de la compagnie de\]!iilcainiy qui ayait jaré sor son dirk ^ de sanyer son Chef.

U bataille ne fat que légèrement contestée \ mais l'ayantage resta aux Mao-Kenzies, qui ne perdirent qn'nn seul homme , tandis qne dn cdté des troupes du gonyemement, plosiears furent tnés et blessés. Wightman fat forcé de se retirer sans ayoir délogé Veonemi , et laissa ses blessés sor le champ de bataille , où les yainqaeors , dit-on , en acheyèrent plosiears à coups de dirk. Mais quoique les Mac^Kenzies eussent obtenu un succès partiel » il n'était pas de nature à les encourager à perséyérer dans leur entreprise, d'autant pins que leur Chef, lord Seaforth, ayant été sérieosement blessé, ne pouyait plus diriger leurs efforts. Ils résolurent donc de se disperser dès que la nuit tomberait; et ce qui adeya de les y décider, fut que plusieurs de leurs alliés n'étaient pas disposés à liyrer un nouyeau combat. Par exemple, un Chef ayait prêté son clan à Seafortb pour le seryice de cette jourqée , mais sous la condition expresse que, quel que fût le résultat de la ijtaiOe, il se retirerait ayant Iç lendemain matin, ce secours mo« mentané n'étant regardé que comme un bon office de yoisinage à ré»ard de lord Seafortb.

Le comte blessé, TuUibardine et Marischal s'échappèrent sur le continent. Les trois cents Espagnols mirent bas les armes le lendemain, et se rendirent prisonniers. On peut appeler l'affaire de Glensbiel la dernière étincelle du feu de la grande rébellion de 1715, qui s'éteignit heureusement faute d'alimens. Un bruil; vague q^e le comte Marischal était de nouyeau débarqué en Ecosse, fut pourtant sur le point d'exciter un certain nombre des plus zélés Jacobites à se mettre encore une fois en campagne; luais cette nouyelle fut contredite ayant qu'ils eussent eu le temps de jEaire une démarche si téméraire.

!• Dirk on poigHord, hù serment sur le dirk était r^ardé comme iii?iolabl0<

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