‹ Œuvres de Walter Scott (volume 5)Chapitre 28 sur 39 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

ProéiMMHott Aa priMtChtrIas «inii M» r«iM»è BtfiabMrf. *- 8m pbas «t «w l«ré«. ^ S«d conseil et m coar ao paUlt d'Holjrood. — Arrirée da bAtimeiu fraoçaU, apportast de l'ajcgfot et det ar net. — D* pi ici té d« lord Lovai. — Suite* malhearenies qni en résultent pour lui et poar 1« p>l»«a. *-* Xniiîlitm prÎM par Cbarioa < Pc»H ar cb âsf MesM , «oBtre l'avis de ptwieiu»^ set conseiller». — Son arriTce à Carlisle, à Frestoa, à Manchester, seule place oà il reçoit oa renfort d'Anflais. — Alarme dn fouremenient. — Résolution de George II de se mettre persoa> ntllMami e««aapafno*«^Amrée d« {triaee k Devbj. •— U oomplo «oago*** sur le svceèi, 4|«oiqBe entouré par les forces du fo«iranMmeat, bien saperieores «u aoesbro «ox aienoes— • Lord Ceorge H nrray iDsisIe sur la nécessité d'me retraite. — Le prince j consent à contre-cœur.

LsIciidMMttiL^ la bataille de Preelea, le peinoe passa la aaît à PinUe-Meaeey pcès de UoeeeUioarf • Daae la matâaée saiiaate, il MioapBa à Deddîngsiga» el entrent ensoite dans la capitale, il tut reçu an bruit des acclamatioiift de la popaboe et avec ta» les hoBAeara.fee.les aatovkée paUtfuStpoBveieiit Im reiidre^ Il po^ blie<plesieaiisproolaiDalioas<en y emTSAti et teates étaient fakes pour avoir del'inflaencasiir Tespmtpiditta.

Il défendît tontes r^oeîseanoee peoi? la Tictoine qu'il avait rcnpostée» en aUégiHCit penr raieon la mort de tant de sojeta ^trés 4eean père^Peronaatreédky îleiàorta le dergé d'Edimbourg -à sepmdre Veaerciee^e'ees isnetiene reUfieaseSy et l^asaora de sa protnedon* Ce eof^>^aéffaibklni enTsya nne dépvlatioD pour lui' demanèMT a'il/serût penûs ena aûnistresy dans le coups da seryice divin, d'offinr leurs prières pour le roi Geerge« Le Cltei^a* lier fit répondre que leur accorder cette permission serait déclarer illégales les prétentions de aa CauiiUe, qu'il avait prie les armes pour soutenir, mais que cependant il donnait sa parole royale qu'aucun ministre ne serait inquiété pour les discours imprudens qu'il pourrait tenir en chaire. Les ministres d'Edimbourg semblent nvoir douté de l'exécution d^ cette promesse, car aucun d'eux ne reprit ses fonctions, à l'exception dn révérend M. Mac-Vicar, ministre de l'Eglise de Touest , qui y officia régulièrement sous la protection des canons dn château. Un grand nombre d'officiers montagnards et de citoyens allaient y assister au service divin, pendant lequel M. Mac^Vicar, non*seùlement priait pour le roi George, mais soutenait ses droits au trône. Quelques partisans de Charles-Edouard lui représentèrent cette conduite comme un trait

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iKiisoleiice impaidonnable; mais le prince leur répondit (jue cet hommeétait un honnête fon, et qu'il ne yonlaitpas qu'on l'inqaiétât. Je Be sais si ce- fat en reconnaissance dn privilège qui lui était accordé qoe M, Mac-Vicar, le dimanche suivant , ajouta à celle ^'11 faisait pour le roi George, une prière en faveur du Chevalier. Elle était conçue en ces termes : Quant au jeune homme qui est venu parmi nous pour chercher une couronné terrestre, puissestvdans ta grâce miséricordieuse lui en accorder une dans le ciell

Beaucoup dHnconvéniens résultaient de ce que les compagnies 4e hanque si'étaient retirées dans le château en y emportant leurs espèces, qui étaient la monnaie c^urtote du pays. Une troisième proclamation invita ces étâblissemens à revenir dans la ville, et à reprendre ie cours ordinaire de leurs affaires. Mfiis les banquiers, de même que les ministres , refusèrent d'écoujter. cette invita^on , et n'accordèrent probablement pas plus de confiance à la garantie qn'elle leur offrait.

Il est temps maintenant de considérer sous un point de vue plus général les effets que la bataille de Preston ou deGladsmuir^ comme les Jacobites préféraient l'appeler, avait produits sur les ^^Giires du jeune aventurier .

Jusqu'à cet engagement, on ne pouvait dire que le Chevalier po^dât un pouce de terrain en Ecosse, à l'exception du sol que GOUJrrait son armée de montagnards. La vicjtoire aVait opéré un changement complet à cet égard, et excepté les châteaux d'Edimbourg et dé Stirling , et les quatre petits forts dans les montagnes , il ne se trouvait pas uné^eule place dans l'ancien royaume de ses ancêtres qui osât méconnaître son autorité, et s'exposer aux sûtes de cette hardiesse. C'était donc une question de haute importance de décider de quelle manière on pouvait profiter de cet avantage splendide. L'opinion de bien des gens à cette époque et même depuis ce temps, et c'était , dit -on , dès l'origine, l'opifiiott' bien prononcée deCharles- Edouard lui-même, était quele coup qui venait d'être frappé à Preston devait être suivi aussi prompte-

X. ns#<|E^e|«ifiit de|tti49VW«ce nom^notur cQodlier oetes «i doire avec d'anciennes prophéties «n Ten qdi parlaient de Gladsmair comiiK} d'an champ de bataille sur lequel les Ecossais seraient

La JMtajIla mmi ikai^ à GU^ttigir ,

disait U Mf7« d^ Bffpkdlhs » ÂaipriaM à ^dia(hqQrg^4t*r«4n4^ aart , ea 1 6x5 .

Oladsmaîr esta ao grand mille du lîea où la bataille fut livrée en i745- Da^s te fait, l'ancien prppbète aérobie avoir montré plu« de jogen»e«t que air J(obnGopodans le clioix d'nn cbamp de ba« taille. Gladsmuir est une grande plaine décoaverte où sa cavalerie aurait pu se développer à l*aise. Oa eer» toaJ««rs surpris qt^'ll ntos^ soit pas arrêté pour attendre les monu gnards , au lien de s'enlenaer à PrestOD comme dans un pare à moutons» et de s^y laisser attaquer. {Kote dt fauteur.)

292 inSTOIRB D'BCOSSB.

ment que possible par une irraption eu Angleterre. Cette mesure, disait-on I ranimerait le coorage des Jacobites anglais, snrpren» drait le gonyemement dans un état d'incertitude, et ayant qu'il e&t fait ses préparatib, et offrirait en un mot la perspective la plus probable d'effectuer promptement une contre-révolution. Cependant, en y réfléchissant mûrement, le prince, d'après des raisons de la nature la plus forte, la plus urgente, fut obligé de renoncer à une entreprise qui conyenait peut-être assez bien à son caractère audacieux. Il ne pouvait s'empêcher de sentir que son armée, après la bataille, se trouvait réduite presque à moitié, at* tendu le grand nombre de montagnards qui, suivant leur cou* tnme invariable, étaient retournés chez eux pour porter à leurs familles le butin qu'ils avaient fait pendant b campagne. Ce n'était pas tout, n était encore privé de l'assistance de Lovat^ de Hac-Leod et de sir Alexandre Mac-Donald , sur lesqueb il avait compté comme sur les prindpanxa ppuis de son entreprise. Ces trois ChefB auraient pu augmenter ses forces de six à sept mille hommes, et avec une telle armée il aurait pu s'approcher des frontières de l'Angleterre avec quelque espoir de frapper un coup important. Hais indépendamment du reste des dragons de sir John Cope, plusieurs régimens anglais , rappelés de Flandre, étaient déjà ani> vés en Angleterre ; et , de même que lors de l'insurrection de 1 7 i 5, les Etats de Hollande avaient fourni six mille hommes de troupes auxiliaires , comme le contingent qu'ils étaient obligés d'envoyer en Angleterre en cas d'invasion. A là vérité, ces régimens étaient principalement composés de troupes suisses et allemandes à la solàe de la Hollande, qui, ayant été faites prisonnières de guerre par les Français, avaient été remises en hberté, sur leur parole qu'elles ne porteraient pas les armes contre Sa Majesté très chrétienne et ses alliés. 11 y avait donc quelque doute qu'elles passent régulièrement prendre part à la guerre civile d'Angleterre. On apprit que le gouvernement français avait fait des remontrances contre leur destination, fondées sur les termes de leur capitula* tion. Mais les lois de la guerre ont leurs sophismes aussi bien que les autres , et puisque ces troupes avaient été envoyées en An^e* tbrre, on ne peut guère douter que, s'y trouvant, ce ne dût être avec la résolution de combattre. Cependant , à une époque postérieure, quand le Chevalier eut dans son camp des auxiliaires tmiif cais , elle» ne prirent aucune part à la guerre. On doit aussi se rappeler qu'en entrant en Angleterre sans être

certain d'y tronyer des amis , le Chevalier devait renoncer à toate chance de recevoir des secours de France, qu'il ne pouvait espérer qn'en petite quantité, par Montrose, Dandee et antres ports sur la côte du nord*est , et qu'en même temps il ne pouvait plus compter mr les recrues qu'il attendait des montagnes , et sur le secours des grands clans qu'il se flattait toujours de voir se joindre à lui.

Les forces anglaises ethollandaises se rétmissaient à Newcastle, sons le maréchal de camp Wade, en nombre déjà supérieur à celui de l'armée rebelle.

Ayant en face une telle force, entrer en Angleterre avec dixhuit cents on deux mille hommes aurait été de la part du Chevalier un acte de démence positive. Il ne lui restait qu'une autre marche à suivre , c'était de chercher à grossir son armée par tons les moyens qui étaient en son pouvoir, et de se mettre en état de continuer son entreprise avant d'aller plus loin.

Dans ce dessein, les revenus publics furent levés de toutes parts, et ron. envoya des détachemens jusqu'à Glascow, dont on exigea cinq mille livres sterling. On fit les plus grands efforts pour réunir les armes qui avaient été prises aux vaiu/cus sur le champ de bataille, et le trésor du prince trouva de nouvelles ressources dans les contributions volontaires de divers inaividus qui , trop âgés ou trop timides pour le joindre, adoptaient ce moyen de lui montrer l'intérêt qu'ils prenaient à sa cause.

Cependant la nouvelle de cette victoire animait les Jacobites dans toutes les parties du royaume, et décida bien des gens qui jusqu'alors éAient restés neutres. — Des officiers furent chargés de recruter des volontaires, et il'sHe firent avec succès. — Beaucoup de gentilshonimes des basses^terres joignirent les rangs des rebelles. — Le général Gordon et Glenbucket amena trois cents hommes de la partie supérieure du comté d'Aberdeen. — Lord Ogilvie arriva avec un corps aussi nombreux de Strathmore et de Meams. — - Lord Pitsligo, seigneur du caractère le plus irréprochable et déjà avancé en âge, se mit en campagne à la tête d'un escadron de cent vingt gentilshommes du nord. — Lord Louis Gordon , frère du duc, se chargea de lever une force considérable dans ses domaines , quoique son frère, découragé peut-être par le souvenir de 17 1 5, eût refusé de joindre l'étendard du Chevalier.

CSes nouvelles forces furent organisées avec toute la célérité poss9>le. On forma deux troupes de cavalerie, auxquelles on donna le nom de Garde. L'une fut placée sous les ordres de lord

Elcho; Fantrei d'abord destinée aa fib de lord Kenmure, qui refusa de rejoindre Tarmëe, fut enfin mise sous les ordres de Tinfor* tunë comte Balmerino. Le comte de Kilmarnock, non moins malheureux j commanda une troupe de grenadiers à cheyal. D'après la première éducation qu'avait reçue ce seigneur , on n'aurait guère dA s'attendre à le voir prendre les armes pour une cause qui lui coûta si cher. En 1715, n'ayant encore que douze ans, il prit les armes avec son père en faveur du gouvernement, à la tête de mille hommes que l'influence de sa famille avait levés dans le comté d'Argjle. Il jouissait aussi d'une pension que lui avait accordée le gouvernement de George II. Hais sa femme lady Anne Livingston, fille de Jacques, comte de Linlitbgow et de Callander^ était une zélée Jacobite, et l'on suppose qu'elle convertit son mari à cette malheureuse foi. Lord Kilmarnock se trouvait en outre dans des embarras pécuniaires , et son ambition fut éblooio par l'éclat du succès qui couronna les armes du prince à Prestou, et le porta à faire la démarche qui lui coûta la vie. M. Murray^lese* crétaire d'Etat, voulant coihmander au militaire comme au eivil, réussit en partie à lever un régiment de hussards , destiné au service de la cavalerie légère , et qui fut commandé sous loi par le lieutenant-col<Aiel Bagot, officier irlandais au seryicedela France.

• Tandis que des recrues d'un rang distingué joignaient ainsi l'étendard du Prince, son camp à Duddingston prenait un air plus régulier et plus militaire. On obtint des miontagnards, avec quelque difficulté, qu'ils occupassent les tentes qui étajfnt tombées en leur possession à Preston ; mais ils déclarèrent qu'ib ne lé faisaient que par respect pour les ordres du prince; car ce peuple endura préférait rester en plein air, même à la fin d'un automne d'Ecosse. Les tentes étaient dressées avec fort peu de soin , et elles n'étaient qu'à demi habitées, ce qui donnait au camp un aspeot extrêmement irrégulier.

On peut remarquer ici qu'au total la conduite des montagnards fut exemplaire. A la vérité ^uel^ques vols furent conuais dans les environs d'Edimbourg par des gens portant le costume des mou* tagnes et une cocarde blanche, notais on fat convaincu qu'ils avaient été commis par des voleurs ordinaires qiil avaient pris l'uniforme 4ês trouves du Piînce pour se dégniser. Les mont^guards s'en* hlièrent pourtant en quelques occasions, et menacèrent dts ci* ipyens deleiirs mousquets pour en ext^r^pier de Targent^maisk

modicité de leur demande faisait mi étrange contraste ayec les, démonstrations effrayantes qui l'accompagnaient : elle se bori^ait en géuéral à un sou, circonstance qui prouve d'une manière twien forte la simplicité de. ce peuple singulier.

La cour d'Holyrood, dans ces beaux joursdajacçbitismey était tellement fréquentée par une foule de persopnes de distinction y qu'on aurait presque pu supposai que la restauration avait déjà en lieu. Le beau sexe surtout était ébloui par la hardiesse de l'entreprise d'un .prince jeune et bien fait qui avait obtenu un suoeès si inespéré; et les jeunes gens» pour peu qu'ils fussent disposés à adopter les sentimens politiques du beau sexe , trouvaient difficile d'avoir une opinion différente. Aux yeux du public , le jeune Chevalier , soit par politique ^ soit par suite d'un caractère naturellement bon, ne montrait ^piedes sentimens honorables et généreux, et l'on faisait Circuler nombre d'anecdotes propres à le faire valoir. On disait, par exemple, que tandis que Charles traversait Je champ de bataille de Preston, un (rfficier.luiayant désigné lescorps qui y étaient étendus comme étant ceux de ses ennemis, il avait répondu qu'il ne voyait qu'avec regrettes corps desujetaégarésde 6on père. Un fait plus certain,, c'est que lorsque le Chevalier eut f ait piroposer à la cour de Londres un^ cartel pour l'échange des prisonniers , et que cette proportion eut été refusée , on lui conseilla fortement de regarder les prisonniers anglais qui étawit entre ses mains oomme^des o^ges qui lui répondraient de la lôe de ceux de ses soldats qui pourraient tomber au pouvoir de 1^nemi. Mais Charles-Edouard rejeta constamment cette proposition, déclarant qu'il ne coi)ivenait pas à un prince de £iire une menace qu'il n'avait pas dessein d'exéoater , et que jamais , poiir quelque cause que ce pût être, il ne condamnerait à mort de sangfroid des hommes dont la vie avait été ^ar;^née dan&la chaleai* cfe l'action.

Après son retour de Preston , Charles trouva une autre occasion de prendre le même ton de générosité, il avait établi un blocus autour du château de la ville. Le seul inconvénient que oette mesure pouvait causer à la garnison , était de la priver de provisions fraîches y car le château était abondamment af^provisionaé âesaIaisons« Il n'y avait donc guère d'îapparence qu'on, pût réduire par fsumne une place si forte ; et le gouverneur &'inqniéta.peu d'nne proclamation qui défendait ^ sous peine de mort^ de porter aacune provision au château* Quelques opups deieu tûnés snr les

196 HISTOIRE D'BGOSSB.

montagnards qni formaient le blocns, farentla senle réponse qu'il fit à cette insulte. Cependant , an bout de quelques jours , le général Preston , gonyemeur de la citadelle» envoya un message au lord-prévôt et aux magistrats, pour leur déclarer qu'à moins qu'on ne rétablît les communications avec la capitale , il ferait tirer le canon sur la viUe; et la réduirait en cendres. Quand cette menace fut conununiquée au Chevalier par les citoyens effrayés, qui lui firent part de leurs craintes , il leur répondit que rien ne serait plus injuste que de rendre la ville responsable des actions d'une force armée sur laquelle elle n*avait aucune autorité; qu'on pourrait, par un raisonnement semblable, le sommer d'évacuer la capitale, ou de renoncer à tout autre avantage, en employant la menace de détruire la ville ; par conséquent , il ne pouvait permettre, en cette occasion, à sa sensibilité, de rien changer à la marche qu'exigeaient ses intérêts. Mais, pour intimider le général Preston, le Chevalier le fit avertir que , s'il faisait feu sur la viUe, il ferait, par représailles, brûler de fond en comble la maison du général Walleyfield , dans le comté de Fifo. L'intrépide vétéran méprisa cette menace, et i^pondit que si l'on touchait à Walleyfield, il donnerait ordre aux bâtimens de guerre anglais qui étaient dans le Frith, d'incendier le château de Wemyss, construit sur un rocher avançant dans la mer*. Ce château appartenait au comte de Wemyss, dont le fils afné, lord Elcho, se trouyait dans le camp du Prince. Heureusement on n'eut recours, ni d'un cdté ni de l'autre , à un genre de guerre fait pour augmenter l'aigreur mutuelle ; et le général Preston , cédant aux prières des habitans de la ville, promit de suspendre la canonnade, jusqu'à ce qu'il e&t reçu des instructions de la cour de Saint-James.

Cependant quelques difficultés étant survenues sur l'interprétation de cette espèce d'armistice, le général Preston, exéccitant sa menace, fit tirer sur la ville. Ce fut une scène de confusion ; la -garnison du château fit une sortie pour déloger les rebelles de ~ quelques postes qu'ils occupaient près de la forteresse; la mi- ""traille balaya les rues, et il en coûta la vie à plusieurs personnes, ^lant habitans de la yille que montagnards. On dit que le g'onvertieur se porta à cette démonstration hostile pour déterminer l'armée insurgente à rester devant la citadelle , et qu'il fit même tomber à dessein entre les mains des chefs des rebelles des lettres où l'on exprimait la crainte d'y manquer de provisions, de manière à les confirmer dans le dessein de continuer le blocus. Ce«

pendant Charles , ëma de compassion pour la détresse des habitansy ou affectant d'en ëprouyer, ordonna qu'on rouvrît les communications avec le château , et par conséquent la canonnade cessa.

Cette conduite de la part du jeune aventurier était auss) poli* tique que généreuse. Mais au milieu de cette apparence de douceur et de libéralité, il existait des dissensions particulières qui rendaient les opinions et les principes du iChèyalier moins agréables à quelques-uns de ceux qui s'approchaient immédiatement de sa personne, qu'à ceux des partisans qui ne voyaient les évènemens que de plus loin. Pour les faire connaître, j'indiquerai la manière dont ses conseils étaient conduits, en empruntant le récit de lord Elcho.

— ' Le prince forma un conseil qui s'assemblait régulièrement tous les matins dans son salon. Les gentilshommes qu'il y appela furent le duc de Perth, lord Louis Gordon, lord George Murray, lord Elcho, lord Ogilvie, lord Pitsligo , lord Nairne, Lochiel, Keppoch, Clanranald, Grlencoe, Locbgarry, Ardshiel, sir Thomas Sheridan, le colonel (ySullivan, Glenbucket, et le secrétaire d'Etat Murray. Dans ce conseil, le Prince avait coutume de donner toujours son avis le premier, et alors il demandait tour à tour l'opinion de chacun. Les principes du tiers de ce conseil étaient que les rois et les princes ne peuvent jamais rien faire qui soit mal, rien proposer qui ne soit à propos ; par conséquent ceux qui formaient ce tiers étaient toujours de Tavis du prince; les deux autres tiers , qui croyaient que les rois et les princes pensaient quelquefois comme les autres hommes, et n'étaient pas tout-à-fait infaillibles , et que le prince Charles ne Fêtait pas plus que les autres, lui demandaient la permission d'avoir une opinion différente, quand ils pouvaient alléguer des raisons suffisantes pour justifier cette différence. Il arrivait souvent que cela n'était pas très difficile, car comme le Prince et son ancien gouverneur, sir Thomas Sheridan, ne connaissaient rien aux usages et aux coutumes de la Grande Bretagne, et que tons deux professaient la maxime du pouvoir monarchique absolu, ils auraient souvent, si on ne leseneiit empêchés , commis des erreurs qui auraient pu'tiuire à la causé. LePrince ne pouvait sans déplaisir entendre une opinion différente de la sienne, et il concevait de l'éloignement pour ceux qui en exprimaient une ; car il avait dans l'idée qu'il pouvait commander cette armée comme un général commande un corps de

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troupes mercenaires; et qtie par conséquent il n'avait besoin qne de faire connaître ses ordres pour attendre qu'on lui obéit sans faire plos de questions. La chose lui e&i été plus facile si ses favoris eussent élé des hommes du pays; mais c'étaient des Irlandais : ils ne couraient aucun risque; les Ecossais de distinction, qui avaient tout à risquer, et que par conséquent on devait présumer disposes à donner d'aussi bons avis qu'ils le pouvaient , croyaient an coutraire avoir droit d'être informés de tout , et d'être consultés surce qu'il y avait à faire pour l'avantage d'une cause au succès de la< quelle ils étaient tellement intéressés. Quand le Prince trouva qae ses opinions n'étaient pas toujours approuvées, il aurait volontiers supprimé ce conseil beaucoup plus tôt qu'il ne le fit , si l'on n'eut fortement insisté pour qu'il le maintînt.

Un gentilhomme d'Edimbourg envoya un jour unç pièce très bien rédigée pour être lue dans le conseil. Le Prince , après en avoir entendu la lecture , dit qu'il était au-dessous de sa dignité d'entrer dans de pareils raisonnemens avec ses sujets, et ordonna qu'on la mît à l'écart. Cette pièce fut pourtant ensuite imprimée sous le titre de Déclaration da prince au peuple anglais , et on la regarde comme le meilleur manifeste qui ait été publié en ce temps ; car ceux qui furent imprimés à Home et à Paris ne forent pas considérés comme, convenant au siècle actuel.

Le Prince nomma un comité pour procurer des fourrages à l'armée. II était composé de lord Elcho , président ; Graham de Duntroon , qu'on appelait lord Dundee ; sir William Gordon de Park, Hunter dé Burnside, Haldane de Lanark et son fils, M. Smith et M. Hamilton. Ce comité expédia des ordres à tous ceux qui avaient dçs emplois du gouvernement, pour qu'ils eussent à envoyer, tel jour, telle quantité de foin, de paille et de grains, à peine d'exécution militaire s'ils n'obéissaient pas. Mais les ordres furent très ponctuellement exécutés.

Des cours martiales siégeaient tous les jours pour maîneenir la discipline de l'armée, et quelques délinquans furent punis de mort.

Tandis qu'il exerçait à Holyrood une hospitalité digne d'un prince, qu'il donnait des festins à ses partisans les plus distingués, des bals et des concerts à leurs dames, dent la duchesse de Perth etlady Ogilvie étaient les plus remarquables, Charles-Edouard n'en continuait pas jnoins à s'occuper de tous les soins qui ceaviennent à un général prudent ; il visitait son camp presque tons les jours, taisait faire l'exercice à ses troupes , les passait ai

TROiSiEMB SBH». ^i9»

revue 9 et couchait quelquefois dans le camp, sans ôter seshiibks.

Pendant que Tadministration intérieure des affaires civiles et militaires du prince était réglée de cette manière, on s'occupa sans perte de temps à solliciter des secours partout où l'on pou- Tait en espérer. Aussitôt après la bataille de Preston , le ^nee avait, envoyé en France un agent coniidentieL L'individu à qui cette mission fut confiée était M. Kelly, dont nous avons déjà parlé , comme complice du complot de l'é vaque de Rocliester. Ses instructions étaient de faire valoir la victoire de Preston autant que possible aux yeux du roi de France et. de ses ministres , et de leur représenter combien l'entreprise du Prince promettait de réussir s'il obtenait des secours efficaces de Sa Majesté très chrétienne. Cette mission ne fut pas tout-à-fait inutile, quoique Ton paisse douter que le ministère français ait regardé cette occasion comme aussi favorable qu'on la lui représentait. Des navires furent M* voyés de temps en temps en Ecosse avec des secours en armes et en argent, mais en petite quantité* Un de ces b&timens arriva à Montrose, apportant cinq mille livres sterling en argent, et des armes pour deux mille cinq cents hi^mmes. A bord de ce vaisseau se trouvait M. de Bo^er, nommé marquis d'Aiguilles, fils d'on président au parlement d^Aix , et un ou deux ofiiciers ayant des relations avec ceux qui avaient déjà pris part à cette entreprise.

Le Prince reçut le marquis d^ Aiguilles avec un céréknonial étudié, affectant de le considérer comme un ag^t accrédité du xoi son maître. Le Chevalier donna aussi à entendre que le marquis lui avait apporté des lettres du roi de France, qui lui promettait son assistance ; et il assura plus positivement encore que son frère Henri*Benoît, qui se nommait duc d'York, devait être envoyé incessamment en An^leterre^ à latâte d'une armée française. Ces nouvelles exaltèrent au plus haut point l'ardeur des insurgens ; car one tentative d'invasion devait si évidemment entrer dans les vues politiques de la cour de France à cette époque^ que personne n'éprouvait la moindre difficulté à y croire..

Trois autres navires arrivèrent encore de France à Montrose et à Stonehaven. On reçut en cette occasion un train d'artillerie composé de six pièces de canon de quatre livres de balle, et chaque bâtiment apportait eii outre des armes poursdeux mille cinq cents hommes^ et mille livres sterling. Quelques officierB irlandais arriverait à bord de ces vaisseau. Pour èmpèeh«rde ttUe$ coBimnpicaiîopa, Fanf^al. %ag entra dans le VtiÛL de

Forth ayeo qnatre <m cinq bâtimens de gHerre, ce qui obligea la cavalerie des insargens à faire des patrouilles noctames le long des c6tes.

Pendant ce temps le Prince ne relâchait rien de ses efforts pour étendre l'insurrection en Ecosse. Nons avons déjà dit que Mac- Pherson de Clany avait été foit prisonnier chez loi par les sddats du Prince, et conduit à Penh comme captif. A son arrivée dans cette ville, il fat remis en liberté, en prenant les mêmes engagemens que les clans qui étaient déjà sous les armes^ En conséquence, dès qu'il fat de retour en sa maison de Badenoch, il convoqua ses vassaux , et conduisit trois cents Mac*Phersons sons Tétendarddn Prince, à Edimbourg.

Mais quoique Clany, gendre de Lovât , eût ainsi pris son parti, ce vieux Chef astucieux hésitait encore, et conservait toujoon le masque d'une fidélité prétendue à George II. Charles-Edouard correspondait avec lui par le moyen de son secrétaire, Hugues Fraser, et de Mac-Donald de Barrisdale, partisan qui affectait particulièrement les anciennes mœurs des montagnards , et qu'on au[qM>sait, pour cette raison , devoir être agréable à Lovât. Charles se servait de ces agens pour stimuler l'ambition de Lovât par tons les moyens qu'il pouvait imaginer ; et tout en feignant dereoevoir comme argent comptant les prétextes que le vieillard alléguait pour s'exchser de tarder si long-temps à se déclarer, il le pressait vivement de réparer le temps perdu, en levant son clan sur-lechamp.

Lovât hésitait pourtant encore. Le président Forbes avait sor lui cette espèce d'ascendant que les hommes dont les principes sont honorables et décidés exercent ordinairement sur ceux qui sont rusés et sans conscience. Lovât fut donc ainsi porté à adopter une marche politique tortueuse, s^efforçant de donner sous main au Chevalier tous les secours qu'il pouvait, sans risquer, comme il l'espérait y de se faire accuser de rébellion. Tandis qu'il Ciisait au président de vaines protestations de zèle et de fidélité pour le gouvernement, il entretenait avec le prince une correspondance secrète, et l'assurait d^un dévouement aussi insignifiant ; sans prendre une part active à la querelle, il cherchait à vivre en bonne intelligence avec les deux partis, jusqu'à ce qu'il pût se^ rendre assez important pour être en état , avec sespropres forces , de faire pencher la balance en faveur de Tun ou de l'antre.

La vacillation et la duplicité de lord Lovât étaient d'autant plus

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fiicheases pour la cause qu'il finit par adopter, que son ezempl» perdit tout le poids qu'une résolution décidée aurait eu sur ceux qui le regardaient comme un modèle de prudence et de sagesse. On assure généralement daus les montagnes que si Lovât eût pri» les armes au commencement de l'entreprise, les deux grands Chefs» sir Alexandre Mac-Donald de Sleat et Mao-Leod de Mac-Leod, en auraient certainement fidt autant. Les forces, de ces trois Chefs auraient presque doublé celles que le Chevalier avait réunies de différons côtés ; et l'on peut assurw, sans craindre de trop s'a* Tancer, qu'à la tête d'une telle armée le Prince aurait pu risquer d'entrer en Angleterre aussitôt après la bataille de Preston, et Toir quelle impression il aurait pu faire dans ce pays quand sa victoire brillait encore d'un éclat récent. Mais le plan de Lovât était -d'employer d'une manière bien différente Tinfluence qu'il possédait sur ces Chefs insulaires. Son projet était de réunir leur» vassaux de l'île, de Skye et autres aux Mae-Phersons soius le corn* inandem^ntde Clnny, aux Mac-Intoshs, aux Farquharsons et aux autres branches du clan de Chattan , sur lequel il avait beaucoup d'influence; de former ainsi dans le nord, au défilé de Cor*ryarrack, une armée qui aurait probablement monté à cinq ou six mille hommes, et qu'il aurait pu, à sdn choix , employer d'une manière décisive à assurer la restauration des Stuarts ou à étouffer la rébellion criminelle contre le roi George, suivant ce qui aurait le mieux convenu aux intérêts de Simon Fraser, lord LoTat.

Il entrait évidemment trop'4'égoïsme dans ce plan pour qu'il pût réussir. Les deux Cheb, Mac-Leod et Ma&Donald de Sleat ^ obtinrent connaissance du désir qu'avait Lovât de tirer parti de leur pouvoir féodal et de leurs forces , et ils jugèrept à propos de s'assurer à eux-mêmes le prix de leurs services. La conduite ani* bigQë et les délais de Lovât les portèrent à prêter l'oreille aux conseils plus sincères et plus profitables du président Forbes , qui les exhorta à employer tous les moyens possiUes pour empêcher leurs vassaux de prendre part à la rébellion , et qui enfin les détermina à les rassembler en faveur du souverain qui oiccnpait le trône.

Lie président était muni de moyens de persuasion plus puissans que de simples paroles. Le gouvernement ayant mis à la disp<mition de ce magistrat actif et intelligent ,, comme nous l'avons déjà dit , cent commissions de compagnies indépendantes , il se trouvait

par là eM ten d^ftngiiMBlflr encore son infeence paràii les mon* gnard^i eDlesdistribseal aux dans qoi étaient disposés à prendre les âmes en faveiir dn ^ovverneineBt. H réussit à faire accepter à sir Alexandre liIac*Donald et à Mac-Leod qnelqaes-anes de ces COBMÛssioniS; el quand Alexandre Mac-Leod de Mairayonside, aincire partisan da GheTalier, arriva dans i^iie de Skje pôar les engager à se joindre an PrincOy illreàta qu^ils avaient déjà pris «vec le parti ennemi 4es arrangensenobeaQcoap ph» positifs qu'on n'anrait en la moindre raison de le supposer, d'eprès les principes qu'ils avaient professés jusqu'alors. Les autres Chefs

Lquek les commissions furent distribuées furent lord Seaforth, le cenle de ^utherland , lord Reay , snr Robert Monro de Foulis , le Maître de Ross et le laird de Grant. Les compagnies qui forent levées en vertu de ces commissions reçurent ordre jde se réimir à lavemess; et ainsi wie armée royaliste fut sar le pied dans le nordi vers la fin d'octobre , inquiétant les derrières des rebeAes » tandis que les forces croissantes du marécbal de Wade menaient de leur ôier tonte possibilité de tenter une invasion en Angleterre,

La défection de Mac-fionaU et de Mac-Leod^ avorter le pFan de lord Lovât pour assemMer une .armée de montagnards à Corryarracky et l'on aurait pu s'attendre à le voir forcé de se déclarer ^mvertement pour l'un ou l'atitre des deux partis. 'Maïs, ingéitieux à se tromper lui-même^ le vieillard astucieux s^imagina àToir trouvé un moyen de donner à Charles*Edouard des secours qui l'aideraient grandement dans son entreprise, en évitant lui-même tonte responsabvU^é personnelle.

Ce moyen, qu'il finit par adopter, était que son fils àînéy le liaitre de Lovât, joignit le Prince avec septàhnit cents de ses vasaanklesnûeux i»nnés et les plus belliqueux, et se chargeât seul du crmse de rébelfion, tandis que* lui, son père, i^esterait chez lui, affectant de garder la neutraiftéentsé les deux partis, et évitant 4e prendre une part ostensiUeàl'insnrrection. iWéme après avoir adoptéoe projet dénaturé dese préserver Iiir-méme de tout danger enseservant de son fils aîné, commeie singe delà patte du' chat, le vieux lord eut encore tant de doutes et mit tant de délais à exécuter œtle résolution, que lé Maître dé Lovât, qui était plein d'honneur et de courage, versa des larmes de rage et d'indignation en voyant les intrigues ténébreuses et perfides dans lesquelles il se trouvait impliqué, cl' jeta au feu la cocarde blanche que son

TROISBBMS 8BRIE. 303

père Ini ayattoriomi^depTeiiérey et qu'il ne voulait pas encore loi permettre de montrer sar le champ de bataille.

Qoand Lovât adopta enfin la résélntion de iaire marcher son fils avec la meiltéare partie de son dan ponr renforcer Fârmée de Gfaarle«|Edo«erd, résolntion qn'8 n^adopta qu'après avoir beaiK coup hésiré, et non sans quelques pressentimens fâcheux, il inm* ^ina, avec la finesse qui le-caractérisaît , un prétexte pour leftnre partir. Il préieodit que quelques-uns des dans rd>elles tfvaient enlevé de son pays une grande quanfitéde bettia«x> et ^neie Makne de Lovât était obligé de partir pour les recouvrer. H assura même ensuite qpe, s'étant avancés trop près de fermée insur^ gente, les Frasers avaient été contraints pai* la twteée se joindre à elle. ,

11 est singulier combfen Pascuce de Lolr^ répisniit mal à son attente. Il avait sans doute désiré aider eMcacement la cause de l'insurrection , car il ne pouvait guère sé flatter- d'en ùnposer à son voisin le lord*président par son apparence de neutraUlé, et^ devait oraindre qu'on ne lui demEandiimn eotoptesévère de sa eon* duite, si la tranquillité se rétabliésaitscHisl'^ncieiigouvenieDMBt. Et cependant , malgré l'intérêt qu'il prenait au succès de Charles, il retarda Injonction de èon ffls avec les forces des insurgens , de manière à priver le Prince du secours des'Fra6ersdà!ns^sawait!lie en Angletcrrey qu'il avait commencée awunt «que Iclia^e do

' Lovât se mit en chemin vers le sud. C2e délai isngugea ce jeune homme à s'arrêter à Perth , on fl rétinit son corps à> d^MHflpes ren» forts destinés à l'armée de Charfes» Ainsi la- psifitîque indéeiae de

^ lord Lovaft , en le portant à aider la eauMée Canaries de manière à se eomfNromettire lui-même aux yeux du gouvernement , Vtm* gagea en même temps à diflërer et retarder son- secours jusque après répoque ou cette assistance aurait pu être réeUemeht n^e» Le Chevalier connaissait fortl>ien toutes les difSeiâtés'deea'sî» toutioB ; et n'ayant .pas dessein de rester à BdimlMMirgy éfmâa» Mar à Pérfh., tandis qu'elles s'accumnhiettt aintomp de 4tf», i^ se disposa à supj^éer par son activ!ité- à ce qui lui manqimit du èèté • dunembre. Ayant doneréuyH*tous4ési>enforté qt/il pouvais réi- ^ somiablement attendt^Ci il: informa tout à eoi^ son oiociseit^'fl avait desseht de marcher sur Newcastle, et dé l&wer hutaâlle^au maréchal Wade, qui , il en était convainoUy foÉraÉ 'devant lui. Cette proposition semble lui avoir été entièrement mspirée parce caractère ardent qui lui avait fait concevoir la première' idée dé .

ao4 msTOiRB vfloosâk.

ton enlreprite. Les ooartûatui de son père, qui se disputaient à qui professerait le mieux la doctrine de Tobéissance illimitée , loi avaient fait croire de bonne heore qne la cause de son père étant celle d'nn monarque banni ctt victime de Fi^jastice, éuit aussi celle du ciel, et que le ciel ne manqnerait pas de le pip^ger s'il faisait valoir hardiment les droits que la Providence loi avait ac* oordés. 11 croyait que l'opinion de ses snjets d'Angleterre était la même que celle dans laquelle il avait été élevé* La manière dont la populace d'Edimbourg Tavait accueilli , la victoire inattendoe et décisive qu'il avait remportée à Preston, lai faisaient espérer œ succès avec plus de confiance «que jamais ; et il était fortement persuadé que même les soldats anglais soudoyés hâteraient à se servir de leurs armes contre leur prince légitime.

Ces se^timenSr quoiqu'ils pussent convenir à un prince né et élevé comme Charles-Edouard, avaient quelque chose de trop vague et de trop visionnaire pour obtenir l'approbation de son conseil.

A sa proposition d'entrer en Angleterre, on répondit que son armée, après tous les renforts qu'elle avait reçus, ne consistait encore qu'en cinq mille cinq cents hommes, nombre bien au-dessons de celui qui swait nécessaire pour forcer les Anglais à le reconnaître pour leur souverain ; qu'il serait donc assez temps de mar* cher vers ce jMiys quand il serait invité par les amis qu'il y avait » soit à les joindre , soit à faciliter leur soulèvement. On lui rq^résenta ensuite que le maréchal Wade iqrant rassemblé à Newcaitle la plupart des troupes anglaises, et celles qui élaient récenunént arrivées de Flandre , dans la vue d'entrer en Ecpsse , il valait mieux le laisser avancer que de marcher à sa rencontre ; car , dans le |Hremier cas , il.devrait nécessairement laisser l'Angleterre sans défense et exposée soit à une insurrection des Jacobites, soit à la descente d'une armée française, ce que le marquis d'Aiguilles et le prince lui-même semblaient attendre tous les jours. A ces argo* mens , le Prince répondit seulement qu'il ne doutait pas que les forces auxiliaires françaises ne fussent débarquées avant qu*ileût passé la frontière ; et qu'il avait i Londres et ailleurs un parti nombreux qui le recevrait comme le peuple d'Edimbourg l'avait reçu. Les membres du conseil ne purent que répondre qu'ils le désiraient , et ils te séparèrent pour la nuit.

La discussion se. renouvela le lendemain malin , et le Prince Inroposa de nouveau d'entrer en Angleterre et de combattre le

ïiOISimK SKRIB. S05

général Wade. Gomme il yit qae le conseil n'était pas d'nne hnmeor plus complaisante qae la veille , il ne parla pins de sa proposition principale , et se borna à proposer de marcher vers la frontière 9 afin de tenir, les tronpes en haleine et de les exercer. Cette progipsition n'^ronva ancone opposition ; et des ordres furent donnés pour qne Tarmée ûe préparât à se rendre à Dalkeith , et à se mettre en marche an premier ordre.

Dans la soirée du même joor , le Chevalier, ponr fat troisième foisi soumit à ses officiers , alors réunis dans son appartement, sa proposition de marcher sur Neweastle. Anx objections qui lui avaient déjà été faites, il répliqua ; — Je vois, Messieurs , que Yons êtes déterminés à rester en Ecosse et à défendre votre pays ; mab je ne suis pas moins résolu à tenter la fortune ^en Angleterre, dnssé-je y aller seul.

Etant enfin bien évident que le Prince avait pris son parti, et ne pouvant se refuser à prendre part à son projet sans mettre sa personne en danger et sans faire échouer toute l'entreprise, lord George Murray et d'autres conseillers cherchèrent à trouver quelque moyen terme entre leur propre* plan de rester en Ecosse, et celai du prince de marcher directement vers Neweastle pour combattre le maréchal Wade. Lord George Murray proposa donc que, puisque l'année devait entrer en Angleterre , ce fût par la frontière occidentale, et non pas du côté de l'orient. Il calculait qu'en agissant ainsi ib éviteraient une collision trop prompte avecTarmée anglaise , ce qu'ils avaient intérêt à différer , et ils donneraient «i même temps aux Anglais le temps de s'insurger et aux Français celui dé faire leur débarquement , si les uns ou les autres étaient disposés à agir d'après ce mouvement. Si, au contraire > lemaréchid Wade traversait le pays en se dirigeant versCarlisle ponr leur livrer bataille , il ne pourrait le faire qu'an prix d'une marche fatigante dans un pays montagneux , tandis que les Highlanders combattraient avec avantage sur des montagnes sem- Uables aux leurs. Le plan d^une marche à l'occident ne fut pas adopté sar»le-champ ; cependant le Chevalier y consentit enfin, plutôt que de renoncer à son projet favori de s'avancer vers le sud. .

Le 31 octobre 1745 , Charles-Edouard sortit d'Edimbourg à la tête de ses gardes et de la cavalerie de lord Pitsiigo. Ils se rendirent à Dalkeith , où ils furent joints par les autres corps de l'ar-

ao

net ▼enant da oamp im Daddingston «t d'aatres côtfs. Là , Far* méa ie sépara an deux divisions.

L'une était composée de la brigade d'Alboki des réginens d'infanterie de Penh , d'Ogilvie » de Roy-Stnart et de GleiibaGfcet;de la caralerie de Kilmamock et des hussards, avec tonsJjBslMga^ et Tartillerie* Cette diYision était commandée par le duc dePerth, et elle prit la route de Garliale^ du cdté de Toooidc&t. A Eed» fecban, lesnauyais état des routes Tobligea à laisser eh arrière une partie du bagage; et quand elle eut passé, les haUtansde Dnmiries en prirent possesaîon*

La seconde division de Tannée montagnarde consistait jum* paiement en trois régimens de Mac-Donalds^ ceux de Gleagairj, de Clanranald et deKeppoch, aveu la cavalerie d'filoho et de Pitsligo. Le Prince commandait en personne ce'tijs diviMn. Le^no* Yembre ^ après avoir fait halte à Kelso pendant deux joun^ <Ae marcha vers Jedbourg en tournant vers Toiiest* La premiers démonstration vers le levant avait eu pour but de donner Vakrme an maréchal Wade, et de l'empêcher de prendre des mestinspoof marché vers Garlisle, qui était le véritable point d'attaque. I^ lundis, le Prince ayant traversé Hawick et Hàggiehasgbypnt son poste an village de Brampton , en Angleterre, dans ie dessein de faire face à Waders'il tentait d'avancer de NewcastkTen CarUsle.

Pendant ce temps, la colonne sous les ordres da duc de P«A} composée principalement de régioseiM des basses terres , de eaTi* lerie et d'artillerie, s'avançait plus à l'ouest, et arriva detant Carlisle* Cette ville avait été long-temps la principale forteresse d'Angleterre sur la frontière occidentale, et phu d'une «nn^ écossaise l'avait autrefois inutilement assiégée. Sous Id règne d'B| lisabeih , on avait ajamé de nouvdles fortifications aux mts (f l'entouraient, et.4ui avaient été construits sOus Henri YIB* ^ château, élevé sur une hauteur escarpée, était entouré d'oo fc^ profond sur le seid point par eu il ttt aeeessâ>le. 11 était tics vsr den , mais fort par sa position et par Fépaisseurde ses marailk^ Enfin quoique Carlide ne fût, sens aucun rapport, en étstdesou* tenir un siège régulier, cette place pouvait défier les efforts l^ ^nemi qui n'ayait pas de canons d'un plus fort calibre qu«^^ boulets de quatre livres. La désertion d'im grand nombre de leurs soldatsîèta le déeM*

nomsiii sBRii» 107

ragettent {Mumi les Chefs montsgnardsé LlnTMÎdii en l'Anglttsrre n'était pas wi% mesure populaire parmi Jeitrs (i*oej^« Les montagnatds attaôhaient à ce mouTement Viàénê saperstitiêiisede ^Iqae malheur qui devût nécessairement leiir ailrirSr en pabsant la frontiàre» QuancU'armée in Prinee partît de Dalkeîth , die était forte d'enyiron cinq mille cinq cents hommes, et l'on ^onlà qae la désertion loi en avait fait perdre on millier qaatid les dMK cdranes arriTèrent^ Pane à Brampton^ Tantre sonë ies^mnts de GarlislB»

Cette tille montra la rësolntion de se défendre. Le maire ^ nommé Pattieson^ prit la peine de publier tme prDelalnatienpoiir informer les citoyens qu'il n'était point un PsierSony un 'Soessaiai mais un Pattieson , tin véritable Anglais, déterminé à défende la Tille jusqu'à l'extrémité. Le commandant du châtieiatt ^ Aommé Di^ randi qui avait été nommé depuis peu i .ëe poste imperUmi, fit anssi oônnattre son inteiitièfi de défendre cette ^laoe ifiipeitante« Le duo de Peith , ^td comlntodait la eolonne de droite de l'ar* mée du Prinee > Jtigea nécessaire ^ malgré oès titednstanécls ûéb^ wrablès^ de eheriibê^ à réduire Êatlisle. n ouvrit donc une trttn» ehée à l'est de là vilte $ et detl^L jonrs aprèS) il cominen^ à étabUtf nn« batterie. En vojMt ces j^éparatifs , la ville de Oarttde et son vaillant maire désirèrent de capituler; Le due de Pertih refoéad'^* Govter uÉcunë prepositien) à moins que le château ne se rën^fe anséi, mais il leur aêbordâ lin délai raisonnable pottt délibéreri Le résnltàt te fM qu« la Ville et là citadelle se rendilnMrt , à Condition ^ue les privilèges dé la cité lui seraient conservés ^ et qtué la garnison , principalement composée de troupes de milice, attrait la permissicHi de sortir de là VQle i après aToit Irendu ses artt^ et ses tltevàti^ , sons la promfeése de ne pas portet les artne^ contt*ë le Chevalier pendant l'espace d'nn an. Cette capitulation fat si* gnéè par le dUc de Péirth et le colonel Durand , dont la défense Wê Aolt jpas tivoit été bien ferihidable , puisque , (lendant k courte d«* rée de éè sié^é , les àssiégéans n'eurent ^'nn homme de tné et un autiiB de blessé.

l.b It novembre, le Prihee fat ttné entrée triompbant^danslé ville de Calrtisle; Lés habitahH -, qtti n'étaient pas MvtMblemmii disposés pour éa èàu^ , le irëçtirent avec froideui*. Cependant ilt ne purent ^empêcher d'exprimer leuir reconnaissance de l'indul^^ gencto avec laquelle ils avalent été traités par le duc de Perth , d6nt là tondtiite à lenr égàtd ^ait aé généreuse et libérale; Lemh»

308 mSTORK DIGOSSE.

expressions de gratitode, et celles de satisfaction qaele Prince se erat obligé d'adresser an dnc , nuisirent (K^runt à sa canse, en nourrissant I|i jalousie qui existait entre lord George Mnrray et le dnc de Perth. Nous ayons déjà dit que leur discorde avait pris naissance presque à l'instant où ces deux seigneurs avaient joint l'année du Prince à Perth , et que le secrétaire Murraj avait cherché à aenrir son ambition personnelle enfaTorisantles prétentions du dnc , qtfil trouvait facile à manier , et disposé à adopter ses idées * au lieu que lord George Murray, quoique doué de talens militaires plus élevés , était brusque et hautain , et ne se faisait an* onn scrupule de combattre les opinions du prince Im-méime, et encore moins celles de son secréuiae favori.

Une sorte de jalousie existant ainsi entre ces deux hommes éminens, lord George considéra la préférence donnée au doc de Perth pour commander les opérations du siège de Carliste comme une u'snrpation de ses droits. Il regardait aussi , ou semblait regarder la religion catholique que le duc professait comme devant empêcher qu'il ne jouit un rôle qui Le mettait tellement en vaedans cette expédition. Cédant à J'influence de ces idées , il écrivit an Prince pendant ce siège une lettre dans laquelle il loi disait qn'il Toyait avec peine qu'il ne possédait |mis la confiance de Son ^tesse Royale^ puisque, quoiqu'il fAtlieutenant^néral, d'autres étaient employés de préférence à lui ; que , d'après ces motifs , il croyait qu'il rendrait plus de services à Son Altesse Royale comme volontaire que comme officier général , et qu'en conséquence il priait le Prince d'accepter sa démission de ce grade. Le Chevalier loi répondit que sa démission était acceptée.

Mais quelque agréable que la préférence ac^rdée au dnc de Perth sur lord George Murray pût être an secrétaire Morrayet aux f ayons intimes et personnels du Prinée, les principes et les maximes du duc leur plaisant davantage que les yues et les opiuions d'un militaire de haut rang qui ne sayait pas transigerai^ sa conscience, un sentiment général d'inquiétude et de crainte se répandit dans tonte l'armée, qui avait une opinion beaucoup plw haute des talens miUtaires de lord George que de ceux dn Dac, quoiqu'on rendît justice au caractère doux et aimable, à la valeur personnelle et à la conduite honorable de ce dernier. Les principaux personnages qui se trouvaient dans l'armée, Chefs, commandansdc corps, et autres qui occupaient de sgrades semblables, se réunirent donc pour inrésenter au Prince, à Carlisle, une pétition dans la-

TROjSlËMË SERIE. 309

quelle ils le priaient d^éloigner de ses conseils' tout catholique romain. Cette demande était fondée snr une allégation contenue dans les journanx, que le Prince se laissait entièrement guider par les avis des catholiques romains^ et que sir Thomas Sheridanétait près de lui ce qn'ayait été près de son aïeul Jacques II son père confesseur, le jésuite Peter. Faisant allusion à la reddition de Garlisle, la pétition exprimait une alarme affectée sur ce que les Papistes s'étaient permis de discuter et de décider des articles de capitulation qui concernaient essentiellement l'Eglise anglicane. Pour marquer le but réel de la pétition, le Prince était supplié d'inYiter lord Charles Hurray à reprendre son commandement. Le Prince fit une réponse foTorable à cette dernière demande, et garda le silence sur les autres. Ainsi fut déjouée pour le moment une intrigue qui, jointe au ton bourru et hautain dont il faisait lui-même ses remontrances, avait été sur le point de priver les insnrgens des services inappréciables dé lord George Murray, qui était incontestablement le meilleur officier de toute Tannée.

Le Prince n'aurait peut-être pas trouvé très facile de se tirer de cet embarras, si le duc de Perth eût tenu très opiniâtrement à conserver l'avantage qu'il avait gagné. On ne pouvait supposer qu'il admît les principes d'une pétition fondée sur l'id^ que la religion qu'il professait était un obstacle à ce qu'il occupât un haut rang au service du Prince , et il repoussa avec force les objections faites contre lui sous ce rapport. Mais quand on lui eut donné à enteùdre que Charles ne pouvait en ce moment adhérer à la résolation qu'il avidt prise en sa faveur, sans perdre, au grand désavantage de ses affaires, les services de lord (ïeorge Murray, il déclara sur-le-champ qu'il était prêt à servir en quelque qualité qae ce fftt , et à consentir à tout ce que pourraient l'exiger l'intérêt du Prince et l'avantage de l'expédition.

Tandis que le Prince était à Carlisle, il reçut une nouvelle qui pronvait que ses succès en Ecosse n'avaient été que momentanés et d'un genre qui qi!avait pas fait une impression sérieuse sur l'esprit du peuple. La populace de Pei;th et de Dundee avait déjà montré son éloignement pour la cause des Stnarts et son dévouer m^t à la maison d'Hanovre. Dans ces 4eux villes, le jour 4e la iiaissance du roi George , le peuple s'était assemblé pour célébrer cette fête avec les démonstrations de joie ordinaires, en dépit des ccMmmandans jaeobites et des nouveaux* magistrats qui avaient été xàoxninés par le parti dominant. A Perth , la populace avait en-

110 HUTOmE D^BOOSSI.

tvmé M. Oliphant 4e Gaak et aes amie dans la maison conumme, «I lee deox partie an étaient même venns aux eoaps. A Dandee, Fotheringbam, le gonyernenr jacobite, arait été chassé de la ville, L'nn et l'antre réussirent à reprendre leur autorité le lendemain } maie le snooès temporaire qu'avaient obtenu les habitans de ees deux villes prouvait que l'esprit public n'y était pas en faveur du prince Charles.

La métropole présenta aloBS une manifestation plus marquée de l'opinion fénérale. La force qui Tavait d'abord c<»nprimée i Bdimbeurg perdit tons ses ressorts par le départ de Parmée montagnarde pour l'Angleterre* La garnison du chfiteaa avait repris possession de la ville abandonnée par les Jacobites. Le lordjuge*elero, les lords de session» les shérib des trois comiéa du Lothian, et beaucoup d'autres gentilshommes whigs qui avaient quitté la ville à l'approche des rebelles, y étaient rentrés avec une sorte de cortège solennel , et avaient donné ordre de continuer la levée de mille hommes qu'on avait votés pour le gouvernement. Le général Handyside était aussi entré dans la eapitalOi le 14 novembre, avec les régimens de J^rice et de Ligonier qui étaient venus de Newcastle, et les deux régimens de dragons qui s^étsieat ai mal conduits à Preston. Les villes deGlascow, de Stirling, de Faisley et deDumfiries organisaient aussi leurs milices ; et le cobnd John Campbell , alors héritier de la maismi d' Argyle, était arrivé à Inverary, et levait les vassaux féodaux de cette bm^le puissante, ainsi que tonte la milice du comté d'Argyle,

Tous ces symptômes prouvaient la fragilité du fil auquel toiait Pinfluencedn Chevalier en Ecosse, et indiquaient qu'il n'était pas probable qu'elle s'y maintînt long-temps, du moins dans les basses terres, après le départ de l'armée des montagnards.

Mais mêihe dans les montagnes la situation des choses n'était pas plus rassurante pour les intérêts du Prince. Lord London était à Invemess avec les Atao-Leods et les Mac-Donalds de Skye, et il impesait aux Jacobites du nord de cette ville, ainsi qu'à ceux de Naime et de Moray. Il est vrai que lord Louis Gordon, qni comE^ mandait dans les comtés de Banff et d'Aberdeen , avait levé trois bataillons pour le Prince, commandés pu* Moir de Stonlywood, Gk>rdon d'Abachie et Farqnharson de Monaltry. Le reste des renforts de Charles était à Parth. Ces renforts se composaient de Frasers, dont il a déjà été parlé, de Mac«GiIlivray de Dmmnaglas, qui commandait lea Mac-Intoshs; les Farquharsons, le comte de

TROISIEME SERIE. gil

GromAity, le Maître de Lovât, et divers détachemens de Mao- Donaldsy de différentes tribas, ainsi que cent cinquante Staarts d'Appin. Un corps considérable de Mao-Gregors était à Donne, sons les or(bre6 de Mao-6regor de Glengjle, et tenait en respect tons les environs. Tontes ces tronpes formaient nne force imposanté. Celles qni se troavaient à Perth> en y ajoutant les soldiits de Glengyle, montaient à trois on quatre miUe hommes , aussi braves qu'aucuns de ceux qui fussent dans Tannée du Wince. Le colonel Mac-Lauchlan fut envoyé pour les foire mettre en marehe sur-le-champ, afin qu'Us allassent rej<Hndre leurs compatriotes en Angleterre.

Dans ces circonstaiîces, plusieurs des partisans du PrinoeAtrent grandement surpris quaftd, dans un conSMl tenu à Garlisle^le jeune et ardent aventurier proposa de marcher sans délai vers Londres y comme si le royaume d'Angleterre eût été entièrement sans défense. Il lui tut objecté que les Ecossais n'avaient consenti à entrer en Angleterre que dans Fesp^Mr qu'ils seraient joints par les amis anglais du Prince, ou dans l'attente d'une descente de la part des Français ; et que sans l'un ou Tautre de ces évèném«is ils n^auraient jamais entrepris d'effectuer la restauration de la maison de Stuart. Le Prince leur répondit qu'il attendait avec confiance la jonction d'un fort parti dans le comté de Lancastre , si les Ecossais consentaient à continuer leur marche. D'Aiguilles assura fortement qu'il était à chaque instant dans l'attente de la nouvelle du débarquement des Français. M. Murray, qui était trésorier en même temps que secrétaire, déclara qu'il était impossible de rester plus long-temps à Carliste, foute d'argent. Toutes ces raiscms étaient urgentes pour décider à marcher vers le sud.

On ne saura probablement jamais exactement si le Prince avait des raisons plus fortes que celles qu'il alléguait , pour croire à 1% probabilité d'une insarrection jacobite en Angleterre. Il est certain qu'on était assez bien informé que beaucoup de fomilles distin^ gnées avaient promis, en 1740, de joindre le Prince, pourvu qu'il arrivât à la tête d'une force française , et avec une certaine somme d'argent et une certaine quantité d'armes. Mais les mêmes difficultés qu'il avait rencontrées en débarquant en Ecosse s'étaient aussi présentées en Angleterre. Les indiviclus qui avaient promis de se joindre à lui, à certaines conditions, pour une entréprise dangereuse, se regardèrent comme dégagés de leur promesse , en voyant que ces conditions n'avaient pas été exécutées. Il es( pour*

312 HlSTOfmS D'BCOSSB.

taut probable qae plusieurs de ces partisans zélés et fanadqoesi qu'on rencontre dans tontes les entreprises de ce genre, et qui sont ordîiiairenient anssi désespérés dans leurs plans que dans leur fortune , avaient eu des communications avec le Prince depuis son entrée en Angleterre , et lai avaient écrit de manière à enflammer encore davantage son ardeur naturelle. Mais en même temps il est assez évident que le Prince ne put montrer à son conseil des pièces qui méritassent beaucoup de confiance; du moins, s'il en avait, il ne les lui montra jamais. On ne voyait même aucian indice d'on plan d'insurrection formé en sa ferveur, quoique la noblesse de second ordre des comtés de Lancastre et de Chester et da pays le Galles parût tonte prête à embrasser sa cause. Quant à lord George Murray et aux autres conseillers dont l'opinion était différente de celle du prince Charles , ils ne consentirent à avancer en Angleterre que pour qu'on ne p&t pas dire que, parleur ppiniâtreté , ils avaient &dt perdre au Prince toute chanced'opèrer sa jonction avec* ses partisans anglais, et de pouvoir profiter d'one descente des Français.

L'armée était alors réduite à environ quatre mille quatre cents hommes y sur lesquels il fallait laisser à Garlisle une garaisonde deux à trois cents. Il fut résolu que le reste de l'armée marcherait sur Londres par le comté de Lancastre , quoique, en y comprenant la milice et des régimens nouvellement levés , le gouvernement eût alors sous les armes plus de six mille hommes , placés direc* tement sur la route. Il semblerait donc que le meilleur parti eût été d'attendre à Garlisle Tarrivée des renforts venant de Perth; mais cette proposition fut faite et rejetée. Le 21 novembre, le Prince partit de Garlisle, et arriva la nuit suivante à Penrith^ lord George Murray commandant Tarmée sous lui en qualité de général. Il passa un jour à Penrith, dans le dessein de combattre le maréchal Wade, qui avait fait une démonstration vers Hexham pour faire lever le siège de Garlisle, mais qui était retourné sar ses pas , à cause, disait-on , d'une forte chute de neige. Wade était alors un vieillard , et ses mouvemens militaires se ressentaient de la lenteur et de l'irrésolution qu'on doit attendre d'un âge avancé. Le Prince, négligeant le vieux maréchal , continua sa marche hardie vers le sud, et s'avança à travers le comté de Lancastre jusqu'à Preston, où toute son armée arriva le 26. Elle marchait en deux divisions, dont la première, commandée par lord Charles Murray, comprenait ce qu.'on appelait les régimens des basses

TROISIBAIB SERIE. 313

terres y c'est-à-dire toute Farmée à l'exceptîoii des clans, quoique la plus grande partie de ces soldats des basses ferres fussent montagnajds par le langage , et tous par le costume , celui des montagnards étant l'uniforme de toute l'infanterie de Tarmée jacobite» Le Prince lui-même , à la tête des clans proprement dits» et dont chacun formait un régiment , noiarchait à pied\ son petit bouclier sur les épaule&y et partageait toutes les btigues de ses compagnons. La petite armée fut forcée de marcher en deux divisions, conune nous l'aTons dit, pour trouver plus facilement des quartiers , ce qui les tenait en général à une demi-journée de marche Tune de l'autre.

Ces mouvemens hardis jetèrent en Angleterre, par leur audace même, — car qui aurait pu supposer qu'ils étaient hasardés sur des espérances vagues? -^ une terreur dont furent ensuite surpria e( honUHU ceux qui en avaient été témoins et qui l'avaient partagée. On en conclut qu'une entreprise si désespérée nf aurait pas été risquée sans quelques assurances particulières de secours intérieurs; et chacun s'attendait à voir éclatièr quelque terrible conspiration ayant des ramifications très étendues. En attendant, le peuple restait passif d'une manière surprenante. Londres , dit un contemporain écrivant d'après l'impulsion du moment , est ouvert au premier venu, Ecossais ou Hollandais. Une lettre du poète Grày à Horace Walpole peint une indifférence qui était encore de plus mauvais augure pour la cause publique, que la terreur panique générale : — a Le commun du peuple , dans la capitale , sait du moins ce que c'est que d'avoir peur; mais ici (à Cambridge), nous sommes des gens si peu communs, que nous ne songeons pas plus au danger que si la bataille eût été livrée dans le même temps et le même lieu que celle de Cannes. J'ai entendu trois hommes sensés , de moyen âge , quand on disait que les Ecossais étaient à Stamford , et qu'ils étaient réellement à Derby, parler de louer une chaise pour se rendre à Caxton (place sur la grande route) , afin de voir passer le Prétendant et les montagnards. » Une autre preuve des. sentimens qu'éprouvait le puUic pendant cette crise , se trouve dans une lettre écrite par un honmie bien connu, sir André Mitchell, au lord président : — « Si je n'avais pas, dit-il, vécu assez long-temps en Angleterre pour connaître la bravoure naturelle du peuple, et particulièrement des classes au-dessus du commun , je m'en formerais une opinion t^rès fausse d'après ce qui se passe depuis peu. La moindre boniie nouvelle cause des trans-

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porto de joie abiordes, et le plus léger rerers de fortune répand une lâche oonfttemation. »

Dans le (ait , l'alarme n'était pas sans fondement. Ce n'était pas le nombre des soldato da GheraÛer qui derait en causer une sérieuse , ou du moins durable, à un si ^and royaume ; mais, dans beaucoup de comtés, une grande partie des propriétaires ayaient des dispositions au jacobitisme , quoique, ayec la prudence qni aTait distingué le parti contraire ai 1688, ils s'abstinssent de se joindre aux insurgens , jusqu'à ce qu'ils yissent s'ils étaient en état de maintenir le terrain sans eux.

Pendant ce temps , le malheureux Prince continuait à marcher, plein de confiance en sa bonne étoile , en sa fortune, en sa force, comme un joueur hardi , encouragé par une Teine de bonheur, qui jusqu'alors a^ait été extraordinaire. Nais ses amis anglais semblaient frappés de paralysie aussi bien que ses ennemis , et rien ne paraissait annoncer cette déclaration générale en sa &ycnr, qu'il avait prédite arec tant de confiance.

En arrirant à Preston, dans le comté de Lancastre, lord George Hurray eut à combattre la superstition des soldats qu'il comman* dait. La défoite du duc d'Hamilton dans la grande guerre civile, et ensuite la prise du brigadier Hac^Intosh en 1715, avaient répandu la croyance que Preston était le point fatal au-delà duquel une armée' écossaise ne pouvait avancer. Pour démentir cette idée superstitieuse, lord George conduisit une partie de ses troupes au-delà du pont de Ribble, à un inille de Preston, où le GhevaÛer arriva dans la soirée. Le talisman qui arrêtait la marche des Ecossais fat ainsi supposé rompu, et ils regardèrent la route de Londres comme étant ouverte devant eux.

Les habitans de Preston reçurent Charles-Edouard avec de grandes acclamations, les premières qu'il eût entendues depuis son entrée en Angleterre ; mais des officiers ayant été charge de faire des recrues, personne nei^oulnt s'enrôler. Quand on eii fit part au Prince, il n'en continua pas moins à donner à ses amis ^assurance positive qu'il serait joint par tous ses partisans anglais quand il serait à Manchester, et M. d'Aiguilles offrit , avec la même confiance, de parier des sommes considérables que les Français étiaieiit déjà débarqués, ou qu'ils débarqueraient sous huit jours. Ceux qui murmuraient forent donc encore une fois réduits au silence.

Pendant cette marche longue et fatigante , Charles , comme

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noQB FaYOïiâ iéjiï, dit , parugea avec gaieté tomet les fiitigiies de ses soldats. II portait ordinairement le costume montagnard , et loarchftit à pied à H tète d'une des colonnes , insistant pour que liiTi Pitsligo» qui était -viens et infirme, prit sa plaoe dans sa voi« tare : jamais Ûi œ dînait, -mais il isisait le soir un repas solide. Vers onze hem^es, il se jetait sur son Et sans se déshabiller, et se layait à qnatre le lendemain mâtin* Gomme il aTjsit une très forte constitution, il supporta ces fatigues journalières sans inconvémcDt. Dans toutes les -villes par oà passait Parmée des montaparis, il avait grand soin de lev«r les eontributions publiques ; et 4a]is celles où il avait été &it des souscriptions pour le gouverne^ ment, ce qui avait en lieu dans toutes les places considérables, il exigeait une sonune semblable de chaque souscripteur.

Tandis qu'il, s'avançait de Preston à Wigan, la route était cou* verte d'une foule empressée de voir défiler l'armée, et qui faisait tOQt bapt des vcqu pour }e succès du Prince : mais quand on leur offrait des aimes , et qu'on les invitait à s'enrôler à son service , ils s'y refaisaient unanimement , et disaient pour excuse qu'ils n'attendaient rien aa métier des arm^. Le 29 , quanâ le Prince arriva à JMbn<3hester^ on y vit encore une plus grande apparence d'attachement a sa cause. Des acclamations, des feux de joie, des ooeardes blanche à tous les chapeaux , célébrerait son entrée dans cette viUe , et un nombre considérable de personnes vinrent hi baiser la main et lui offrir leurs services. On y enrdla environ denx cents hommes de la populace , et ayant été incorporés avec le petit nombre d'Anglais qui avaient déjà rejoint son étendard, ils fermèrent ce qu^oi» appela le régiment de Manchester. Les officiers en gépéral étaient d'une condition respectable, et pleins d'enthousiasme pour la cause jacobite. M. Townley, hoinmede bonne famille et ayant de grands talens littéraires, fàt nommé colonel de ce régiment. Quant aux soldats , c'était la fange de la {M^ulace. C'était un succès fort inférieur à celui que le Prince avait promis, et auquel ses amis s'attendaient; cependant il fit plaisir, et on le regarda comme le commencement d'un mouve* nient plus décidé en faveur des insurgés. Lord (îeorge MuTray loi-même, à qui un and demandait si l'on ne ferait pas bien de renoncer à une expédition qui promettait si peu , répondit qu'àt» vant de prendre ce parti, son avis était d'avancer jusqu'à Derby, et qu'alors, si un nombre considérable de jacobites anglais

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ne s'étaient pas joints à eux , il se chargerait de proposer une retraite.

L'armée des rebelles avança donc josqn'à Derby. Mais en passant par M acclesfield » Leek » Gongleton et antres places , ils forent reçQS avec plus de signes d'ayersion ponr lenr canse qn^ik n'en ayaient encore yn. Tonte» les espérances fondées sur Tenconragement qn'ayait donné la formation d'nn régiment à Manchester » furent donc perdues et oubliées.

Ils commencèrent aussi alors à entendre parler des ennemis. Le colonel Ker de Gradon fut sur le point de surprendre nn détachement de dragons anglais, et fit prisonnier un nommé Weir, principal espion du duc de Gumberland , que les officiers montagnards désiraient faire exécuter à l'instant même. Lord George Mnrray le sauya du gibet» et obtint de lui quelques ^reiïseignemens précieux sur le nombre et la position de l'ennemi. L'exactitude de ces détails était de la plus haute importance, car on pouvait dire que le prince Charles-Edouard, arrivé à Derby, était à l'heure critique de son destin. U était à quatre-vingt-dix milles de Londres, et en même temps à moins d'une journée de marche d'une armée ennemie de plus de dix mille honunes , réunie dans l'origine sons les ordres du général Ligonier, et que commandait alors Son Altesse royale le duc de Gumberland , qui avait son quartier-général à Litchfield, un peu plus loin de la métropole que celui de Charles-Edouard. D^nne antre part , une seconde armée anglaise, égale en nombre à celle des montagnards, avançait par la partie occidentale du comté d' York> et se trouvait v^rs cette époque près de Ferry-Bridge, a deux ou trois marches en arrière de Tarmée d'invasion, qui était ainsi en danger d'être placée entre deux feux.

Outre ces deux armées, George H se préparait à se mettre luimême en campagne à la tête de ses gardes. On les fit sortir de Londres dans ce dessein , et ils camjièrent à Finchley-ComiQion. Plusieurs régimens qui avaient servi à l'étranger furent destinés à composer cette troisième année , et à défendre la capitale si le cas l'exigeait.

Le Prince ne parut rien perdre de l'extrême confi^ce avec laquelle il avait jusqu'alors compté sur le succès de son entreprise. U paraît qu'il Conçut l'idée de passer en avant à la tête de ses troupes pleines d'activité , d'éviter le duc dé Gumberland, ce qui,

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d'après leur position relative à l'égard de Londres , ne loi aurait pas été très difficile, puisqu'il était plus près de la capitale d'en- Tiron une journée de marche ; de se presser d'arriver sons les murs de la métropole^ et là de disputer ses prétentions au monarque qui était eh possession du trftne. Il continuait à nourrir l'idée que George II était un usurpateur détesté, en faveur duquel personne ne tirerait son épée qu'à contre-cœur ; que le peuple anglais, comme c'était son devoir, restait fidèle à lu race de ses anciens princes, qu'il devait regarder comme sacrés; et que s'il persistait dans sa t^tative audacieuse, le ciel même^ combattrait pour lui. Toute sa conversation, pendant qu'il était à table à Derby, ne roula que sur la manière dont il entrerait à Londres, à pied on à cheval, portant le costume montagnard ou celui des basses terres, sans dire un seul mot sur la possibilité de battre en retraite sans faire Tépreuve finale de la fidélité et du courage des Anglais. Il resta près de deux jours à Derby pour laisser ses troupes se reposer.

Dans la matinée du & décembre, lord George Murray^ accompagné de tous les commandans d^ bataillon et d'escadron, se rendit près du Prince et l'informa que l'opinion de tous ceux qui étaient présens était que les Ecossais avaient fait tout ce qu'on pouvait attendre d'eux. Ils s'étaient avancés jusque dans le cceur de l'Angleterre en traversant les comtés qu'on leur avait représentés comme les mieux disposés pour leur cause, et cependant ils n'a-, voient été joints que par un nombre d'hommes très insignifiant. On les avait assurés du débarquement d'une armée française qui agirait de concert avec eux, et pourtant on n'en avait pas vu la moindre apparence. Néanmcnns , si le Prince pouvait montrer une lettre d'un Anglais de distinction , invitant l'armée écossaise à marcher Sur Londres on partout ailleurs, il étaient prêts à obéir. Mais si personne n'était disposé à se mêler de leurs affaires, ils étaient dans la nécessité d'y songer eux-mêmes, et sous ce point de vue leur situation devfdt être considérée comme critique. L'armée du duc de Gnmberland, forte de dfx mille hommes, était en face à nue journée de marche ou environ ; celle du maréchal "^^ade n'était qu'à deux ou trois journées en arrière. En supposant pour^ tant qu'ils pussent éviter la rencontre de. ces deux années , une bataille sons les murs de Londres. atec l'armée de George II était inévitable. Contre quelque armée qu'ils combattissent, ils ne pouvaient même compter sur la victoire qu'eii faisiant une perte qui

siè msTomi d^i

les mettrait hors d'état de recueillir lee finntf fû dBTfrtktt k Boivre. Quatre k cinq nille hoaunea ne raffisaieiil pas pour s'em* parer de la TÎlLe de Londres, quand néme elle ne serah pu dé- £Bndae par des troupes réguUèreSy à moins i|ae la populasen'en fût très prononcée en fayear de lenr eanse ; et si elle ayait den bonnes diapositionsi qnelqae- ami aorait certainenaBnt ea aoin de lenr en drâner ayis» .

i^>rès avoir développé cm iiotifii pour oomkneneer anè retnitSi lord George Mnrray présenta nn plail de oampagne en Econci qu'il croyait pouvoir être suivi avec succès. En ae retiraat Teisn pays» le Prince avait davantage de se retirer vers ses tenferts^ qii oompreuaiént le corps di montagnards qui s'était réoniàPerthyet un détachement de troupes françaises qui avait déliarqaé 1 Mon^ trose» BOUS le commandement de ford John Drummend. Ildenaodà dam» an nom de tous œux qm étaient présens y quel'anM^âilIt rqoindreaesamiBen EcôBse^ pour Vivre oumonrir avsceiii.

Quand lord Greorge eut fini de parler, plusieurs membreida

conseil e^rimèrant nne opinion aembiablek Le dne 4e Psrthetfli

John Gordon furent les seuls qui proposèrent A» pénétrer èM U

pays de Galles^ et de donner aux haUtans de eétte contrée l^o(^ sion de se joindre à eux. On y tronva une objection dans la iiéoesdté

oùFon serait de combattre le due de Gumberland av^edesfoîe^ très inférieures 9 et peut-être aussi le maréchal Wade, qui &i^ probablement tous ses etisrts pour arriver en arrière.

Charles-Edouard écouta ces argamens avec la pins grande ii&' patience, eKprima sa déterminatlMi de marcher stir Londres, et dit en propres termes que des tn^tres seuls potivaieiit prendre ont antre résolntion^ Il leva la séance^ et employarbeàucoup èe râiflonnemena avec ehaeuli des membres en particulier^ pour diabger leur façon de pensar . Les eCBeîers irlandais forent les senk qv parurent (invaincus ^ t^t ilé étaîeiit peu habitnés à contrarier s(^ opinions ; d'aiUènrs , s'ils étaient faits prisonniers ^ ils n'ataietit à craikdre que qudques mois d'eMprisotlneisient> ayant priEls^oetoi^ des brevets i^&ei^à «(rfSci^Ts^ ad service de la France. Mais eu&i k Chevalier^ sachant qtm la sanc^on qn'ib ddnneraient à son prcîet n'anrait que pen de pd[ds> et sentant que Se^ idrdres absolus oomrraient le risque de rOnediitref' une désobéissance formelle, ^ obligé de se sohnkettre aux avis ou aux remontrantes des Chel) écossais.

Le eonaeii As foenrë M donc eoUtoqtié ttne secondé fràl d^)^

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soirée da 5, et le Chevalier dit à ses officiers,, avec une sombre résignation, qu^il consentait à rètoarner en Ecosse; n^ds il les informa en même temps qn'à Ta^^plir il n'assemblerait plos de conseil, attendu qu'il n'était responsable de ses actions qu'à Dieu et à son père, et qu'en conséquence il ne leur demanderait plue leurs avis, ni ne les accepterait.

Ainsi se termina la marche célèbre sur Derby, et avec elle finit aussi toute chance de succès pour le Chevalier, quelque incertaine qu'elle pût dtre, dans son expédition romanesque. Devaitpil jamais entrer en Angleterre, ou 4u moins avant d'avoir réuni toutes les forces dont il pouvait disposer? c'est un point, qu'on peut contester ; mais il est évident que , quelque influence qu'il ait pu posséder un moment, il la devait entièrement à la hardiesse de sa tentative. Le oharme fut rompu du moment qu'il laima voir, par un mouvez ment rétrograde, qu'il avait commencé une entreprise trop pour être mùtfe à fin.

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