SCÈNE ir
Une chambre à l'Hôtel de la Jarretière.
Entrent FALSTAFF et PISTOL.
FALSTAFF
Je né te prêterai pas un penny.
PISTOL
Bien, alors le monde est mon huître et je l'ouvrirai avec mon épée... je vous rendrais la somme en services...
FALSTAFF
Pas un penny. J'ai consenti, monsieur, à ce que vous missiez mon crédit en gage. J'ai tourmenté mes bons amis à fin de trois répits pour vous et votre compagnon de brancart, Nym. Autrement, vous auriez regardé à travers la grille ', comme un couple de babouins. Je me suis damné à l'enfer, en jurant aux gentlemen mes amis que vous étiez bons soldats et rudes gaillards, et quand mistress Bridget a perdu, le manche de son éventail, j'ai pris cela sur mon honneur que vous ne l'aviez pas...'
PISTOL. ... .....-
N'as-tu pas partagé! N'as-tu pas eu quinze pence!...
FALSTAFF
Raisonne, mon gueux, raisonne, crois-tu que je vais mettre mon âme en danger, gratis ? En un mot, ne te pends plus à moi, je ne suis pas le gibet qu'il te faut. Va-t'en. Un conteau court et une foule !... à votre manoir de Pickt-Hatch 2 ! Vous ne porterez pas de lettres pour moi, canaille?... Vous vous appuyez sur votre honneur!... Comment 1 toi, de bassesse sans limites, c'est tout au plus si je puis garder bien précis les termes de mon propre honneur, moi, moi, moi-même quelquefois, aban-donnant à ma main gauche la crainte du ciel et cachant mon honneur dans mon nécessaire, je suis forcé de tergiverser, d'aller le long de la haie, de tripotailler... Et vous, canaille, vous abritez vos loques, votre face de chat de montagne, vos.phrases de barreaux rouges 8 et vos jurons de fanfarons, sous le toit de votre honneur ! Vous ne ferez pas cela, vous!
PISTOL
Je me repens. Que veux-tu de plus d'un homme 1
ROBIN, entrant.
Messire, il y a une femme qui voudrait vous parler.
FALSTAFF
Fais-la entrer.
Mrs QUICKLY, entrant.
Je donne le bonjour à Votre Honneur.
1 En prison pour dettes.
2 D'après la légende, nom d'une maison de prostitution au temps de la reine Elisabeth, Nous proposerions une autre interprétation, To Pick, crocheter — Halch-\iorte. Le manoir de Cambriole. de Brise-porte.
8 De cabaret.
FALSTAFF
Bonjour, bonne dame.
Mrs QUICKLY.
Pas dame, s'il plaît à Votre Honneur... - '
FALSTAFF
Bonne pucelle, alors.
Mrs QUICKLY.
Je le jurerais... comme était ma mère, la première heure où je suis née.
FALSTAFF
Je crois la jureuse. Qu'avez-vous pour moi ?
Mrs QUICKLY, l'appelant à l'écart.
Pourrai-je glisser à Votre Honneur, un mot ou deux?...
FALSTAFF
Deux mille, belle femme... et je te glisserai mon ouïe.
Mrs QUICKLY. ' ■ ■ .
Il y a une mistress Ford, messire... je vous prie, venez un peu plus près par ici... je demeure moi-même avec maître docteur Caïus.
FALSTAFF
Bien, allez! Mistress Ford, dites-vous...
Mrs QUICKLY.
Votre Honneur dit très vrai... je prie Votre Honneur, venez un peu plus près, par ici.
FALSTAFF
Je te garantis, personne n'écoute... ce sont mes gens, mes propres gens.
Mrs QUICKLY.
Sont-ils cela! Que le ciel les bénisse et les fasse ses serviteurs...
FALSTAFF
Bien!... Mistress Ford... quoi d'elle ?
Mrs QUICKLY.
Eh bien! Sir... c'est une bonne créature. Seigneur! Seigneur! Votre Honneur est un libertin !... Bien, que le ciel vous pardonne et à nous tous, je l'en prie !
FALSTAFF, impatienté.
Mistress Ford 1... allons, mistress Ford ?...
Mrs QUICKLY.
Parbleu, voilà le court et le long de la chose. Vous l'avez mise en telle canarie 1 que c'en est merveilleux. Le meilleur courtisan de tous, quand la cour est à Wind-sor, ne l'aurait jamais mise en une canarie pareille. Pourtant il y a eu des chevaliers et des lords et des gentlemen, avec leurs carrosses... je vous garantis, carrosses sur carrosses, lettre sur lettre, cadeau sur cadeau... fleurant si doucement -—tout musc 1
* Les commentateurs prétendent ne: pas comprendre ce passage. 11 est pourtant fort simple. Il suffît d'ouvrir Littré ou Ogilvie ou Fleming pour y trouver Canarie dans le sens de danse grotesque — impor-tée, disait-on, des Canaries et où les danseurs imitaient les gestes des sauvages. L'expression équivaut donc à : —Vous lui avez fait danser une sarabande-!.... — Canarya aussi un autre seiïsargotique. On appelle un souverain d'or un caiiary, comme nous disons mijaunet-, de la couleur du serin de Canarie.
LES JOYEUSES ÔÔMMÊRES DE WINDSOR 55c —■ et si bruissant, je vous le garantis, de soie et d'or... et en ternies si altigants 1 I... et avec tel vin et tel suére des meilleurs et des plus beaux; qu'ils auraient gagné le coeur de toutes lés Femmes..i et je vous garantis, ils n'ont jamais pu obtenir d'elle un èïignemént d'oeil.i. moi-même, j'ai eu vingt angelots qu'on m'a donnés ce mâtifl £ mais je défie tous les anges •— de n'importe quelle sorte, Comme on dit — sauf dans la voie de la modestie. Et je vous garantis, ils n'auraient jamais pu l'amenétf même à siroter un Verre avec le plus prude d'entre eux*., et pourtant il y avait là des comtés-, ;oui et ce qui est mieux, dès pensionnaires 2... mais je vous garantis, pour elle -, c'est tous les mêmes!...
FALSTAFFi
Mais qu'est-ce qu'elle dit pour moi ? Soyez brève, ma bonne madame Mercure.
Mrs QUICKLY.
Parbleu, elle a reçu votre lettré. ;. pour quoi elle vous remercie un millier de fois : et elle vous donne notification que son mari sera en absence de sa maison entre dix et onze.
FALSTAFF
Dix et onze ?
Mrs QUICKLY.
Oui, pour sûr et alors vous pouvez venir et voir le tableau, qu'elle dit, que vous savez. Master Ford 1, son mari, sera hors de la maison. Hélas ! la douce femme mène une méchante vie avec lui... C'est un homme très jaloux... elle mène avec lui une hargneuse vie ! bon coeur !
FALSTAFF
Dix et onze. Femme, recommande-moi à elle... je ne. la manquerai pas.
Mrs QUICKLY.
C'est ça, vous dites bien. Mais j'ai un autre.message pour Votre Honneur. Mistress Page a aussi ses cordiales recommandations pour vous. Et laissez-moi vous dire dans l'oreille que c'est une varlueuse, et civile et modeste femme et une — je vous le dis — qui ne vous négligera dans sa prière du matin ni du soir, plus que personne à Windsor, qui que soit l'autre —et elle m'a chargé de dire à Votre Honneur que son mari est rarement hors de chez lui : mais qu'elle espère que le moment viendra. Je n'ai jamais connu une femme si toquée d'un homme. Sûrement,, je crois que vous avez des charmes, oui, vrai !...
FALSTAFF
Non, je te l'assure. Sauf-l'attraction de mes bonnes qualités je n'ai pas d'autres charmes...
MfS QUICKLY.
Pour ça bénédiction sur votre coeur!...
FALSTAFF
Mais je te prie> dis moi ceci : là femme de Ford et la femme de Page, se sont* elles appris l'une à l'autre à quel point elles m'aiment?...
1 Gemot parait .être employé pour élégant. Mais-Schmidt affirme qu'élégant, n'est pas- un mot Shakespearien. Il est vrai qu'il déclare par contre ne pas le comprendre. Gin pourrait rattacher alligant au patois normand alligeànt, alléchant.
â drëntiishommes attachés àû service particulier du souverain, gentilshommes de ta Chambre, sortes dé gardes du corps.
Mrs QUICKLY.
Ça serait; une plaisanterie, vrai ! Elles n'ont pas si peu de grâce, j'espère .. ça serait un tour, vrai!... seulement mistress Page désire que vous lui envoyiez votre petit page ; son mari a une merveilleuse infection * pour le petit page, et vrai, master Page est un honnête homme... pas une femme à Windsor n'a meilleure vie qu'elle : faire ce qu'elle veut, dire ce qu'elle veut, tout prendre, tout payer, aller au lit quand çajui plaît, se lever quand ça lui plaît, tout est comme elle veut. Et, vrai, elle le mérite. Car s'il y a une charmante femme à Windsor, elle en est une... il faut envoyer votre page, pas de remède. !...
FALSTAFF
Bien, je le ferai.
Mrs QUICKLY.
Oui, mais faites-le. Et, voyez-vous, il pourra allée et venir entre vous deux: et en tous cas, ayez un mot de passe, que vous puissiez connaître l'idée l'un de l'autre et que le garçon jamais n'ait besoin de rien comprendre. Car il n'est pas bon que les enfants sachent de malices. Les vieux, vous savez, ont de la discrétion, comme on dit, et savent leur monde...
FALSTAFF
Porte-toi bien : recommande-moi à toutes deux. Voici ma bourse. Je suis encore ton débiteur... (A Robin.) Garçon, file avec cette femme... Ces nouvelles me ré-jouissent! (Sortent Mrs Quickly et Robin.)
PISTOL
Cette gueuse est une des courrières de Cupidôn. Forçons de voiles : en chasse, haut les bastingages... faites feu! Elle est ma prise ou que l'océan nous avale tous! (// sort.)
FALSTAFF, à lui-même.
Que dis-tu de ça, vieux Jack ? va ton chemin 1 je ferai de ton vieux corps plus que je n'ai fait... Veulent-elles donc encore courir après toi! vas-tu donc, après avoir tant dépensé, être maintenant un gagneur d'argent? Bon corps, je te remercie. Laisse-les dire que c'est gros... pourvu que ce soit joliment fait, qu'importe!
BARDOLPH, entrant.
Sir John, il y a là en bas un maître Brook qui voudrait causer avec vous et faire votre connaissance: et il a envoyé à votre Honneur, du vin sec, pour le coup du matin...
FALSTAFF
Brook, c'est son nom?...
BARDOLPH
Oui, Sir.
FALSTAFF
Faites-le entrer... (Sort Bardolph.) Pareils Brooks 2 sont les bienvenus, quand ils débordent de pareil vin. Ha! Ha! Dame Ford et dame Page, vous ai-je bloquées?... En avant ! Via !
* Sic, pour affection.
2 Jeu de mot sur brook qui signifie ruisseau. C'est le bru de la langue romane. Il faut savoir que io nom de Ford signifie gué et que c'est par analogie qu'il a pris le nom de Brook.
J'ai là un sac d'argent. *5«'
Rentre BALDOLPH avec FORD, déguisé.
FORD
Dieu vous bénisse, Sir.
FALSTAFF
Et vous aussi, Sir. Vous voulez me parler?...
FORD
Je fais excuse pour m'imposer à vous, avec si peu de préparation.
FALSTAFF
VoUs êtes le bienvenu. Qu'est-ce que vous voulez?... (A Bardolf.) Gratifie-nous de ton départ, tireur... (Bardolph sort.)
FORD
Sir, je suis un gentleman qui a beaucoup dépensé. Mon nom est Brook.
FALSTAFF
Bon maître Brook, je désire faire mieux votre connaissance.
FORD
Bon Sir John, je sollicite la Vôtre : pas pour vous être à charge. Car je dois vous faire comprendre, je crois être mieux que vous en posture de prêteur, ce qui m'a quelque peu encouragé à cette intrusion non préparée. Car, on dit, si monnaie va devant, toutes voies sont ouvertes.
FALSTAFF
Monnaie est un bon soldat, Sir, et va de l'avant.
FORD
Vrai! et j'ai là- uti sâë d'argent qui me gêne. Si vous vouliez m'aider à le porter, Sir John, prenez tout ôtl la moitié, pour m'alléger du fardeau.
FALSTAFF
Sir, je né sais comment je puis mériter d'être votre porteur.
FORD
Je vous ié dirai, Sir, si vous voulez me donner audience.
FALSTAFF
Parlez, bon mastêf Bfoôk. Je serai aise d'être votre serviteur.
FORD
Sir, je sais que vôtls êtes Un érudit... je serai bref avec vous —et vous avez été de longue daté un homme de moi connu> quoique je n'aie eu jamais moyens aussi bons que désirs de faire Vôtre connaissance. Je vous découvrirai une êhôsê, en quoi je dois placer toutes ouvertes niés propres imperfections. Mais, bon Sir John, quand vous aurez un oeil sur mis folles, qUâfid vous les entendrez développer, t©urnéz-ên un autre sur le registre dés vôtres =-■ de sorte que j'échappe aux reprochés d'autant plus facilement que vous savez vous-même combien il est facile d'être un pécheur...
FALSTAFF
Très bien. Sir. Continuez.
FORD
Il y a une damoiselle dans cette ville, le nom dé son mari est Ford,
Bien, Sir,
FORD
Je l'aime depuis longtemps, et je vous proteste, j'ai beaucoup dépensé pour elle. Je l'ai suivie avec une ténacité d'adorateur, j'ai accaparé les opportunités dé la ren-contrer; j'ai nourri les plus légères occasions qui pouvaient, même chichement, me permettre de la voir: non seulement j'ai acheté maints présents pour les lui donner, mais j'ai donné largement à beaucoup pour savoir ce qu'elle aimerait lui être donné... bref, je l'ai poursuivie, comme l'amour m'a poursuivi, c'est à dire, sur l'aile de toutes occasions. Mais quoi que'j'aie mérité, ou dans mon sentiment ou dans mes procédés, de récompense, j'en suis sûr, je n'ai pas reçu une seule... à moins que l'expérience ne soit un bijou, que j'ai acheté à un prix infini et qui m'a appris à dire ceci :
Amour fuit comme une ombre, quand amour poursuit la réalité,
Poursuivant ce qui fuit et fuyant ce qui poursuit,
FALSTAFF
N'avez-vous pas reçu de sa part promesse de satisfaction?
FORD
Jamais.
FALSTAFF
L'avez-vous importunée pour ce résultat...
FORD
Jamais.
FALSTAFF
Mais alors de quelle qualité est votre amour ?
FORD
Comme une belle maison, bâtie sur le terrain d'autrui... si bien que j'ai perdu mes constructions, par méprise de l'endroit où je les ai érigées.
FALSTAFF
Dans quel but m'avez-vous développé tout ceci ?
FORD
Quand je vous aurai dit cela, je vous aurai tout dit. Quelques-uns affirment que, quoiqu'elle paraisse honnête quant à moi, pourtant, en d'autres lieux, elle répand sa gaieté si loin qu'il y a de mauvaises idées bâties sur elle. Maintenant, Sir John, voici le coeur de mon dessein : vous êtes un gentleman d'excellente naissance, d'admirable discours, de grandes relations, authentique en votre situation et personnalité, généra-? lement loué pour ses nombreuses qualités de guerrier, d'homme de cour et de savant...
FALSTAFF
Oh ! Sir !
FORD
Croyez-le, car vous le savez.—- Ici il y a de l'argent. Dépensez-le,; dépensez*lk, dépensez plus, dépensez tout ce que j'ai. Seulement donnez-moi, en échange:, autant, de votre temps qu'il en faut pour établir un siège autour de l'honnêteté de la femme .de Ford...usez de votre art de séduction.., gagnez-la à vous donner consentement.,, si quelqu'un lé peut, vous le pouvez aussi tôt qpe n'importe qui.,, -
Conviendrait-il bien à la véhémence de: votre affection q«e je pusse, gagner ,ee dont vous voudriez jouir? Il me semble, vous vous prescrivez à vous-même remède bien antinaturel.
FORD
Oh! comprenez mon plan. Elle se repose si sûrement sur l'excellence de son honnêteté que la folie de mon âme n'ose pas se présenter elle-même. Elle est trop brillante pour être regardée en face. Maintenant si je pouvais venir à elle avec quelque découverte à la main, mes désirs auraient exemple et argument pour se recommander eux-mêmes. Je pourrais la tirer hors de la garde de sa pureté, de sa réputation, de ses
Ne vous privez pas de mistress Ford, maître Brook, vous ne la manquerez pas. Je dois me trouver avec elle — je puis vous le dire — sur son propre rendez-vous. Au moment même où vous veniez à moi, sa servante — ou entremetteuse — me quittait. Je vous le dis, je serai avec elle entre dix et onze : car, à cette heure, cette canaille de jaloux, son mari, sera dehors. Venez me trouver ce soir. Vous saurez comment j'expédie ça !
FORD. i
Une bénédiction que votre connaissance! Connaissez-vous Ford, Sir.
FALSTAFF
A la potence, ce pauvre gueux de cocu \ Et encore ai-je tort de l'appeler pauvre. On dit que cette canaille de jaloux complaisant a des masses de monnaie : en quoi sa femme me semble pleine de charme. J'userai d'elle comme de la clef de son coffre de coquin de cocu... et voilà ma moisson rentrée!
FORD
Je voudrais que vous connaissiez Ford... afin de pouvoir l'éviter, si vous le voyiez.
A la hartt cette canaille d'ouvrier en beurre salé! Je l'épouvanterai à le mettre hors d'espritl Je le terrifierai avec mon bâton... qui pendra comme un météore sur ses cornes de cocu! Maître Brook, vous verrez, je prédominerai sur ce manant et. vous coucherez avec sa femme... venez me voir, de bonne heure, ce soir., Ford est une canaille et j'aggraverai ses titres... toi, maître Brook, tu le reconnaîtras pour, une canaille et un cocu ! Viens ce soir, de bonne heure !... (// sort.)
FORD, seul.
Quel damné gredin d'épicurien M Mon coeur est prêt à craquer de colère ! Qui ose-rait dire que c'est là imprévoyante jalousie? Ma femme a envoyé vers lui, l'heure est fixée, le pacte est fait! Aurait-on cru cela? Voyez l'enfer d'avoir une femme fausse! Mon lit souillé, mes coffres mis à sac, ma réputation mordue,,, et je ne recevrai pas seulement cet infâme tort, mais je resterai sous la qualification dé termes abominables... de celui-là même qui me porte tort!... Des termes! des noms! Amaimon 2 sonne bien! Lucifer, bien! Barbason, bien! Au moins ce sont des.qualifications de diables, des noms de démons... mais cocu! cocu complaisant! Le diable lui-même n'a pas pareil nom. Page est un âne, un âne confiant I II aura foi en sa femme, il ne sera pas jaloux ! J'aurais plutôt foi en un flamand pour mon beurre, au curé Hugh lé Wëlche pour mon fromage, à un irlandais pour ma bouteille d'eau de vie, ou- à un voleur pour promener mon cheval hongre ■—• qu'à ma femme pour elle-même !,.. et elle complote et elle rumine et elle imagine! Et ce que dans leur coeur elles croient devoir faire, elles se cassent le coeur pourvu qu'elles le fassent ! Le ciel soit loué de ma jalousie!... L'heure, c'est onze heures... je préviendrai ça, je démasquerai ma femme, me vengerai de F al staff et rirai de Page! Je vais m'en occuper, plutôt trois heures trop-tôt qu'une minute trop tard. Fi! Fi! Fi! Cocu! Cocu! Cocu! (Il sort.)