‹ Œuvres de William ShakespeareChapitre 90 sur 176 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Dunsinane. — A l'intérieur du château.

Entrent avec tambours, drapeaux et soldats, MACBETH et SEYTON.

MACBETH

Pendez nos bannières sur les murs extérieurs. Le cri d'alarme est encore : — Ils viennent 1 La force de notre château rira d'un siège. Laissez-les là en bas, jusqu'à ce que la famine et la fièvre les dévorent. Ne seraient-ils pas renforcés par ceux qui de-vraient être nôtres que nous aurions pu hardiment les affronter, barbe contre barbe, et les battre en les chassant chez eux... (On entend à l'intérieur des cris de femmes.) Quel est ce bruit ?

SEYTON

Ce sont des cris de femmes, mon bon Seigneur.

MACBETH

J'ai presque oublié le goût de la peur : il y eut un temps où mes sens se seraient glacés à entendre une clameur de nuit... où les touffes de mes cheveux, à une parole sinistre, se seraient levées comme si elles étaient vivantes... J'ai avalé 4 mon plein ^ / d'horreurs. L'horrible, famillier à mes

fV-, meurtrières pensées, ne peut plus une ■ |] ] ■<' ... seule fois me donner un frisson... Pour--

/' -? • quoi ces cris?

SEYTON

C*M^^» ■'•' ' $HÈi>- ^y Lord, la reine est morte! '^3^^^^>§''X^h^ jy&^Ê^^^^Ê^:^ ^'e aura't dû mourir plus tard : il y ^M^^MWt^^kiW^r^^^H^ÊÊ^^^Mr aurait eu moment pour pareil mot. De-- -:^';,^!^^f^^^^^i;:^i;7M'i'''ï'^^^^^^^^^^^^^-> niam cl demain et demain se coule à petits ^Jff$^!f'^rJ l-^T^^^~^^y^^WW\' Pas l'c iour cn )our» )usclll';l 'a dernière ^..*^;''''"'■ y'";/rçp^^H)éW^) *'" syllabe du temps inscrit. Et tous nos hiers j,,,-,- """"^"-^-^vl^Sf»" 'F\ ont éclairé 2, imbéciles, le chemin à la

mort cn poussière. Meurs! Meurs 3!

Monteur! misérable! cQm[c chaildclle i La vie n'est qu'une ombre qui marche; une pauvre actrice qui piaffe et frétille * son heure sur la scène et dont on n'entend plus parler. C'est, conté par un idiot, un conte, plein de bruit et de furie, ne signifiant rien! (Entre un messager.) Tu viens pour user ta langue... ton histoire, vite !

LE MESSAGER

Mon gracieux Lord, je raconterai ce que je dis avoir vu, mais ne sais comment le faire.

MACBETH

Bien, parle.

< / hâve sitpped j'ull with horrors. Voici une des plus singulières pénétrations de langage qui se puisse imaginer. La traduction textuelle est: —J'ai soupe de ces horreurs. Or, dans noire langue familière, avoir soupe de quelque chose ou de quelqu'un — signifie en être fatigué, dégoûté. On trouve dans une légende du dessinateur Forain : — J'en ai soupe de ta fiole (je suis las de toi) — la traduction textuelle en langue Shakespearienne serait : — / hâve supped with thy mazzard. Il est à remarquer qu'en Français le mol souper ne s'emploie en aucun autre cas dans ce môme sens.

2 To light. Malgré l'avis de Quizot, il faut ici prendre le mot éclairer dans le sens de chemin préparé par des êclaireurs.

3 Ouf! Ont!Nous ne possédons pas en Français de mot aussi concis pour exprimer suppression, destruction, disparition. Dehors spécialise trop. Dans le centre de la Franco on a conservé Ut! ou bien ù'sse ! et Oussi! Ouste ! dans le même sens. Enfin là tst l'origine do l'exclamation familière Zut!

* Struts and frets.

LE MESSAGER

Comme je tenais ma garde sur la colline, je regardais vers Birnam, et alors — sur ma foi, le bois se mit à remuer...

Menteur! Misérable!.

Liv. 40.

MACBETH, le frappant,

Jetez 10A- écrans de feuillage.

LE MESSAGER

Que j'endure votre fureur, s'il n'en est pas ainsi. A trois milles d'ici, vous pouvez le voir qui arrive. Je dis bien, un bois qui se meut.

MACBETH

Si tu mens, au prochain arbre, tu pendras vivant jusqu'à ce que la faim te sèche... si ta parole est vraie, je me moque que tu m'en fasses autant!... je perds l'énergie, et commence à soupçonner l'équivoque-du démon, qui dit mensonge pour vérité : — Ne crains rien, jusqu'à ce que le bois de Birnam vienne à Dunsinane... et voici que le bois vient vers Dunsinane... Aux armes! aux armes! dehors!... si cela, qu'il affirme, apparaît, il n'y a ni fuite d'ici ni arrêt là. Je commence à être {as du soleil et voudrais que l'équilibre 1 du monde fut maintenant détruif... Sonnez la cloche d'alarme! Frappe, vent! viens, ruine! Au moins nous "mourrons, le harnais sur le dos ! (Ils sortent.)

Page 1