‹ Œuvres de Walter Scott (volume 5)Chapitre 6 sur 39 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Caractère des principaux perkonnagea d'Kctfsse. — Les ducs d'IIamilton et d'Argyle et le comte de Mar. — Accueil des membres écossais dans le parlement britanniqaç. ' — Querelle .entre ia pairio et)es communes d'Eoos&e> — Lear réconciliation par suite de la -discussion sur la question &i les pairs écossais, étant créés pairs de la Grande-Bretagne, avaient le droit de siéger dans la chambra des pairs* — -. Débats sur la question si la taxe sur la dréehe doit s'étendre à J'Bcosse. — MoUqd ponr l'abolition de rCnioo. — Bct^etée par une mn^jorité de quatre voix seulement.— Fer> mentatioo occasionée par la publication du. pamphlet de Swift sur l'esprit public dca Wliigs»

Pour vousdoi^ner une idée distincte de la situation dans laquelle se trouvait la Grande-Bretagne à celte époque léoonda en évène» mens, j'esquissêr^ d'ahord le caractère de trois ou quatre des principaux personnages d'Ecosse , dont l'influence ooiHrilma beaucoup à occ^ionex* les évènemens qui suivirent. J'expliquerai en* suite la marche qu'adoptèrent les représentans éoosaai6dan8.1e Parlement national; et après avoir discuté ces points prélimi* naires , je tâcherai de tracer les mesures géiiérak^ de la Grande- Bretagne relativen^^t à ses relatioiis extérieures, et d'expliquer l'effet qu'elles produisirent sur la tranquillité puUiqne du Royaume-Uni.

Yqus connaissez ^é]à, un peu le 4iio d'Hamilton^, qui s'<était db* tingué pendant le dernier parlement d'Ecosse, comme chef du parti qui â'ppfiiç^^^ii traité d'Unioa, PeodAut le ..Gomptot pour

tiom^bmét l'EcoMe ti la resianrâtiofi de la inaiddii de Staan, il paraît aoftri aToir été regardé oomBie le chef des Jacobites dea Lasses terres, les montagnards semblant plas portés à se ranger amour dû, duc d'Athole. Il était le pair da pins hant rang en Ecosse , et allié de près à la famille royale , ce qui le fit accuser par qadqaes personnes de porter ses Tues jusqu'à la couronne • folie dont son bon sens reconnu pettt permettre de l'acquitter. Il était bien fait, poU et aimable dans ses manières , vu dé bon œil en gé« néral par toutes- les classes, et chef naturel des nobles du comté de Lanark, dont la plupart avaient une origine commune ayec la sienne. Par suite de l'influence de sa mère, la duchesse, il avait tonjoars conservé un parti considérable parmi les montagnards ou Gaméroniens, qui, depuis la révolution, avaient pris les armes plnsd'ime fois, et qui, en cas de guerre civile ou dTinvasion, devaientètre d'une grande utilité. Aveic tous ces avantages dus à sa naissance, à son caractère et à son infltfençe, le duc d'Hamilton avait on défaut qui empêchait qu'il ne s'élevât à un rang éminent comme chef politique. Il ét^t doué de valeur personnelle , comme il le prouva dans le dernioBacte de sa vie, qui fut si tragique; mais il était dénué de courage politique et de décision. Les dangers qu'il avait bravés de loin l'épouvantaient quand ils s'approchaient. Il était porté à désappointer ses amis comme le cheval qui, après s'être avancé avec ardeur devant une haie, refuse de la sauter , met son cavalier en danger et peut-être le désarçonne. Malgré «ce défaut , Hamilton était aiiné et estimé de Loekhart et des autres chefe du parti des Torjs, qui paraissent plut&t avoir regretté son manque de fermeté comme une faiblesse, que l'avoir condamné conrme une faute.

Un autre seigneur écossais que ses talens mirent en avant sur la scène à la même'époque, fïit John, duc d'Argyle, homme dont la grandeur ne dépendait pas des avantages accidentels du rang, de l'influence et de la fortune , quoiqu'il les possédât tous à un sussi haut degré que le permettait son pày^ , puisque ses talens éjtaient de nature à le placer dans une situation éminenie et distinguée, dans quelque humble cla'ssé qu'il lui fût arrivé de naître. Ce grand hontme était issu de l'ancienniê maison d'Argyle, qui joue un rote si important dans Fhistoire d'Ecosse , et dont le nom se rétrouve si souvent' dans les volumes précédons de cet ouvrage. Leduc dont non» parlons maintenant était arrière-petit-fils du msirquis if Ar^le, qui ixÈt déeapité aprèâ la Restauration , «^et pe-

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tit-fils da eomte qui subit le même sort sous Jacques II. Sa famille ayait été fort appauvrie par ces actes réitérés de persécution.

La maison d'Argyle fut amnistiée à la révolution ; le père du duc John fat rétabli dans ses biens paternels ; et pour l'indemniser des injustices faites à son père et à son aïeul , on lui donna le titre de duc. Une circonstance remarquable , qui arriva au duc John dans son enfance, aurait été regardée par les païens comme on présagé qu'il était sous la protection spéciale de la Providence , et réservé pour quelques grands desseins. A Tépoque, — la tradition dit le même jour, 30 juin 1 685, — que son grand-père , lecomte Archibald, allait être décapité, l'héritier de la famille, alors âgé d'environ sept ans, tomba d'une fenêtre de l'ancienne tour de Lcthington, près d'Haddington , où résidait alors sa grand' mère , la duchesse de Lauderdale. Cette fenêtre était si haute qu'on pat regarder comme une espèce de miracle que l'enfant ne fût pas Uessé.

Etant entré de bonne heure dans la carrière militaire, qui avait été long-temps la profession de ses^cètres, il se distingua au siège deKeyserswart, sous les yeux du roi Guillaume. Montrant de rares taleiis pour les affaires, il fut nommé lord grand-commissaire près le parlement d'Ecosse en 1706; et en cette occasion il se conduisit avec tant d'adresse qu'il contribua au traité d'Union en faisant nommer des commissaires pour arranger cette grande mesure nationale. Le duc p»sa donc la première^ pierre d'un édifice quij quoique construit d'après un système étroit et fautif, était pourtant fait pour devenir définitivement, comme il le de* vint par la suite , la base de la prospérité universelle du Royaume? Uni. Dans le dernier parlement écossais, son éloquence naissante fut un des principaux appuis de ce grand traité. Le nom d'Argyle ne se trouve sur aucune liste de ceux qui partagèrent la somme donnée compie équivalent ; et ses concitoyens , au milieu du mécontentement excité par cette mesure, le distinguèrent comme l'ayant appuyée .véritablement par principe. Dans le fait, il est honorable au caractère de ce grand homme que, quoiqu'il fût oc* cupé de rétablir la fortune de sa famille cruellement diminuée par les infortunes de son bisaïeul et de son grand-père, et.par les folies de son père., il eut trop de bon sens et d'honneur pour s'abaisser jamais jusqu'à des moyens indirects pour se procurer des avantages personnels, et qu'il fut en état , dans un siècle de yénaUté ,

TROBIEMB SmUE. ST

de défier tonte imputation de corruption. L'homme d'Etat qui est nue fois surpris à vendre ses opinions à prix d'argent est comme nne femme gai a perda sa réputation ; il ne peut jamais ensuite regagner la confiance publique et la bonne opinion dont il avait joui. On récompensa pourtant Argyle en le créant pair d'Angleterre sous le ti^e de comte de Greenwich et de Ghaiham.

Apres que l'Union eut été conclue, Argyle retourna à l'armée et servit sous Marlboroâgh avec une réputation distinguée dont on crut que ce grand général lui-même daigna être jaloux. Du moins il est certain qu'il n'existait pas de cordiaUfé entre eux ; car on savait que lorsque le bruit courut que l'administration Whig de Godolphiu voulait mettre tout en œuvre pour faire créer le duc géRéral à vie , en dépit de la volonté contraire ile la reine , Argyle offrit, si Ton faisait une telle tentative, d'arrêter Marlborough même au milieu de Farmée Victorieuse qu'il conmiandait. Il était donc à celte époque ami ferme et'zélé d'Harley et de Bolingbroke, gui commençaient alors leur administration Tory. Pour le récom-penser d'un appui dont on sentait le prix , le ministère Tory le nomma commandant en chef en Espagne, et lui promit de lui fournir les troupes et l'argent nécessaires pour faire la guerre avec succès dans ce royaume , où les Torys avaient toujours soutenu qu'il fallait la continuer. D'après cette promesse, Argyle ac» cepta la nomination , dans l'espérance ambitieuse d'acquérir cette renommée militaire qui était le principal objet de ses désirs.

Mais le duc éprouva une extrême mortification , à son arrivée en Espagne., en y trouvant l'armée anglaise dans un état trop misérable pour hasarder quelque entreprise importante, et même dans l'impossibilité de défendre sa position. Les ministres anglais manquèrent à la parole qu'ils lui avaient donnée de lui fournir le» moyens de se maintenir dans ce pays, et ne lui envoyèrent ni renforts ni argent. Au lieu de devenir le rival de Marlborough, ce qur avait été l'objet de son ambition, Argyle se vit donc réduit à la triste nécessité de se retirer à Minorque pour sauver les débris de son armée. La raison que donnèrent les ministres pour excuser leur manque de foi fut qu'étant déterminés à conclure ' avea la France cet arrangement qui fut ensuite appelé la paix d*Utreeht , ils ne défraient pousser la guerre avec vigueur ni en Espagne ni dans aucun autre pays. LWgueil mortifié et le ressentiment d' Argyle Idi occasionèrent une maladie. Attaqué d'une fièvre violente, û eut à lutter contre là mort^ et retourna en Angleterre plein d'idée»

3s Hiaroiu DSOossB.

de Yongea^ee (commis vimabrat qiîi » par fovr ivuiqnede panile^ r«.Yaient priyé p p^n^^k-il , d*iiii« «mpki mdMon de gloire.

A son arriYÀa e^ Aiiglfitarre» kBmûiififtre» Harkj» alors eamle d'Oxford, et lard. BQlÎDgfaroke, eherehèreAl à apaiaer le reaiea* tÛBexU du dac «a le Mnaïaiit eonuMiidaiit en chef de TSeosse et goaverneur di| «hâleaa d^EdMnbonrg ; maia il n'ett resta pas moins enaeiai prononcé et dangev^ni de bmr administration ^ formidable par ses grands, talons ebrils et militaires , par son éloqnence^pnis» santé, et par l'énergie inlr^de qa'il montrait dans ses disconrs «t dans ses actions. Tel était FÙlaMre John dnc d'Argyle , dent nMs aarona se» Y«nt à parler dms lea pages suivantes.

John, onzième oonte de Har, dont le naïade famille était Erskibe, Cat aa$si on' des hommes remmrqnables de ce temps* C'était un bsmmedoné d'un efifarit subtil es d'une éloquence facile, y^rsé dana les intrigues d'Etat et courtisan heureux. Sa fortune avait été dérangée par la mauvaise adminia^ation deemi père; mais il la rétablit .en grande partie par une pnsdente économie. U obtint 1q commandement d^an régiment d^infonterie ; mais,. qoInqBa nou3 soyons sur le pojiil de le voir à la télé., dfmie armée , il ne paraît paa (pie Mar se fû4 appliqué aux afEaires militaires,, ou ^'il eû.t acqnis. de Fexpér^ence par un service, actif. Son père avait été Whig , et avait professé k» {oîncipes de la révobition ; et John, son fils , commaiça par porter les manies couleurs. Il présenta an Parlement d'Ecosse la propositirat du tiraité de l'Union , et fut un des commissaires éoessaÔA chargés d^en régler les articles prélimi» naires. Etant, secrétaire d'Etat de l'Ecosse pendant lederaier^par^ lement de ce pays,, il employa Véloninenise et l'adresse en fiiveur de ce traité. Mar ne parait pas da« nombre de ceux qui reçurent qjaelqne portion, dea éqnivalena;: mais, comme l'Union lai fit perdre sa place desecrétaû^, il 6it>créé garde du sceau avec une:pensionj. et fut admis dans le conseil, privé d'.Anglnterre. Lors du célèbre changement d'administration, en 1710 ,. le comte de Mar, alors. un. des <pûnze.pairs qui r^résentaientla noblesse d'Ecosse, se déclara pour les nouveaux nupistres, et iut nommé un des secrétairea d'Eut de la Grande-BreUgne. £a cette qualité, il fut fort occupé des alEaires d'Ecosse et.de celles qu'on avait à traiter avec les montagnards. . Son grand dpmaitte sur la Dee , dans le comté d'Aberdi9en , lui donnait pour vassaux un nombre considéraUe de montagnards.,, ce qni, joint à ce qn'ii était le dispenaaleur des faiews de la cottrottne«.liiii»dil.plna fanilfi'df obtenir pannilenra.

îmusxêr sHtt. ii

éhêfit une itllaetto6 q«i e«tt âéfiiiitiTement des suites fatales pour fvz ei pom* hri*inéliie« •

Tds étaient les trois principaa nebles AsMsaiflTde qui dépen* ^ient beaoctmp les af?akes d'Ecosse dans ces temps de troubles. Noas atioQS maintenant rendre compte brièvement de U manière dont furent reçus dans le sénat an^ais les quarante-cinq membres qoij d'après l'Union, fermaient le nombre de représentans ^ne l^Ecosss devait fenmir an eorp» législatif des deux royaumes.

Etidilfant remarqimr qne, quoique , comme individus, lesre* présmitaiis écossais fussent cofrdialeni^it aoeaeHlis à Londres et m vissait ni ne rencontrassent dans la société aucune prévention défavorable fondée sûr le pays où ils étaient nés, quoiqu'on ne ténoi^ikattetine répugnance à les voir individuellementi cependant ils sentireat bientôt que leur présence dans le sénat était aussi dés* Bigiéable aux membres anglais que l'arrivée d'un corps de béliers ânagér dans un pâturage où est d^à un troupeau d'animaux de ttéflie espèce. Les oontestalions entre ceux qui sont en possession et les QOuveaa-vmms sont, en pareil cas, portées fort loin et occa» nonent beaacoup de brait et de querelles ; pendant long^temps on voit la petite troupe d'étrangers se tenir à part et éviter de se mêler avec les anciens possesseurs ; «t s'ils s'y hasardent , ib ne sont pas reçus avec cordialité.

La même espèce de discorde se faisait r^narquer entre le corps Bombreux de la chambre des communes d' Angleterre, et la poignée ifËeossais que l'Union avait intiMnils parmi eux , d'autant plus vivement queles préjugés nationaux des Anglais et des Ecossaislnt* taient les uns contre les autres, et taisaient j|même disparaître la diffiéretifce des opinions politiques qm, sans cela, auraient réglé k conduite et déterminé le voledes représentans des deux nations* Les Ecossais^ par exeaqile, se trouvaient négligés, contrariés et éeraséa par le iiombre > dans des occasions où ils croyment qu'il y tUait de L'iniârét imméduit de leur pays, et où ils pensaient que^ t^ar simple poliiiesse et par égard , on anrait dû leur accorder, ssmme ïeprétontuBS spéciaux de l'Ecosse, quel(|ne chose de plus ^i&leur faiUe contingent de quarante^'cinq toix. On étoonte avec fuéqnedéCéirence l'opinion mémedfnn seul membre dû parlement^ qaanfd le sujet de la^Ûseussîon intéresse purtictdièrement le comtié ou le bonrg qu'il représente , parce qu'on suppose qu'il connaît mieux l'affaire que ceux qui y sont moins intéressés. H était donc

sans doute bien naturel qae les Ecossais rédamassent la même indulgence quand ils parlaient pour un royaume dont ils connais* saient les besoins et les avantages mieux que ne, pouvait le faire aucun membre de la Chambre. Mais ils furent loin d'éprouver la déférence qu'ils attendaient ; elle leur fut même expressément re* fusée dans les occasions suivantes.

1^ he changement de la loi sur la haute trahison, dont il a déjà été parlé , devint un sujet de discussion. Les représentans écossais désiraient assez que leurs lois à cet égard fussent refondues , en choisissant les meilleures parties du système des deux pays» ce qui aurait certainement été la marche la plus équitable; mais la loi anglaise sur ce crime fut imposée à l'Ecosse, presque sans' modification.

2° Un autre débat sur un objet d'avantage national eut lieu relativement à la restitution des droits sur le poisson salé en Ecosse. Les Ecossais avaient droit à cet avantage d'après la lettre du traîtéf qui disait expressément que le commerce serait libre , et jouirait des mêmes avantages dans les deux royaumes. Les Ecossais poavaient donc réclamer cette restitution aussi bien que les Anglais. A cela y les Anglais répondaient que le sel avec lequel les Ecossais avaient salé leur poisson avant l'Union n'avait pas payé les droits considérables imposés en Angleterre; et qu'accorder la restitution de ces droits en pareil cas, ce serait rendre aux marchands écossais des sommes qu'ils n'avaient jamais déboursées. Il y avait sans doute quelque raisondans cette objection ; mais, dans une aussi grande transaction que l'Union des deux royaumes , il doit se présenter des circonstances qui, pour une cause ou pour une autre, procurent nécessairement quelque avantage à des individus de l'un et de l'autre pays; et il semblait que le riche royaume d'Angleteire avait mauvaise grâce à refuser au peuple écossais, bien plus pauvre, un si léger bénéfice résultant d'une mesure si importante. Le parlement anglais-finit pourtant par accorder cette restitution de droits, mais cette concession avait perdu 'son mérite, parce qu'il était évident qu'elle avait été faite à contre-cœur; et, comme il arrive souvent, l'abandon des objections ne fit pas oublier Faigrear des discussions qu'elles avaient ocçasionées. Les débats sur les diverses questions dont nous venons de parler eurent lieu pendait les sessions du parlement d'Angleterre durant lesquelles l'Union fut achevée.

TiMISIEBIB SRRIK. it

Eo 1 7 10, la reine Aimey fatigaée de ses ministres Whigs, comme je Toas le dirai plus au long, saisit wie occasion de les congédier, en voyant la voix pdblique se déclarer contre eox dans la sotte affiiire de Sacheyerei ; et, snivant la marche ordinaire en pareil cas, elle prononça la dissolation da parlement, où ils avaient la majorité, et en conyoqna nn nouveau.

Les ministres Torys, comme tous les ministres qui entrent en plac^, cherchèrent, à force de civilités et de promesses, à gagner rappui de toutes' les classes, et les représentans écossais, qui, après tout, faisaient quarante-cinq voix, ne furent pas tout- à-fait négligé^. Le nouveau ministère leur fit valoir que te nouveau parlement était principalement composé de gentilshommes cam» pagnards indépendàns qui rendraient impartialement justice à toutes les parties de la Grande-Bretagne, et les assura que TEcosse n'aurait à se plaindre de rien.

il se présenta bientftt une occasion de prouver la sincérité de ces promesses. Il faut d'abord remarquer que toute opposition aux mesures du gouvernement avait été faite jusqu'alors presque entièrement par les membres écossais de la chambre des communes, qui avaient eu la politique de menacer l'administration de la laisser en minorité daçs les questions délicates, en passant en corps da côté de Topposition : tactique qui donnera toujours à une petite troupe bien unie un certain poids dans la chambre des communes, où les voix se. trouvent fréquemment à peu près balancées sur certaines questions. Par cette manœuvre, les représentans écossais avaient quelquefois obtenu un résultat favorable sur des points qui intéressaient leur pays. Mais cette conduite n'était pas celle des représentans de la pairie écossaise, parmi lesquels il se trouvait quelques hommes qui n'avaient qu'une petite fortune pour soutenir un haut rang ; Bt ils se montrèrent quelque temps assez traitables , votant régulièrement pour les ministres qui étaient en place. Il s'éleva pourtant une^uestion, dont nous parlerons tout à l'heure,, concernant les privilèges de leur ordre, et elle dérangea cette marche politique inspirée par l'égoïsme et l'intérêt.

Une a^tre cause de la tiédeur des pairs écossaîis était que les représentans des conmiunçs d'Ecosse s'étaient montrés très actifs éi ieuX occasions , pour opposer .des barrières au pouvoir exprbibant de Taristoçratie^ La première eut lieu lors d'un règlepient qui déclara les fils ïdtnés des pairs écossais incapables de siéger dans la chambre des communes. Le motif de cette incapacité ét^it que

44 HISTOIRE D'IGOSSB.

levé en Angleterre, avait été le sojet d'one discnssion spéciale lorsqu'il s'agit du traité d'Union , et il avait été définitÎYement convenu que l'Ecosse ne paierait pas cette taxe tant que la guerre continuerait. En point de droit, les Ecossais avaient peu de chose à dire, si ce n'est que la paix avec l'Espagne n'était pas encore proclamée, ce qui pouvait leur donner le droit de réclamer un délai, mais non pas une exemption totale de cette taxe. Eu point d'équité, il y avait de meilleures raisons à faire valoir. L'orge qu'on récolte en Ecosse, étant semée sur un sol de qualité inférieure, ne vaut pas , ou du moins ne valait pas à l'époque de l'Union , pins du tiers ou de la moitié de la valeur intrinsèque de la même espèce de grain venue sur le sol. fertile et sous le beau climat de l'Angleterre ^ . Si donc la même ^antité d'orge devait payer le même droit dans le nord de la Grande-Bretagne que dans le sud, le pays le plus pauvre serait taxé deux ou trois fois plus haut que celui qui est plus en état de soutenir ce fardeau. Deux jilairs écossais , le duc d' Argyle et le comte de Mar, et deux membres des communes , Cockburn le jeune, d'Ormiston et Lockhart de Carnwath, un Whig et un Tory de chaque Chambre, furent députés près de la reine Anne pour lui représenter le dangereux' mécontentement que ferait naître dans un pays aussi pauvre que l'Ecosse, l'établissement d'une taxe aussi disproportionnée que celle sur la drêche. Ces observationafureùt faites à Sa Majesté en personne, et ellej fit la réponse que les ministres lui avaient mise dans là bouche: — Elle était Cachée, dit-elle, que son peuple d'Ecosse crût avoir raison de se plaindre ; mais elle pensait qu'il poussait le ressentiment trop loin , et die souhaitait qu'il n'eâit pas à s'en repeqtir.

Cependant la guerre ayant été terininéepar la paix d'tJtrecht, les Anglais proposèrent d'établir en Ecosse une taxe vue de si mauvais œil. La discussion dans les deux chambres devint très animée. Les Anglais montrèrent quelque mépris pour la pauvreté de l'Ecosse; et les Ecossais, d'une autre part, répliquèrent fièrement que les Anglais profitaient de l'avantage que leur donnaient la grande majorité de leur nombre et le lieu où ils se (rouvaient, pour en dire plus qu'ils ne l'oseraient s'ils étaient homme contre homipe. Lés pairs écossais, dans la chambre haute, soutinrent la cause de leur pays avec la même véhémence. Le résultat fut que le droit fut imposé, avec la promesse secrète des ministres qu^il ne

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