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Ses propriétés sont d'habiter la matière , de la monToir , de régaler , de préserver les idées particulières des choses , et de former les corps destinés à des opérations subséquentes.
La lumière est une substance moyenne , visible par elle-mémt et mobile y brillante , pénétrant la matière, la disposant à recevoir les aspects , et efformatrice des corps.
Dieu destina la matière dans l'œuvre de la création à être un instrument universel , à introduire dans la masse toutes les opérations de Tesprit , et à les signer chacune d'un caractère particulier y selon les usages divers de la nature.
La lumière est ou universelle et primordiale^ on produite et caractérisée.
Sa partie principale s'est retirée dans les astres qui ont été répandus dans le ciel pour tous les usages différens de la nature.
Les autres corps n'en ont pris ou retenu que ce qu'il leur en fallait pour les usages a venir auxquels ils étaient préparés.
La lumière remplit ses fonctions par son mouvement, son agitation et ses vibrations.
Ces vibrations se propagent du centre à la circonférence, ou sont renvoyées de la circonférence au centre.
Ce sont elles qui produisent la chaleur et le feu dans les corps sublunaires. Sa source étemelle est dans le> soleil.
Si la lumière se retire , ou revient en arrière, le froid est produit; la lune est la région du froid.
La lumière vibrée et la lumière retirée sont l'une et l'autre ou dispersées , ou réunies , ou libres et agissantes , ou retenues ; c'est selon les corps oh elles résident : elles sont aussi sous cet aspect , ou naturelles et originaires , ou adventices on occasionelles , ou permanentes et passagères , ou transitoires. ' Ces trois principes diffèrent entre eux , et voici leurs différences. La matière est l'être premier , l'esprit l'être premier vivant, la lumière l'être premier mobile; c'est la forme'qui survient qui les spécifie.
f4i forme est une disposition , une caractérisation des trois premiers principes, en conséquence de laquelle la masse est configurée , l'esprit concentré , la lumière tempérée ; de manière qu'il y a entre eux une liaison , une pénétration réciproque et analogue à la fin que Dieu a prescrite à chaque corps.
Pour parvenir à cette fin , Dieu a imprimé aux individus des vestiges de sa sagesse , et des causes agissant extérieurement , les esprits reçoivent les idées, les formes, les simulacres des corps à engendrer, la connaissance de la vie ; des procédés et des moyeos ^
«t les corps sMtt prodotts comme il Ta préya cle tonte éternité dans sa yolovté et son entendement.
Qn'est-ce ^a« les â^mens , que des porlîons spécifiées de matière terrestre , dîff^nciées particulièrement par leur densité et leur rareté ?
Dieu a yonln que les premiers individus ou restassent dans }eur prenvière forme , on qu'ils en engendrassent de semblables à eux , imprimant et propageant leurs idées et leurs autres qualités.
il «e fant pas compter le feu an nombre des élémens , c'est un effet de la lumière.
De ces trois principes naissent les principes des chimistes.
X*e mercure naît de la matière jointe à l'esprit , c'est l'aqueux des corps.
De Tunion de l'esprit avec la lumière natt le sel , ou ce qui fait la consistance des corps.
De l'union de la matière et du feu on de la lumière , naît le soufre.
Granda portion de matière au premier ; grande portion d'es** prit an second ; grande portion de lumière au troisième.
Trois choses entrent dans la composition de l'homme , le corps, l'esprit et fâme.
Le corps vient des élémens.
L'esprit , de l'âme du monde.
L'Ame , de Dieu.
Le corps est mortel , l'esprit dissipable , Vime immortelle.
L'esprit est l'organe et la demeure de l'Âme.
Le corps est l'organe et la demeure de l'esprit.
L'âme a été formée de l'âme du monde qui lui préexistait , et cet esprit intellectuel diffère de Fesprit vital en degré de pureté et de perfection.
Voilà le tableau de la physique mosaïque de Coménius. Nous ne dirons de la morale , qu'il désignait aussi par l'épithète de moêaîquêj qu'une chose; c'est qu'il réduisait tous les devoirs de la vie aux préceptes du décalogue.
MOTIF, s. m. ( GrammJ) , la raison qni détermine nn homme à agir. 11 y a- peu d'hommes asses attentifs à ce' qui se passe au dedans d'eux-mêmes , pour bien connaître les motifs secrets qni les font agir. Une action peut avoir plusieurs motifs : les uns louables , les autres honteux ; dans ces circonstances , il n'y a qu'une longue expérience qui puisse 'rassurer sur la bonté ou la malice de l'action. C'est elle qui fait que l'homme sa dit à lui-même , et se dit sans s'en imposer : je me connais i j'agirais de la même manière j quand j^ n'aurais aucun inté-
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rét qui pût wlJ déterminer. Un homme de bien cherche toa* jours , aux actions équivoques des autres , des motifs qui les excusent. Un philosophe se méfie des bonnes actions qu'il fait , et examine s'il n'y a point à côté d'un mot^ honnête , quelque raison de haine , de vengeance , de passion , qui le trompe.
Si le goût de l'ordre , l'amour du bien sont les motifs de nos actions , la considération publique et la paix de la conscience en seront la récompense assurée. Il est bien doux d'être estimé des autres; il l'est bien davantage de s'estimer soi-même. Il n'y a que celui qui n'appréhende point de se rendre compte de MS motifs , qui puisse habiter tranquillement en lui : les autres se haïssent malgré qu'ils en aient, et sont obligés de fuir devant eux-mêmes.
MULTITUDE, s. f. ( Gramm. ) Ce terme désigne un grand nombre d'objets rassemblés , et se dit des choses et des personnes: une multitude d'animaux , une multitude d'hommes , une nui/» titude de choses rares* Méfiez-vous du jugement de la multitude; dans les matières de raisonnement et de philosophie, sa voix alors est celle de la méchanceté, de la sottise, de l'inhumanité , de la déraison et du préjugé. Méfiez-vous-en encore dans les choses qui supposent ou beaucoup de connaissances , ou un goût exquis. La miUtitude est ignorante et hébétée. Méfiez-vous-en surtout dans le premier moment; elle juge mal , lorsqu'un certain nombre de personnes, d'après lesquelles elle réforme ses jugemens, ne lui ont pas encore donné le ton. Méfiez-vous-en dans la morale; elle n'est pas capable d'actions fortes et généreuses : elle en est plus étonnée qu'approbatrice ; l'héroïsme est presque une folie à ses yeux. Méfiez-vous-en dans les choses de sentiment ; la délicatesse de sentimens est-elle donc une qpalité si commune qu'il faille l'accordera la midtitudel En quoi donc *, et quand est-ce que la multitude a raison ? En tout ; mais au bout d'un très-long temps , parce qu'alors c'est un écho qui répète le jugement d'un petit nombre d'hommes sensés qui forment d'avance celui de la postérité. Si vous avez pour tous le témoignage de votre conscience , et contre vous celui de la multitude j consolez-vous-en ^ et soyeik sûr que le temps fait justice.
MUNIFICENCE, s. f. (Gramm,), libéralité royale. Il faut qu'on remarque dans les. dons le caractère de la personne qui donne. Les souverains montrent leur bienveillance par des actions particulières, mais c'est leur munificence qui doit éclater dans leurs bienfaits publics. Us ont de la bonté , quand i\% confèrent un poste , . une dignité ; de la bienfaisance , quand ils soulagent ; mais fls veulent qu'on admire leur munificence dans
les gratification^ qu'ils accordent à de grands et utiles établissemens. Ces établisseraens qui ont été d'abord Vobjet de leur amour pour le biea de leurs sujets , deviennent ensuite celui de leur munificence. La munificence n'est et ne doit être que le fard de l'utilité ; c'est le signe de l'attachemeat qu'ils ont à la chose , et de l'importance de leur personne.
NAITRE , V. neut. ( Gramm. ) , venir an mondie. S'il fallait donner une définition bien rigoureuse de ces deux mots naître et mourir , on j trouverait peut-être de la difficulté. Ce que noua en allons dire est purement systématique, A proprement parîer, on ne naù point , on ne meurt point ; on était dès le commencement des choses , et on sera jusqu'à leur consommation. Un point qui vivait s'est accru , développé , jusqu'à un certain terme , par la juxtaposition successive d'une infinité de molécules. Passé ce terme « il décroît , et se résout en molécules séparées qui vont se répandre dans la masse générale et commune. La vie ne peut être le résultat de l'organisation ; imaginez les trois molécules y^ y B j C; si elles sont sans vie dans la combinaison -^ f B y Cj pourquoi commenceraient-elles à vivre dans la combinaison B ^ C ^ A ^ on {7, A ^ B? cela ne se -conçoit pas. Il n'en est pas de la vie comme du mouvement ; c'est autre chose : ce qui a vie a mouvement \ mais ce qui se meut ne vit pas pour cela. Si l'air , l'eau , la terre , et le feu viennent à se combiner, d'inertes qu'ils étaient auparavant, ils deviendront d'une mobilité incoercible ; mais ils ne produiront pas la vie. La vie est une qualité essentielle et primitive dans l'être vivant; il ne l'acquiert point ; il ne la perd point. Il faut disb'nguer une vie inerte et une vie active x elles sont entre elles comme la force vive et la force morte : 6tez l'obstacle , et la force morte deviendra force vive : ôtes l'obstacle , et la vie inerte deviendra vie active. Il j a encore la vie de l'élément , et la vie de l'agrégat 00 de la masse : rien n'6te et ne peut ôter à l'élément sa vie : l'agrégat on la masse est avec le temps privée de la sienne ; on vit en un point qui s'étend jusqu'à une certaine limite , sous laquelle la vie est circonscrite en tout sens ; cet espace sous lequel on vit diminue peu à peu ; la vie devient moins active sous chaque point de cet espace ^ il y en a même sons lesquels elle a perdu tonte son activité avant la dissolution de la masse, et l'on finit par vivre en une infinité d'atomes isolés. Les termes de vie et de mort n'ont rien d'absolu f ils ne désignent que les états successifs d'un même être ; c'est pour celui qui est fortement instruit de cette philosophie-, que l'urne qui coiitieat la cendre d'un père, d'une mère, d'uni époux, d'une
mattretse , est vraiment an objet qui touche et qui attendrît : il y reste encore de la yie et de la chalear : cette cendre peut peut-être encore ressentir nos larmes et y répondre ; qoi sait si ce mouvement qu'elle» y excitent en^ arrosant, est to«tà-fait dénué de senaîbilité ? Naiire a ni^ grand nombre d'acceptions difTérentes : l'homme, l'animal , la plante, nmêsent ; \ê9 plut grands efifet» nais^eni souvent dîfs plus petites, causes ; les passions naUseni en noue , Foceaston Ifrs développe , etc.
NATIF 9 adj. ( Gramm. )> terme relatif an lien ois Fon a pria naissance. Il se dit de la personne : fc snis naiif de Langres , petite ville du Basstgnj , dévastée en cette année ( 1760) par vne maladie épidémiqae , qui dure depuis qnotre mots, et qui m'» emporté trente parens. On distingue ntuifàt mé, en ce que natif suppose domicile fixe des parens , au lien que né supposa seulement naUêonct, Celai qui natt dans nn endroit par acci^^ dent, est i»é dans cet endroit } celai qui y naît , parce que son përo et sa mère y ont lenrséjonr , en est noHf, Jésos-Chriitestiialj^de Nasareth ^et n^k Bethléem.
NATURALISTE , s. m. Se dit d'une penonne qui a étndié la nalnre , et qui est versée dams la connaissance des choses naturelles, particulièrensent de ce qnt concerne les métaux, les minéraux , k»s pierres , les végétaux, et les anîmanx. FoyM AmsuL^ Flatte , MiNiéiiAt , etc.
Arîstote , Eiien , PUne , Solin , et Tkéophraste , ont été les plus grati^ mUttraiiêêês de l'antiquité ; nnais ih sont tombés dans beaucoup d'erreurs , que l'heureuse industrie des modernes a rectifiées Aldrovandus est le plus ample et le plus complet été naiwraUaêeé modernes ; son oavrage est en i5 volumes «7>folio.
On donne encore le nom de naiuraliêtes à ceax qui n'admettent point de Dien , mais qui croient qu'il n'y a qu'une substance matérielle, revêtue de diverses qualités qni hii sonf aussi essentielles que la longueur , la largeur , lai profondeur , et en conséquence desquelles tout s'exécute nécessairement dans la nature comme nous le voyons ^ nataraUsU en ce sens est synonyme à aikée , apmoaisiê , maiénaiiate , etc.
NATUREL. ( Métaph, ) Nous avons à considérer ici ce mot •ous deux regards, i'^. En tant que les choses existent , et qu'elles agissent conformément aux lois ordinaires que Dien a établies pour elles ; et par \k ce que nous appelons naturvl , est opposé au sumcUuret ou mimctUêus, 7."*, En tant qu'elles existent on qu'elles agissent , sans qn'il survienne aucun exercice de l'industrie bnmaine ou de l'attention de notre esprit , par rapport à
une fin particulière : dans ce sens , ceqvê nom «ppekms naturel^ est oppose à ce que noas appelons artifieiêly qui n'est antre chose qne Tindustne hnmanie.
n parait difficile quelquefois de démêler le nmênrei en tant qn*opposé an surnaturel; dans ce dernier sens, le naiurei suppose des lois générales et ordinaires 2 mais sommes-nous capaèîes de let connaître sèrement? On distingue asses un effet qui n'est point surnaturel ou miracnleux } on ne distingue pas n déferminément ce qui Test. Tout ce que nous TOjons arriver réguHërement oa firéqnemmeat , est naimrel ; mais tout ce qui arriye d'extraordinaire dans le monde est-il miraculeux? C'est ce qu'on ne ^ut assurer. Un événement trë»-rare pourrait venir du principe ordinaire , qui dans la suite des rév^lntiotis et êes ckangemens aurait formé une sorte de prodige , sans quitter k règle do son cours » et l'étendue de sa sphère. Ainsi voit«*on qnelquefeîa des monstres du caractère le plus inouï , sans qu'on j trouve rien de mira^nteux et de surnaturel. Gomment^donc nous assurer, demandera-t-ouy que les événemens regardés col^une surnaturels et miraculeux le sont réeHement , 01^ comment savoir jusqu'oii s'étend la vertu de ce principe ordii^aire, qui par une longue suite de temps et de combinaisons particulières , peut faire les cho^ les plus extraordmaires ? '
J'avoue qu'en beaucoup d'événemens qui paraissent des merveilles au peuple > nn homme sage doit avec prudence suspendre son jugement. Il faut avouer aussi qu'il est des événemens d^un tel caractère » qu'il ne peut venir à l'esprit des personnes sensées^ de juger qu'ils sont l'effet de ce principe commun des choses , et qne nous appelons l'ordrs cb ia naêurë : tel est y par exemple , la résurrection d'un homme mort.
On aura beau dire qu'on ne sait pas jusqu'où s^étendent les forces de la nature, et qu'elle a peut-îttre des secrets pour opérer les plus surprenans effets , sans que nous en connaissions les ressorts. La passion de contrarier , ou quelque autre intérêt, peut foire venir cette pensée k l'esprit àe certaines gens; mais cela ne fait nulle impression sur les personnes judicieuses , qui font une sérieuse réflexion , et qui veulent agir de bonne foi avec eux-mêmes comme avec lès autres. L'impression de yinté commune qui se trouve manifestement dans le plus grand ■ombre des hommes sensés et habiles, est la règle infaillible pour discerner le surnaturel d'avec le naturel : c'est la règle même que l'Auteur de la nature a mise dans tous les hommes ; et il se serait démenti lui-même s'il leur avait foit juger vrai ce qui est faux , et miraculeux ce qui n'est que natureL
Le naiurei est opposé à VarUJiciel aussi-bien qu'au miraculeux ;
mais non dé la même manière. Jamais ce qui est sarnatnrel et miraculeux ne saurait être dit naturel ; mais ce qui est artificiel peut s'appeler ncUurel y et il Test effectivement en tant qu'il n'est point miraculeux.
L'artificiel n'est donc que ce qui part du principe ordinaire des choses , mais auquel est survenu le soin et l'industrie de l'esprit humain , pour atteindre à quelque fin particulière que l'homme se propose.
La pratique d'élever avec des pompes une masse d^eau immense, est quelque chose de naturel; cependant elle est dite artificielle et non pas naturelle , en tant qu'elle n'a éié introduite dans le monde que moyennant le soin et l'industrie des hommes.
En ce sens- là , il n'est presque rien dans l'usage des choses , qui soit totalement naturel , que ce qui n'a point été à la disposition des hommes. Un arbre , par exemple , un prunier est naturel lorsqu'il a crû dans les forêts , sans qu'il ait été ni planté ni greffé; aussitôt qu'il l'a été , il perd en ce sens-là, autant de naturel qu'il a reçu d'impressions par le soin des hommes. Est-ce donc que sur un arbre greffé , il n'y croît pas naturellement des prunes ou des cerises ? Oui en tant qu'elles n'y croissent pas surnaturel lement ; mais non pas en tant qu'elles y viennent parle secours de l'industrie humaine, ni en tant qu'elles deviennent telle prune ou telle cerise, d'un goût et d'une douceur qu'elles n'auraient point eu sans le secours de l'industrie humaine ; par çetendroit la prune et la cerise sont venues artificiellement et non pas naturellement.
On demande ici , en quel sens on dit , parlant d'une sorte de ^in , qu'il est naturel^ tout vin de soi étant artificiel; car sans l'industrie et le soin des hommes il n'y a point de vin : de sorte qu'en ce sens-là le vin est aussi véritablement artificiel que l'eaude-tvie et l'esprit'^e-vin. Quand donc on appelle du vin naturel y c'est un terme qui signifie que le vin est dans la constitution du vin ordinaire ; et sans qu'on y ait rien fait que ce qu'on a coutume de faire à tous les vins qui sont en usage dans le pays et dans le temps oii l'on se trouve.
Il est aisé après les notions précédentes , de voir en quel sens on applique aux diverses sortes d'esprit la qualité de naturel et de noa-^naturel. Un esprit est censé et dit naturel , quand la disposition oii il se trouve ne vient ni du soin des autres hommes , dans son éducation , ni des réflexions ^qu'il aurait faites luimême en particulier pour se former.
Au terme de naturel , pris en ce dernier sens , on oppose les termes de cultivé ou (T affecté , dont l'un se prend en bonne , et l'autre en mauvaise part ; l'un qui signifie ce qu'un soin et un
art jadicîeux a su ajoutera l'esprit neUurêl; l'antre ce qu'un soin yain et malentendu y ajoute quelquefois.
On en peut dire à proportion autant des talens de l'esprit. Un Homme est dit avoir une logique ou une éloquence naturelle , lorsque sans les connaissances acquises par l'industrie et la réflexion des autres hommes , ni par la sienne propre , il raisonne cependant aussi juste qu'on puisse raisonner ; ou quand il fait sentir aux autres, comme il lui plaît , ayec force et vivacité st% pensées et its sentimens.
NÉANT, BIEN, om NÉGATION {Méiaphya.), suivant les philosophes scholastiques , est une chose qui n'a point d'être réel et qui ne se conçoit et ne se nomme que par une négation.
On voit des gens qui se plaignent qu'après tous les efforts imaginables pour concevoir le néant , ils n'en peuvent venir à bout. Qu'est-ce qui a précédé la création du monde? qu'est-ce qui en tenait la place ? Rien. Mais le moyen de se représenter ce rien'i U est plus aisé de se représenter une matière étemelle. Ces genslà font des efforts là ou il n'en faudrait point faire , et voilà justement ce qni les embarrasse , ils veulent former quelque idée qui leur représente le rien ^ mais comme chaque idée est réelle , ce qu'elle leur représente est aussi réel. Quand nous parlons du néant , afin que nos pensées se disposent conformément à notre langage ^ et quelles y répondent , il faut s'abstenir de représenter quoi que ce soit. Avant la création Dieu existait ; mais qu'estce qui existait , qu'est-ce qui tenait la place du monde ? Rien ; point de place ; la place a été faite avec l'univers qui est sa propre place; car il est en soi-même , et non hors de soi-même. Il n'y avait donc rien ; mais comment le concevoir ? Il ne faut rien concevoir. Qui dit rien déclare par son langage qu'il éloigne toute réalité ; il faut donc que la pensée pour répondre à ce langage écarte toute idée , et ne porte son attention sur quoi que ce soit de représentatif : à la vérité on ne s'abstient pas de toute pensée , on pense toujours ; mais dans ce cas-là penser c'est sentir simplement soi-même , c'est sentir qu'on s'abstient de se former des représentations.
NÉCESSAIRE, adj. (Métaphyaîq.) Nécessaire, ce dont le contraire est impossible et implique contradiction. L'être en général et considéré par abstraction est nécessaire ; car les essences ne sauraient cesser d'être possibles, et elles sont immuables. Tout ce que l'on démontre des nombres dans l'arithmétique , et des ligures dans la géométrie , convient nécessairement aux nombres et aux figures. La source de cette nécessité se trouve dans l'unique 4éteraiinal)ilité dont les choses nécessaires sont susceptibles.
Voici ce qu*i? finit entendre par celte expression : une chose n/eeaaaire , qui est d'une certaine manière , ne peut jamais être d'une inaniëre opposée; tonte détermination contraire à sa détermination actuelle implique. Un triangle rectilîgne a ses trois angles égaux ht deux droits; ceTa est vrai aujourd'hui , cela le sera éter-^ nellement, et le contraire n'aura fumais Heu. Au lieu qu'une chose contingente est déterminée à présent d'une manière , un îns-» tant après d'une autre , et passe par de continuels changement.
II faut bien prendre garde à ne pas confondre la nécessité d'essence ayec celle d'existence. Pour que Ta dernière ait lieu , il faut que rétre nécessaire ait en soi-m^meTa raison suffisante de son existence. La possibilité nécessaire des essences n'influe en riei^ lur leur actualité. Un homme n'existe pas ^ parce qu'il répugnerait à l'homme de ne pas exister ; mais l'être nécessaire , c'est-à-dire Dieu , existe , parce qu'il est Dieu ^ et quH impliquerait qu'il n'existât pas.
NÉCESSITÉ , s. f. ( Mélaphyatq. ) Nécessité^ c'est en général ce qui rend le contraire d'une chose impossible , quelle que soit )a cause de cette impossibilité. Or ^ comme l'impossibilité ne vient pas toujours de la même source , la nécessité n^est pas non plus partout la même. On peut considérer Tes choses , on absolument en elles-mêmes , et en ne faisant attention qu'à leur essence ; ou bien on peut les envisager sous quelque condition donnée qui ^ outre l'essence , suppose d'autres déterminations qui ne sont pas nn résultat inséparable de l'essence , mais aussi qui ne lui répugnent point. De ce double point de vue résulte une double né^ cessité ; l'une absolue , dont le contraire implique contradiction en vertu de l'essence même du sujet ; l'autre hypothétique , qui ne fonde l'impossibilité que sur une certaine condition. H est absolu- . ment nécessaire que le parallélogramme ait quatre côtés , et qu'il soit divisible parla diagonale en deux parties égales : le contraire implique en tout temps , aucune condition ne saurait le rendre possible. Mais si ce parallélogramme est tracé sur du papier , il est hypothétique ment nécessaire qu'il soit tracé , la condition requise pour cet effet ayant en lieu : cependant il n'impliquerait pas qu'il eût été tracé sur du parchemin , ou même qu'il ne Teût point été da tout. La certitude , l'infaillibilité de l'événement suivent de Ia nécessité hypothétique , tout comme de la nécessité absolue.
On confond d'ordinaire la nécessité avec la contrainte : néanmoins la nécessité d'être homme n'est point en Dieu une contrainte, mais une perfection. En efifet la nécessité , selon M. de La Rochefoucauld, diffère de la contrainte , en ce que la première est accompagnée du plaisir et du penchant de la volonté , et que
k eo&lvâiiite leur 68l opposa. On cHftingiie encore ^«tm Ncole nèeeêêké physkiueet nécessité noralt , néeessiié simple et néces-' sUé relative.
Lft nétessUé pliynqve e§l le défaut de principes on de moyens BatBvels ttéeessairra à un aete, on FappeUe antrement imptds-' sano0 pbyaîqtie on natorelle.
Véeeésiié moralesignîfie seulement mnegwamhdifficuiêéj comme oetle de se défaire d^une loufoe baUtnde. Ainsi on nomme mora^ iemêfUnéeessairs ce dont le contraire est mmralemeni impossiMe , e*es^à-dire, saof la rectitude de l'action ) an lieu que la néces' siié fhjuqpe est fondée sur les facultés ft sur les forces du corps. Un ôifanf , par exemple , ne saurait lerer un poids de deux ceuts lÎTf es , cela est pb3Fsiq«emenl impossible; au Neu que la nécessité morale n'easpicbe point qu'on ne puisse agir physiquement d'une manière contraire. Elle n'est déterminée que par les idées de la rectitude des actions. Un homme à son aise entend les gémissemens d'un pauvre qm implore son assistance. Si le riche a l'idée de la homie action qu'il fera , en Ini donnant Taumôue y ]e dis qw^H est moralement impossible qu'il la lui refuse y ou moralement nécessaire qo^l la lut donne.
Nécessité simple est celle qui ne dépend point d'un certain état , d'une conjoncture, ou d'one situation particulière des choses, SMÎs qui a lieu partout et dans toutes les circonstances dans les-* queUes un agent peut se trouver. Ainsi c'est une nécessité pour n» avei^le de ne pouvoir distinguer les couleurs.
Nécessité relative est celle qui met un homme dans Kincapacité d'agir ou de ne pas agir en certaines circonstances ou situations dans lesquelles il se trouve , quoiqu'il fût capable d'agir ou de ne pas agir dans une situation différente.
Telle est , dans le système des Jansénistes , fa nécessité ou se trouve nn homme de faire le mal lorsqu'il n'a qu'une faible grâce pour y résister , ou la nécessité de faire le bien dans un homme qui y ayant sept ou huit degrés de grftce , n'en a que deux ou trois de concupiscence.
NIGa^MIANCIE ( j^rt diimat. ) y ce mot signifie à la lettre divination noire, I{ est composé de deux mots , l'un latin nigra y noire y ttVssatre gsec fMi9rtsm, ditnnatton. On donnait autrefois ce nom k l'art de connattre les choses cachées dans la terre , et placées k l'obscurité dans d(ss endroits noirs , ténébreux , comme des mines , des métaux y des pétrifications , etc. y et c'est dans ce sens que ce mot est employé par Paracelse. Rulan et Dor* n«us ses commentateurs y ont prétendu que cette connaissance d'abord naturelle , était devenue par l'instinct du diable et la méchanceté des hommes , un art exécrable et diabolique y et
que ceux qai en faisaient profession invoquaient les démons et les mauvais esprits, et leur commandaient de porter certaines choses dans des pays fort éloignés , ou d'en rapporter ce dont ils avaient envie. La nuit était particulièrement destinée à ces invocations^ et c'est aussi pendant ce temps que les démons exécutaient les commissions dont ils étaient chargés , parce les mauvais esprits craignent la lumière , et sont amis et ministres des ténèbres. Les démons , disent-ils, feignaient d'être forcés par les hommes à faire ce qu*on leur demandait , tandis qu'ils s'y por-> taient avec plaisir et de leur propre mouvement , sachant très-bien que cela tournait au préjudice de leurs auteurs. Rien n'est plua déplorable , continuent ces écrivains timorés , que de voir un art aussi détestable que diabolique exercé et même pratiqué par des chrétiens. Voyez le lexic. de Johns et de Castell. A présent que l'on sait à quoi s'en tenir sur les sorciers , et qu'on a éclairé avec le flambeau de la philosophie tout ce qu'on appelle eoriiUge , on n'ajoute plus de foi à ces prétendues divinations ; on est bien assuré que ces invocations , ces apparitions du diable sont tout aussi ridicules et aussi peu réelles que celles de Jopiter , de Mars , de Vénus , et de toutes les autres fausses divinités des païens y. dont se moquaient avec raison les sages et les philosophes de ces temps. On les évalue au juste quand on les regarde comme des rêveries , des produits d'une imaginationbouillante et quelquefois dérangée. La religion estsur cepoint d'accord avec la philosophie. OBEISSANCE , s. f. ( Droii naturel et politique. ) Dans tout état bien constitué, Vobéiêfonce à un pouvoir légitime est le devoir le plus indispensable des sujets. Refuser de se soumettre anx souverains, c'est renoncer aux avantages de la société , c'est renverser l'ordre , c'est chercher à introduire l'anarchie. Les peuples , e» obéissant à leurs princes , n'obéissent qu'à la raison et aux lois , et ne travaillent qu'au bien de la société. Il n'y a que des tyrans qui commanderaient des choses contraires; ils passeraient les bornes du pouvoir légitime, et les peuples seraient toujours en droit de réclamer contre la violence qui leur serait faite. Il n'y a qu'une honteuse flatterie et un avilissement odieux , qui ait pu faire dire à Tibère par un sénateur romain : 7!îbi summum rerum judicium dii dedere, nohis obsequii gloria relicta est. Ainsi Mobéie^ eance ne doit point être aveugle. Elle ne peut porter les sujets k violer les lois de la nature. Charles IX, dont la politique inhumaine le détermina à immoler à sa religion ceux de ses sujets qui avaient embrassé les opinions de la réforme , non con« tent de l'affreux massacre qu'il en fit sous ses yeux et dans sa capitale , envoya des ordres aux gouverneurs des autres villes du royaume , pour qu'on exerçât les mêmes cruautés, sur ces
sectaires îafortanés. Le brave d'Orte , commandant k Baïonne ,
ne crut point que son devoir pat l'engager k obéir à ces ordres
sanguinaires, c J'ai communiqué , dit-il au roi , le commande-
u ment de V. M. à ses fidèles habitans et gens de guerre de la
» garnison , \e n'y ai trouvé que de bons citoyens et de braves
M soldats , mais pas un bourreau : c'est pourquoi eux et moi
m supplions trës-humblement Y. M. de vouloir employer nos
» bras et nos yies en choses possibles ; quelque hasardeoses
w qu'elles soient, nous y mettrons jusqu'à la dernière goutte
M de notre sang.'» Le copite de Tende et Chamy répondirent à
ceux qui leur apportaient les mêmes ordres, qu'ils respectaient
trop le roi pour croire que ces ordres inhumains pussent venir
de lui. Quel est l'homme vertueux , quel est le chrétien qui
puisse blâmer ces sujets généreux d'avoir désobéi ?
OBJECTER 9 V. a. ( Gramm, ) , c'est montrer le faux d'un raisonnement , par la raison contraire qu'on y oppose ; les suites fâcheuses d'un projet, la vanité d'une entreprise, le ridicule d'une prétention , etc. ; si l'on a tort à^ objecter sa naissance , on a tort aussi de se prévaloir de la sienne.
La raison objectée s'appelle objection ; il arrive de temps en temps , qu'il faudrait mettre la preuve en objection et l'objection en preuve.
On se fait quelquefois des objections si fortes , que l'on entraine son auditeur dans l'opinion contraire à celle qu'on s'était proposé de leur inspirer.
OPPRESSEUR , s. m. OPPRIMER , v. acl. ( Gramm. ), terme relatif au mauvais usage de la puissance. On opprime , on mérite le nom à^ oppresseur ^ on fait gémir sous l'oppression , lorsque le poids de notre autorité passe sur nos sujets d'une manière qui les 'écrase et qui leur rend l'existence odieuse. On rend l'existence odieuse en envahissant la liberté , en épuisant la fortune, en gênant les opinions , etc. Un peuple peut erre opprimé par son souverain , un peuple par un autre peuple. Fléchier dit qu'il y a peu de sûreté pour les oppresseurs àe la liberté des peuples } mais c'est seulement dans les premiers instans de l'oppression. A la longue on perd tout sentiment ; on s'abrutit , et l'on en vient jusqu'à adorer la tyrannie et à diviniser ses actions les plus atroces. Alors il n'y a plus de ressource pour une nation , que dansune grande révolution qui la régénère. Il lui fautunecrise. Oppression a un sens relatif à l'économie animale. On se sent oppressé , lorsque le poids des alimens surcharge l'estomac. Il y a oppression de poitrine , lorsque la respiration est embar* rassée , et qu'il semble qu'on ait un poids considérable à vaincre à chaque inspiration.
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OPPRESSION, s. f. ( MomU ei Politique.) Par un mâUeiit attaché k la coadition kumaine , les sujets sont quelquefois soumis i des souveraiss , ^ai abusant du pouvoir qui leur a éié confié , leur font éprouver des rigueurs que la violence seule autorise. Uoppression est toujours le fruit d'une mauvaise administration. Lorsque le souverain est injuste , ou que ses représentaos se prévsïent de son autorité , ils regardent les peuples comme des animaux vils, qui ne sont faits que pour ramper et pour satisfaire aux dépens de leur sang , de leur travail et de leurs trésors , leurs projets ambitieux , ou leurs caprices ridicules. En vain l'innocence gémît , en vain elle implore la pro* lection des lois , la force triomphe et insulte à sespleurs. Domitien disait omnia sièi in hominea licere^ maxime digne d'un monstre , et qui pourtant n'a été que trop suivie par quelques souverain$.
ORIENTALE, PhUosophis. ( HiH. de la Philosophie, ) Peu de temps après la naissance de Jésus-Christ , il se forma une secte de philosophes asses singulière dans les contrées les plus connues de l'Asie et de l'Afrique. Ils se piquaient d'une intelligence extraordinaire dans les choses divines , ou celles sur lesquelles on croit le plus , parce qu'on y entend le moins , et ob il ne faut pas raisonner , mais soumettre sa raison , faire des actes de f<n et non des systèmes ou des syllogismes. Us donnaient leur doc* trinepour celle des plus anciens philosophes , qu'ils prétendaient leur avoir été transmi&e dans sa pureté; et phisieUrs d'entre eux ayant embrassé la religion chrétienue , et travaillé k <^oncilier leurs idées avec ses préceptes , on vit tout à coup éclore cet essaim d'hérésies dont il est parlé dans l'histoire de l'Eglise sous le nom fastueux de Gnoatiquee. Ces Gnostiqiies corrompirent la simplicité de TEvangile par les inepties les plus frivoles ; se répandirent parmi les Juifs et les Gentils , et défigurèrent de la manière la plus ridicule leur philosophie , imaginèrent les opinions les plus monstrueuses , fortifièrent le fanatisme dominant, supposèrent une foule de livres sous les noms les plus respectables , et remplirent une partie du monde de leur misérable et détestable science.
Il serait à souhaiter qu'on approfondit l'origine et les progrès des sectes : les découvertes qu'on ferait sur ce point éclaireraient Thistoire sacrée et philosophique des deux premiers siècles de l'Eglise ) période qui ne sera sans obscurité , que quand quelque homme d'une érudition et d'une pénétration peu commune aura achevé ce travail.
Nous n'avons plus les livres de ces sectaires, il ne nous en reste qu'un petit nombre de fragmens peu considérables. En suppri* jnant leurs ouvrages , les premiers pères de l'Eglise , par un zèle