CHAPITRE XV
SitoAtion des batsM teim. — Propriéuires et fermien. •— Etat, des conntissances. -^ Maavais eff«t des sernens exigés pour remplir des fonctions publiques. — Décadence de l'antorité féodale d^s propriétaires. ■» Situation des montagnes.— Influence des Chefs sur l^nrs clans. — Çanaeron de Lochiel «t Fraser de LoTst. — Impopularité des denx premiers George et de l'administration de Walpole. •— Mariage du ebetalier de Saint'Oeorge. — Petites intrigues parmi ses adhéreos.— Caractère du prince Charles- Edouard. -^ Résolution du prince Charles' d'essayer sa fortune en Ecosse. — « Il s'embarque , — er aborde à Moidart. " Note. —• Conduite du princa Charles.
Après qne la soumission temporaire des montagnards , en 1730 et années suivantes , ent été en apparence rendae complète par l'établissement de garnisons , la formation de routes! militaires; et la remise de leurs armes faite en général par les clans les plus ennemis du gouvernement; FEcosse jouit d'un certain degré de repos intérieur; sinon de prospérité. Pour juger ie la nature de ce calme; il faut envisager la situation du pajrs sous deux points de vue, c'est-à-dire en ce qui concerne les montagnes et les basses terres.
Dans les basses terres ; un degré supérieur d'amélioration commençait à se faire remarquer par suite de l'influence générale de la civilkatioU; plutôt que par l'effet d'^aucune disposition législative spéciale. Les anciennes lois qui confiaient à l'aristocratie l'admimstration de la justice, contihuaiènt à être une cause de pauvreté parmi les paysans du pay^. Tout j^ropriétaife d'un domaine considérable jouissait du pouvoir d'un baron ou seigneur haat-jasticier ; et par le moyen d'un substitut; qui était ordinairement scm facteur; ou Fadministrateur de ses biens ; il exerçait le droit de rendre la justice> tant au civil qu'au crimipel; dsms tous les environs. Dans la classe la plus ordinaire des contestations judiciaires; une des partied était ain» constituée juge de sa propre cause ; car dans toutes les difficultés entre le propriétaire et le tenancier, la question se décidait dans la cour du baron ; et le premier; par le moyen d'un substitut Complaisant; possédait de Mt le pouvoir judiciaire^ La nature des engsigemens contractés entre ie propriétaire et le cultivateur de ses terres rendait fort dure la situation du dernier. Les fermiers tenaient ordinairement leurs fermes d'année en année ; et d'après la pauvreté générale du payS; ils ne pouvaient payer qu'un^ faible rente en argent. Les propriétaires, qui faisaient
(mlioairement des efforts poar donner de l'ëdacation à leurs enfans, et pour les établir dans lé monde , avaient aussi des besoins , et ils employaient desexpédiens indirects pour assujettir leurs tenaneiers à des services d'ane nature qui lies assimilait presque aux anciens serfs des temps féodaux. Ainsi le tenancier était oblij^ de foire moudre son grain au moulin du baron, et de payer, pour la moutare, un droit très fort, quoiqu'il edt pu le faire moudre ailleurs plas commodément et à meilleur marché. Quelquefois il était aussi obUgé à prendre sa bière à la brassçrie de son propriétaire. Preaqoe tofljoors il était tenu de s'acqmtter de certains services, de transporter son charbon, de lui préparer sa provision de tourbe, et de se livrer à d'autres travaux de la même nature. De cette manière, il était souvent appelé pour labourer le champ du laird, quand le sien aurait eu besoin de recevoir lui-même un labour. En on mot, il était privé de cette liberté de faire le meilleur usage possible de ses moyens de travail, qui est l'ame de l'agriculture. Cependant, quoique les lairds écossais eussent en main des moyens d'oppression , une attention judicieuse à leurs propres intérêts chez les uns, et sans doute un séntimient de justice chez les ^tres, les enoipéchaient d'abuser de leurs droits de manière à nuire à leurs fermiers. La coutume de donner des fermes en bail a leurs fils cadets ou. à d'autres proches parens, tendait aussi à maintenir les fermiers dans un rang au-dessus de celui des simples paysans, avec lesquels, sans cela, ils auraient été confondus; et <^mme les propriétaires écossais vivaient à cette époque avec ^Qoniie,%t en terme^s d'amitié avec leurs tenanciers , il y avait ^ins d'exemples d'oppression ou de mauvais traitemens qu'on Q aurait pu le supposer, d'après un système qui était radicalement* ^cienx, e% qui, si les propriétaires eussent été plus rapaces, et que l'administration de leurs bietas eût été confiée à un simple facteur ou à un middleman % qui aurait voulu en tirer tout ce ^I^'il était possible , aurait amené un degré de détresse qui paraît u avoir jamais eu lieu en Ecosse. En génériail, les deux parties étaient pauvres , et elles unissaient leurs efforts pour supporter patienunent leur indigence.
Les fils cadets des gentilshommes passaient ordinairement en
>• On appelle middkman en Irlande, c'e«t-à-dire «homme intermédiaire •» celai qnl prend à
^h? ^°^^* ^°^ ferme d*nn propriéjtaire poar la* sous-louer en détail à d'autres indÎTida» , qui la
°r^!^|>eBt encoi^; et chacun ToaTant gagner sur son marché, il en refaite qu'après bien des
QbdiTisioiis , celai à qui la terre reste enfin est obligé d'en payer un prix beaàcbap au-dessus de
Baulenri, ^ • . .
fêjÈ étrangers pour suivre quelque profession qui pût leur faire «cq«érir promplenient de la fortane , on do moins des moyens d'existence. Les colonies offraient à un grand nombre des moyens d'avmiicement. D'anttes cherchaient fortune en Angleterre, où le caractère plus calme et pins prndent ée lenr nation, aidé par l'as- 'Siatanee qne tont Ecossais arriyé à nn état de prospérité était tonjanra disposé à accorder à son ^compatriote luttant ponr y par- Tenr, les conduisait sonvvM an snceès. Les fils aînés des grands propriétaires éicossaia étaient «n général, comme en Trance, destinés an barrean on aux armes, de sorte que, de manière tn d'antra , ik pouTaient fiairs quelque addition an patrimoine de leur famille. Le commerce devenait gradueUement plus étendn. X2elni des ecdonies avait ouvert lentement à Glasco^ des sources 4'indn8brie qui devenaient plus fécondes avec le temps; tette ville nntreprenante étant si convenablement située pour le commerce •avec TAmérlque septentrionale , dont elle obtint de bonne heure «me portion considérable.
' L'Eglise d'Ecosse offrait aussi un arfle honorable k ceux qui dataient disposés à tourner leurs pensées de oe cAté. A la vérité, die ne pouvait , sous aucun rapport, procurer l'opulence, mais elle assurait le nécessaire aux besoins modérés ^nn ecclésiastique litile, et nn degré d*influence sur l'esprit des hommes, qui, pour ime ame généreuse, est au-dessus de la fortune. La situation tespectable du ministre et l'importance qu'elle lui domptait dans la nociété, faisaient qu'il se résignait à sa pauvreté ; m^ qui était peu sensible dans un pays où peu de gens pouvaient s^app^ftr riches.
Les connaissances littéraires n'y étaient pas cultivées avetrfe même soin que dans le royaume voisin. Mais quoi^il ffit tatie de trouvier un gentilhomihe écossais et marne un ininiaftre ou on avocat profondément versés dans les études classiques , il Tétait encore davantaîge de rencontrer dans les piièmîéfrs rangs dte la société des hommes qui n'eussent pas une teinture générï^è des belles-lettres; et de voir même daîis les dernières Basses, grtee au système d'éducation paroissiale, des individiâ qtd ne sussent lire, écrire et compter. Un certain degré de pédantisme éfcrit même considéré cotome un signe caractéristique ttàtioniaLr; et; si ce n'était qu'une preuve d'un savoir mérité, les Ecossais qui allaiei^t len pày$ étranger, ou en Angleterre , qtrtlS iregirdiitnt comme un pays étranger, y trouvaient l'avantage de pouy^ lutter avec des connaissances supérieures contre les in^viénS de
ntOOBIllIIB SIRIB. 215
kar clasM daiM toute antre contrée. Thomaon, MaUct, et d'antres Kttà^Atenrfty se cantentèrent de recpToir en Angleterre b récom* pense de hwratmTanx; et si nons en cxeeptona lea poèmes d'AUan Ramsaj, lonës ppr ses compatriotes» mais que ks Anglais n'ont jamais goûtés ni oonprisy la littérature écossaise brille pen àcetteépo^, comparée àeeUedeGawinDonglasetdeDMJiar. An totolia sitnatixm de rEeosse, pendant le oonunencenient dn £x«liimièBie tiède» te coninie celle d'm arbre nonteUenenl tran^fa&tëy assez fort pour se maintettir snr son neairean temin, nais trop afiecté par la violence récente de son nhai^Tnaienl de pssieioD^ ponr déveliopper aTec liberl^é las prineipea Ae sa oms*
Lt principale canse ^qnt retarda l'amélièratien de l'état de
rficoass fat l'influence fatale de Teaprit de parti polilâpse. On ne
paraît avoir fait ancnn effort ponr gnérir les b|etsnres eneore
vives que la gnerre eiTile de 1716 OTait laissées syres die. Us
parti ea hvenr ne manqna pas, comme c'est Tnange înyanable»
<fe représenter oenx qvi en étaient estlnB oenuiie les pins dangû*
Kux ennemis dn roi qui était snr le tràne, et de I4 eonstitetâonen
^rta de la<jpDieUe il régnait ; et ceux qihi étaient SMHés comme Ja^
cefaitet, se confirmèrent dans leurs sentimesMi en se vejant privés
de teat eqpoir de protection et d'emploi. PseMpie tontes les
places IneratîTet étaient fermées à cenx qni étaient sonpçoamés
d'entretenir de semblables ^[lûrâmSy par la nécessité qui lenr étuS
imposée non-senl«nent de prêter serm&t de fidélité en gsa¥eme*
BMat établi , mais de le fiiii^ en termi» f^i dénon çaie nt et non»
dunnaient expressément les sentintens poUt iqneo de eenx qni Ini
étaient opposés. Des. Hommes doués d'une fierté lumorable ne
ponvaient se résoudre à prêter des aermens4q[ui ist obligeaient à
<^sa¥oner et à condamner publiquement les opinions qn'araienf
pn>fessées leurs pères et leurs proches parens, quoiqu'ils sent
tissent peut-être enx*mêmes rilluston dés principes alors pro^
amtSy et qu'ils fussent secrètement disposés à y renoncer. ILes
hommes de la première classe, uta foiadevenns soqseeta, étment
ainsi exclus da barreau et de l'armée, qui, comme noua l'awMis
dit, étaient les professions qu'embrassaient les fils ai^ des glisn-
tilshommes. Il en résulta nécessairement que les fiis des lamtties
jaoobites prii^t du service choE l'étranger, reaseTrèrenl; ess lîair
sons avec la ftmûlle exilée , qui , sans, cda , se seraient 'lUâBMtns
d'elles-mêmes ^ et forent aflènnis dans leur esprit de parti »pttr ks
216 HISTOIRE DVGOSSK.
mesiures mêmes qa'on prenaii; pour l'anéantir. D^ns le rang ittmédiatemeni; an-deasoasy beanconp de jeimes gens de bonnes familles se décidèrent à renoncer aux privilèges de leor naissance, et à exercer des métiers mécaniques, dont ils ponyaient s'occuper sans prêter des sermens qui leur étaient odieux.
n fut heureux pour la paix du royaume, que, quoique beaucoup de propriétaires fussent encore inibus des principes do jacobitisme, ik n'eussent plus cette influence qui avait fourni ai longtemps à leur activité les moyens d'inquiéter le goavemement; car, quoique les droits féodaux subsistassent encore, quant à la forme, il était alors plus difficile à un seigneur d'appeler aux armes les vassaux qui tenaient des terres de lui , comme à charge de service militaire. Les diverses confiscations de biens qui avaient eu lien avaient été un avis sérieux donné aux grandes familles telles que celles de Gordon, d'Athole, de Seafbrth et autres, ponr qu'elles ne levassent pas inconsidérément l'étendard de la T&àf lion. lyune autre part , les dispositions de l'acte sur les clans, el d'autres statuts, permettaient anx vassaux de ne pas obâr a la sommation de joindre la bannière de leur Chef, sans courir le risque, comme autrefois, de voir confisquer leurs fiefs. L'influence de la noblesse de seconde classe et des propriétaires sor les fermiers et les cultivateurs du sol n'était pas moins diminuée qae celle des grands seigneurs. Quand les piropriétaires, ce qui était alors général dans tontes les basses terres ^ devinrent déterminés à tirer de leurs terres la'plus forte rente qu'ils pouvaient m obtenir, les fermiers ne se t#nvèrént pas dans une situation assez aisée et assez tranquille pour qu'ils du3Sént en outre suivre leurs maîtres à la guerre. On doit aussi remarquer que, quoique beaucoup de gentilshommes , surtout au nord du Tay, fussent épisco^ paux, ce qm était presque la même chose que d'être jacobites, une grande partie des classes inférieures était presbytérienne , quant aux formes de son culte, et whig quant à ses principes politiques, et par conséquent opposée à la contre-révolution qui était le bat de ses propriétaires. Dans ïesud et l'ouest, Finfluepce de la religion établie était générale parmi les nobles et les paysans.
Le sentiment de mécontentement occasioné généralement dans toute FEcosse par le souvenir de FUnion avait disparu avec la génération de ceux qui s'y étaient livrés , et les effets heureux de ce trftité , quoique arrivant à pas lents , se faisaient évidemment «entir a leurs descendans. Les basses terres', qui sont de beanconp
h partie la plm riche et la plus importante de TEcosse » étaient donc disposées à la paix $ d^antant plus qne ceux qni auraient ea qael(iae intérêt à exciter de nouyeaux troubles n'en avaient plos , à beanconp près, les mêmes moyens.
n faat aussi fidre attention qne les habitans des basses terres » à cette époque, étaient en général sans armes , et n'avaient pas l'habitude de s'en servir. L'acte de sécurité, an commencement du dix-imitième siècle , avait servi d'excuse pour introduire en Ecosse nue grande quantité d'armes, et pour en apprendre l'usage à la population. Mais cet acte d'armement général était presque tombé en désuétude ; et , à l'exception de la milice , qui avait ses oi&ciera et une 8(»te de discipline y le maniement des armes était totalement n^ligé dans les basses terres d'Ecosse.
l'es montagnes étaient dans une situation toute différente ; et a après l'opiniâtreté avec laquelle leurs habitans conservaient le ^mne, la langue, les manières et les coutumes de leurs p^res , ds ressemblaient à leurs ancêtres qui avaient vécu bien des siècles aoparayant, beaucoup plus qu'aucune autre nation de l'Europe. Il est Trai que ce n'étaient plus des barbares ignorans et incorrigibles, pomt de vue sous lequel on devait les envisager presque jusqu'à la an du seizième siècle. La civilisation s'était approchée de leurs montagnes. Leurs manières avaient éprouvé l'influence des étran- Sere armés dont les forteresses tenaient en échec leur courage. Ils étaient obligés de se soumettre aux lois , et, du moins en aj^a- 'ence, de respecter ceux qui en étaient les organes. Mais le système patriarcal subsistait encore, avec les bons et les mauvais eSetsattachés à son influence. Le Chef était encore le capitaine en ^emps de guerre , le juge et lé protecteur, en temps de paix. Tous les revenus de la tribu , tirés d'un grand nombre d'objets sans vaienr, produit d'un travail grossier, étaient versés dans la bourse ^ Chef, et lui servaient à exercer une hospitalité sauvage qui s étendait jusqu'au membre le plus pauvre de son dan» Le but de chaque Qief était encore d'augmenter, par tous les moyens pos- ^les , le nombre des hommes de sa tribu en état de porter les ^fines; et par conséquent il n'hésitait pas à encourager sur ses domaines l^accroissement excessif d'une population fainéante et '^Qiqneuse qui ne connaissait d'autre travail que la guerre et la chasse, d'autres lois que les ordres du Chef.
11 est vrai que, dans le ^-huitième siècle, on n'entend plus Parler de Chefs prenant les armed pour leur propre cause , et se
218 màTOIRB VBG0S8K.
lirrant lèii ans aux aatres des batailles rangées ; tts ne se mettaient plus y comme aotrefois/ à la tête de bandes dé maraudeurs , pour aller ravager et piller les basses terres <m le territoire des dans voisins. Les creaghs on incursions avaient lieu d'une manière moins ouverte et moins avouée qu'auparavant, et "^es étaient Souvent réprimées par les soldats des troupes de ligne en garnison dans les forts , oUpar ceux des compagnies indépendantes appelées la garde Noire. Cependant ^m savait parfaitement que dans les domaines on pays , comme on les appelait , des grands Ghdb , on souRirait qu^il existât , sous les conditions bien imtendues » quoiqae non avouées, de fidélité d^une part , et de proteeti<»n de Tautre, parmi des forêts impénétrables et de "sombres vaHées y des trottes de bandits prêts à exécuter tous les ordres du Chef qui leur accordait un refuge , et disposés , au moindre signe de sa part , qu'ils savaient comment inteïf réter, à le venger de ses griêfii réels on imaginaires. Ce fat ainsi que le célèbre Rob-Roy , ail, oomneuoe* ment du dîx^uitième siècle , tout proscrit qu'il était , fut en état de se soutenir contre tous les efforts de la Camille de Montrose, grâce à la protection secrète qu'il recevait de celle d'A-rg^le ^ lui accordait , comme on le disait alors , «c l'eau et le bois , « c^estii-dire un asile sur les lacs et dans les forêts de ses domaines. ;
Le cours des évènemens doit avoir éprouvé de grandes innova* tions dans cet état primitif des choses. Les jeunes metîtagnards riches reçurent leur éducation dans des écoles d'Angleterre ou des basses terres ; et adoptant peu à peu 1m idées de ceux avec qui ils étaient élevés , durent apprendre à attacher moins de prix à leur pouvoir solitaire et patriarcal , qu'au moyen de flaire une dépense et d'afficher une magnificence qui distinguaient ceux qui les entouraient. Cette nouvelle passion , avec le temps y se serait troavée peu d'accord avec Taccomplissement des devoirs que la tribn attendait et exigeait de son Chef ; et les nœuds qui les imissaient ensemble y quelque serrés qu'ils fussent , devaient se rriâi5faer à la longue. Le révérend M. Rae, historien de la rébellion de 171 6, taons apprend que, même de son temps, des causes de la nature de celles que nous venons d'indiquer, commençaient déjà à opérer, et que quelques Chefs, avec le spaghlin , c'est-à^re l'air d'importance qui n'est pas extraordinaire à la race celte , se livraient à des dépenses de luxe auxquelles leurs revenus ne pouvaient suffire , et qui commençaient à saper leur pouvoir patriarcal et lear Wt(irité sur leurs clans.
Mais Faction ie ces catises y natnrenement lente , Aemt presque
imperceptible , si elle ne fat pas tont-à-finit arrêtée par noe forte
impinlsion contraire , donnée par les sentimensde jacobittsme qui
étaient commune ii tons les Chefs des montagnes de roccident.Ces
Chefe lèt leûn jrârlèns avaient ponr la. plttpart été élevés en pays
étran^, on j avaient servi , et avaient d^ relatiohs întitties avee
h famille exilée , qni n*oiriA!a!t rieà de ce iqiii pouvait liii àssûirer
Fattaclii?nrent dliommes en état de la serHr. Les commnnica'tionè
^tre cette fahiitte et les montagnes d'Ecosse avaient Ken eonetân^
tent «t sans intemiption , et elles sérvfi^ent beànconp sans a«tM
âonte à ittaiMenir le système patriarcal d&ns toute «on intégrités
Ghaqtw Chef se regardait comme destiné à ^élever fcteikhavt par
«nte de la pàtt qn'il pourrait être èh état de prendi^ à la lutte tni^
portante qui devait nn jour rétablir sur le trdne la maisen de
^art; et cette part userait plus ou moihs grande > smvant le
Nombre d'botatn'ès à la tête desquels 11 pourrait Se mettre en eam*
pagTiê. Cette perspective , que leur ardeur leur faisait parallrt
prochaine, était ttn motif qui réglait là conduite des Chefs ttonu*
tnafds , qui influait sur toute leur vie y et dont l^fCet naturel fiât
*« *riger letrr àttentf 6n , à 1* envi Ici uns des autres , à rtsaerrer
lesiiens qui les attachaient à letmj clans, et qui sans cela se s^
Taicnt gradueEement relficliés.
Mais quoique presque tous les Chefij s'efibriçassent de maintenir leurs vassaux en état d'entrer eh campagne, et de soutenir la eanse ^ fhérîtier de la tkmfltt Stuart, le Caractère individuel de ehactiin ^*enx modifiait tes moyens qu^ employait pour arriver à ee but ^ïnttn à tons ; et je ne puis vous en présenter nn contiraste plus '^ppant quedans h manière dont lepouvolirpatriarcalétait exeroé P^riyonald Càmeron de Lochiél et par le fameux Fraser de Lovât, le premier était nn des hiommes les plus honorables et les mîettx ™tett*Onné's qui eussent jamais joui du pouvoir patriarcal. Il était P^t.fils de ce sir Ewan Dhu, ou sir Evan le Noir, dn temps de r^tti^éll , et dont je vous ai raconté plusieurs histoires dans nn ^ Tolmnes précédens de cette histoire ^, Loi^j d^ncourager le*
»o«e dî *^ **?*"!"« *'*■ Bwan Dhn Técnt jasqti'à nn« extrême Tieillessie , et qu'il tomba enfin dans une ^c peiw ^Î^'^T^ enfance , et qu'on le berçait conime un enfant pour Tendormir. Mais j'ai eu lieu Cfarfse**^ P"'*,*®^®^P*'î^c <^"e dernlRre partie l!e la traditîon est une exagération. Cte lient '*ur De **'^*'i' d'une invention qu'on emploie quelqoerçis de nos jVrnrs pour les malades, et qni ^éwiûî**"** -^^ retourner dans leur lit. Ce fut certainement qnelque méprïse sut l'emploi de c^ % toateT*' ?"' *>\courir le bruU qu'on te Berçait da1ïs un berceau, tt était en parfaite possession '^ît à V 11*' "IJ** *'° '7^5, etll exprima beaucoap de regret de ce qi)è idn clan ,îes Cain«f-on9, qtrl UjCa * fî««»CTie dé l'armée dn ëo'intè deM'aV, cdt été obligé de prendre ta fuite en cette oecasi'on. ■"•rona, dit-H, éuient alors plus nombreux que de son temps » mais^h êtàTeht deVeAlu l»«i«kctM|^
220 HISTOIRE IfEGOSSB*
rapines qu'on reprochait depuis long-temps anx habitans du Lochaber, il fit les plus grands efforts pour y mettre fin par des châtimens sérères ; et tont en .protégeant ses vassaux et sesalliés, il ne souffrait pas qu'ils fissent aucune injure aux autres. Il encourageait parmi eux tous les genres d'industrie auxquels il pouvait obtenir dfeux qu'ils s'appliquassent, et en général il réunissait à l'ardeur et à la fierté d'un Chef montagnard , le bon sens et l'intelligence d'un gentilhomme anglais riche et bien élevé. Quoique son domaine ne produisît guère ^e sept cents livres de revenu annuel, ce Chef célèbre mit en campagne quatorze cents hommes pour la rébellion , et se distingua honorablement par les effom qu'il fit en toute occasion pour adoucir les rigueurs de la guerre, et pour détourner les insurgens de tous actes d'une violence vindicative.
Il faut tracw un tableau tout différent en parlant de lord Lovât, qu'une ambition désordonnée porta à jouer le rôle de Chef montagnard dans sa plus grande étendue , quoiqu'il ne s'inquiétât que de fMre servir à son intérêt personnel le pouvoir dont il jouissait en cette qualité. Son hospitalité était sans bornes, mab elle était appuyée sur une économie mesquine. Sa table, était entourée de Frasers, qu'il appelait tous ses cousins; mais il avait soin quels repas dont il les régalait fût proportionné, non à l'égalité supposée entre les convives et leur.hftte, mais à leur degré de véritable importance. Ainsi le vin de Bordeaux ne passait pas une certaine marque faite sur la table ;. on servait quelque boisson moins chère àrceux qm étaient assis au-delà, et les cousins qui étaient au basbout de la table n'avaient que de l'aie. Mais on la buvait à la table du Chef, et cela dédommageait du reste. Lovât avait un domaine dans les basses terres, et il y pressurait ses tenanciers sans pitié, pour maintenir sa troupe armée de montagnards. Il connaissait parfaitement toutes les singularités du caractère de ce peuple, et il savait ccmmient en tirer parti, n savait quels étaient ceux qu'il lui convenait de cajoler ; il avait connu leurs pères , il se rappelait les hauts faits de leurs ancêtres, et était prodigue de complimens et d'éloges. Si quelque homme riche offensait Lovât, ou si, ce qui
moins belliqueux'. C'était une tache que ce clan effaça promptenent. D'Mpr^. les documens conssr- ▼es dans sa famille, il parait qae sir Ewan consenra jusqu'à sa mort l'espression hardie du corn* mandement, qui domiait de la dignité à ses traits, la force du bras, et un ressentiment nrofond des injures. Un officier anglais, qui était Tenu ^du fort William pour le voir, s'étant serri de quelques expressions que le rieux Chef prit en mauraise part , il le regarda fièrement , et lui dit i « Si tous •Tiez prononcé ces mots quelques mois plus tôt , tous n'anriet pas Téca assex long>temps pour Iss i^péter. » (Ifotê de Cauitmr.)
TROISIfiMK SBRK. 221
^ était la même chose, il ayait quelque prétention donteose à alléguer contre loi , et qu'il fiit déterminé à la faire yaloir, on aurait cm qne Contes les plaies d'Egypte fondaient à la fois snr cet infortoné. On brûlait sa maison, on enlevait ses bestiaux, on coupait les jarrets à ses cheyanx ; et si ceux qui commettaient ces actes de violence étaient arrêtés, la prison d'Invemess n'était jamais assez forte pour les garder jusqu'à ce qu'ils eussent été punis : ils parvenaient toujours à en sortir. Avec les gens de basse classe, il faisait moins de cérémonie. On voyait souvent paraître contre eux des témoins qui les accusaient de quelque crune imaginaire , et les victimes de lord Lovât étaient condamnées à la déportation.
Nous ne pouvons être surpris qu'un homme du caractère de liOYat jouât aussi le rôle de tyran domestique , niiais il serait difficile de s'imaginer jusqu'à quel point d'énormité il poussa ses excès en ce genre. Après son retour en Ecosse, en 1715, il fut marié deux fois ; d'abord , en 1717, à une fille du laird de Grant, dont il ^t deux fils et deux filles. Sa seconde fenmie , ou pour mieux dire sa troisième, fut une Campbell, parente de la famille d'Argyle. On présume qu'il l'épousa dans la vue de s'assurer l'amitié de cette famille puissante. Se trouvant trompé dans cette attente , il fit toniber son ressentiment sur sa pauvre femme , qu'il enferma dans une tourelle de son château, ne lui donnant ni la nourriture, &i les vêtemens, ni rien de ce qui était convenable à sa condition , 6t né lui permettant ni de sortir ni de recevoir personne. Des bruits sinistres se répandirent sur le traitement que ce Chef audacieux disait éprouver à sa femme , qui avait ainsi disparu de la société. Elle avait une amie intrépide qui prenait assez d'intérêt à elle pour siirmonter toute crainte de danger personnel. Cette amie se rendit au château de Downie afin de s'assurer par elle-même dans ^elle situation s'y trouvait lady Lovât. EUe s'arrangea pour y arriver sans être attendue^ de manière à ne laisser à Lovât aucun prétexte pour éviter cette visite désagréable. Il prit sa résolution, n^onta dans la chambre qui servait de prison à sa. malheureuse femme , et lui annonça l'arrivée de son amie. — Comme mon bon plaisir, madame, lui dit-il, est que vous receviez sa visite en femme contente et affectionnée ,' il' vous plaira de vouis habiller ( il lui avait apporté de quoi faire sa toilette ) , et descendre avec 1 àir d'aisance et de liberté d'une maîtresse de maison, heureuse dePaffeçtion de son mari, et jouissant de toute sa confiance. — Gardez-vous bien de lui laisser entrevoir qu'il règne quelque discorde
J32 mSTOIBE P'J
entFf T01I9 çt ipoi j| car des yeux dairyoyaos yons surveilleront ^ et TOUS si^yez si tous devez redouter dedésobé^* k mes ordres. Ce fi|( aiasi que la pauvre, ^emme alla trouver sm amiey la bouche fermée comme par uu cadenas , et n'osant dire un mot de tout ce q^'e^ç aurait désiré lui .apprendre. Pei^dant tout ce temps , Lovât trouva le moyen de veiller de si près sur Fune et sur Fautre,^ qu'elles ne purent trouver la moindre occasion de s^entretenir en, particulier. Mais le silence et Tair contraint de lady Lovât suffirent po^r convaincre son amie que son marine se conduisait pas à son éçard eopiime il ^a^rait dû ; et quand ellç fut partie du château de Downie , elle employa les "plus vives instances près de la famille àe lady Lovât pour qu^elle fît des démarches en sa faveur. U en résulta qu'elle obtint une séparation de son cruel mari, auquel elle survécut long-temps.
De tels actes de tyrannie étaient les fruits amel*s du pouvoir patriarcal quand il se trouvait entre les mains d'un homme violent et sans principes ; mais la conduite de Lovât passsùt tellement toutes les bornes ^ qu'on est tenté de croire qu'u se mêlait à ses vices quelque dérangement d'esprit , ce qui peut se concilier parfaitement avec l'astuce profonde qui faisait un autre trait de son caractère. Je ne dois pas oublier de dire que lord Ldvat ayant obtenu le. commandement d'une des compagnies indépendantes de montagnards y en conséquence des services qu'il avait rendus en 1715, profita de cette occasion pour familiariser à l'usage des armes tous les hommes de son clan ; car quoiqu'il ne pût légalement avoir sous les armes en même temps qu'un certain nombre d'hommes 9 .rien ne lui était plus facile que de changer les individus de temps e^ temps , jusqu'à ce. que tous les jeunes. Frasers eussent passé au moins quelques mois dans œ corps. Cependant il conim^ des impïndeuces et se montra trop à^ découvert en faisantchez l'étranger des achats suspects d'armes et de munitions. Le gouvernement conçut quelques als^rmesde ses intentions» et le priva de son grade de capi^ine daus la[ gardé Noire. Cet évènem^enteutUeuen 1737; et ce (ut , comme nous le verrons ci-après, l'indiguation qu'il cpnçut de jçte pluç être le (çhef de cette compagnie ii^dépends^utç qui finit par Iç décider à se jeter dw9 1^ rébellion.
Peu de Chefs nio^tagnard^ avaieiH droit à la réputation sans taç^e que méritât Lochiçl { auçi^4'eu3C, autant que nous le puisfiii^jf^ çay oir , ne §e soiûll^ par des ^f^<m *»»« infanieç çie t^P Y«li
TAOISmiB SBRIB. 92}
U plpiHUCt d'entre eux adoptaient une condiùte qiii tenait le mi* lieu entre les expédie&ft iUégau. aiuqueUi avaient recours leurs prëdécesaenrs saiftYageSy et les aouYelles idées d'bomiear et de reipeot pour 1^ propriétés des autres» que le progrès du temps a¥ait fiiit çaitre; et ils faisaient le bien ou le mal , suivant les qui essioBS et les tentations* En général un sentiment d'honneur et de gâiéresité s'unissait à leurs prétentions patriarcales i et ceux qui a?ai^t affaire à eux gagnaient plus en en appelant à ces sentie mens qu'en employant des argumens adressés à leur intelligence.
Ayant ainsi jeté on coup d'œil sur l'état de l'Ecosse dans les huses terres et dans les montagnes, nous devons maintenant por« ter les y^x snr la situation politique des deux familles rivales qui se disputaient alors le trône de la Grande-Bretagne.
^^S^ » le premier de sa famille qui eût porté la couronné britanmqa&y avait transmis à soin fils G^rge II cette importante ao* fù^^ion* Ces deox souverains étaient des hommes pleins d^hon- A^i de eenr^ge et de bon sens ; mais étant nés et. ayant été âeyé^ en pays étranger» ils ne connaissaient mie caractère partîealier ai la forme très compliquée du gouvernement du pays sur ^piel la Providence les avait ^)pelés à régner. Ils furent sucoesnvemeiit dans la.nécessité d'en placer Tadministration entre lea mains d'un homme d'un talent ^stingué , le célèbre sir Robert Walpde^ Malheureusement ce grand homme d'Etat n^ croyait pas même à l'exietenoe du pat^iotisnoie; il pensait que< chaque homme avait son prix./^ pouvait être acheté, si ses services avaient la valeur qu'il pouvait y attacher lui-même, Cette croyance était aussi défavorable à la prointé des hommes investis de fonctions publiques que serait déshonorante pour le caractèri^ d'un soldat <^lle d'un Chef qui nierait l'existence de l'honnwr militaire; La vénalité de Tadministration de sir Robert Walpole devint un sqet de honte et de reproche pour l'Angleterre , chargée d'un fardeau ^® pins par la nécessité de trouver les jmjw^ de mettre en pra^ ^V^ ce système de corruption*
G^rge I«^ et George II, les deupL r<4s sous lesquels sir Robert Walpole conduisit les affaires publique», étaient aussi eux-mêmes peu populaires ^ et pour une raisoi^ fort naturelle : ils aimaient avec une partialité j^ofionoée leurs domiùnes paternels d'H^anovrq ^t 1^ mœurs et coutumes du pays où ils éiaient nés et où ils avai^t» ^té élevés, Ils accordaient priucipalem^nt. leur confiance et leut ^^té auA hGMmEne^ de leur nation; et qumqug oette préCér»iie«
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pût être désagréable à leurs sojets anglais, leur erreur snr ce point avait da moins un motif louable ; mais le père et le fib se laissèrent entraîner bien pins loin par ce sentiment. L'attention à lenrs territoires germaniques était le principe qui réglait tous leurs mouvemens politiques , et ils contractaient des alliances on en venaient à des hostilités pour des intérêts et des querelles qui ne concernaient que l'Allemagne , et qui n'avaient rien de commun avec l'Angleterre. Cette partialité malavisée fat une source de clameurs contre les deux premiers rois de la maison de Guelphe, et on leur reprocha qu'ayant été appelés au gouvernement d'un royaume si beau et si considérable que rAngleterre, ils en négligeassent ou sacrifiassent les intérêts pour les petites affaires subalternes de leur électorat d'Hanovre.
Oiitre d'autres causes de ce manque de popularité , la longueur de l'administration de sir Robert Walpole suffisait seule pour la rendre odieuse à un peuple aussi inconstant que les Anglais, qui se lassent bientôt de voir touj<)prs les mêmes mesures, et encore plus vite d'être toujours sous l'administration du même ministre. D'après ces diverses raisons , le gouvernement de sir Robert 'Walpole, surtout Vers sa fin , fut vu de très mauvais œil en Angleterre, et Fopposition l'attaqua avec un degré de fureur qui fit que ceux qui regardaient cette lutte de loin s'imaginaient qu'un langage si outrageant ne pouvait être tenu que par des révoltés. Les nations étrangères , dont les idées sur notre constitution étaient aussi imparfaites qu'elles le sont encore à présent, écoutaient comme on écouterait ce qu'on supposerait être l'explosion d'une machine à vapeur, quand le bruit qu'on entend ne fait qu'annoncer l'action des soupapesde sûreté.
Tandis que la famille d'Hanovre occupait , sans s'y trouver fort à l'aise, un trûne peu populaire, la fortune de la maison de Stuart semblait être sur son déclin. Obligé, de quitter la France, l'Espagne, Avignon, et n'ayant pu obtenir la permission de se fixer en Allemagne, le chevalier de Saint-George, peu de temps après son entreprise en Ecosse^ en 1 7 1 5, né vit rien de mieux à faire que de se retirer en Italie, où ce que son père avait souffert pour la religion catholique romaine lui donnait le droit de recevoir un accueil hospitalier. Il était dans sa trentième annéê,'et le dernier héritier de sa famille, dans la ligne masculine, quand , d'après^ l'avis de ses conseillers, il résolut de prendre une épouse, et fixa^ son choix sur la prÎAcesse Clémentine Sobieski, fiUe dû prince Jacques So-
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bieski de Pologne et petite-fille de ce roi Jean -Sobiesld qui avait défait les Tares devant Vienne. Cette jetine princesse était regardée comme nn des pins riches partis de tonte TEnrope. Les prétentions à la conronne d'Ângleterrey qne mit en avant le négociateur chargé par Jacques de traiter dé ce mariage, séduisirent les pa« i^tis de la princesse, et il fat convenu qu'on la conduirait sans pompe à Bologne pour y être unie au^ chevaUer de Saint-George. Qaelqnes préparatifs extraordinaires en parures et en éqniqages qu'eurent à feiire la princesse et sa mère firent parvenir cette intrigue à la connaissance de la cour d'Angleterre, qui se servit de tonte son influence sur celle d'Autriche pour empêcher ce mariage.
L'Empereur, obligé de garder des mesures avec la Grande-Bretagne à cause de ses prétentions sur la Sicile, qui étaient appuyées par une flotte anglaise, fit arrêter la future épouse tandis qu'elle passait à Inspruck, dans le Tyrol, et la retint prisonnière, ainsi que sa mère, dans un monastère de cette ville. L'Empereur priva aussi Jacques Sobieski, père de la princesse, du gouvernement d'Angi^org , et le fit mettre en prison .
Charles Wogan, qui avait été un des prisonniers faits à Preston, et qui était un partisan dévoué de la cause pour laquelle il avait été si près de perdre la vie, cpnçnt et exécuta le plan d'une tentative hardie pour délivrer la princesse. Il obtint de l'ambassadeur d'Autriche un passeport pour le comte Cernes et safemille, revenant, disait-on, de Lorette, et se rendant da^is les Pays-Bas. Un major Misset et sa femme jouèrent les rdles dn comte et dé la comtesse supposée ; Wogan devait passer pour le frère da comte^ et la princesse Clémentine, quand elle serait délivrée, en représenterait la sœur, dont le nom était porté, en attendant, par une jeune fille adroite an service de mistress Misset. Ils l'assurèrent qu'il n'était q[nestion pour elle que de rester deux jours en prison, en place d'ane jeune personne que le capitaine Toole, un de ceux qui prenaient part à cette entreprise, devait enlever, et dont il était nécessaire de cacher l'évasion pendant quelque temps. Le capitaine Toole et deux autres hommes déterminés suivaient le prétendu comte Cernes sons le costume et en qualité de domestiques.
Ils arrivèrent à Inspruck dans la soirée du 27 avril 1719, et se logèrent près du couvent. Il paraît qu'un fidèle domestique de la princesse avait déjà obtenu du portier la permission de faire entrer une femme dans le couvent et de l'en faire sortir, à telle heure que bon lu semblerait. C'était un grand pas pour arrivera leur
iU HISTOIftB D'BGOSfil.
Int» ppiftqv'il penviettait aux agens da cheYalier de Sasnt*G«ûq;e d'inirodttiFe daoa le cloître la jeune fille, et d'ea faire aortîr Clé* meutine Sobiedu èasa place. Mais taudis qu'ils se coucertàieat sas les moyeus d'exécuter leur plan , Jenny, la jeune serrante, lesen<» tendit prononcer le mot princesse^ et craignant d'être, compromise dans une aflaire où il s'agissait d'une personne de si hant rangi elle leur déclara qu'elle ne voulait plus y prendre auenne part* Beaucoup de belles paroles , quelques pièces d'or et la proniesst d'une belle robe de damas appartenant à sa maîtresse» triomphé* rent pourtant de ses scrupidiss; et profitant d'une chute de neige et de grêle, Jenny fut introduiue dans le couvent. I^a princesse changea de vêtemens avec elle, et en sortit à l'heure à laquelle Vétcangère était censée devoir se retirer. Malgré de mauvaises routes et ub temps encore plus fiicheux , ils ne s'arrêtèrent que lorsqu'ils eurent quitté le territoire autrichien , et qu'ils, se trou* vèrent sur celui de Venise. Le 3 mai , après un voyage dans le* quel ils sufqportèrent de grandes fatigues et coururent quelques dangers , ils arrivèrent à Bologne, où la princesse crut inutile de garder plua loiig*temps Vincognilo»
Pendant que sa future épouse s'échappait du Tyrol, les aCaîres du Chevalier l'avaient obligé à faire tout à <^up une excursion se» erète en Espagne. La princesse fut épousée, en son absence, pflff un fidèle partisan à qui le Chevalier avait laissé sa procuration à œt effet ; et aiQU voyage en Espagne n'ayant produit aucun résultat satisfaisant , il en revint bientôt , et compléta son mariage.
Les Jacobites tirèrent des présages heurem^du succès qui avait couronné l'aventure romanesque du mariage du chevalier de Saint-George, quoique après tout on puisse douter que l'empereur d'Autriche, quoique obligé d'agir, en apparence, conforaiément aux reinontrances de la pour d'Angleterre, fût sérieusen^nt occupé des moyens d'em^cher l'évasion de la princesse, oïl désirât vivement qu'on pût l'arrêter dans sa fuite., ' Par suite de cette union , le chevalier de Samt-George transmit à deux fils ses droits héréditairei; ^ sa . mauvaise étoile» L'aîné^ Charles-Edouard, né le 31 décembre 1720, lut remarquable par la manière'.dont il figura dans la guerre civile de 1745->6 ; le secfifiàf Henri- Benoit, né le 6 mars 1725, fut le dernier rejetooii dans la ligpe directe masculine, de la malheureuse, maison de T Stuart. 11 porta le titre de duc d'York, et étant entré dansI'Eglisa ^ . romai*^ il fut élevé au ran^ de cardinal*. J
Les diyer» liant et projets qui fiireat diecpté» lesuna aparès to antres dans le conseil da cheyalier de Saint-George» et qui ^ pendant quelque temps y servirent successivement à alimenter et à* soutenir les espérances de sea partisans en Angleterre et en Ecosse, iîurent si nombreux, si faiblement conçus » et produisirent si pea derésaltatSy que pour emprunter Texpressiond'unppètey on pourrait dire que le voyage de sa vie sa fit dans des bas-fonds.
Avec quelque cour qu'il arrivât à la Grande-Bretagne d'être en querelle, Théritier infortuné de la maison de.Stuart y arrivaiit pour montrer sa misère et y faire étalage de ses prétentions. Mais quoiqu'il fût reçu avec tout le décorum d'usage, et qu'on le nonr» rît quelquefois d'espérances illusoires, le Chevalier trouva son ék^ qoence trop faible pour persuader à aucun gouvernement de se mettre dans Tembarras en faisant cause commune avec lui, après le mauvais suocè^ de l'invasion faite par TEspagne en 1719, qû u'ayait abouti qu'à l'escarmouche insignifiante de GlenabieL Dans les intervalles de ces négociations infructueuses, l'établissement domestique du Chevalier était troublé par de petites intrigues entre ses conseillers , intrigues auxquelles sa femme prenait quelquefois mi intérêt si vif, qu'il faisait connaître au public, à un degré scandaleux, leur désunion intérieure. D'après toutes ces circonstances, les années qui s'accumulaient sur sa tête^^ et les désappointemens ^ont le souvenir Toccupait sans cesse, les plus chauds partisans de la maison de Smart cessèrent de rien espérer des efforts personnels de celui qu'ils appelaient leur roi, et placèrent tout Fe^oir de leur parti sur lé courage et les talens de son fils aîné, Charles-Edouard, dont Textérieur et les qualités person^ ueUes semblaient ^ au premier coup d'œil, justifier Jes hautes pr6 tentions, et le mettre en état d'être à la tête de toute entreprise bardieet courageuse, dont le but serait de les faire valoir*
£a essayant de vous faire la description de ce jeune homme remar^iable, je désire réduire à leur juste valeur les éloges e^agéjrés dont Pont comblé ses part{isafia enthousiastes, et éviter en même temps de répéter le langage méprisant de ses antagonistes politiques I et de quelques-uns de ses adhérons mécontens , qui ont écrit som l'inAoenoe du veasentimenl;, plutôtque par amour pouir la vérité,
LeppÂnceCharieshEdonard,, se disai^t prince de Galles, était n j^BQue homme ayant una. granda taille et un beau teint. Ses traita étaient d^im^caiMMStère noUeiet élevé,, inai^. obscurcis d'une
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expression demâancolie. Ses manières étaient polies , son carac" tère paraissait bon, son cbnra^ était capable des entreprises les 'pins désespérées 9 la force de sa constitution admirable; et rien ne manijaait à ses connaissanees dans les exercices et les talens qm conyiennent à nn homme. Toutes ces qualités favorisaient éminemment celui qui se disposait à jouer le rôle de restaurateur d'une ancienne dynastie* Mais d'une autre part , son éducation avait été étrangement négligée sur certains points qui étaient delà dernière importance pourlui assurer des succès. Ceux qui avaient été chargés de son éducation , au lieu de lui faire connaître les droits et la constitution de la nation , s'étaient appliqués à graver dans son esprit ces maximetf absurdes, perverses, exagérées et liurannées de droit cUvin héréditaire et d'obéissance passive qni avaient causé les erreurs et les infortunes d'un de ses aïenr, Jacques II , roi d'Angleterre. 11 avait aussi été élevé dans la foi catholique romaine, qui avait été si fatale à ce monarque ; et il se présentait. ainsi à la nation anglaise, sans changemens , sans modification de ces faux principes politiques et religieux si oîBevx à ceux qu'il appelait ses sujets, et qui avaient coâté un trône à son aïeul. C'était par une conséquence naturelle des hatites idées dt prérogative royale dans lesquelles il avait été élevé, quoique ce pùi être aussi, jusqu'à un certain point, la suite d'un caractère naturellement froid et hautain, que ce jeune prince était porté à considérer les services les plus importans qui lui étaient rendus, et les plus grands dangers encourus pour sa cause, comme suffisamment récoinpensés parlé sentiment intime qu'on avait accompli les devoirs de Hdèle sujet; et il ne les regardait pas comme des obligations qu'il contractait , et qui exigeaient de lui reconnaissance et récompense. Ce degré d'indifférence pour la vie et la sûreté de ses adhérons , — suite d'une très mauvaise éducation, — le conduisit à se livrer à des espérances aussi vives que chtmériqnes qui ne pouvaient se réaliser qu'à dés risques imminens pour ibntes les parties intéressées. C'était le devoir de tous les sujets de tbut sacrifier pour leur prince; et s'ils s'acquittaient de ce devoir, que
{»ouvait*on imaginer qui fût impossible à leurs efforts? Tels étaient es principes dont on avait imbu l'esprit du descendant de Pinfor* tnnée maison de Stuart.
Il est aisé de se figurer que ees dernières qualités étaient voilées avec soin dans le coinpte que les adhérons du jeune Chevalier Tendaient dé son caractère en Ecosse et en Angleterre, et qu'ils le
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présentaient à l'espoir et à l'admiration da poblic comme un re^ jeton de Robert Bruce » et comme un homme qui, par tontes les perfections de Tesprit et du corps, était destiné à joner de noayeaa ' le rôle de ce grand restaurateur de la monarche écossaise, i.
Nous ayons déjà fait mention de la sitnation du parti jacobite eu Ecosse 9 tant dans les basses terres que dans les montagnes. En Angleterre 9 il était bien loin d'ayoir la même force qu'en 1715. On s'y sonyenait ayec terreur de la fatale affaire de Preston. Mais ieaacoap de familles attachées aux principes de ce qu'on appelait la Haute Eglise continuaient à appeler de leurs yœnx celui qu'elles regardaient comme héritier de la couronne par droit imprescrip* tible; et quelques-unes, non sans un grand danger pour leur per* sonne et pour leur fortune, entretenaient des relations ayec les agens du yieux Cheyalier, qui était instruit, par ce moyen, de leurs espérances et de leurs projets. Les principales de ces familles étaient les Wynnes de Wynnstay, dans le pays de Galles, et celle de Wyndham. D'autres familles, soit catholiques, soit de l'Eglise anglicane, dans l'ouest du royaume, partageaient les mêmes senti» mçns. Une grande partie da clergé anglican conservait ses ancien^ préjugés, et Taulyersité d^Oxford en particnUer contenait un parti nombreux déyoué à cette cause, et à la tête duquel se trouyait le docteur William King , principal de Saint-Mary 's Hall, qui professait les mêmes opinions.
Telle était la situation des affaires*en 1740, quand la guerre fut déclarée entre l'Angleterre et l'Espagne. Sept Jacobites écossais audacieux signèrent un acte d'association par lequel ils s'engageaient à risquer leur yie et leur fortune pour la restauration de la maison de Stuart, pouryu que la France enyoyât à leur aide un corps de troupes considérable. Le duc titulaire de Perth, le comte de Traquair, Lochiel et Loyat, furent du nombre des signataires^ L'agent employé pour faire yaloir à Paris la cause des Jacobites fut Dnimmond, autrement dit Mac-Gregor deBohaldie, à qui était adjoint un homme qu'on appelait lord Semple. Bohaldie était proche parent de plusieurs chefs de clans , et notanmient de Cameron de Lochi^, au jugement et à la prudence duquel les antres étaient disposés en grande partie à se. confier. Mais après une longue négociation/ rien ne put être déterminé d'une manière certaine. D'une part,, les ministres français craignaient que les Jacobites, dans leur zèle politique, ne s'abusassent eux-mêmes, et ne nuisissent à la France, si elle se laissait décider à employer ses
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forces danertme expédition lointaine et dangerease. ])ePaatre,Ie8 JacobiteSy qni devaient tout risquer dans cette entreprise; craignaient aussi qne la France, si elle pouvait , par leur moyen , excitar une guerre cirile en Angleterre, et l'obliger à rappeler ses troupes d'Allemagne, ne s'inquiétât guère, après avoir gagné ee*point, de la réussite ou du manque de succès de leurs projets. - Enfin, qifand la France vit TAngleterre s'intéresàer à la gaerre d'Allemagne, et aider Timpératrice-reine de troupes et d'argent, son gouvernement paraît avoir pris tout à coup en considération sérieuse la proposition d'une descente en Ecosse. Dans la yne de prendre des arrangemens pour cette entreprise, lé cardinal de Tencin, qui avait succédé au cardinal de Fleury dans radministrafion de la France, invita Charles-Edouard, fils aîné du vieux chevalier de Saint-George, à se rendre à Paris. Ce jeune prince, en recevant une invitation si flatteuse pour ces espérances , quitta Rome, comme pour une partie de chasse ; mais il prit surlè-champ la routé de Géœs ; et , ^'embarquant à bord d'un petit bâtiment, traversa la flotte anglaise, au grand risque d'être pris, et étant arrivé en sûreté à Antibes, il partit pour Paris. Là , il assista à des délibérations d'une naiture extrêmement dangereuse pour la Grande-Bretagne. Il fat décidé par la'cour de France qu'une armée française de douze mille hommes débarquerait en Angleterre sons le célèbre maréchal de Saxe , qui devait recevoir du chevalier de Saint-George un brevet de commandant en chef. Ayant fait connaître cette détermination au comte Marischal et à lord Elcho, fib aîné du comte de Wemyss, qui étaient alorsC dans la capitale de la Trance , Charles-Edouard quitta Paris pour aller surveiller l'em* barquement projeté, et prit sa résidence à Gravelines an commencement de février 1744. Il demeurà'dans le plus strict incognito, BOUS le nom du chevalier Douglas, Bohaldie l'accompagnant comme son secrétaire.
La flotte française était prête , et les troupes destinées à l'invasion furent embarquées. Mais l'activité de la marine anglaise déconcerta cette expédition,^ comme elle en avait déjà déconcerté plusieurs autres. La flotte française était à peine à la hauteur de Torbay, qu'elle se trouva en face d'une flotté de vingt-un vaisseaux de ligne , commandée par Famiral sir John Norris. Les élémens prirent part à la lutte, et /comme cela était arrivé en d'autres occasions, ils la décidèrent contre la maison de Stuart. Une forte tempête qui s'éleva força les vabseaux anglMs et français dé snivrt;
-*»a4rb
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letent. La flotte française lut dispersée et souffrit des ayaries. Le plan d'inyasion fat encore une fois aibandonné, et les troupes françaises jhrent retirées de la c6te.
II est inntile de chercher d'après quels principes le ministère français préféra cette tentatiye contre l' Angleterre, à grands frais, et avec une année considérable, à une inyasion en Ecosse, où Ton était sûr d'être joint par un nombre considérable de Jacobites, et où le tiers des troupes commandées pour cette expédition aurait fait une impression sérieuse et peut-être fatale. L'histoire est remplie de tentatiyes pour aider les mécontens dans un pays ennemi, et qui ont échoué faute d'être bien calculées quant au temps et au Heu. Il est certain que celle dont il s'agit n'ayait pas été entreprise d'après des calculs bien exacts , car les ministres français avaient si peu songé au moyen de se concilier les Jacobites anglais, que leur premier dessein n'ayait pas été que le duc d'Ormond accompagnât l'expédition, quoiqu'il f&t le plus populaire des partisans da Gheyalier dans le sud de la Grande-Bretagne. Le duc fut enfin appelé à la hâte d'Avignon pour joindre l'armée, quand elle était à la veillé de s'embarquer; mais ayant appris en route que le projet était abandonné, il retourna chez lui. Il est probable pe la France s'était déterminée à diriger, son attaque contre l'Angleterre, uniquement parce qu'il lui serait plus fecile d'y ren-^ forcer ses troupes ou de les en retirer, que si elle les envoyait en Ecosse.
Lord Marischal s'était rendu près du prince à Gravelines ; mais il ne fat guère consulté sur tout ce qui concernait l'expédition» Qoand il parla de l'invasion en Ecosse, on lui répondit qu'on s'en <Hîcnperait après le départ de l'armée destinée contre l'Angleterre. Après que cette entreprise eut échoué, et que les troupes qui avaient été embarquées forent rentrées en France, Charles-Edouard invita fe comte à venir le voir à Gravelines, et lui proposa sérieusement de loner une barque et de se rendre avec lui en Ecosse, où il était flAr, hi dit4l, d'avoir un grand nombre d'amis qui se joindraient à lai. Cette idée, dont il ne fut détourné que difficilement, semble avoir été la première tentative de l'entreprise téméraire qu'il exécuta ensuite en 1 745 et 1 746 . A la fin de l'été, le prince Charles quitta Gravelines, et se rendit à Paris, où il passa l'hiver sans que les familles françaises de distinction fissent beaucoup d'attention a Ini, tandis que les Irlandais et les Ecossais qui se trouvaient dans cettie capitale lui faisaient une cour assidue.
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John Marray de BrOngUion, depuis trois oa quatre ans, avait été un des agens du yienx cheyalier, qui avait une grande coiifiaiiGe en lui 9 ainsi que ses adhérens ; en août 1744, il revint d'Ecosse à à Paris, porteur de l'opinion unanime des Jacobites de ce pays,. relativement à une invasion. H. Murray était un homme d'une naissance honorable, et jouissant d'une fortune honnête, étant issu du second mariage de sir David Murray avec une fille de sir John Scott d'Ancrum. Les voyages qu'il avait faits à Rome pendant sa jeunesse lui avaient fourni l'occasion d'offrir ses services an yieux chevalier, et depuis ce temps il avait toujours conservé sa confiance* L'opinion qu'il émit alors au prince Charles, comme étant le résultat des sentimens réunis de ses amis en Ecosse, fat que s'il pouvait obtenir du gouvernement français six mille hommes de troupes ai^xiliaires, des armes pour dix mille soldats, et trente mille louis, il pouvait certainement compter sarTappoi de tous ses partisans écossais. Mais Murray avait été chargé en même temps de lui dire que s'il ne pouvait obtenir la totalité de ce secours, ils ne pouvaient rien faire pour lui. La réponse que fit le prince à son agent écossais, fut qu'il était las et dégoûté de solliciter la cour de France, sur la politique timide et incertaine de laquelle on ne pouvait compter ; mais que soit avec l'aide et le concours de cette puissance, soit en s'en passant, il était déterminé à aller lui-même en Ecosse, et à y tenter fortune. M. Murray a laissé une déclaration positive qu'il s'efforça, autant que possible, dedéo tourner le prince d'une tentative qui annonçait plus de désespoir ^ue de courage; mais comme il y avait d'autres raisons pour en rejeter le blâme sur l'agent, un grand nombre de ceux qui furent Tictimes de cette expédition le représentent comme l'ayant secrètement encouragé à cette entreprise romanesque , au lien de l'avoir dissuadé. Qu'il eût été encouragé par Murray ou non, Charles-Edouard persista dans sa détermination de voir quel effet pourrait produire son arrivée en Ecosse avec les faibles secours d'armes et d'argent que sa fprtune particuUère pouvait Ini procurer..
Dans la vue de faire cette épreuve, le prince envoya Marray en Ecosse avec des commissions militaires pour ceux qu'il regardait comme les plus fidèles amis de sa famille^ délivrées en son propre nom, comme prince de Galles et régent pour Jacques YII, titre que son[ père l'avait pleinement autorisé à prendre. L'arrivée de ces pièces en Ecosse mit ses partisans au comble de la surprise et
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de riogniétode. Une assemblée générale des principaux Jacobitea eut liea à Edimboarg , et il fat couyenu d'enyoyer M, Murray dans les montagnes 9 pour se présenter^ s'il étaiC possible , devant le jeune aventurier dès qu'il aborderait sur les côtes , lui représenter qu'ils ne pouvaient approuver une entreprise si désespérée , et le supplier de se réserver, lui et les amis écossais de sa famille , pour un temps où la fortune pourrait être plus favorable à leurs efforts.. Le duc titulaire de Penh fut le seul qui ne partagea pas l'opinion géoéraley et il déclara avec un esprit de royalisme porté à l'excès, qu'il se joindrait au prince, quand même il arriverait sans un seul homme a sa suite. Les autres pensèrent unanimement d'une manière différente, et Murray, chargé de leurs pouvoirs, passa tout le mois de juin sur les côtes des montagnes pour y attendre le Chevalier. Enfin , ne le voyant pas arriver, il retourna dans sa demeure, dans le sud de FEcosse, supposant naturellement que ce jeuue prince avait renoncé à une entreprise qui annonçait la témérité inconsidérée de la jeunesse, et qu'on pouvait croire qu'il Tavait abandonnée en y réfléchissant plus mûrement. . Hais le Chevalier se méfiait des motifs de la France , il doutait des vues véritables du gouvernement de ce pays , et il était décidé a essayer sa fortune avec ses propres ressources, quelque dispro* portioimées qu'elles fussent au projet qu'il voulait exécuter. On dit que le cardinal de Tencin fut le seul membre du gouvernement ^çais à qui il fit connaître sa résolution, à laquelle le ministre donna son consentement plutôt que son appui; et enfin, comme la France et TAngleterre étaient alors ouvertement en guerre, il ^^nsentit généreusement que Charles tentât son aventure déses- P^r^, à ses propres frais et à ses risques et périls, sans autre ^utance qu'un faible degré d'encouragement très indirçct de la pan delà France. La fatale défaite de Fontenoy eut, lieu vers cette epoqae, et comme les troupes anglaises dans la Flandre étaient fort affaiblies, le jeune aventurier puisa dans cette circonstance un nouvel espoir qu'on ne pouvait en retirer aucunes troupes pour niettrç oûtacle à son entreprise. '
En conséquence de l'intelligence secrète existant entre le prince Charles et le cardinal de Tencin, un vaisseau de ligne de soixante ^^ons , nonmié t Elisabeth , fut mis à la disposition de ce prince aventureux, et Charles-Edouard y ajouta une frégate ou un sloop de guerre nommé la DouCelU, qui avait été équipé par deux arw dateurs de Dunkerque, nommés Routledge et Walsh, pour croiser
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contre le commerce anglais. Il s'embarqna sur ce dernier yaisseaa «Tec une suite fort peu nombreuse , et avec la totalité on la plus grande partie de Targent et des armes qu'il avait pu seprocnrer.
L'expédition fut retenue par des vents contraires jusqu'au 6 juillet I jour où les deux bâtimens mirent à la voile pour cette aventure romanesque. Mais les chances de la mer semblent avoir ^té invariablement défavorables à la maison de Stuart. Le lendemain de leur départ ^ ils rencontrèrent & Zeon , vaisseau de guerre anglais , qui attaqua FElisabeih. Le combat fut livré avec le plus grand courage de part et d'antre ^ et les vaisseaux se séparèrent après s'être fait réciproquement beaucoup de mal. UEUsa^ beth particulièrement perdit son premier et son second capitaine , et fut obligée d'entrer dans le port de Brest pour réparer ses avaries.
La Doutette , à bord de laquelle se trouvait Charles-Edonard et sa suite , s'était tenue à quelque distance pendant cette action ; et la voyant terminée , elle fit voile vers le nord-ouest de PEcosse, de manière à aborder aux îles Hébrides. Ayant évité un autre grand vaisseau qu'on aperçut en mer, et qu'on crut être un bâtiment de guerre anglais, le sloop qui portait le jeune prince et sa fortune jeta l'ancre près de Tile de South-Uist , une des îles appartenant à Mac-Donald de Glanranald et à sa famille. Ctanranald était alors en Ecosse, mais son oncle, Mac-Donald de Boisdale, d'après la sagacité et les talens supérieurs duquel le jeune Chef se guidait en général, était alors à South -Uist , où étaient situées ses propriétés personnelles. D'après l'invitation du prince, il se rendit abord de la Doutelle.
Charles -Edouard proposa sur-le-champ à Boisdale de prendre les armes et d'engager ses puissans voisins , sir Alexandre Mac- Donald et le Chef des Mac-Leods à en faire autant. Chacun de ces deux Chefs pouVait mettre en campagne de douze à quinze cents hommes, boisdale répondit, avec une franchise à laquelle le jeune aventurier n'avait pas été accoutumé , que cette entreprise était d'une témérité qui touchait à la démence ; qu'il pouvait l'assnrer que sir Alexandre Mac-Doiiald et le laird de Mac-Leod étaient bien déterminés à ne pas se joindre à Ini, à moins qu'il n'amenfit les forces qui avaient été stipulées dans la délibération unanime des amis dé sa famille ; et que, d'après son avis , son neveu ClanranaU adopterait aussi la résolution de rester tranquille. Le jeune Che* TaHer discuta ce point avec lui pendant quelque temps, mais»
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trcnTacnt Boisdale inexorable , il le congédia enfin, et loi permit de retourner à South-Uist. On dit qne cette entrevue a^ec Boisdale eut tant d'influence sur Tesprit de Charles , qu'il convoqua nn conseil composé des principaux amis qui étaient avec lui à bord de /a DotUeUe; et toutes les voix, à Texception d'une seule , lui donnant Tavis de retourner en France , Charles lui-même parut un instant disposé à renoncer à Texpédition, Thomas Sheridan seul, Irlandais qui avait été son gouverneur, fut d'avis de pousser phs loin l'aventure , et encouragea son élève à tenir ferme et à coDsnlter quelques autres de ses partisans écossais avant de re« noncer à un plan pour l'exécution duquel il avait fait tant de sacrifices, n ajouta même que l'abandonner sans plus d'efforts pour le faire réussir serait un acte de lâcheté, et presque une abdication des droits que lui avait donnés sa naissance , et qu'il venait pour faire valoir. Son opinion détermina son élève, qui en toute occanon sniyait assez volontiers ses avis, à faire un autre appel au courage des Che& montagnards.
Continuant à avancer vers TEcosse, Charles et son sloop de guerre eotrèrexit dans la baie de Lochnannagh, entre le Moidart et TArisaig, et cjnvoya un messager pour apprendre son arrivée à Clanranald. Ce Chef se rendit à bord sur-le-champ avec son parent Mac-Donald de Kinloch-Moidart, et un ou deux autres. Charles employa auprès d'eux les mêmes argumens dont il s'était inutilement servi en parlant à leur parent Boisdale, et il reçut d'eux la même réponse , qu'une pareille entreprise, dans le moment actuel , ^ avec de si faibles moyens, ne pouvait aboutir qu'à une ruine totale. Un jeune montagnard, frère de Kinloch-Moidart, commença alors à comprendre en présence de qui il se trouvait, et , la main placée sur la poignée de son épée j il donnait des signes visibles <î'impatience en voyant la répugnance que son Chef et son frère montraient à se joindre an prince. Charles remarqua son agitation et en profita.
— Vous , du moins , vous ne m'abandonnerez pas? dit-il fen se tournant tout à coup vers le jeune montagnarde. — Je vous suivrai jusqn'à la mort, s'écria Donald, quand je serais le seul à tirer le fer du fourreau pour votre cause. L'enthousiasme de ce jeune homme gagna son Chef et son frère, etils déclai:èrentque, puisque la résolution du prince était bien prise, ils ne feraient plus aucune objection, n descendit à terre et fiit conduit à la maison de Borâdale, pour y faire sa résidence temporaire* Sept personnes formaient sa
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suite : le marquis de Tullibardine, proscrit pour la part qu'il ayait prise à Viiisurrection de 1715, frère idné de Jacques, alors duc d'Athole ; sir Thomas Stieridau, ancien goufsmeur du piince ; sir John Mac Donald, officier au service d'Espagne; Francis Strictland, gentilhonune anglais; Kelly» qui avait été impliqué dans ce qu'on appelait le complot de l'éyéque de Rochester ; i£neas Mac- IX>nald, banquier à Paris, frère de Kiuloch-Moidart, etBuchanan, qui avait été chargé de porter à Rome Tinvitation au Chevalier de se rendre à Paris. Un homme de sa suite, ou qui le joignit immédiatement, a été généralement connu depuis ce temps par la renommée militaire de son fils, le maréchal Macdonald, qui se distingua par son intégrité, son courage et ses talens, pendant tant de scènes difficiles de la grande guerre révolutionnaire ^.
Ce mémorable débarquement dans le Moidart eut lieu le 2& juillet 1745. L'endroit où Charles était logé était on ne peut mieux situé pour y rester caché, et pour y pouvoir communiquer, avec les clans disposés en sa faveur tant dans les îles que dans l'Ecosse mêm^e, saps le^concours et l'appui desquel;» il était impossible que son entreprise réussît. «
On ne tarda point à envoyer à Cameron de Lochiel une invitation à venir trouver le prince, et il s'y rendit dès qu'il l'eut reçue. Il arriva pleinement convaincu de la folie complète de cette entreprise, et déterminé, comme il le croyait, à conseiller au jeune aventurier de retourner en France, et d'attendre une occasion plus favorable.
— Si tel est votre dessein , Donald, dit Cameron de Fassefern à son frère Lochiel, donnez votre avis au prince par écrit, mais ne vous hasardez pas en sa présence ; je vous connais mieux que vous ne vous connaissez vous-même ; il vous séduira, et vous ne serez pas en état de lui rien refuser.
Ces mots furent. une prophétie. Tant que le prince se borna à des argumens, Lochiel tint bon, et répondit à tous ses raûonnemens. Enfin Charlestrouvant impossible de subjuguer, le jugement
de ce Chef, fit lin appel puissant à sa sensibiUté.
— Je suis venu ici, lui dit-il, déterminé à reconquérir mes droi^ ou à périr. Quel qu'en doive être l'événement, je suis
1. Son père fitsait partie d'unetrlbn de» Hac-Donalds, demearant ft Soutli-Uist. nommés Mac* Eacben., on (ils d'Hector, issus par naissance de ta maison des Clanranatds, et nnis à eux par des alliances réciproques. Le jeune Mac-Donatd . on Mac-Bach«n , avait été élevé i Saint-Omer. dans la Tue d'entrer dans lés ordres. 11 .savait Je latin aussi bien que te français , l'anglais et U langue d«s montagnes, et -il rendit dlmportans serrices à Charles comnne interprète et secrétaire priTc. {^olt 4* fauteur.^
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décidé à déployer mon étendard , et à me mettre en campagne ayec ceux qui youdront s'y rallier*. Lochiel , que mon père consixlérait comme le meittenr ami de notre faihilley pent rester chez iai. Les journaux lui apprendront quel sera le sort de son prince.
— H n'en sera rien ! s'écria le Chef viTcment touché ; si vous êtes résolu à cette entreprise téméraire, je tous suivrai , et tous ceux sur qui j'ai quelque influence en feront autant.
Ce fut ainsi qu'un sentiment qti'il appelait honneur et fidélité triompha de la prudence de Lochiel , et le porta à envisager la perspective de sa ruine avec un dévouement désintéressé digne des plus beaux jours de la chevalerie. Sa détermination fut le «igual du commencement de la rébellion; car on savait généralement alors que pas un seul Chef montagnard n'aurait pris les armes si Lochiel eût persisté dans ses dispositions pacifiques.
Dès qu'il eut consenti aux propositions du Chevalier, des messagers furent dépéchés de tous côtés aux clans présumés jacobites , pour les avertir que l'étendard royal serait déployé à Gienfinnan le 19 aoûti et pour les requérir de s'y trouver eh armes avec tontes leufs forces.
Sir Alexandre Mac-Donald de Sleat et Mac*Leod de Mac-Leod étaient, conuiKe nous l'avons déjà dit, des hommes de la plus grande importance dans les Hébrides, et l'on calculait que leurs forées réunies montaient à plus de'trois mille hommes. Ils s'étaient déclarés partisans de la cause du prince, et Glanranald fut envoyé près d'eux poar accélérer leur jonction. Il ks trouva tous deux chez sir Alexandre Mac- Donald, et il leui^ dit tout ce qu'il put pour les décider à lever leurs vassaux. Mais sir Alexandre prétendit qu'il n'avait jamais contracté d'engagement explicite de joindre Charles, et qu^il ne pouvait se résoudre à prendre part à vne entreprise si désespérée. Mac-Le6d| dit-on, en avait pris de plus explicites , mais il paraît avoir montré autant de répugnance ^Qe sir Alexandre à satisfaire à la sommatiorn de Charles-Edouard, alléguant que son consentement n'avait été donné qu'en supposant que le prince amènerait avec lui Un certain nombre de troupes auxiliaires, et fournirait ^es firmes, ce qui n'avait pals été exécuté. 11 fit d'ailleurs valoir qu'un grand nombre de ses vassaux résidaient dans des îles éloignées*, comme une excuse de plus pour se dispenser de rejoindre l'étendard sur-le-champ. La mission de Ctanrahald né réussit donc pas; et là défection de ces deux Chefs
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pniioam ne tut ijii'imgarfiiileineiit léparée par Ib zèfe de pl«siem
aatres dont le poayoir était moins étendu.
Charles montra pourtant beaucoup d'adii^sse à gagn^ Taffee^ lion des montagnards qui lui furent présentés pendant son séjonr à Boradale. Las mémoires d'un officier nommé Mac-Donaldy quiser- Tait dans son armée , rendent un compte si satisfaisant de sa pe^ sonne et de sa conduite, que je le mettrai en forme de note à la fin de œ chapitre. Les amis que le prince comptait dans les bassesterres furent aussi informés de son arrivée, et se préparèrent à k seconder.
Cependant le mouvement visible qui avait lien, parmi les Jacobiles rendit le gouvernement vigilant , et il fit arrêter ploaieun personnes qui lui étaient suspectes. Parmi ce nombre un des prinr cipaux fut le duc titulaire de Perth, à un des ancêtres duquel k cour de Saint-Germain avait conféré ce rang. Il était fils de lord John Drummond, qui vivait en 1715, et petit*fils de l'infortuné comte de Perth, lord chancelier de Jacques VIII avant la révolution. Le descendant actnel de cette maison honorable était un homme respecté pour son haut rang, ayant des manias qui le rendaient popnlaire, une bravoure à toute épreuve, et une douceur extrême dans le caractère, mais qui n'avait pas des taiens extraordinaires. Ce seigneur était en son château de Dmmmond, quand le capitaine Campbell d'Inveraw, qui commandait une corn* pagnie indépendante de montagnards stationnée à Muthil, dans le voisinage, reçut ordre de le mettre en arrestation. Campbell, par le moyen d'un ami, se procura une invitation à dtner au château de Drummond, et ordonna à ses soldats d'en approcher aussi près qu'ils le pourraient sans donner de soupçons» Qoimd le dîotf fut fini et que les damea eurent quitté la table , Inveraw exécuta ses ordres en disant aa duc qu'il était son prisonnier, et s'excusa sur son devok. Le duc parift traiter l'affaire avec indifférem^e, et loi dit qpe, puisque la chose> était ainsi , il ne, saurait qi^'y faire. Mais en sortant de l'appartement, il fit passer le capitaine avant lui, comme par politesse, et tournant en même temps sur les talons au lien de le suivre, il sortit de la chambce par nne autre porte, s'enfuit du château et gagna le bois« On se mit à sa poursuite à l'instant même, et. le duc aurait probablement été repris Vil n'eût trouvé un bidet sur lequel il sauta, quoiqu'il n'eût ni .selle.ni autre bride qu'un licou. Ayec cette aide il a'éohappa dans
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les moDtSignBs Yomxies y où il re»ta à Fabri de toute ponruûte , et bientôt <après, ajant appris le 4éliarqiiemeiit du jeune CSieyalier» il fit ses préparatifs pour aller le rejoindre.
Cependant John Murray de Broogthon s'était chargé de la tâche périllease de faire impdmer les manifestes qui diraient être disséminés quand Tinvasion serait rendue publique, et de celle d'avertir divers individus qui avaient ^promis de l'argent et des armes. Il quitta alors sa maison , où il avait passé trois semaines ayant toujours sous les yeux la crainte et le danger d'être arrêté, et partit pour aller rejoindre le prince. Son génie actif médita quelques autres exploits. A l'aide d'un ami jacobite d'un caractère intrépide et entreprenant , il imagina un plan pour surprendre le duc d'Argyle , frère et successeur du célèbre duc John, et le faire prisonnier dans son propre château d'Inverary. Un autre de ses projets fut de faire donner an gouvernement des avis qui, quoique &UX en eux-mêmes, porteraient assez les eouleurs de la vérité pour y foire ajouter foi , et qui lui parviendraient par un canal qui ne lui inspirerait aucune méfiance. Ces avis étaient que les Chefs jacobites devaient tenir un grand conseil dans une vallée sauvage nommée Rannoch , et que Murray avait quitté sa demeure dans le sud pour assister à cette réunion* On proposait aux agens du gouvernement de saisir cette occasion pour s'assurer de la personne des conspirateurs, en* envoyant à leur rénde2>-vous des dé^ tachfmens tirés du fort William et du fort Auguste. Le but de ce plan était de fournir aux montagnards l'occasion de surprendre ces forts tandis que la garnison en serait affaiblie par lé départ de ces détachemens. M. Murray, ayant ainsi tracé 1§ plan de deux ex{teitsqui, s'ils avaient réussi, auraient été très avantageux à l&eauseda prince, alla joindre Charles-Edouard. 11 le trouTtt dans la maison de Mao*Donald de Kinloch^Mcndârt , où il s'était avancé en quittant Boradale.Un grand nombre de gentilshommes montagnards s'étaient joints à lui , et son entreprise paraissait etk général être favorisée par les Chefs des clans de l'Ecosse. Clanranald lui avait amené plus de trois eentade ses. vassaux. On montait régnUèrement la garde auprès de la personne du pi^nce. Il avait fait venir. Fargent et tes armes qu'il avak à bord àtla Dca» telle et en avait feit une distribution à ceux qui étaient Te plus en état de le servir i Cependant il manquait d'approvisionnemens; ce q^ui aurait pu faire échouer son expédition,, si la Douulle n'eût rencootxé et capturé deux bâtimen^^fïbareés. de .faripe d'aTOÛde^
prise qai le mit en état de pourvoir à la dabsistance des troupes tpi étaient déjà réunies autour de lui, et d'attendre avec confiance le moment qui avait été fixé pour déployer son étendard.
M. Murray, aux soins duquel les desseins privés et politiques da prince Charles avaient été confiés en si grande partie, fat alors reconnu comme son secrétaire d'Etat, et il fut chargé de faire a^ tous les rouages intérieurs de cette importante entreprise.