‹ Œuvres de William ShakespeareChapitre 27 sur 176 · LE PAGE DE PARIS · texte numérisé non relu

LE PAGE DE PARIS

PÉTER

CITOYENS, GENS DU PEUPLE, GARDES, VEILLEURS, SERVITEURS, etc.

AVERTISSEMENT

Nul n'ignore que le thème de Roméo et Juliette a été emprunté par Shakespeare à une nou-velle de Luigi du. Porta, connue par lui en original ou en traduction. L'auteur italien raconte, évidemment d'après des faits réels, la triste aventure de ces deux amants, appartenant à deux familles ennemies, et morts à la suite d'une effrayante méprise.

A vrai dire, il n'y a là aucun plagiât, à quelque point de vue qu'on se place. Un fait plus ou moins historique appartient à tout le monde et chacun a le droit de l'habiller en la forme qui lui convient : mais ici, moins que jamais, reproche ne saurait être adressé à Shakespeare qui a créé de toutes pièces, le drame, avec ses péripéties et ses développements.

Du reste, ce sont là détails qui relèvent d'une critique étroite et peu intéressante.

Ce qui nous touche, c'est la surabondance de poésie, de fantaisie, d'énergie, de force dramatique, dont l'exubérant Shakespeare a entouré cette aventure, au fond presque banale.

Les deux amants s.e marient secrètement : mais au moment où ils vont jouir de leur bonheur, le hasard met Tybàlt, Çapulét, en face de Roméo, Montaigu. Duel et mort de Tybalt. Roméo est banni par le prince. Puis Juliette, désespérée, menacée d'être contrainte à un odieux mariage avec le comte Paris, accepte du franciscain Laurence un stratagème — d'ailleurs fort dangereux— qui consiste à absorber un poison qui la mette en léthargie et à jouer la comédie de la mort. Roméo, averti à temps, viendra l'enlever de sa tombe. Un accident empêche qu'il soit avisé : il croit sa maîtresse morte, se tue sur son corps. Elle s'éveille, voit Roméo mort et se tue à son tour.

C'est en somme du mélodrame assez gros : mais où l'oeuvre prend un caractère étonnant, c'est quand autour de ces deux amants apparaissent des ijersonnages inventés par Shakespeare — Mercutio, le joyeux et vaillant gentilhomme, à la parole salée et à l'épée prompte — Benvolio, déli-cieux, avec sa pseudo-raison — puis frère Laurence, le moine, en réalité intrigant, prêcheur et prêt à toute besogne— et surtout la nourrice, à la fois maternelle et proxénète. Et à chacun de ces types, Shakespeare adapte le style vrai, vivant, topique. A signaler encore la silhouette de l'apothicaire, dessinée d'un trait à la Rembrandt. \

Nous réservons un glus attentif examen pour la note qui suit le drame.

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