CHAPITRE XXIV
Droits des prisonniers jacobites à la clémence. — « Sévérité da dac de Camberland; ^» Rarages commis par ses troupes. — Son retour à Londres » et fin des craantés qni aTaient été commises dans les montagnes.-^ BTasion da prince Gbaries. — Manière remarquable dont il est errant sous divers dégnisemens* -* Son embarquement, et son arrivée à MorUix en Bretagne» le 39 septembre 1746.
On devait s'attendre qae la défaite de Gulloden aurait des conséquences fatales pour ceux qoi avaient joué un des premiers rôles dans l'insurrection. Une poignée d^ommes avaient troublé la tranquillité d'un peuple paisible qui ne demandait pas à changer de condition , avaient fait une blessure profonde à la force nationale y et y — ce qu'on ouUie rarement au moment où la vengeance devient possiUe, — avaient inspiré une terreur universelle. On ne devait donc pas espérer que ceux qui s'étaient le plus signalés dans ces actes de violence et de rébellion ne répondissent pas sur leur tête des désordres qu'ils avaient occasionés et du sang qu'ils avaient foit répandre. Ils savaient eux-mêmes à quel risque dangereux ils avaient joué le jeu terrible de l'insurrection , et ils s'attendaient à payer de leur vie la perte de la partie. Mais comme tons ceux qui avaient pris part à la rébellion avaient , suivant la rigueur dès lois , encouru la peine de mort, il convenait que la justice Choisit ses victimes de manière à concilier ses droits, s'il était possible, avec les sentimens de l'humanité, au lieu de les outrager par une effusion de sang générale, et sans distinction. La liante trahison, en politique, quoique ce soit un des plus grands crimes qu'on puisse commettre contre un Etat, n'a rien en soi de l'horreur qu'inspirent certains forfaits bien moins dangereux pour la. chose publique. Celui qui s'engage dans une rébeUion est fort sonvent, comme individu, non-seulement exempt de tout reproche, mais très estimable par son caractère privé. On pouvait clire, par exemple, que des hommes comme lord Pitsligo et Gameron de Lochiel avaient commis le crime dont la loi rendait leur tête jrespons^le d'après les motifs les plus purs, quoiqueen même temps les plus erronés, — motifs qu'ils avaient sucés avec le lait de leurs mères , et qui les avaiei^t poussés à prendre les armes par
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principe de devoir et de fidélité. La pureté des intentions de pareils hommes, quoiqu'elle ne pût être admise en leur défense, de- Tait du moins, sous un point de TUe moral et politique, resserrer les poursuites contre eux dans un cercle aussi étroit que le permettaient la justice publique et la nécessité de faire des exemples Utiles à empêcher le retout d'entreprises aussi désespérées.
Si l'on pouvait invoquer la clémence en faveur de pksienrs des chefk de Pinsurrection , ^e ne pouvait-on pas dire de lears tu* saux simples et ignorans , qui avaient pris les armes sans connaître les lois de la partie civilisée de la nation et par suite d» liens indissolubles par lesquels ils se croyaient obligés d'olft à leora Cheb comme l'avaient lait leurs pères * ? On aurait pu cm que la générosité aurait fait dédaigner de frapper des Tietùocss liumbleai et que la justice ne les aurait pas considérées comme des objets sur lesquels dussent tomber ses châtimens. Ov, si un général, victorieux , d'un rang subordonné , avait Tonh signaler «on zèle pour la famille régnante aux dépois del'hainanité , eq diâtiant sans distinction les ennemis vaincus, quel qne fit le degré de leur intelligence et de leur fortune, on pouvait attendre quelque chose de mieux d'un fils de la Grande-Bretagne) d'ao prince du sang royal, qui plus que tout autre aurait dA se rappeler que les homoaes que le sort des armes avait mis à sa lispo^ tion étaient les sujets égarés de sa propire inaison, et quipoutait plaider noblement leur cause au pied du trône d'un père que ^ victoire avait assuré.
Malheureusement pour la renommée du duc de Gumberhiidi> envisagea ses devoirs sous un autre point de vue. Ce prince a^ùt la réputation d'être franc, |uste, sensé, affectueux et debonoehameur dans les relations ordinaires de la vie, et il la méritait. Ce' tait un soldat plein de bravoure , et connaissant tous les detoin de la profession militaire; mais il fut malheureux dans ses eeopagnes, tant avant la bataille de GuUoden que depuis ce temps; ^ d'après la manière dont il se oondu&it en cette occasion , il o^P*' raîi pas avoir mérité d'obt^iir plus d/s succès. Il avait appris b métier des armes à la dure éeok d'AlIonagne, o& l'on n^bi^^
T. Cette ohaaB$aC9 p«tri«rct1e.«uik «i absolue , ^e ^cwlqvM gëotilaliommes dm *f^.*"^ fusant , avec quelques marques de surprise , l'éloge du dévouemeat d'un membre d JJ» \ •^•itaeorifté.»e fie pour sauver ceHe de son Ckef, un montagnard qui les entendit, °''' .'^ •,. plus grand sang-froid, qu'il n'y ▼oyait rien d'étonoant. — Cet homme n'avait fait que soo « • s'tteûfc agi aotrement, il aarait ^e un Mehe et «n traître. Punir des hommes élevé» <"°*** principes pour avoir suivi leurs Chefs à U guerre, semble aussi injuste qu'U le «w«it M »« " «uea pou Ito erimt 4*aocompagtker ion maître. (mit de fauttttr.)
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jamais à prendre les mesares les plas «éyères eontre les habitans» si on les jageait nécessaires soit pour ditenir ttn ayantage, soit pour conserver eelai qu'on avait obtenu.
Son Altesse Royale connaissait aussi bien qu'aucun général de l'Europe la nécessité,, en thèse générale, de réprimer cette lic^ce militaire qui, pour nous servir des termes d'un vénérable vétéran, fait qu'une armée n'est formidable qu'à ses amis. Pendant sa marche, en sortant de Perth, unofBicier fiit traduit devai^t une cour martiale et privé de son grade, avec la pteine;approbation du Duc, pour avoir souffert qu'un détachement qui était sous ses ordres pillât la maison de Gask, appartenant à M. Oliphant, qui portait alors les armes dans l'armée du prince Charles. Cet exemple de discipline ne prépare point à attendra les actes de cruauté qui suivirent la bataille de Culloden. Mais malheureusement la licence qu'on jugeait à propos de réprimer pendant la durée de la lutte f f^t pleinement autorisée quand il n'y eut plus aucune résistance. Les fayards et les blessés furent nécessairement les premiers à éprouver les suites de cet oubli des règles ordinaires de la guerre.
Noos avons ^éjà parlé du massacre barbare des fuyards, et de celai des .blessés restés sur le champ de bataille. La sévérité déployée contre les premiers pouvait être nécessaire pour jeter la terreur parmi des ennemis aussi déterminés et aussi capables de se rallier que l'étaient les montagnards, et l'exécution des antres pou'vait être la siûte de la rage brutale de soldats excités par la Tictoire, qui depuis quelque temps ne leur avait pas accordé beaucoup de faveurs, et qui venaient de triompher d'un ennemi devant lequel un grand nombre d'entre eux avaient pris la fuite; mais nous craignons que les excès qui s'ensuivirent ne doivent être imputés au caractère endurci du commandant en chef lui-même, aous les yeux et par les ordres duquel on vit une suite effrayante de ravages et d'exécutions.
L«e Duc se prépara, pour nous servir d'une phrase militaire, à profiter de sa victoire en dévastant ce qu'il appelait le pays ennemi. Il prit même ses mesures avec lenteur, afin que le succès en £ûLt plus certain. Des proclamations avaient été publiées pour ordonner aux montagnards insurgens de venir faire la remise de leurs armes, mais un très petit nombre y obéit. Plusieurs Chefs au contraire étaient convenus de se réunir pour défendre leur pays. litfsub quoique une somme considérable destinée au Chevalier fût
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tombée entre les mains de Lochiel y mi grand nombre de ces Che£s avaient été tnés on blessés, et la terreur et la consternation qui avaient suivi la dispersicm de l'armée avaient été si générales, qu'il était devenu impossible d'adopter aucune mesure défensive.
Le duc de Gumberland — c'est ce qu'on peut dire pour sa justification -centra certainement dans un pays dont les habitans avaient des dispositions hostiles, mais ne lui opposaient aucune résistance ; et ayant établi son quartier-général dans un camp près du fort Auguste, il fit exercer ses ravages militaires par de forts détacbemens de soldats; ik pénétrèrent dans les dififéreotes vallées qui étaient depuis des' siècles la demeure des clans du çartz du prince Charles. Les soldats avaient ordre d'exercer contre ca infortunés les dernières rigueurs de la guerre. Ik fusillaient les hommes qui fuyaient à leur approche, pillaient les maisons des Gheb , incendiaient les cabanes des paysans , ne respectaient ni la vieillesse ni l'enfance, et se portaient à tons les genres d'outrages envers les femmes. Quand les soldats ne commettaient pas ces actes de violence, c'était la douceur de leur caractère ou de celui de quelque officier qui les commandait , qui réprimait leur licence. On ne peut trouver de plaisir à entrer dans plus de détails sur des scènes semblables à celles qu'offrit cette dévastation. Quand les hommes étaient tués, les maisons brûlées, les moutons et les bestiaux enlevés , une partie des femmes et des enfans périssaient par la faim, tandis que d'autres suivaient les traces des pillards et'sollicitaient le sang et les entrailles des bestiaux qu'on tuait pour k nourriture des soldats, comme le seul moyen de prolonger use misérable existence. De telles horreurs portent certainement à approuver la remarque faite par Montlac, que ceux qui fontk guerre ont grand besoin de la merci de la Divinité, pmsque ^exe^ cice de leur profession les entraîne à devenir coupables de tek actes de violence contre leurs semblables. Un trait remarquable de cette époque désastreuse mérite de vous être cité , et je garderai volontiers le silence sur beaucoup d'autres qui ne pourraient que réveill(»^es sentimens hostiles qu'il vaut mieux laisser sommeiller.
Un garde-chasse de Mac-Donald de Glengarry, revenant de k forêt et retournant chez lui, trouva que sa makon avait été pillée et brûlée par un détachement anglais et que sa femme avait reçu le plus grand outrage. L'infortuné mari jura de se venger. Le principal auteur de ces^'actes de violence, l'officier qui commandait le détachement, lui avait été désigné par la ciroonstanœ
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qu'il montait on cheval gris. Le détachement avait à passer près du lac d'Arkaigy an milieu des rochers sauvages du Lochaî)er. Caché dans un buisson , le Mac-Donald , excellent tireur par suite de sa profession , ajusta le cavalier qu'il vit monté sur un cheval gris et le tua» Cependant sa vengeance- s'était trompée d'objet. L'officier qui avait commis le crime avait par hasard confié son cheval aux soins d'un domestique ou d'un homme de condition inférienre, qui subit -ainsi la peine «d'un outrage qu'il n'avait pas commis. Quand le garde-chasse apprit sa méprise, il suivit encore ce détachement dans samarche, guetta un instant favorable/ et voyant un officier monté sur le fatal cheval gris, entre Favantgarde et le corps principal , il fit feu sur lui , et ne manqua pas son coup ; mais il s'étsdt une seconde fois trompé de victime. L'officier qu'il avait tué n'était pas celui qu'il voulait punir ; c'était un homme généralement estimé dans les montagnes, le capitaine George Monro de Culcaim , le même qui s'était échappé d'une manière si remarquable à Glenshiel, grâce à la fidéUté de son frère de lait. Quand il fut instruit de cette seconde erreur, le Mac- Donald brisa son fiisil et renonçai toute idée de vengeance. « Ce n'est pas la volonté du ciel, dit-il, que l'homme qui m'a outragé périsse par mes miains, et je ne veux pas répandre davantage de sanginnocent pour me venger. »
Pendant le^soursde ces cruautés , personne n'éprouva un regret plus vif que le président Forbes, dont le zèle avait été si actif et si généreux en faveur du gouvernement , et qui devait être regardé conune ayant matériellement contribué à réprimer l'insurrection, en faisant sortir de leur état d'hésitation sir Alexandre Mac4)onald de Sleat et le laird de Mac-Leod. On dit que s'étant hasardé à citer au commandant en chef les lois du payti , il en reçut pour réponse : — qu'une brigade devait faire les lois, II était profondément toiiché des maux que la guerre civile avait infligés à son pays , et il n'eut aucune raison pour se féliciter personnellement d'avoir obtenu des faveurs particulières par suite du rôle qu'il avait joaé. U est certain qu'à sa mort ses biens étaient grevés de dettes qu'il avait contractées en 1745*6 pour le service du gouvernement. Feii lord Forbes, sujet aussi fidèle au gouvernement do roi qu'il fftt possible d'en trouver, avait servi sur le champ de bataille de Presion , et îaat tout ce qu'un officier pouvait foire pour empêcher la fuite dé la cavalerie. Cependant il .trouva tant d'obstacles à son avancement dans la carrière militaire, qu'à jur
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Baaaiatftaté^awwtfar^digpartiài^^ oafajraaiaa étaîanft laaia «wamfl aa fonddaecMu*, on du meinst aanôaralr da ^di^nf saupstoi cwti a atm; qui mmurûoit U vaMaa ^Ma gata i wi paw ta aonlEraiiaafi d^im Ja^olwie, on fû iHipoaiftiiii^ «1*0 td> IKWiUaqa^it (ShI paai fdas flémmnwt qœ
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aay îli IliiMiif #lt haaaatirfa tfawig radeté teaaea JMfegeeade ï¥^W9ù, yaïaîdanai aia na amw>aanafda hftimiérimrëea noiiAva à«#lida lawa^mpaai oaaaitayaw quimnaîent embrassé le poti da aaM PJJ a ^ y a oai . MaililMaBfaîl; pas jesta deime tomber sv li» .Attifais flanla la blâern àm- amantée. On émt aroner qu'il se liSSlva das affi«iars écornai^ èbpoaés à se seosttatre au seiqieoiiés îaar^^tfsTftJ li liaal à rATUUsemeiU:» eé dsprenaat Isa agsDs ém Miadsatîaaaeaaifiéasamlre lemn m nlhane» csayat ft s i a a ■ feu*
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Al»lt im à fm p os gfMB àf^f^Mia^B aîHtâkm eoamÊmqfL à se ralentir. Après êm nsté an fort Aiigvsta dqpuîa la H mai JWfi^'ftH t% jluUfll» le èaà de CUunbeiAafid vetoarna à Bdim-
IHp&Uit i»e teiÉiM I aettfi villç W9k im pue pvec^MM ée ^pukttr^fl âmdiifda des reb^es, portés par iir pavml noqibro de va- MMiKPS dfi ehamiiiéas., peiiv Aire brûlés psUiquemeat par le llMIffOSiU Up JaeebitJB avait pi dire , eemme an jj^sonaimp ^ «iMi M5« «m ee«p après amiv été garrotté^ qu^il y avut pea c^ hnPfmv^ dans cette insulte. Le Pue fut reçn avec tons les honfiMm d«a à i|n yainqiieiWy et tontes les oiffp<watioBS de la ^Ue, dlfmid le eiwpa nwnicipel jusqu'à eelni des benohers^ le snp- ^KèiMl d'acoepter tmaete A'ateissiim à Içnrs droitf et privilèges nipftiQlt£i. D'EiînAonrg &m Altesse Reyale se |p«^t à Londres ffin^ nMMMllîr la neissoneemplète d'honneurs et de récompenses à§lfi a n^earait pas été moins digpe s'il avait mêlé pins de el^oiee à wi asertain degré de sévérité.
Après eette ép&tfaA, ùo. mit An, en (pri^de paptie, aux exéentiens militaires 9 t^ux massacves et au rftvages. (.a tic^ioe de la neMafesqne ftrt r^fanmée i les eonrs de jnstiee civile mdntinrmit Vaae«idimt salutaire de^ lois sfir la violence ^ les agressions d^ fiddats annés tarent punies par des dommages , suivant le cours eidi^re de H jus^ee , et les règles d'une société civilisée larait à peu près replacées snr leur base. Nous cessions maintenant d'en^sageries snites désastreuses qu'eut pour 1^ pays e^ue sorte d^océeatien militaire générale , pour nons occuper du sort des Ghe& dont Tinsuntection avait oceasimé tant de maux.
Le {Hremier par son r^ng , par «es infortunes et par sa témérité^ 4ai alfanna k guerre civâe , iû$ sans centrent <Âarles-Bdouarâ Inj-même. Une récompense de trente mille livres sterling ftit office peur k découverte ef; la caplpre de ce dej*niw rejeton d^nne wmca rsyale. On s^imaginait que dans «me contrée enssi pauvre que lé smt les montagnes d^Ecosse, où les lois , dan$ un séis , n^atiBco«Mies , du moins celles qui concernent les pr^^riétés, et oà l'emplit prétendu piUard dn peuple était presque pass^ en pro* veibe,' une w^empeÎMe beaucoup moindre auraii suffi pepr s^emparer du prétendant au trône. Son évasion pourtant, si Ipngtempi WiaidiJe , eti^Eaetttéean milien de tant 4e dâffienltés, a ^
m^yent çité$ comme un bnllwt «^H^pl@ d« M&i\é, J^ me bome-
388 HISTOmB lyiGOSSB.
rai àen tracer ici une esquisse, tous laiçsant le soin de cherober des délails plas étendus dans d'antres anteors ^
Pendant la bataille de GoUoden, Charles. avait. conra sa part des dangers de son armée. Le canon , principalement pointé contre son étendard, fit qnelqoe ravage parmi ses gardes, et tna on domestique qoi tenait nn cheval en laisse près de loi. Le Prince luimême fat couvert de la terre soulevée par les boulets. Il chercha plusieurs fois à rallier ses. troupes, et d'après le rapport de lapinpart de ceux qui le virent, il s'acquitta des devoirs d'un .commandant brave et habile. Quand il quitta le champ de bataille , il était suivi d'une troupe nombreuse .de cavaliers ; mais, ayant peut-être quelque doute de leur fidélité, il s'en débarrassa en les congédiant sous divers prétextes, et surtout en les chargeant d'avertir les corps de troupes en fuite qu'ils devaient se réunir à Ruthven, dans le Badenoch; car telle avait été l'impatience de combattre, et peut-être on avait tellement compté sur la victoire, qu'on n'avait indiqué à l'armée aucun point de réunion en cas de défaite. Ayant ainsi congédié la plus grande partie de ses cavaliers, Charles ne garda avec lui que quelques officiers irlandais qui avaient été ses partisans constans, et dont la fidélité lui paraissait moins douteuse que celle des Ecossais, peut-être parce qu'ils la faisaient sonner eux-mêmes plus haut. Il dirigea sa fuite vers Gortuleg, ou il savait que lord Lovât résidait. Peut-être comptait-il. que la sagacité renommée de ce seigneur célèbre pourrait lui donner quelque bon conseil ; peut-être espérait-il en recevoir des secours, car le Maître de Lovât et Ciuny Mao-Pherson, gendre de lord Lovât, ne s'étaient pas trouvés à la bataille de Culloden ; mais ils avaient leté l'un et l'autre des renforts considérables pour l'armée du Prince , et ils étaient en marche pour les y conduire, quand l'action était terminée.
Charles et Lovât se virent pour la première et dernière fois, tons deux également livrés à la terreur et à l'embarras. Charles ne parla que de l'état de détresse on se trouvait l'Ecosse; Lovât sentait plus vivement ses dangers personnels. S'étant bientôt aperça qu'il n'avait à attendre de Lovât ni secours ni conseils , le Prince prit quelques rafraîchissemens à la hâte, et partit. U trour
I. M. John Home . dans son Histoire de la rébellion , et M. James Boswell , dans son Fojrt^ dmns Ut lies à Feueu Je PEeosse , ont donné an récit détaillé de l'évasion du Prince beaucoup plus exact que ceux qui avaieiii été publiés auparavant sous les noms à'jéseanius , du Jeune Juia, etc. Ces dé« tails ont été incorporés par M.- Chambers dans son Histoire de la rébelliên de t'jiS-ô, onrrage qui contient un grand nombre de renseignemens curieux , tant bistoricraes que traditionnel» , relatif ement à la rébellion. {Hfoc de fauteur.)
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Tait Gortoleg an lien dàngerenxy comme étant trop près de Farinée Tictorièase ; et peut-être aussi la fidélité de son hôte lui paraissaitelle suspecte. Il fit halte ensuite à Invergarry, château appartenant au lord de Glengarry, où deux saumons qu'un heureux hasard ayait &it prendre à un pêcheur lui fournirent un. repas. Ce château fut sévèrement puni d'avoir servi d'abri momentané au Prince, car il fut pillé et saccagé par les soldats anglais avec la dernière rigueur ^ . lyinvergany, le Prince fugitif pénétra dans les montagnes de l'ouest y et se logea dans un village nommé Glenbeisdaley très près de l'endroit où il avait débarc[ué. Il avait alors totalement renoncé à poursuivre son entreprise^ le désespoir occasioné par sa défaite ayant coînplètement éteint l'ardeur de ces espérances. Il envoya un messa'gé aux Chefs et aux soldats qui , obéissant à ses ordres^ pourraient se rendre à Ruthven, pour les informer que, conservant une profonde gratitude pour leur fidélité, leur conduite et leur courage en toutes occasions, il était maintenant dans la nécessité de leur recommander de veiller à. leur sûreté, attendu que les circonstances le forçaient à se retirer en France, d'où il espérait revenir bientôt avec des secours.
'Quoiqu'il ne se trouvât guère plus de mille hommes au rendez- TOUS indiqué, un grand nombre d'entre eux pensaient que tout espoir n'était pas encore perdu , et étaient disposés à faire des remontrances au Prince pour le dissuader de renoncer à son entreprise. Lord George Murray était de cet avis, et il déclara que, quant aux provisions, si quelque autorité lui était confiée, ils n'en manqueraient pas tant qu'il y aurait des bestiaux dans les montagnes et de la farine dans les basses terres. John Hay fut chargé de se rendre vers le PrinCe, et de le supplier de venir reprendre son poëte à la tête de son année.
n faut avouer qu'un tel projet ne pouvait être formé que par des hommes désespérés. L'ei\treprise avait été considérée comme manqnée par toute personne sensée^depuis la retraite de Stirling, sinon depuis celle de Derby. On ne pouvait supposer qu'une armée avec si peu d'espoir de renforts et d'approvisionnemens, composée de clans indépendans les uns des autres et privés d'une grande partie de leiors Chefs les plus braves et les plus habiles, tandis que plusieurs