FLEUR DES POIS
FÉES ET GÉNIES de la suite d'Oberon
et de Titania. — SEIGNEURS de la suite
de Theseus et d'Hippolyta.
La scène se passe à Athènes ou dans un bois des environs.
AVERTISSEMENT
A Athènes, Theseus va épouser Hippolyla, la reine des Amazones, qu'il a enlevée dans un combat. Des rôles splendides sont organisées. Ici intervient un quatuor d'amoureux, llerrnia aimant Lysander, Helena', aimant Demetrius. Le père Egeus veut marier sa fille Ilermia à Demetrius. Lysander de son côté aime Helena; Lysander pour préserver Ilermia d'une union délestée avec Demetrius, s'enfuira avec elle d'Athènes et rendez-vous est pris dans un bois. Mais ce bois est le domaine d'Oberon et de Titania, roi et reine des féeries, qui,, étant en querelle, se vengent sur les humains de leurs tribula-tions de génies. Puck, le lutin, par leurs ordres, imagine quiproquos sur quiproquos.- les amants se méconnaissent, se haïssent. La reine Titania devient amoureuse d'un galant à tôle d'âne. Les humains, les génies, tous sont en proie a une sorte de vertige fou. au milieu duquel passe encore, ahurie cl. burlesque^ une bande d'artisans, préparant une représentation dramatique pour les noces de Theseus. Tout se dénoue joyeusement, comme tout a été embrouillé. Lo seul avis à. donner au lecteur, c'est de se figurer une opérette écrite par un homme de génie, d'une gaieté exubérante, avec des sautes incroyables dans la fantaisie. Il s'agit bien ici d'une féerie bouffonne, de personnages de comédie souvent grotesques; il importe de ne rien prendre au sérieux; et ainsi comprise, celte féerie paraîtra vraiment amusante. (Voir la Note à lafin de la pièce).
A Athènes. — Une chambre dans le palais de Theseus.
Entrent THESEUS, HIPPOLYTA, PHILOSTRATE et leur suite.
THESEUS.
Voici, chère Hippolyta, que rapidement approche notre heure nuptiale: quatre heureux jours apporteront une autre lune. Mais, sur ma foi! que lentement cette vieille lune décline ! Elle fait languir mes désirs, pareille à une belle-mère ou à une douairière, qui longtemps retarde l'héritage d'un jeune homme.
HIPPOLYTA.
Bien vite quatre jours s'abîmeront en nuits : quatre jours bien vite disperseront le temps en rêves 1, et alors la lune, pareille à un lac d'argent, nouvellement bandé au ciel, regardera la nuit de nos solennités.
THESEUS, à Philoslrale.
Va, Philostrate, entraîne la jeunesse athénienne aux plaisirs : réveille le vif et leste esprit de la joie: Renvoie la mélancolie aux funérailles: cette pâle compagne n'est pas pour notre fête! {Philoslrate sort.) Hippolyta, je t'ai courtisé avec mon épée et ai gagné ton amour, en te faisant violences. Mais je t'épouserai dans une autre clef 2, avec pompe, triomphe et festins!
Entrent EGEUS, HERMIA, LYSANDER et DEMETRIUS3.
EGEUS.
Heureux soit Theseus, notre renommé duc !
* Que ne pouvons-nous rendre exactement l'expression - to dream tuvay the time - rêver au loin le temps -en considérant l'acte de rêver comme actif et en quelque sorte balayant le temps. Nous retrouverons dans Antoine et Cléopatre une expression analogue.- We haVe kissed atvay kin-doms-nous avons perdu des royaumes en baisers.
2 Dans le sens musical. On sait que Theseus avait enlevé de force Hippolyta, reine des amazones
Nous ne francisons aucun nom, surtout par cette raison que certains comme Hermia, Demetrius ne peuvent être modifiés. Nous ne faisons d'ailleurs ciue suivre la version de Shakespeare.
THESEUS.
Merci, bon Egctts. Quelles nouvelles apportes tu ?
EGEUS.
J'arrive plein de vexation, avec plaintes contre mon enfant, ma fille Hennia... (A Demetrius.) Venez en avant, Demetrius ! (A Theseus.) Mon noble Lord, cet homme v- a mon consentement pour l'épouser... (A I Lysander.) Venez en avant, Lysander!...
aJÉfl'ti, - (À Theseus.) Et, mon graclsux duc, celui-ci rf||||il;' .teilÉiliii, a cnsorce'é 'e coeur de mon enfant... toi, 4iVlH ÉSP^iT Loi, Lysander, tu lui as donné des vers (ly-.. M ;. 'Wf'J0^k ct tu as échange des gages d'amour avec -i';SB.iffl i;|l'':i'-||': JBÊ&£ mon cn^ant--' tu as' Par 'e c'a'r c'e 'a 'une, "f/<S ' ■KoÊf'^^k chante à sa fenêtre, et d'une voix menteuse, I ,!l||| 'J|.fë^.. ^jg^■■„ des vers d'amour menteur... tu as volé illliiBllLr^'v^^ y^^^S^-^r ■ . ; l'empreinte de sa fantaisie avec des bra-- 'lljfjPr f$Ji'^''f^* '~ K\ celets de tes cheveux, des bagues, des ïlfSPSP'f^ ^M''t^wTTir-- /Wff>i' ' bagatelles, des concetti, des jouets, des HjHif jdw^';|f"t:.v1 M, j S colifichets, des bouquets l, des sucreries, ^^w^J^ii'iTÂ >M l\ \ '\ Wt\\ H messages de grande autorité sur la jeunesse ^MMr^^WI^ J|HTW\\ x V-'Ilfe non encore endurcie... avec subtilité tu as riKvlW\v■'"lW' fiÉP^'-fc^'' !\'- chipé le coeur de ma fille et tourné son Ywli'l■'■ '■ no^~iV#eMiSïy %\A obéissance — qui m'est due, à moi — en /wslll " .v\vt&.• 'TFt'fel : ' ■ - \ • obstinée déplaisance!... (A Theseus.) Et, WwnwÈkt&-~- 40^ >v mon gracieux duc, s'il arrivait qu'ici, devant IfflBI^^ \ ^^^^§^\ '"-■■ votre grâce, elle ne consentit pas à se §H|w«} ' '-. marier avec Demetrius, je réclamerais l'an-- 'wÉiM0éàiL- c'en P'"'v''cge d'Athènes. — Comme elle "-=^^^P|^^^^" >■■'■'■■ S' l C:' 1 m'crme> ie Pms disposer d'elle ! 2 qu'elle A^bvC", ^^pP soit à ce gentilhomme... ou à la mort!...
„,. ... , Conformément à notre loi, expressément
1 ha eus et Hippolyta, r
édictée pour pareil cas...
THÈsfêus, à la jeune fille.
Que dites-vous, Hermia? Sachez-le bien, belle vierge. Pour vous, votre père doit être comme un dieu, un être qui a composé vos beautés... oui, et un être pour qui vous êtes seulement comme une forme de cire, par lui modelée, et qui a le pouvoir de lui laisser la figure ou de la défigurer... Demetrius est un digne gentilhomme...
HERMIA
Et aussi Lysander!
THESEUS.
Il l'est en soi. Mais, en cette circonstance, comme il lui manque la voix de votre père, l'autre doit être tenu pour plus digne.
1 Noscgay, bouquet, expression bien intéressante et qu'on regrette de ne pouvoir rendre exacte-ment — des joies pour le nez I
2 Le père est de l'école du vieux Gapulel contraignant Juliette à épouser Paris. Shakespeare sem-ble avoir intentionnellement présenté ce type d'excessive autorité en plusieurs de ses oeuvres.
Je voudrais que mon père regardât plutôt avec mes yeux.
THESEUS.
Plutôt vos yeux doivent regarder avec son jugement.
HERMIA
Je supplie Votre Grâce de me pardonner. Je ne sais point par quel pouvoir je suis enhardie ni comment il peut convenir à ma modestie de, ici, en pareille présence, plaider mes pensées : mais, j'en prie Votre Grâce, que je connaisse le pire sort qui pourrait m"echeoir dans le cas où je refuserais d'épouser Demetrius.
THESEUS.
Ou de mourir de maie mort ou d'abjurer à jamais la société des hommes. C'est pourquoi, belle Hermia, interrogez vos, désirs, ayez conscience de votre jeunesse, examinez bien votre tempérament—si vous n'agréez pas au choix de votre père, pourrez vous endurer l'uniforme des nonnes — pour toujours être enfermée dans l'ombre du cloître, vivre toute votre vie en soeur inféconde, chantant des hymnes menteurs à la Lune froide et stérile ? Trois fois bénies celles qui matent ainsi leur sang pour entreprendre ce virginal pèlerinage — mais sur terre plus heureuse est la rose distillée ' que celle qui, se fanant sur sa vierge épine, croît, vit et meurt en soli-taire bénédiction.
HERMIA
Ainsi je veux croître, ainsi vivre, ainsi mourir, My Lord, [Montrant Demetrius) plutôt que de soumettre mon virginal privilège à son autorité, joug invoulu auquel mon âme ne consent pas à donner souveraineté.
THESEUS.
Prenez temps pour réfléchir : et à la prochaine nouvelle Lune (jour qui entre mon amour et moi scellera l'éternel noeud de compagnonnage) ce jour-là, préparez-vous à mourir, pour désobéissance à la volonté de votre père —ou bien à épouser Demetrius., comme il le voudrait — ou enfin à jurer, sur l'autel de Diane,, pour tou-jours, austérité et vie solitaire.
DEMETRIUS
Cédez, ô douce Hermia... Et toi, Lysander, soumets ton titre sans force à mon droit certain...
LYSANDER
Vous avez l'amour de son père, Demetrius, laissez-moi celui d'Hermia... Épousez-le 2 !...
EGEUS.
Insolent Lysander!... Vrai, {MontrantDemetrius), celui-ci a mon amour, et ce qui est à moi lui rendra mon amour... et c'est elle qui est à moi... et tous mes droits sur elle, j'en fais état sur Demetrius.
LYSAriPER.
Je suis, My LGfd, d'aussi bonne origine que lui, et aussi bien nanti-., mon amour: vaut plus que le sien. Mes biens, en toutes sortes,, sont aussi bellement cotés -—sinon
■* Ayant donné son parfum.
8 Cette scène — et c'est là le point important — ne doit pas un seul instant être prise au tragique. Ce père, ce duc, sont personnages de contédie et rien de plus; ; davantage — que ceux de Demetrius — et ce qui est plus que ne peuvent être toutes ces vanités, je suis aimé de la si belle ■ Hermia... pourquoi donc alors ne soutien-drais-je pas mon droit }... Demetrius — je le proclamerai à sa face — a fait l'amour à la fille de Nedar, Helena, et a gagné son âme, et elle, la douce dame, adore, dévo-tement adore, adore à l'Idôlatric cet homme inconstant et impur !
THESEUS.
Je dois confesser que j'en ai entendu dire autant et que je pensais à parler là-des-sus avec. Demetrius. Mais, surmené par mes propres affaires, mon esprit a perdu cela. Venez, Demetrius, et venez, Égeus : vous irez avec moi: j'ai pour vous deux quelques réprimandes particulières... Pour vous, belle Hermia, voyez à vous armer vous-même pour adapter vos caprices à la volonté de vôtre père. Autrement la loi d'Athènes — que par aucun moyen nous ne pouvons atténuer — vous contraindra à la mort ou aux voeux de la vie solitaire... Viens, mon Hippolyta... quelle mine, mon amour !... Demetrius et Egeus, venez par ici. Je vais vous employer à quelque affaire au sujet de nos noces et conférer avec vous de quelque chose qui vous touche de près...
'...-' . ; ' EGEUS.
-Par devoir et par désir nous vous suivons. (Sortent Theseus, Hippolyta, Egeus, Demetrius et leur suite.) ".'..'
LYSANDER, à Hermia.
Eh bien, mon amour ? Pourquoi voire joue est-elle si pâle ? Comment si vite les roses viennent-elles à se faner ?...'
'■'- HERMIA
Probablement, par manque de la pluie que je leur pourrais bien prodiguer par la tempête de mes yeux.
LYSANDER
Ah moi! En rien de ce que j'ai jamais lu, ou jamais entendu par conte ou histoire, jamais le cours du vrai amour n'est allé tout uniment... ou bien c'était une différence de sang...
HERMIA
O ennui ! trop haut pour être uni à si bas !
LYSANDER
Ou d'autres fois mauvaise attache, en raison des années...
HERMIA
• O dépit ! trop vieux pour être engagé à si jeune !
LYSANDER
Ou encore cela dépendait du choix des âmes...
HERMIA
O enfer ! choisir son amour par les yeux d'un autre !
LYSANDER
Ou, s'il y avait une sympathie dans le choix, la guerre, la mort ou la maladie met-taient le siège devant lui, le rendant éphémère comme un son, rapide comme l'ombre, court comme un rêve, bref comme l'éclair qui dans-la nuit charbonneuse, en une ra^e, dévoile à la fois le ciel et la terre ; avant que l'homme ait le temps de crier — Regarde 1 —- les mâchoires des ténèbres l'ont dévoré... Si vite choses brillantes tour-nent à destruction 1 - •-.-•■- -
HERMIA
Si donc les vrais amants ont toujours été tourmentés, cela semble un édit du des-tin. Alors apprenons notre patience d'épreuve, puisque c'est un ennemi coutumier, dû à l'amour, comme pensées et rêves et soupirs, voeux et larmes, poursuivants de nos grandes affections !
LYSANDER
Bonne résolution !... donc écoute-moi, Hermia, j'ai une tante, veuve douairière de grand revenu et qui n'a pas d'enfant. Sa maison est distante d'Athènes de neuf lieues, et elle me regarde comme son fils unique. C'est là, gentille Hermia que je puis t'épouser et en cet endroit la rudeloi d'Athènes ne peut nous poursuivre. Alors si tu m'aimes, fuis la maison de ton père, demain, au soir. Et dans le bois, à une lieue hors de la ville, là où je t'ai rencon- ■■•>' trée une fois avec Helena, pour la celé- ^^^^^^> bration du matin de Mai, je me tiendrai... /> M^^^^^m^/,
Mon bon Lysander ! Je te jure, par /, 'fl^W|pG|i^^^3jKC^K^^^M4 l'arc robuste de Cupidon, par sa meil- WwrÊÊlÈÈiÊP '^WÈÈËÈkiU ^5 lvÉ leure flèche à tête d'or, par la simplicité iwt'^S^m ^jéHL '^''W^^Êk JW des colombes de Vénus, par celle qui Bffl^ra^^ /^IS^Pr ImÊr J%& noue les âmes et protège les amours —et jfi^^^^^^&^ -^3^^» WtlkéîwÊw par ce feu qui brûla la reine de Carthage, ^^^'jl|^^^^^ \///li Vrf1. Iffl quand elle vit le Troyen trompeur sur (H/ i|\ ^^\\\i^il \*=^fc=sir«1 son vaisseau — par tous les voeux que M^ ?V^[% A \ % t^^~ I les hommes ont toujours brisés, plus 1 i&« % ^vU \\ ^"// " / nombreux que tous ceux que les femmes ; r J7 l\ • ont prononcés — en cette même place / \ ou tu m'as donné rendez-vous, demain, vraiment, je me rencontrerai avec toi... Helc"a cl Ner»"a--
LYSANDER
Tiens ta promesse, amour ! Vois, Helena vient ici. (Entre Helena.)
HERMIA
Dieu garde la belle Helena! Où allez-vous ?
HELENA
M'appelez-vous belle ! Ne dites pas de nouveau ce — belle 1 Demetrius vous aime, vous, belle... ô heureuse belle 1 Vos yeux sont des étoiles polaires, et le doux chant de votre langue est plus harmonieux que celui de l'alouette à l'oreille d'un ber-ger, quand le blé est vert, quand apparaissent les bourgeons de l'aubépine. La maladie est contagieuse... oh! que telle fut la beauté, et j'attraperais la vôtre, belle Hermia, avant de m'en aller. Mon oreille attraperait votre voix, mon oeil votre oeil, ma langue attraperait la douce mélodie de votre langue. Si le monde était à moi, Demetrius excepté, je donnerais le reste pour être changée en vous. Oh, apprenez-moi comment vous regardez, et avec quel art vous dirigez le mouvement du coeur de Demetrius.
HERMIA
Jelui fais la mine et pourtant il m'aime toujours.
HELENA
Oh ! que vos mines ne peuvent-elles enseigner cette magie à mes sourires !
HERMIA. ' -
Je lui donne mes malédictions, et il me donne son amour.
HELENA
Oh! que ne peuvent mes prières éveiller pareille affection!..,
' HERMIA
Plus je le hais, et plus il me poursuit. ,
HELENA
Plus je l'aime et plus il me hait.
HERMIA
Sa folie, Helena, n'est pas ma faute.
HELENA
Non, mais celle de votre beauté ! Je voudrais que cette faute fut mienne...
HERMIA
Consolez-vous : jamais plus il ne verra ma figure. Lysander et moi fuirons de ce lieu. Avant le jour où j'ai vu Lysander, Athènes me semblait être le paradis. Aussi quelles grâces résident dans mon amour qu'il a changé le ciel en enfer !... '
LYSANDER
Helena, devant vous, nos âmes seront déployées. Demain soir, quand Phoebe verra son visage d'argent en le miroir de l'eau, parant les brins d'herbe de perles liquides *— à cette heure qui cache encore la fuite des amants — par les portes d'Athènes nous avons résolu de nous échapper.
HERMIA, à Helena.
Et dans le bois où souvent vous et moi, sur le lit moelleux des primeroses, fûmes gagnées à nous étendre, déchargeant nos coeurs de leurs doux- secrets, là, mon Lysander et moi nous nous rencontrerons : et loin d'Athènes détournerons nos yeux pour chercher de nouveaux amis et d'étrangères compagnies. Adieu, douce compa-' gne de jeu, prie pour nous et que bonne fortune t'accorde ton Demetrius !... Tiens parole, Lysander : il nous faut affamer notre vue de la nourriture des amants i, jusqu'à demain, au profond minuit...
LYSANDER
Je le ferai, mon Hermia. (Hermia sort.) Helena, adieu. Comme vous l'adorez, que Demetrius vous adore. {Il sort.) °
HELENA, seule.
Combien certains peuvent êtré'heureux, au dessus d'autres ! En Athènes je suis estimée aussi belle qu'elle l'est. Mais à quoi bon! Demetrius n'en pense-pas ainsi. Il ne veut pas savoir ce que tous savent, sauf lui : et comme il erre, en adorant les yeux d'Hermia, j'erre moi-même en admirant aussi ses qualités. Choses basses et viles,
1 Starve our sight from lover 's foo'd... Ce mot S.tarve qui se retrouve dans l'Anglo-saxon, dans l'alle-mand Sterben, n'a laissé de trace en français que dans l'expression peu académique — estourbir — tuer.
LE SGFN'GE D'UNE NUIT D'ÉTÉ l'amour, ne gardant pas de mesure, peut transposer en grâces et dignité. Amour ne regarde pas avec les yeux, mais avec l'âme: et c'est pourquoi lé Cupidon ailé est peint aveugle ; et l'âme d'Amour a le goût sans la raison. Des ailes -— et pas d'yeux — figurent la hâte étourdie, et c'est pourquoi Amour est dit un enfant, parce que dans son choix il est si souvent trompé ! Comme les gamins folâtres en leurs jeux se parjurent, ainsi le gamin Amour partout est parjuré. Car avant que Demetrius ait vu les yeux d'Hermia, il me grêlait 1 de serments... qu'il n'était qu'à moi ! et quand cette grêle sentit la chaleur d'Hermia, elle s'est dissoute et l'ondée de serments s'est liqué-fiée. J'irai lui dire la fuite de la belle Hermia : alors dans le bois, demain soir^ il la poursuivra : et si pour ce renseignement j'ai des remerciements, ce sera chère dépense 2. Mais par là je veux: enrichir mon chagrin de le voir là et dé m'en revenir... (Elle sort.)