SCENE Iî
Une rue.
Entre UN HÉRAUT, avec une proclamation, s'ûiûi par le peuple.
LE HÉRAUTI lisant à haiiïe Wix-.
C'est le plaisir d'Othello, notre noble et vaillant générai, que, sur certaines nou-velles actuellement arrivées, comportantla totale perdition de la flotte Turque, tout homme se mette lui-même en triomphe, les uns en dansant, les autres en faisant des feux de joie, chacun par telles réjouissances et divertissements où son goût l'attire. Car, outre ces profitables nouvelles, c'est la célébration des noces. Ainsi fut son plaisir que proclamation fut faite. Tous les offices du château sont ouverts ; et il y a pleine liberté de festoyer, depuis la présente heure de cinq jusqu'à ce que la cloche ait dit onze. Le ciel.bénisse l'île de Chypre et notre noble général Othello. (7/ sort.)
1 To gnaw. Ce mot se retrouve dans le vieux roman sous la forme gnac, coup de dents, et dans le patois morvandiot, gniagucr, mordre. Le béarnais a gniaca, au même sens. Ail. riagen, ronger.
2 Passage très contesté. T/iis poor of Venise, svhom I trace... ou bien whoni I trash... le texte pri-mitif est le premier. Ce qui a troublé les commentateurs, c'est qu'il n'y a pas. analogie entre le mot trash, nullité, friperie, déchet — et trace, tenir en laisse, et qu'ils -voudraient, en gardien acharné de l'honneur de Shakespeare, que le premier mot signifiât un chien, un limier quelconque. D'où là trans-formation de trash en brach, adopté naturellement par les traducteurs français. A notre avis, il faut respecter le texte. Ainsi qu'il arrivé très souvent dans Shakespeare et dans beaucoup d'autres auteurs ■—le son du premier mot employé amène un mot de son analogue, qui entraîne lui-mèmé aune méta-phore, parfois peu concordante. Ce qui s'est passé ici. Trash a amené trace. En somme Iago parle crûment, grossièrement et n'est pas un rhétoricien qui tienne à équilibrer ses termes.
3 Montégut a traduit : —/e le tiendrai par les rognons. Il n'est pas question de rognons. L'ex--
pression est empruntée aux combats dé boxeurs. Quand un des deux adversaires, aveuglé, assommé,,
faiblit, son tenant le soutient eh l'appuyant contre sa hanche. D'où -— avoir quelqu'un siir là hanche —■" l'avoir à sa merci. •
* Couche avec ma femme. ' 42<-