‹ Œuvres de Walter Scott;Chapitre 68 sur 93 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

A cet affreux carnage, échappé non sans peine» Arrive un chevalier inondé de sueur; Sou coursier haletant avec lenteur se traîne. Finlay.

ccupons-nous maintenant des habitants de Tillietudlem, L'aurore du jour qui suivit le combat de Loudon-Hill avait lui sur les créneaux, et déjà les défenseurs de la place avaient repris leurs travaux de fortification , lorsque la sentinelle postée sur une haute tour, appelée la Tour de Garde, annonça qu'un cavalier se dirigeait vers le châtem.

lorsqu'il fut un peu plus près, on reconnut l'uniforme du régiment des gardes La lenteur du pas de sa monture, la manière dont il se tenait en selle, annonçaient qu'il était malade ou blessé. On courut ouvrir le guichet pour le faire entrer, et l'on reconnut avec joie lord Evandale, mais tellement affaibli parla perte de sang qu'avaient occasionnée ses blessures, qu'il fallut qu'on l'aidât à descendre de cheval ; et lorsqu'il entra dans le salon, appuyé sur le bras d'un domestique, les deux dames jetèrent un cri de surprise et d'horreur. Pâle comme la mort, couvert de sang , son uniforme déchiré, les cheveux en désordre, il ressemblait moins à un homme qu'à un spectre.

— Dieu soit loué ! s'écria lady Marguerite quand elle fut revenue de son effroi ; Dieu soit loué de vous avoir arraché des mains des scélérats altérés de sang, qui ont massacré tant de fidèles serviteurs du roi !

— Grâce au ciel ! dit Edith, vous êtes ici, vous êtes en sûreté ! Que d'inquiétude nous avons éprouvée à votre sujet! Mais vous êtes blessé, Milord, et je crains que vous ne trouviez pas ici les secours nécessaires.

— Mes blessures ne sont pas dangereuses, répondit lord Evandale qu'on avait fait asseoir sur un fauteuil ; ce n'est que la perte de mon sang qui m'a épuisé. Mais je ne viens pas ici pour ajouter à vos dangers par ma faiblesse; mon seul but était de voir si je pouvais vous être de quelque utilité. Permettez-moi , lady Marguerite, d'agir en cette occasion comme votre fils, — comme votre frère, Edith.

Il appuya sur ces mots votre frère comme s'il eût craint qu'elle ne pût croire que c'était en qualité d'amant qu'il faisait ses offres de service. Edith s'aperçut de sa délicatesse, et n'y fut pas insensible; mais ce n'était pas le moment de faire assaut de beaux sentiments. -Nous sommes disposés à nous défendre, Milord, dit la vieille dame avec dignité. Mon frère a pris le commandement de la garnison, et j'espère qu'avec la grâce de Dieu les rebelles trouveront ici la réception qu'ils méritent.

— Que j'aurais de plaisir, répondit-il, à coopérer à la défense du château! Mais dans l'état de faiblesse où je suis réduit, je ne serais qu'un fardeau pour vous. Ma présence pourrait même accroître votre danger; car si les rebelles apprenaient qu'un officier du régiment des gardes a reçu asile à Tiilietudlem, ils n'en seraient que plus acharnés à s'en emparer. S'ils ne le trouvent défendu que par voti£

famille, ils marcheront probablement sur Glascow plutôt que de risquer un assaut.

— Pouvez-vous, Milord, s'écria Edith avec cet élan de sensibilité qui caractérise souvent les femmes, et qui leur convient si bien , pouvez-vous nous croire capables d'assez de lâcheté et d'égoïsrne pour consentir à votr<2 départ? Croyez-vous que de telles considérations puissent empêcher vos amis de vous donner une retraite protectrice dans un moment où le pays est couvert d'ennemis, où il vous est impossible de vous défendre? Existe-t-il en Ecosse une chaumière d'où l'on consentît à vous laisser sortir dans une pareille situation? Pensez-vous que nous souffrirons que vous quittiez un château que nous croyons assez fort pour vous protéger?

Elle prononça ces mots d'une voix fortement émue ; et la rougeur qui colorait ses joues annonçait toute la sincérité, toute la générosité de ses sentiments.

— Lord Evandale ne peut songer à nous quitter, dit lady Marguerite. Je panserai ses blessures moi-même : c'est tout ce que peut faire une dame de mon âge en temps de guerre; mais le laisser partir du château de Tillietudlem quand Fépée de l'ennemi menace de l'immoler!... je ne le permettrais pas au dernier des soldats qui portent l'uniforme de Sa Majesté, encore moins à lord Evandale. Ma maison ne subira jamais un pareil déshonneur. Le château de Tillietudlem a été trop honoré de la visite de Sa Maj...

Elle fut interrompue par l'arrivée de son beau-frère.

- — Nous avons fait un prisonnier, mon oncle, s'écria Edith, un prisonnier blessé, et qui veut nous échapper. J'espère que vous nous aiderez à le retenir de force.

— Lord Evandale! s'écria le major; j'éprouve autant de plaisir que lorsque j'obtins mon premier grade. Claverhouse nous avait fait craindre que vous ne fussiez prisonnier, que vous n'eussiez même perdu la vie.

— Je la dois à un de vos amis , répondit Evandale avec quelque émotion , et en baissant les yeux comme s'il eût craint de voir l'impression que ce qu'il allait dire pouvait causer à miss Behenden. Renversé de cheval et sans défense, le fer était levé sur ma tête, lorsque M. Morton, le prisonnier pour lequel vous vous êtes vous-même intéressé hier, s'est généreusement interposé en ma faveur, a sauvé mes jours au péril des siens . et m'a fourni les moyens de m'évader.

En achevant ces mots, une curiosité pénible pour son cœur triompha de sa première résolution; il leva les yeux sur Edith, et crut lire dans ceux de la jeune dame la joie qu'elle ressentait en apprenant que son amant vivait, qu'il était libre, et qu'il ne s'était pas laissé vaincre en générosité. Tels étaient en effet les sentiments de miss Bellenden; mais il s'y mêlait une véritable admiration pour la franchise avec laquelle lord Evandale venait de rendre justice à son rival et de reconnaître qu'il en avait reçu un service que , suivant toute probabilité, il aurait mieux aimé devoir à tout autre.

Le major, qui n'aurait pas remarqué l'émotion de sa nièce et de lord EvaOale, eût-elle été mille fois plus évidente, se contenta de dire : — Puisque Henry Morton a quelque influence sur ces misérables, je suis ravi qu'il en ait fait un si bon usage; mais j'espère qu'il se tirera de leurs mains aussitôt qu'il le pourra. Je ne doute pas qu'il le désire : je connais ses principes , je sais qu'il déteste leur jargon mystique et leur hypocrisie* Je l'ai entendu bien souvent rire de la pédanterie de ce vieux coquin , le ministre presbytérien Poundtext , qui après avoir joui pendant tant d'années de la tolérance du gouvernement, vient de lever le masque à la première occasion, et de joindre les insurgés à la tête de plus des trois quarts des habitants de sa paroisse , entraînés par ses discours. — Mais comment vous êtes-vous échappé, après avoir quitté le champ de bataille, Milord? •

— Hélas ! dit lord Evandale en souriant, comme un chevalier couard, en usant de toute la vitesse de mon cheval. J'ai pris la route sur laquelle je croyais avoir le moins à craindre de rencontrer des ennemis, et vous ne devineriez jamais où j'ai trouvé une retraite la nuit dernière.

— Au château de Braklan , sans doute, dit lady Marguerite, ou chez quelque autre gentilhomme loyal.

— Non, Milady; je me suis présenté dans plusieurs châteaux, et j'en ai été éconduit sous différents prétextes, mais en réalité parce qu'on craignait que ma présence n'y attirât l'ennemi. C'est dans une chaumière que j'ai trouvé un refuge, chez une pauvre veuve dont le mari a été fusiilé, il y a trois mois, par un détachement de mon régiment , et dont les deux fils sont dans les rangs des insurgés.

— Est-il possible ? une fanatique se montrer capable de tant de générosité ! Sans doute qu'elle ne partage pas les sentiments de sa famille ?

— Pardonnez-moi , Milady, mais elle n'a vu en moi qu'un homme blessé et en danger. Oubliant que j'étais un officier du parti ennemi, elle a bandé mes blessures, elle m'a donné un lit 3 elle m'a soustrait à la vue d'un détachement d'insurgés qui poursuivaient les fuyards, et ne m'a laissé partir ce matin qu'après s'être assurée que je pouvais me rendre ici sans risques.

— Voilà une noble action , dit miss Bellenden, et je suis certaine, Milord , que vous trouverez quelque occasion de récompenser tant de générosité.

— J'ai contracté pendant cette malheureuse journée des obligations de toutes parts, miss Edith 5 mais je me flatte qu'on ne m'accusera pas de manquer de reconnaissance, quand l'occasion de la prouver se présentera.

Chacun alors renouvela ses instances pour engager lord Evandâle à rester au château ; et le major se servit d'un argument qui fut décisif.— Vous ne disconviendrez pas, Milord, dit-il, que vous ne deviez obéissance aux ordres de votre colonel. Je vous apprendrai donc qu'il m'a autorisé à retenir au château tout officier de son régiment qui s'y présenterait, afin de maintenir l'ordre et la discipline parmi les cavaliers qu'il m'a laissés; et, en vérité, je me suis déjà aperçu que cela était nécessaire.

— C'est m'opposer un argument sans réplique, que de dire que, dans mon état de faiblesse, mon séjour ici peut être utile.

— Quant à vos blessures , Milord , si ma sœur, lady Bellenden, veut entreprendre, pour sa part , de combattre les symptômes fébriles, s'il en survient, je réponds que mon ancien soldat Gédéon Pique sait panser une plaie aussi bien qu'aucun membre de la corporation des chirurgiens-barbiers. Il a eu assez d'occasions de pratiquer au temps de Montrose, car nous n'avions pas beaucoup de chirurgiens qui eussent fait leurs cours , comme bien vous pensez. — Vous restez donc avec nous?

— Je vous l'ai dit, major, répondit Evandâle en regardant Edith, les motifs que j'avais de quitter le château cèdent, tout puissants qu'ils sont , à ceux qui m'offrent le moyen de vous servir. — Oserais-je vous demander, major, les moyens et les plans de défense que vous avez adoptés? Ou voulez-vous que je vous suive pour jeter un coup d'œil sur les travaux?

— Je crois, mon oncle, dit Edith qui remarquait l'état de fatigue

et d'épuisement du blessé, que puisque Milord consent à faire partie de notre garnison, vous devez commencer par le soumettre à votre autorité, en lui intimant Tordre de se rendre dans son appartement, afin qu'il prenne du repos et qu'il recouvre ses forces avant d'entamer aucune discussion militaire.

— Edith a raison, dit la vieille dame ; il faut vous mettre au lit à l'instant, Milord, et avaler un fébrifuge que je vais composer de ma main. Ma demoiselle de compagnie, mistress Marina Weddell, vous fera du bouillon de poulet. Je ne vous conseillerai pas le vin. — John Gudyil, que la femme de charge prépare la chambre du dais. Il faut que lord Evandale se couche tout de suite. Pique examinera l'état de ses blessures et y mettra le premier appareil.

— Ce sont là de tristes préparatifs, Madame, dit lord Evandale en remerciant lady Margaret avant de quitter la salon; mais je me soumets à tout ce que vous prescrirez, et j'espère que, grâce à vos bontés, je pourrai bientôt m'occuper de la défense du château plus efficacement qu'à cette heure. C'est à vous de me mettre en état de vous offrir le service de mon bras ; quant à ma tête, vous n'en avez pas besoin, tant que le major est avec vous.

A ces mots il sortit.

— Excellent jeune homme! dit le major, et d'une modestie!...

— Il n'a point , reprit lady Marguerite, cet amour-propre qui fait croire à tant de jeunes gens qu'ils savent mieux ce qui leur convient que les personnes qui ont de l'expérience.

— Et si bien fait! et si généreux! ajouta Jenny Dennison, qui, entrée pendant cette conversation, se trouva bientôt seule avec sa maîtresse, le major étant allé inspecter les travaux, et lady Margaret préparer la potion promise.

Edith ne répondit à tous ces éloges que par un soupir ; mais quoiqu'elle gardât le silence, elle n'en sentait pas moins vivement combien ils étaient mérités par celui qui en était l'objet.

— Après tout, continua Jenny, Milady a bien raison de dire qu'on ne doit avoir confiance dans aucun presbytérien : il n'y en a pas un qui ait ni foi ni loi. Qui aurait cru que le jeune Milmvood et Cuddy Headrigg auraient pris parti avec ces coquins de whigs ?

— Que voulez-vous dire, Jenny? repartit miss Edith d'un ton d'impatience -, quelles absurdités me débitez-vous?

— Je sais bien que cela ne vous est pas agréable à entendre, et il

ne Test pas plus pour moi de vous le dire ; mais il faut bien que vous l'appreniez, car on ne parle que de cela dans le château.

— De cela ! de quoi? avez-vous envie de me faire perdre l'esprit?

— Que M. Morton s'est joint aux rebelles, et qu'il a été nommé un de leurs chefs.

— C'est un mensonge ! une basse calomnie ! vous êtes bien hardie d'oser me le répéter. Henry Morton est incapable d'oublier ce qu'il doit à son roi et à son pays. C'est une cruauté pour moi. — C'en est une pour pour des innocents persécutés et qui ne peuvent se défendre. Je vous dis qu'il est incapable d'une telle action.

— Mon Dieu ! miss Edith , il faudrait avoir plus de connaissance des jeunes gens que je n'en ai et que je n'ai envie d'en avoir, pourpouvoir dire ce qu'ils sont capables de faire ou de ne pas faire; mais Hoiliday et un autre cavalier se sont déguisés ce matin en paysans pour faire une re... reconnaissance, comme dit M. Gudyil; ils ont pénétré jusque dans le camp des révoltés, et ils viennent de nous dire qu'ils y ont vu M. Henry Morton monté sur un des chevaux du régiment, armé d'un sabre et de pistolets, et vivant de pair à compagnon avec les autres chefs. Il donnait des ordres aux troupes ; et Cuddy était derrière lui, revêtu de la veste galonnée du brigadier Bothwelî, avec une cocarde de rubans bleus à son chapeau, parce que c'est la couleur du Covenant, et une chemise à jabot, comme un lord : ça lui convient bien, vraiment !

— C'est impossible, Jenny, reprit vivement Edith; cette nouvelle n'est pas vraie. Mon oncle n'en a pas entendu parler.

— Je le crois bien: Hoiliday est rentré cinq minutes après l'arrivée de lord Evandale ; et, dès qu'il l'a eu apprise, il a juré ses grands dieux qu'à présent qu'il y avait au château un officier du régiment, il ne ferait pas son... son rapport, je crois, jusqu'à ce que lord Evandale pût le recevoir à son réveil, et peut-être aussi que tout ce qu'il m'en a dit était pour me chagriner relativement à Cuddy.

— C'est cela même, folle ; il a voulu vous tourmenter par cette fausse nouvelle.

— Je ne puis le croire ; car John Gudyil a fait entrer l'autre dragon dans l'office, et celui-ci, qui est un vieux soldat dont je ne sais pas le nom, lui a conté absolument la même histoire, mot pour mot,, en buvant un verre d'eau-de-vie. Et M. Gudyil est entré dans une grande colère, et nous a dit que tout cela venait de la faute de Mi-

lady et du major-, et que, si on avait fusillé hier matin M. Henry et Cuddy. ils ne seraient pas en ce moment les armes à la main avec les rebelles. Il me semble qu'il n'a pas tout à fait tort.

A peine Jenny avait-elle prononcé ces mots, qu'elle fut effrayée en voyant l'effet qu'ils produisaient sur sa maîtresse, effet que les principes politiques et religieux dans lesquels elle avait été élevée rendaient plus violent encore : ses couleurs l'abandonnèrent, la respiration lui manqua, et elle tomba sans connaissance sur un fauteuil. Jenny coupa ses lacets, lui jeta de l'eau froide sur le visage, lui brûla des plumes sous le nez, employa, mais en vain, tous les moyens usités en pareil cas.

— Dieu me pardonne ! dit-elle; qu'ai-je fait? malheureuse que je suis! je voudrais qu'on m'eût coupé la langue! Mais qui aurait cru qu'elle eût pris la chose ainsi! et tout cela pour un jeune homme! gomme si c'était le dernier! — Miss Edith, ma chère maîtresse, reprenez courage ! après tout, cela peut bien n'être pas vrai! — On m'a toujours dit que ma langue me jouerait quelque mauvais tour. — Bon Dieu ! si Milady venait! Miss Edith est justement sur le trône où personne ne s'est iamais assis depuis qu'il a servi au roi ! Que faire? que devenir?

Pendant que Jenny se lamentait ainsi sur sa maîtresse et sur elle même, Edith reprenait peu à peu connaissance, et sortait de l'état d'angoisse où l'avait plongée cette nouvelle inattendue. — S'il avait tté mallieureux, dit-elle, je ne l'aurais jamais abandonné; s'il était mort, je l'aurais pleuré toute ma vie; s'il avait été infidèle, je lui aurais pardonné ; mais un rebelle à son roi, un traître à son pays, un homme associé à des scélérats et à des meurtriers ! Je l'arracherai de mon cœur, dût cet effort me conduire au tombeau.

Elle essuya ses yeux et se leva du fauteuil, ou du trône, comme l'appelait lady Marguerite. Jenny, toujours effrayée, se hâta de secouer le coussin, pour effacer les traces de ce que lady Bellenden aurait probablement appelé une profanation. Telle n'eût pas été cependant l'idée de Charles lui-même, s'il eût connu la grâce et la beauté de celle qui usurpait ainsi momentanément ses droits. Jenny offrit ensuite à sa maîtresse le soutien de son bras. — Prenez mon bras, miss Edith : il faut que le chagrin ait son cours, après* quoi...

— Non, Jenny, répondit-elle avec fermeté ; vous avez été témoin de ma faiblesse, vous allez être témoin de mon courage. Le sentiment

LES PURITAINS û'ÈCOSSE. 359

du devoir me soutiendra. Cependant je n'agirai pas avec précipitation : je veux connaître les motifs de sa conduite ; après quoi je saurai l'oublier.

En parlant ainsi, miss Bellenien se retira dans son appartement pour examiner son cœur et réfléchir aux moyens d'en bannir le souvenir de Morton.

— C'est singulier, dit Jenny quand elle se trouva seule, une fois le premier moment passé, miss Edith prend son parti aussi aisément que moi, plus aisément même, car je n'ai jamais été attachée à Cuddy Headrigg comme elle l'était au jeune Milnwood. Mais, après tout, il n'y a peut-être pas de mal d'avoir des amis des deux côtés. Si les rebelles s'emparent du château, comme cela est fort possible, car nous n'avons guère de vivres, et les dragons mangent en un jour ce qui nous suffirait pour un mois, M. Morton et Cuddy étant avec eux, leur protection vaudra de l'or. C'était ma première idée quand j'ai appris cette nouvelle.

Ayant fait cette réflexion consolante, la chambrière alla reprendre le cours de ses occupations ordinaires, laissant sa maîtresse occupée du soin d'arracher de son cœur les sentiments qu'elle avait éprouvés jusqu'alors pour Henry Morton.

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