chapitre: xvi
Coniwwfgiinnf àm bMtilités. — L'âlMdwi a« prlfeM Cbarle» «st dcpltty*. -p- Ifatcbe <b tir l«te Cope d«nt les monlagnet. — lotrigues de lord Lovât, r— Prépantîfs da pnoce pour combattre Cope. qui se dêtobrne tor la route d'IiiTerneM, laUsant ouverte U route des bas&es terres.— MMrebo4la prhM* Charlea Tare le* baaset terres..*» Caractère de lord Gf orge Morray. — ArrÎTée à ParUiidt Vttfim» d«».a»MafM»dai •^Mow.M^-JwttM de tord Lovat'è Gmeroa de Lochid.
En aftteoiant , et manie ayant le jour* àté par Gharles>Bdoiiard poar déployer son étendard , la guerre civile commença. Ce ne fat point parla prise do dac d'Argyle, ni par Tattaqne des deux, forts; car on ne donna suite à aucun de ces deux projets. Mais les mouyemens hostiles des montagnards n'avaient pas échappé à Taitentionda^gMKvemfiiir dufort Aafnate;-6t, cmignant'poiu^la sârelé dfflort WdlUami qoîélait lephis près dee dans maKnientioQnés, ilyeiwoyaim détachement de deux compagnies, sons le comman* dément dn capitaine John Scott, depuis le général Scott. Il partit de bonne heure dans la matinée du 16 août, dans le dessein d'arri- Ter au fort William avant la nuit. Il suivait la route ttilitaireqai paase le long de U chaîne de lacs, qm communiquoiit maintenant: le» on» au antres par le moyen dn canal Calédonien. Le eapîtéiBe Soott etf ses seldatê' avwi^it passé les lacs, et ib étaient à huit milles du fort William , quand ils approchèrent d'un endroit appelé High-Bf idge, où Ton passe la Spean sur un pont étroit et élevé, entouré de bois et de rochers. Là il fut alarmé en entendant le son d'une cornemuse, et en voyant paraître des montagnards aimnés» C!étaitmidéta«benent4e viassaude liac-Donaklde<Kef^»och, eonmandé par* son parent, Mac-D^iald de Tiendreich. Its n^éffiieot que douze à quinze;. mais comme ils se montraient sur difTérens points, il fut impossible an capitaine Scott de s'assurer de leur nombre. Il envoya en avant un sergent sur qui il pouvait compter, accompagné d'un soldat, .pour savoir ce que signifiait cette opposition à sa marche; mais ils furent sur-le-champ faits prisonniers par les montagnards.
Scott , qui était un homme d'un courage incontestable, désirait continuer à marcher et s'ouvrir un chemin les armes à la main. Mais ses officiers étaient d'un avis différent, attendu qu'ils avaient
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à forcer un passage difficile en face d'un ennemi dent ils ne coq» naissaient pas la force; et les soldats, qui étaient des recmei^ anontraient quelques symptômes de frayeur. Dans ces circo»' stances, )e capitaine Scott se décida à essayer de faire retraite par la même route qu'il avait suivie en avançant. Mais les coups de feu avaient jeté l'alarme dans le pays; et les montagnards se ras* semblant avec cette promptitude qui les caractérise, leur nombi« croissait à chaque instant. Leur activité les mit en état degamir|es montagnes, les rochers, lestaillisqui cpmmandaient la route, et les soldatsfurentaccablésparun feu meurtrier, auquel ils ne pouvaient répondre qu'en tirant auhasard, leurs ennemis leur étant invisibles* Cependant les rocs, les montagnes et les vallées retentissaient du bruit d'un fen irrégulier, des cris féroces des montagnards, et du son de leurs comemuses^. Les soldats continuèrentà battre en re* traite, on, pour mieux dire, à courir jusqu'à ce qu'ils fussent arrir vés à cinq ou six milles à l'est d'High-Bridge. En ce momentKqp* poch se montra à la tête d'une vingtaine d'hommes assemblés à I4 hâte depuis le commencement de l'escarmouche. Quelques autres vassaux de Glengarry le$ avaient aussi joints, ce qui portait leur nombre à environ cinquante. Les montagnards* tirèrent parti de leur avantage, et se montrèrent plus hardiment en front, en flâne et en arrière, tandis que les munitions des soldats étaient épnisées sans qu'ils eussent même blessé un seul de leurs ennemis. Ils fureni complètement entourés, jovl du moins ils crurent rêtre. Tout«sbr tait découragés, lorsque Keppoch se présenta devant eux et leur ordonna de se rendre, sous peine d'être taillés en pièces, ils mirem bas les armes sur*le-champ. Le capitaine Scott avait été bl/e8^é, ainsi que cinq pu six de ses soldats, et à peu près le même nombre avait été tué. Ce désastre; dont la cause semble pouvoir s'attri? bner à ce que l'officier commafidant négligea d'avoir une avants garde, anima Tardeur des montagnards , et plaça sous un jour flat^ teur leur mérite particulier comme infanterie légère. Lea^ prisonniers furent traités avec humanité, et conduits chez Lochiel, dans sa maison d'Auchnacarrie, où l'on prit soin des blessés. Comme le gouverneur du fort Auguste ne voulut pias permettra qu'un chirurgiende ce fort allât soigner le capitaine Scott, Lochiel,^ avec sa générosité ordinaire, l'y envoya sur sa piarolet,, afin qu'il pût y recevoir les secours dont il avait besoin.
La guerre étant ainsi ouvertement commencée, Charles quitta la maison de<7renaladâle, qui avait été sa dernière résidence,
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poar aller déployer son étendard au rendez-voas qoi ayait été donné i Glenfinnan.il arriva de bonne heure, le 19 août, dans cette yallée lauTage et écartée, n'étant accompagné que de deux compagnies de Mao>Donald8, dont le Chef, Clanrahald, était absent, occupé a lever des soldats partout où il avait de l'influence. Deux heares se passèrent, et les collines des montagnes étaient aussi solitaires que jamais, tandis que Charles attendait dans l'incertitude de son destin. Enfin Lochiel arriva avec les Camerons (sept à huit cents hommes). Ils avancèrent en detix lignes, ayant entre elles les soldats des deux compagnies qui s'étaient rendus le 16, désarmés et marchant comme prisonniers. Keppoch se montra ensuite à la tète de trois cents hommes; et plusieurs Chefs de moindre importance arrivèrent aussi , chacun d'eux amenant quelques soldats.
L'étendard fut alors déployé; il était porté par le marquis de Tullibardine, exilé, comme nous Tavons déjà dit, pour ayoir pris part à la rébellion de .17 15, et revenu en Ecosse avec Charles, sur la Doutelle. 11 était soutenu par un homme de chaque côté. On lut alors le manifeste du vieux Chevalier, ainsi que le brevet de régent qu'il avait accordé à son fils : et le jeune aventurier fit nue courte harangue pour faire valoir ses droits au tronc, et dans la* quelle il disait qu'il était venu pour le bonheur de son peuple, et qu'il avait choisi cette partie de son. royaume pour commencer son entreprise, parce qu'il savait qu'il y trouverait une population de braves gentilshommes, pleins de zèle, comme leurs nobles ancêtres , pour leur propre honneur et pour les droits de leur souve* raitt , et aussi, disposés à vivre et à mourir avec lui qu'il Tétait Jlui-même à verser à leur tête j usqu'à la dernière goutte de son sang.
Undes Chefs du clan de Mac-Leod parut à ce rendez-vous^ re* nonça en cette occasion à toute dépendance de son Chef, que dans le fait il ne reconnaissait pas en cette qualité , et promit de joindre Tarmée avec ses propres vassaux. Lochiel et quelques autres Cheis saisirent ce moment pour écrire à Mac-Leod et à sir Alexandre Mac-Donald, afin de les engager à venir les joindre, ajoutant même que leur honneur l'exigeait. Cette lettre offensa grièvement ces deilx Chefs, et surtout sir Alexandre qui allégua Tinsinuation qu'elle contenait conmie un motif du parti qu'il prit ensuite dans cette affaire.
On apprit bientôt que les troupes du gouvernement étaient ea mouvement pour réprimer Tinsurrection.
Le prince avait résolu d'éviter la grande faute que Mar ayait
commise en 1715 , et de tirer tout le parti possible de Pardenr et de Factivité des troupes qu'il commandait ; et ce fat ayec plaisir qu'il apprit l'approche de l'ennemi. Il resta quelques jours chez Lochiel, à Auchnacarrie, et Toyant la répugnance que montraient les montagnards à se charger de bagages > l'impossibilité de trou- Ter des chevaux , et l'état détestable des routes , il laissa derrière lui quelques petits canons et une grande quantité d'instrumens de pionniers , comme ne pouvant servir qu'à encombrer la marche. Pendant ce temps , il fut joint par les clans ci-après : Mac-Donald de Glencoe lui amena cent cinquante hommes ; les Stuarts d'Ap* pin 9 sousArdshiel, en composaient deux cent cinquante; Keppoch vint avec trois cents Mac-Donalds ' ; Glengarry le jeune joignit Farmée, pendant- sa marche vers Test, avec environ trois cents hommes. — Le tout formant une réunion d'environ deux mille hommes.
On rédigea à Auchnacarrie un acte d'association qui fut signé par tons les Chefs qui s^y trouvaient^ par lequel ils s'obligeaient à ne jamais abandonner le prince tant qu'il resterait dans le royaume, et à ne quitter les armes ou faire la paix avec le gouvernement que de son exprès consentement.
Tandis que l'insurrection prenait ainsi de ^a force et de l'importance , ceux qui occupaient les emplois publics à Edimbourg en apprirent l'existence : et quelque téméraire que fût cette entreprise de la part du jeune aventurier, elle était cependant très dangereuse à cause du moment où elle éclatait. George II était dans ses Etats d'Hanovre, et le gouvernement était confié à un conseil de régence , qu'on appelait les lords-juges , et dont les délibérations ne semblent avoir annoncé ni prudence, ni vigueur.
Dès le commencement de l'été , ils avaient reçu avis que le jeune Chevalier avait dessein de partir de Nantes sur un seul bâtiment, et depuis peu ils avaient entendu dire qu'il était effectivement arrivé dans les montagnes. Cette nouvelle fut envoyée par le marquis de Tweddale au commandant en chef; àlordMilton, juge écossais, que l'on consultait beaucoup dans les affaires d'Etat ; an lord avocat , au président delà cour de session, et au lord-
fc* onaille» dans leur marche; mais' le Chef ne le Toalat point, les membres da clan s'en offensèrent, «t ils lesaivirant en moindre nombre qtt'iU M r«tanii«itfaU, «ar U'éuit géoénlai&ttit aimé, et il méritait de l'être. {Ifoiê d» tauttur.)
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jttge«clerc^ Ces principaux officiers on conseillers da ^on^enijement formaient une sorte de conseil pour Tadministralion dea«af« faires d'Etat.
Le bruit du débarquement de Charles arriva enfin à Edimbourg arec de telles marques d'authenticité qu'on ne pouvait plus révoquer ce fait en doute. L'alarme fut très considérable ; car la majeure partie des troupes régulières de la Grande-Bretagne étaient occupées sur le continent. Il n'y avait pas dans toute l'Ecosse trois mille soldats, sans y compter les garnisons. Sur trois bataillons et demi d'infanterie , il n'y en avait qu'un qui fût un ancien corps, le reste se composait de nouvelles levées. Deux régimens de dragons, ceux d'Hamilton et de Gardiner, étaient les derniers sur la Uste d^ancienneté. Il y avait des compagnies indépendai^ tes levées pour mettre au complet les régimens qui étaient en Flandre, et plusieurs compagnies d'un régiment montagnard commandé par lord Loudon ; mais les soldats en étant montagnards, on ne pouvait guère se fier à eux dans la circonstance présente. Deux des compagnies nouvellement levées avaient été faites prisonnières à High-Bridge. Cependant sir John Cope, commandant en chef, jugea cette force suffisante pour l'occasion , et il résolut de marcher vers le nord , à la tête des troupes qu'il pourrait rassembler à la hât€, de chercher l'aventurier , de lui livrer bataille , et de mettre fin à la rébellion. Les lords-juges approuvèrent cette résolution comme digne d'un bon militaire, et ordonnèrent au général de mettre son plan à exécution.
Sir John se mit donc en campagne le 19 août, et marcha vers Stirling , où il laissa les deux régimens de dragons, qui ne lui auraient pas été d'une grande utilité dans les montagnes, ou d'ailleurs il aurait été difficile de leur trouver des fourrages. Son infanterie consistait en quatorze à quinze cents hommes , avec un train d'artillerie et plus de bagages qu'il n'en avait besoin. Il em* portait avec lui un millier de mousquets pour armer les clans fidèles qui se joindraient à lui, à ce qu'il espérait. Aucun. ne s'étant montré, il renvoya sept cents fusils de Crieff à Stirling. Il dirigea sa marché vers le fort Auguste, d'où , comme d'un. point central, il comptait agir contre les insurgens, en quelque lieu qu'il pût les trouver. Comme cette route était celle que suivait l'armée rebelle en s'avançMit vevs les basses terres ^ sir John Cope ne fut
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pas ^plutôt armé à Dalaacaid&ch» qu'il apfnît, de manière k n'en ponvoir douter , que les montagnards, s^approchaîent dans le dessein de le rencontrer an défilé de Corryarra^k et de lui livnor bataille. Je tous dirai tout à Theurede quelle manière cette nott* Telle influa sur les mouvemens du général anglais ; mais il fittut d'abord que j'en revienne aux opérations du jeune Chevalier. ; Entre autres personnages d'iaiportance avec lesquels le prlhoe avait été en correspondance depuis son débarifuemeiity était le fameux lord Lovât , qui , très mécontent du gouvernemeaty qui l'avait privé de sa compagnie ind^ndaft te, avaitdepuis long-teiDlps professé la résolution de se dévouer de nouveau à la maison > de Stuart, et qui avait mâme été un des sept Chefs signataires de l'ia» vitation faite au Chevalier en 1740. Cependant , comme personne ne supposait à Lovât plus, d'attachement pour un roi ou pour uâ partrpoiitiquey que son propre intérêt ne Texigeait, et qaeleChe* yalier était arrivé sans Tardent, les troupes et les armesqai' ayaient été stipulées dans cette offre de service^ il y avait toat lieu de croire que ce vieux Chef astucieux tomberait le dos. à l'ar . yenturier et lui refuserait son appui. 11 arriva pourtant qftie Lovât attachait une gravide importance à l'idée de devenir duc de Fraser et lord4ientenant du comté d'inverness; etie désir d'obtenir cea titres f quoiqu'ils n'eussent qu'une valc;ûr idéale, le. porta , malgré la sagacité naturelle de son égoïsme, à chercher à s'en assurer, à l'instant même où il réfléchissait av moyens de se dispenser de rendre les services dont ces honneurs devaient être la réconipense.
Tandis que le Chevalier était à Invergarry , Fraser de GortiH leg, confident particulier de Lovât, ^e rendit jnrès du prince, comme envoyé par son Chef, et lui fit ane humble demande des lettresçpatentea du duché et de la lieutenanoe que le roi Jacques VIII lui avait pronaises. Cet émissaire aj^rtait en même' temps uae protestation spécieuse, mais évasive, du respect de Lovât, pour la maison de Stnart , et de. son .profond regret que son âge , sesinftrmités, et d'autres obstacles, l'empêchassent de mettre, son dan sods. les arones à l'instant «neme .
On voyait aisément qu'un tel message prouvait le désir de»saiûr Vappat sans avaler en même temps,H>s'il était .possible , Ifhame^n qa!il couvrait; mais Lovât était alors un bomnie de»^rande imper* lance. Indépendamment de son pnoprerclan, ^u'il mainteBÙt<>sar ]eMedmilitairei>daas(leaaeiUeuriorà^ ilitfvaitiaassiaae^israadid
M8 HISTOIRB D'ECOSSE.
inflaence sur son gendre, le laird de Glony , Chef des Hac-Pher- BonSi sur leS'Mac-Intosh , les FarquharsonSy et antres clans des environs d'InTefness, qui paraissaient devoir suivre son exemple, en se soulevant, on en restant chez eux. Sir Alexandre Mac- Donald de Sleat et le laird de Mac-Leod étaient aussi dans l'habitude de prendre son avis et de suivre son exemple. Ce n'étsdt donc pas on homme à désobliger; et comme les lettres-patentes, signées par Jacques lui-même, avaient été laissées en arrière avec les gros bagages, le Chevalier en fit foire d'autres, de la même teneur, qu'il remit à Gortuieg pour la satisfaction de Lovât.
' Le vieillard astucieux lui fit faire, par l'organedu même messager, une autre demande qui sentait un peu le sang. Je tous ai dit quaf)uncan Forbes, alors président de la cour de session, avait été ami très intime de Lovât. C'était à son aide que celui-ci devait sa prise de possession des domaines de ses ancêtre^ en 1715. Hs avaient continué depuis ce temps à vivre dans la meilleure intelligence, lord Lovât, fidèle à son caractère, employant toutes les ex- > pressions de dévouement et de flatterie qui pouvaient servir a lui assurer la bonne opinion du président; mais comme Dancan Forbes était un homme qui connaissait parfaitement le monde, il remarqua promptement le mécontentement croissant de Lovât contre le gouvernement établi ; et étant, par suite de ses fonctions publiques eomme de ses opinions privées, ami déclaré de la dynastie régnante, il pénétra facilement les desseins de Lovât , et travailla à les faire échouer. Leur correspondance, quoique pleine de professions d'amitié et d'adulation de la part de Lovât,- prit de part et d'autre un tou de soupçon et d'alarme , et celui-ci commença à se faitiguer des remontranccfs fréquentes du président, aussi actif que vigilant. Gortuieg mit donc en avant l'inquiétude extrême que causait à Lovât le pouvoir qu'avait Duncan Forbes de nuire à la cause de la maison dé Stuart, et demanda an prince un ordre qui l'autorisât à arrêter son ami, mort on vif. Le prince refusa de l'accorder dans les termes qu'on le lui demandait, mais il signa un ordre pour arrêter le président, et le retenir sous bonne garde comme prisonnier. Fraser de Gortuieg retourna avec -ces pièces.
Pendant ce temps la conduite de Lovât offrait des marques étranges d'indécision. Il avait appris du lord-président que sir Alexandre Mac-Donald etMac-Leod avaient refusé de joindre le Chevalier, résolution à laquelle les avis prudens de Forbes avaient
dans le fait grandement contriMié, et il çxprima sa détermination de rester fidèle au gouTernement établi. ,
Tandis que ces îilrigues se passaient , le Chevalier reçut des nooTelles sûres des moavemens de sir John Cope, par le moyen de déserteurs qui abandonnaient fréquemment les compagnies de lord Loudon, composées principalement de montagnards, «es hommes étant fortement tentés dé joindre les rangs du Chevalier, dans lesquels servaieiit leurs parens et leurs Chefs.
La perspective d'une bataille animait tellement le prince, qu'il convoqua tous ses clans, auxquels venait se joindre celui des Grants de Glenmorriston , an nombre de cent hommes, fit brûler et détruire tout ce qui pouvait retarder sa marche, et sacrifia même ses propres bagages, afin que les soldats n'eussent pas à se plaindre d'être obligés' d'en faire autant. Par une marche forcée, il réunît ses troupes à Invergarry, ou il leur donna quelques heures de repos afin qu'elles fussent mieux préparées aux fatigues d'une action qu'il jugeait prochaine. •
L.e matin du 26 août, le Chevalier marcha vera Aberchallader, à trois milles du fort Auguste , et il fit halte dans la soirée. Au lever de l'aurore, il se remit en marche ,. pour disputer à sir John Cope, dotit tous les rapports annonçaient l'approche, le passade difficile de Corryarrack. On gravit cette montagne par une partie de la route militairedu maréchal Wade, laquelle forme une longue suite de zig-zags et de coudes qui conduisent lentement et graduellement au sommet escarpé du côté du sud , par où l'on supposait qne le général Cope s'avançait. Les détours si nombreux sur .la côte de cette montagne, dont les autres parties sont absolument impraticables , portent le nom bien caractéristique d'Escalier du Diable. La côte de cette montagne , à l'exception des endroits où elle est coupée par cette route étrange, est presque inacces« sible, et le chemin tournant est lui-même coupé par des ravins et des torrens descendant de la montagne, et qu'on passe sur des . ponts qui pourraient être détruits en très peu de temps. Enfin la ronte étant bordée de rochers et de buissons, offre des points nombreux ou pourraient se placer en sûreté des tirailleurs et des voltigeurs. Le Chevalier se hâta de monter du coté du nord , et de s'emparer du haut de la montagne, qui peut servir de forteresse naturelle, chaque coude du chemin qui la traverse étant comme une tranchée; il montra autant dé gaieté que de courage, et tandis qu'il mettait iine paire dé brogaes neuves, il s'écria eik
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riant : «Avant que je nïàvm ces Arogues, je combattrai k général Cope. j» Il s'attendait à rencontrer le général anglais yen une heure.
Mac Donald de Lochgarry et le secrétaire Murray reçurent ordre de monter tout au plus haut de la montagne, dn côté du nord, pour reconnaître la position de l'ennemi 4|u'on supposait si près. Mais à leur grande surprise , qaand ils furent sur le sommet, aa lieu de Toir le chemin escarpé couvert d« files nombreuses de l'armée de Cope occupées aie gravir, tout était solitude et silence. Pas un homme ne paraissait sur les détours nombreux de la route. Enfin ils y aperçurent quelques individus portant le costumé dn pays, et ils les prirent d'abord pour des montagnards de lord Loo> don, fu'il était naturel de croire placés à Tavant-garde de l'armée anglaise , comme connaissant les roales du pays. Mais quand ils furent plus près, on découvrit que ofétaient des déserteurs de Tannée de Cope ; et ils alertaient la nouvelle que ce général avait entièrement changé de direction, et qu'évitant le combat auquel on s'attendait, illétait en pleine marche vens.Inverness.
La vérité était que lorsque le général Cope se trouva à une journée de marche du Clievalier et de sa petite armée , son projet de le chercher et de le conAattre lui parut sujet à des objections qui ne s'étaient pa^ présentées à luiquandilenétait.séparépar one plus grande distance. Il n'aurait pourtant pas fallu être doué d'une prévoyance bien extraordinaire pour supposer queles montagnards, frappés du caractère romanesque de l'expédition du Chevalier , se rallieraient en grand nombre.autour de leur prince ; ou pour coinjeotnrer que, dans un pays couvert de montagnes, une armée eomposée de troupes irrégulières prendrait son poste dans oa défilé. Mais le général Cope ne s'était pas imaginé que les montagnards se rassembleraient avec tant de célérité , ni que L'Escalier du Diable, ou Corry^ûrrack, fât si formidable. Ce général malencontreux, dont le nom devint un objet de risée en Ecosse, n'était nullement nn poltron, comme on l'a supposé; mais. c'était un de ces hoimmes d'un talent secondaire, qui craignent pour leur resp<msabilité, et qui forment leurs plansjde campagne en songeant à conserver leur réputation plutôt qn'às'assunar lesoccès de l'entreprise. Il exposa ses embarras à un conseil de gnerre , ressource ordinaire desgénéranx qui se trouvent. incapables de décider^par leur propre jugement quelque point difficile, il aidait reçu dee ia* formations exactes «sur le.iiombreret.la dispositÎMi d9.1W9mée(ea«
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nemie, du capitaine Sweetenham, officier anglais qae les insurgés aTaient fait prisonnier, tandis qu'il allait prendre le commandement de trois compagnies qui étaient au fort William ; et comme il était présent lorsqu'on déploya l'étendard du prince , il fit la description des acclamations générales qui furent poussées , et de l'immense quantité de toques qu'on jeta en l'air en cette occasion. Le prisonnier avait été traité avee beaucoup de politesse, et remis en liberté pour qu'il portât au général Cope Tavis que les rebeUes avaient dessein de lui livrer bataille. Sir John Cope informa le eonseilde cette nouvelle, il exposa le nombre inattendu des mon^ tagnards insurgés , la force de leur position , le désappointement qu'il avait éprouvé en ne recevant aucun renfort des habitans bien intentionnés du pays, malgré son attente, et il demanda Tavifr de ses officiers.
Il était trop tard, à moins que le général anglais n'eût été à la tête d'une force assez supérieure pour écraser la rébellion d'un seul coup; il était trop tard pour marcher dans les montagnes »^ eomme pour former un camp à Stirling et empêcher lie Chevalier de passer le Forth , tandis qu'on aurait envoyé des troupes par mer pour faire lever les clans du nord , bien disposés pour le gpu* vemement. Le général Cope avait proposé dé marcher vers le •ord; le gouvernement avait donné sa sanction à ce plan , et il avait été exécuté. Cependant Côpe ne paraît pas avoir été dans la nécessité d'abandonner son projet aussi lâchement que semblait l'indiquer sa marche ou, ppur mieux dire, sa fuite vers Inverness , qui découragea tellement ses troupes , et qui inspira aux insnrgens tant d'ardeur et d'enthousiasme. îl est certain qu'aucun général ayant du bon sens n'aurait attaqué le défilé de Corryari^ck ; mais si Cope avait voulu camper dans la plajine , à environ deux milles au sud de Dalwhinnie , il n'aurait pu être forcé à comiiattre que quand il l'aurait voulu , aurait eu l'avantage de son artillerie et d'une discipline supérieure , çt Charles aurait dû ou KvTer bataille avec désavantage, ou souffrir considérablement», faute d'argent et de provisions. Sir John, pendant ce temips, se serait procuré des approvisionnèmens dans 1^ comté d' Athole , et aurait imposé à ce district mal disposé, dont les habitans, délivrés de sa présence par sa marche sur Inyerness , se joignirent aussitôt aux febelles. La supériorité de l'armée montagnarde., qaant au nombre, n'était pas considérable, et nullement au-dessus. de ce qui avait toujours paru pouvoir éti^e coniponséipar la disei*
plinedes tronpes régulières, quoiqu'il y ait lieu de croire qu'elle ait été grandement exagérée an général anglais. Aucun de ces rai* sonnemens ne parait avoir influé sur la détermination du conseil de guerre. Son avis fut que les troupes devaient marcher sur Inyemess , au lieu de faire halte ou de se retirer à Stirling, quoique ce mouvement entraînât le risque certain d'ouvrir l'entrée des basses terres aux insurgés.
L'opinion de sir John Gope se trouvant ainsi sanctionnée par l'avis du conseil de guerre , il avança encore un mille oa deux dans la matinée du 27 août , jusqu'au point où la route d'Inverness se sépare de celle qui conduit au fort Auguste, Alors il changea tout à coup sa ligne de marche, et se dirigeaVers Inverness. On ne saurait décrire les transports auxquels se livrèrent les montagnards en apprenant la retraite de Gope. Mais leur joie était mêlée de désappointement , comme celui des chasseurs à qui leur proie a échappé. Un cri général demanda qu'on poursuivît sur-lechamp le commandant anglais qui se retirait , et qu'on le forçat a combattre. A la vérité Cope avait quelques heures d'avance, mais il fut proposé , dans un conseil tenu par les Chefs , d'envoyer à trayers le pays cinq cents hommes d'élite , qui faisant une marche forcée, se jetteraient entre inverness et les troupes de ce général, et qui le tiendraient en échec jusqu'à ce que le reste de l'armée insurgente arrivât en arrière. Les avantages qu'on devait gagner en entrant sans opposition dans les basses terres, parurent pourtant plus importons que ceux qu'on pouvait obtenir en poursuivant sir John Cope, et même en remportant sur lui une victoire ; et en Conséquence on renonça à ce dernier projet.
Les montaghards firent une tentative pour surprendre ou brûler leiB casernes de Ruthven ; mais la petite garnison qui s'y trouvait se défenditavec bravoure, et cette entreprise échoua. Ils dirigèrent alors leur marche vers le sud, du côté de Garviemore,
Péndaiit ce temps , les intrigues du lord Lovât continuaient à agiter le nord, tandis que le lord-président Forbes, en sollicitant dès armes du gouvernement, en distribuant des commissions pour des compagnies indépendantes , dont vingt avaient été mises à sa disposition, et en fournissant des sommes d'argent tirées de sa propre bourse, cherchait à animer les clans qui.restaient attachés au gotivernement , et à affermir dans leur fidélité ceux qui étaient chancelans.
Le vieux Chef du clan Fraser, en secondant en apparence toutes
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les mesures du président, les contrariait dans le fait atitant qu'il le pouvait, et s'efforçait, sinon de faire pencher la balance en faveur du jeune aventurier, du moins de maintenir les deux partis dans un tel état d'égalité , qu'il pût se trouver lui-même en état d'assurer4a prépondérance à celui des deux avec lequel il verrait qu41 avait le .plus à gagner. Cependant il craignait le jugement pénétrant, la fidélité et le caractère intègre du président, et il le regardait avec un singulier mélange de crainte et de haine intérieure , et d'une affectation extérieure de respect et d'affection^ Une lettre jésuitique de Lovât à Lochiel , dans laquelle le premier allègue sa crainte du président, qu'il représente comme jouant avec lui au chat et à la souris, est peut-être le tableau le plus étrangQ qu'on paisse offrir de l'esprit de cet homme extraordinaire ^ . ^ La conduite qu'adopterait Mac-Pherson de Cluny, dont le clan, aussi nombreux que vaillant, est principalement situé dans le dis», trict de Badenoch, était alors un objet de grande importance. Ce Chef était un homme d'un caractère hardi et intrépide, qui avait montré plus ide respect pour les propriétaires et plus d'attentioa à prévenir les déprédations qu'aucun autre Chef montagnard,. Lochiel excepté peut-être. Il conclut des traités avec le duc de Gordon et plusieurs des principaux propriétaires des cantons exposés aux incursions des montagnards Caterans, par lesquels il s'obligeait, moyennant le paiement annuel d'une somme modique, ce qu'on appelait blackmail ^, à les garantir de tout voL C'était une sorte d'engagement que prenaient souvent des gens comme Rob-Roy, qui faisait le métier de maraudeur, et qui était, habitué à voler au moins autant de bestiaux qu'il en faisait restituer. Mais Cluny Mac«Pherspn suivait franchement le système honorable énoncé par la lettre de ses contrats, et il faisait arrêter N les malfaiteurs qui commettaient des déprédations et les livrait à la justice. 11 détruisit ainsi la plus grsinde partie des bandes nombreuses de brigands qui infestaient Içs comtés d'Inverness et d'Aberdeen. Cela était si vrai, qu'un jour qu'un ecclésiastique comniençait à prêcher sur la nature odiense du vol, un vieux montagnard qui se trouvait dans l'auditoire s'écria qu'il pouvait se dispenser de parler de qe sujet , attendu que Cluny, avec son sabré, avait fait, pour l'empêcher, plus que ne pourraient faire toas les prêtres des montagnes par leurs sermons.
X. Voyez U note à la ûa de ce chapitre* **- a. Tribut da pillard., ' ^
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Ce Chef *aTait été nommé capitaine d'une compagnie- indépeiiT danle» et, par conséquent, il restait en apparence attaché au gour reniement; mais, dans le fait, il ne cherchait qu'une occasioa de rentrer sons l^iatorité de Jacques VIII , qu'il regardait conuaiï son souyerain légitime.* Par complaisance pour la poKtiqne mystérieuse de son beau-père Loyat, Clfiny se rendit près. de sir John Cope, le 27 août, et reçut de ce général l'ordre de mettre son clan sons les'armes. Hais le lendemain matin, le Chef des Mac-Phersons liit fait prisonnier dans sa propre maison , et conduit au caïQpde^ rd^es. Y fat*il reçu comme captif bu comme ami secret, c'est «e que nous n'ayons pas à présent lé moyen de sayoir. Il fut emmené à Perth ayec Parmée montagnarde, par contrainte, à ce qu'il paraissait.
Le 28 aoftt^ le prince biyouaqua à DalWhinnie: ses principaux officiers et lui couchèrent sur la terre, sans autre abri que leur plaid. Le 29, il arriya à Dalnacardoch , la retraite de Tarmée anglaise lui permettant ainsi de s'emparer des défilés des montfignes entre Badenoch et Athole, et de descendre dans ce dernier pays. Le 30, Charles était à Blair, château situé dans le comté d'Athole , et appartenant au duc du même nom , dont toute Ifi fa^ mille, ainsi que lord Tullibardine, frère aîné du duc, et son oncle lord Nairne, était disposée en sa fayeur, quoique le duc d'Aibol^ fayorisât le govremement. Les familles et les clans des Stuarts d'Athole, des Robertsons, et autres de moindre importance, étaieuj^ tons disposés à soutenir les insurgens, n'ayant jauiais oublié la renommée qu'avaient obtenue leurs ancêtres pour une cause semblable, pendant les guerres de Montrose. Le nom et L'autorité du marquis de Tullibardine étaient également propres à appjeleraux, armes des guerriers qui y étaient si disposés, II était, comm^ nous l'ayons dit, frère aîné du. duc qui portait ce titre, et avait été proscrit pour la part qu'il ayaît prise à la rébellion de 17/5,, ce qui était un mérite aux yeux de la plupart des yassaox de sa famille.
Le prince resta deux jours à Blair, où il fat joint par le yi- Gomte Strathallan et son fils, par M. Oliphant de Gask et son fils, et par l'honorable M. M urray, frère du comte de Dunmore. Ce fat aussi aussi en ce lieu que John Roy Stewart, excellent officier partisan, rejoignit le prince, au serrice duquel il s'était dévoué. Il arrivait du continent, et il apportait des lettres de plusieurs personnes de distinction des pays étrangers. Elles contenaient des
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sottbaits dé prospëfité et de grandes et belles promesses de ser« Tices, fruits dont ancan n'arriva jamais en maturité.
Le 3 septembre, dans la soirée , Tarmée montagnarde entra dans Perth , où elle fut jointe par deux bommes de la première importance : le àac de Pertb, avec deux cents bommes qu'il avait rassemblés pendant qu'il était cacbé par suite du mandat d'arrêt décerné contre lui , et le célèbre lord George Murray, cinquième frère du marquis de Tullibardine, déjà nommé. Ces deux seigneurs tarent promus au grade de lieuténans-généraux au service du prince. Ce fut à cette époque et en cette occasion qu'une sorte de jalousie éclata entre ces deux grands bommes, et elle eut des effets funestes sur les affaires futures de Charles-Edouard.
Nous avons déjà peint le caractère du duc de Pertb, comme on l'appelait. Il était poli an plus baut degré; agréable, aimable, particulièrement fait pour plaire à un bomme élevé en pays étranger, comme le prince, et il n'était pas probable qu'il courrait le risque de lé mécontenter, en iui faisant des remontrances avec franchise, ou en le contrariant brusquement. Toutes ses habitudes et toutes ses opinions s'étaient formées en France , où il avait passe les vingt premières années de sa vie. On reconnaissait même quelque chose d'étranger dans la manière dont il parlait* anglais, ce qu'il cachait sous un accent écossais fortement prononcé. C'éuit un boii\me d^cin courage reconnu, mJais qui ne brillait point par les talens militaires.
Lord George Murray, de même que «on frère, le marqms de TnUibaridine, avait pris part à la rébellion de 1715, et il avait même été présent à la bataiHe de Glenshiel en 1719. tt avait ensuite servi quelque temps dans l'armée de Sardaigne, qui alors n'était pas une mauvaise école de l'art militaire. II avait obtenu son pardon delà famille régnante par lé crédit de son frère,^ledtlc d'AthoIe actuel. On dit même qu'il avait sollicité une commission dans l'armée anglaise, mais qu'elle lui fut refasée. En 1745, il reprit ses premiers-sentimens^ et rejoignit lé priiice Charles-Edouard. Lord George Murray était, sous bien des rapports, une importante acquisition pour ce parti. Il était grand, robuste, endurci à la fatigue, et il avait cette connaissance d'instinct de l'art de la guerre qu'aucun cours de tactique ne peut donner. N'ayant point eu une éducation militaire, il îi'était point asservi aux règles formelles de la guerre ; et en conduisant une armée de montagnards
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qui ne connaissaient la discipline que par une sorte de tact (joi leur semblait naturel, il savait peut-être beaucoup mieux comment les employer avec confiance , que n'aurait osé le tenter nn tacticien accoutumé à des troupes régulières. Les Chefs ne faisaient que conduire leurs soldats à l'attaque sur le champ de bataille, et les officiers français et irlandais avaient été si indifféremment choisis, que leurs connaissances militaires n'excédaient guère ce qu'il en fallait pour relever une garde. Lord George Murray avait nue grande supériorité sur de tels hommes. Il n'était pourtant pas sans défauts, et on les trouvait principalement dans son caractère et dans ses manières. Il était fier de ses talens supérieurs, ne pouvait souffrir la contradiction , et se montrait brusque et haatain en exprimant ses opinions.
11 arrivait aussi a^sez souvent que le prince lui-même, et son gouverneur sir Thomas Sheridan,.ue connaissant nullement ni l'un ni l'autre la constitution anglaise^ ni la manière de penser des habitans de ce pays, laissaient échapper des idées de pouvoir arbitraire , aussi impolitiques que déplaisantes. En réfutant et en contredisant ces opinions, lord George Murray rendait on service très important à sou maître, mais fréquemment il s'acquittait de cette tâche nécessaire d'une manière dure et présomptueuse; et avec les meilleures intentions, il offensait le prince , qui y était d'autant plus sensible, que sa situation l'obligeait à ne laisser pa* raitre aucune marque extérieure de son mécontentement.
0*après cette disposition particulière du caractère de lord George Murray, il se forma bientôt dans les conseils du prince un parti qui lui mit en opposition le duc de Perth , quoique le naturel doux , honorable et franc du duc mitigeat Tanimosité de cette faction inté* rieure. John Murray, le secrétaire d'Etat, qui,.ayant été de bonne heure l'agent du parti du prince Charles , avait une grande part de la confiance de son maître, fut soupçonné principalement d'avoir désiré mettre les prétentions du duc de Perth en opposition à cell^ de lord George Murray, parce qu'il regardait le premier comme un homme sur lequel son caractère actif et ambitieux pourrait conserver une influence qu'il ne pouvait espérer d'obtenir snr l'esprit hautain et présomptueux du second. On soupçonne surtout M. Murray d'avoir insisté sur ce que lord Geoi:ge avait prêté serment au gouvernement , et avait été disposé à servir la maison d'Hanovre. Ces insinuations inspirèrent au prince contre le général
TROISIEME SERIE. i(>1
le pins en état de diriger les mouTemens de son àrmée^ nne ombre de méfiance qui ne se dissipa jamais entièrement , même quand il sentait le mieux la Taleur des services de lord Murray. La haute idée que Charles avait conçue du dévouement que tous ses sujets devaient à sesiJroits , le faisait douter de la fidélité d'un partisan qui n'avait pas toujours été pur royaliste, ou qui, avait montré quelque disposition , quoique passagère , à faire sa paix par un compromis avec la famille régnante. La désunion résultant de ces intrigues existait même à Perth dès le commencement de cette entreprise, et elle dura jusqu'à sa fin, en jetant le trouble et l'embarras dans les conseils des insurgens.
D'une autre part, le Chevalier, en arrivant à Perth, comçiênça a s'apercevoir qu'il manquait d'^argent, denrée qui a été appelée avec raison le nerf de la guerre. Quand il fut entré dans cette ville, il fit voir à un de sesconfidens qu'une seule guinée était tout oe qui restait dans sa bourse des quatre cents livres sterling qu'il avait 4ipportées à bord de la DoiUelk. Hais Dundee, Montrose,.et toutes les villes des basses terres au nord du Tay jusqu'à Inverness, étaient alors en son pouvoir, et il y fit lever les revenus publics au nom de son père. Ceux de ses adhérens que leur âge ou leurs craintes empèchaioit de joindre son étendard, lut^envoyèrant des contributions en argent, proportionnées à leurs moyens, et ces diverses ressources l'empUrent passablement sa caisse militaire. Des détachemens furent envoyés à cet effet à Dundee, à Âb6rbrothwick , à Montrose, et dans d'autres villes. Us y proclamèrent roi Jacques YIH , mais ne commirent guère d'autre acte de violence que d'ouvrir les prisons. H est remarquable que , même de mon temps , un Chef de haut rang eut à payer une somme très forte, parce que ses ancêtres avaient mis en liberté un prisonnier détenu pour une dette considérable.
Il n'était pas moins nécessaire de former en brigades les^hcMiunes réunis sous les étendards du jeune aventuris^ Cette épération ne fut pas difficile, caries montagnards étaient familiers avec un genre de manceuvres qui convenait parfaitement à leur tactique irrégulière. Ils marchaient sur une colonne de trois de front, et savaient, avec promptitude et rççularité, se former en ligne^ ou{4nt5t^n colonnes successives de clanS, car c'était ainsi qu'ila ^iv^ôest imwtome de charger. Ils étaient aussi habitués. à.pûrt»r.lélii».annes ayec aisance $ à les manier avec célérité , à Isire fau'eii' ajubtaift avee adresse, et à charger avec vigùettr, se fianll lettre àrpoièë iiiai-
2&8 HISTOm P'BGOSaiE.
ti(via}^i la dra&ore et le petit })oaclier^ âfiut étaie^it armés ]m pepz (joi fonnaiesit je pr^ipier rang de chaiiae clan ; et ^i étaient ep ^^néraldes ^ptilsbommes. Us étaient donc aussi bien préparés pour le joar du jçpiçbat cpi'on pouvait l'attendre d'eux , et comme on o'ayait pas le tomps de Içnr apprei^dre des manœuvres plus ço^plicniées , iord Geprg^ coi^seilla judicieusement au pri^cede se fier à celles ^ semblaient leur être naturelles. Cependant on les ii^t]rni|it ftt p() le^ 4ij|çipli|ia aussi bien qu'un court intervalle
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PyW Xifi^^V I9 Tide de «es finaQces , disposer so^ plan de campagne et discipliner son arm^, Chmrle^rEfdouard ne prit ^^ ^ 4 an 11 ^eptumbi»! çm\ *vait ^déjà fcrm^ \?l réçolntion aud^çipuse de do^cf de l'^cl^l^ k «» V»^ w ^^'emparafit de la capitale de ï' Çcpsftç, ei tt Àéwîûj y wriviîr ^ymi V^ «r jpbn Cope pût re-