‹ Œuvres de Walter Scott (volume 5)Chapitre 8 sur 39 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Inflaeace d« la daehessa de Mtrlbonragh sur It Yeine Anne. — Prooàs dn dœtear Sachererel.— Marque de popularité des Whigs. ^— Leur renvoi du ministère. •<- Harley et le parti des Torys arrÎTeat au pouvoir. — Paix d'Utreoht. — Plaii de la reine pour faire venir son frète , le chevalier de Saint-Geoirge, comAie^iéiitier du trdne. — Intrigués du vicomte Boiinghrol^e tendant au méè|Btt bat -— Duel entre le duc dVamilton et lord Hohon. — Mission de Bolingbroke à Paris*

DàNS mon dernier chq>itre, je vous ai détaillé ks suièes de

FUiuMij et je yms ai dit coabicii l'aMueil froil, désoUigaani et incivil que firent les ÀDgbuuB aux repr^tentaM de l'Eoosae , ÔMxm la chambre des pairs et dana celle des oomiMineSi qeoiqaey conuM personnes pAiéoBf on leur téatoignit tons les égards possibles^ ayait p'esque occasionë la rupture du traité. Il faut maintenant que je retourne sur mes pas poqr tous deimer une, idée pins claire de k situation pditique de la Oraode-Brelagne indépendamment des altercations vives et finécpemes enlre l'Angletenre et TEcosse dans le parl^nmt britannique*

Le roi Guillaume, comme je voua l'ai déjà dit, mourut en 1.70 1, peu roppetté de ses sujets ; car quoique ce fftt un homme dooéi^e grands talens, il était trop froid et trop flegmatique pour insjftrer l'affection I et d'ailleurs il était étranger. En Ecosse, aucun parti Savait beaucoup de vénération pour sa mémoire. Les montagnards, se rappdaieiit Glencoe, les habitans des basses terres ne pou vaienti onbl^Darien» les épiacopaux étaient courroucés de l'anéantisse» ment de leur hiérarchie , lés presl^tériens trouvaient dans ses mesures quelque chose qui sentait PérastiÀnisne , c'e8^à•dire le dessein de soumettre l'Eglise à l'Etat.

La reine Anne sucoéda donc à son beau*firère à la satisfactioB génâ'ale de ses sujets. Ses qualités étaient faites pour lui]concilier Fattacheoient et l'estime. Elle était excellente épouse, mare très affectueuse, bonne maîtresse; et pour ajouter à toutes ses vertus privées, «mie confiante et fidèk.

L'objet de son amitié était lady Churchill, qaà dq>uis long^temfs était attachée à sa personne. Cette femme avait Fesprit si fier, si hautain, si arrogant, que son mar^, qdj fot ensuite le célèbre due de Marlboroughi quoique vainqueur dans tant de batailles, sortait souvent .vaincu de ses querelles domestiques «vec elle. Plusieurs années aTant de monter sur le trône, Anne s'était habituée à faire céder en grande partie son. opinion à celle de cette dame. Ce fut aux instances de lady Churchill qu'elle ^quitta la maison de sou père Jacques H, et qu'elle prit part à la^vôlution. Lors de son avén^nent au trône, la reine Anne avait une sorte de partialité pour les Torjs, tant parce qu'elle regardait kjars principes comme plus favorables au pouvoir monarchique, que parce que, quoique ï'ansour du pouvoir, plus fort que tant d'autres semimens, Teût portée à prendre possession d'un trône qui i pat droit héréditaire» aurait dû appartenir à son père ou son frère, cependant elle n'avait pas brisé les nœuds de l'affection de fanàîUei et éUe avait de la

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prédilection pour le parti politique qui regardait la maison exilée avec compassion, sinon avec des sentimens encore pla$ favorables. Celte prédilection et ces dispositions si naturelles » la reine Anne les sacrifia à sa déférence aux désirs et à Tintérét de sa favorite. Leur liaison avait pris un caractère si intime et si confidentiel , qu'elle voulut que son amie, dans ses rapports avec elle, oubliât toutes, les distinctions de la royauté ; et elles correspondaient ensemble dans les termes de la plus parfaite égalité , la souveraine prenant le nom de Morley, et la sujette celui de Freeman ^y que îady Churchill, alors comtesse de Marlborough, avait choisi coqpie exprimant la franchise de son caractère. 3underland et GodUphin étaient des ministres d'un talent incontestable, et qui suivirent avec autant de persévérance que dliabileté le plan formé par le roi Guillaume pour défendre la liberté de l'Europe ^ contre les usurpations de la France. Mais le principal motif de la reine Anne pour leur accorder sa confiance, fut qu'ils étaient intimement liés avec mistress Freeman et son mari. Or cette espèce d'arrangement, mon cher enfant, était précisément une fantaisie aussi puérile que lorsque vous et votre petit frère vous vous mettez dans un panier, et que vous jouez à faire voile pour Abbotsford ppur aller voir votre grand*papa. Un souverain ne peut goûter le genre d'amitié qui existe entre de^ égaux ; car il n'a point d'égaux avec qui il puisse former une telle union , et toute tentative ppur faire croire à cette intimité n'est qu'un jeu qui finit Communément par le faire céder secrètement à l'influence et à l'adulâtioa d'un adroit parasite à langue dorée, ou par le soumettre à la tyrannie de Tasçendant que prend sur lui un esprit plus hautain et plus élevé que le sien. L'époux de la reine Anne, le prince George de Danemarck, aurait pu rompre cette familiarité excessive entre sa femme et une orgueilleuse favorite; mais c'était un homme tranquille, bon, humain, ne se mêlant de rien, et semblant se regarder lui-même comme peu propre aux affairées publiques» opinion qui était conforine à celle qu'avaient de lui les autres.

La mort du duc de Glocester, fils et héritier de la reine Anne, seul reste d'une nombreuse famille, en lui enlevant le dernier objet de ses affections privées, sembla ajouter encore à l'affection extrême de la reine pour son amie, et Tinfluence de Iady Marlborougli devint universelle. La guerre qui se continuait contre la

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