scène du portier, qu'on peut toujours s'en débarras
ser en la déclarant apocryphe. Mais celle de l'en--
fant de Macduff, l'est-elle aussi, apocryphe.! Pour--
quoi s'en débarrasser sinon parce que notre esprit
de routine et de décorum nous rend aveugles et
sourds.
M. Stapfer se plaint d'ailleurs avec la même
ingéniosité de ce que, .selon lui, le rôle de Lady
Macbeth n'ait pas été expliqué par quelque scène
préparatoire entre son mari et elle. En vérité,
c'est faire trop bon marché de l'intelligence du
public. Ne comprend-il pas dès les premiers mots
qu'elle prononce, après la lecture de la lettre de
Macbeth, que la hantise de l'ambition s'est dès
longtemps emparée de ces deux âmes. Si jamais
l'art des préparations fut inutile, c'est en ce pre--
mier acte où, comme des éclairs, les idées du
crime, à toute réplique, illuminent les âmes jus--
qu'aux tréfonds ?
Seul Lamartine a compris l'enfant de Macduff
« La nature, dit-il, avait, en Shakespeare, inventé
mieux que la rhétorique » Et le mot est vrai.
Quant à M. Darmesleter, sans doute la scène lui
a échappé.
Ce qui a le plus préoccupé les adaptateurs et
les critiques, c'est la partie fantastique de Macbeth.
Nous avons déjà attiré l'attention du lecteur sur
l'étonnant esprit d'assimilation de Shakespeare
qui, de quelque question qu'il se préoccupe, appa--
raît comme l'ayant étudiée à fond et la connaissant
aussi bien que les spécialistes. En ceci, dans les
temps modernes, Balzac seul peut lui être com--
paré : mais de combien plus de ressources il
disposait, alors qu'au seizième siècle, était si
restreint le nombre des ôrudits. Le propre des
âmes Shakespeariennes.,, c'est une sorte d'intui--
tion née d un simple rayon de lumière, s'épaftouis--
sant en elles avec des clartés infinies. Ainsi de
Cervantes, de Diderot, de Voltaire, de Goethe,
de Victor Hugo. Esprits véiildblor.ient eneyelopécliques où il semble que la nature ait marqué d'avance la place de toutes les connaissances humaines.
Macbeth révèle cette disposition géniale, plus peut-être que toute autre pièce : Shakespeare nulle part, sinon dans Hamlet, n'entre plus com-plètement, comme on dit, dans la peau du bon-homme : il s'incarne en chacun de ses personnages, au point de vivre leur vie et de penser leur pensée. C'est pourquoi il place dans leur bouche justement les idées qu'ils doivent concevoir, comme dans cette scène superbe de dissimulation où le jeune Malcolm met à l'épreuve la loyauté de Macduff; et encore il faut noter que jamais Shakespeare ne met face à face deux de ses personnages, sans que, par la force de sa conception, la scène ne prenne une forme originale et une signification profonde. Jamais de remplissage. Même la dou-leur de Shvard, apprenant la mort de son fils, vient apporter, au dénouement, une note utile et vraiment héroïque. — « 11 est bien parti et il a payé sa coche I... mais voici une nouvelle consolation 1 » Et Macduff montre "la tête coupée de Macbeth.
Encore on ne saurait trop s'appesantir sur le rôle de Lady Macbeth. C'est en elle, en ce type merveilleux de justesse et d'observation que sem-ble s'être concentré tout le génie de Shakespeare. Elle est complète. C'est bien Macbeth qui lui a mis au coeur la passion d'être reine. Mais des que le germe à été planté, il faut que l'arbre pousse quand même, dussent ses racines faire tout écla-ter autour de lui : l'ambition est pour elle comme un prurit de volupté qui ne s'assouvira que par le spasme. Et quand Macbeth hésite : 0 Quelle bête féroce, s'écrie-t-elle, vous a poussé à vous ouvrir à moi?... » L'incendie a été allumé par cette seule parole. Et il voudrait l'éteindre sous ses faiblesses I C'est une criminelle-née dont le mal a éclaté au premier contage. Elle commettrait
tous les crimes, jusqu'à l'infanticide, si l'enfant
la gênait. Elle le dit. C'est une Messaline de l'am--
bition. Mais une Messaline chaste. Le sexe n'est
rien pour elle — U/tscx me ! -^- Lombroso cite de
nombreux exemples de crimes commis par des
femmes avides, qui n'étaient point de mauvaises
moeurs.
Un mot encore éclaire ce caractère. Seule, après
avoir lu la lettre de son mari, elle s'écrie :—Hâte--
toi, que je puisse refouler loin de toi tout ce qui
t'éloigne du cercle d'or! — En cette femme san--
glante, il y a une coquette, il y aune actrice, et
à bien comprendre la scène du banquet, on admire
avec quelle aisance de comédienne, elle fait les
honneurs de son palais et de sa royauté nouvelle.
On demandait à une femme pourquoi elle en avait
assassiné une autre: «Pour avoir un beau cha--
peau I » répondit-elle. Macbeth était hanté par le
poignard, Lady Macbeth par le cercle d'or. Quand
elle est en état somnambulique, elle parle de sa
petite main. Le monstre reste femme.
Et enfin, bien femme encore par son subit et
immédiat découragement. Ses nerfs s'étaient ten--
dus à se briser. Ils cassent, et sur quelle circons--
tance? Quand elle apprend l'assassinat de la
femme et des enfants de Macduff. Alors seulement
l'horreur d'elle-même la saisit, et en vertu d'un
sentiment maternel qui lui fait ressentir en elle--
même, femme, le contre-coup de regorgement
de Fife; dans sa folie, elle le rappelera ; dès lors,
n'ayant pas d'énergie réelle, n'étant plus soutenue
par Tivresse cérébrale à laquelle elle a obéi,
n'étant plus possédée, en un mot, elle s'affaisse
et glisse au suicide. Peut-être ces observations
seront-elles de quelque utilité aux actrices qui
dans l'avenir joueront le rôle de Lady Macbeth.
Il paraît que Mistress Syddons était marmoréenne.
Elle avait tort. Les personnages de Shakespeare
— et Lady Macbeth plus que tous autres — sont
de chair et de sang. THESEUS, duc d'Athènes.
EGEUS, père d'Hermia.
LYSANDER, ) jeunes athéniens, DEMETRIUS, ) amoureux d'Hermia.
PHILOSTRATE, maître des fêtes de Theseus.
QUINCE, charpentier.
BOTTOM, tisserand.
FLUTE, raccommodeur de soufflets'.
SNOUT, rétameur.
STARVELING, tailleur.
HIPPOLYTA, reine des amazones,
fiancée de Theseus.
HERMIA, amoureuse de Lysattder.
HELENA, amoureuse de Demetrius.
OBERON, roi des féeries.
TITANIA, reine des féeries.
PUCK ou Robin bon garçon, un génie.