‹ Œuvres de William ShakespeareChapitre 47 sur 176 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Une chambre dans la maison des Capulets.

Entrent CAPULET, LADY CAPULET, LA NOURRICE et des SERVITEURS.

CAPULET, à un valet, lui. donnant un papier.

Invite autant d'hôtes qu'il en est inscrit là. (Le valet sort. A un autre.) Toi, maraud, va me louer vingt habiles cuisiniers...

DEUXIÈME VALET

Vous n'en aurez pas de mauvais, monsieur. Car j'essaierai s'ils peuvent lécher leurs doigts.

■ V CAPÙLÈT,

Comment les peux-tu essayer ainsi ?

LIY. 27, , . . -i.i. . . 2^

DEUXIEME VALET

Parbleu, monsieur, celui-là est un mauvais cuisinier qui peut ne pas 1 se lécher les doigts : donc, celui qui peut ne passe lécher les doigts, ne viendra pas avec-moi.

CAPULET

Va, pars! (Le valet sort.) Nous serons bien mal outillés cette fois. Hé, ma fille est-elle allée chez Frère Laurence ?

LA NOURRICE

Oui, pour sûr!

CAPULET

Bien, il arrivera peut-être à en faire quelque chose de bon : c'est une petite coquine d'entêtée!... (Entre Juliette.)

LA NOURRICE

Voyez. La voici qui vient de confesse avec un air joyeux.

CAPULET

Eh bien ! ma forte tête ! où avez-vous été flâner ?

JULIETTE

Où j'ai appris à me repentir du péché d'opposition et de désobéissance, à vous et à vos commandements : j'ai reçu ordre du saint Laurence de tomber, prosternée, ici, et de vous demander pardon... Pardon, je vous supplie!... désormais, je serai toujours guidée par vous.

CAPULET, à un valet.

Envoyez après le comte... allez lui dire cela... je veux avoir ce noeud noué demain matin.

JULIETTE

J'ai rencontré le jeune Lord à la cellule de Laurence et je lui ai donné autant d'amour permis que je le pouvais, sans franchir les bornes de la modestie.

CAPULET

Hé ! j'en suis aise ! c'est bien... lève-toi. Cela est comme il devait être. Que je •vole le comte! (A un valet.) Hé, mordieu, va, te dis-je, et amène-le ici... Mainte-nant, devant Dieu, ce révérend saint Frère, toute notre ville lui est très obligée!...

JULIETTE

Nourrice, voulez-vous venir avec moi dans mon cabinet, pour m'aider à assortir tels ornements nécessaires-que vous croirez bons à me parer-demain.

LADY CAPULET

Non, pas avant jeudi. Il y a as.sez de temps.

CAPULET

Va, nourrice, va avec elle... nous irons à l'église demain matin. (Sortent Juliette et la nourrice.)

' LADY CAPULET

Nous serons très à court pour nos préparatifs. Il est maintenant presque nuit.

CAPULET

Peuh! je me remuerai et toutes choses seront bien, je te le garantis, femme. Va chez Juliette, aide à la parer. Je n'irai pas au lit cette nuit. Laisse-moi tranquille!... Je jouerai pour une fois la maîtresse de maison... (Appelant.)i Hé ! Ho!... ils son:

*; Qui n'aime pas à se lécher les doigts — car, en ce cas, sa cuisine est mauvaise. tous dehors. Bien, je vais aller moi-même chez le comte Paris, et le préparer pour demain. Mon coeur est étonnamment léger, depuis que cette fillette obstinée est ainsi apprivoisée. (Ils sortent.)

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