Il y a diverses sortes de voluptés
38. Je ne voudrais pas donner le nom de volupté aux plaisirs déshonnétes. La volupté vraie est celle qui natt des actions ver* tueuses , et de l'accomplissement des désirs.
39. La félicité qui natt des actions vertueuses est ou active , ou contemplative.
40. La contemplative qui occupe l'âme, et qui mérite à l'homme le titre de sage, est la plus importante.
41 . La félicité qui résulte de la possession et de la jouissance des biens extérieurs n'est pas à comparer avec celle qui découle de la yertu et de ses exercices.
JDes successeurs ttAristoie , Théophraste , Straton , Lycon ^ Ariston^ Critolaùs , Diodore ^ Dlcéarque^ Eudème, Héraclide^ Phanku^ Démétrius , Hiéronymus,
Théophraste naquit à Eresse, ville maritime de l'île de Lesbos. Son père le consacra aux muses , et l'envoya sous Alcippe. II vint k Athènes; il vit Platon ; il écouta Aristote , qui disait de Callisthène et de lui , qu'il fallait des éperons à Callisthène et un mors à Théophraste. F'oyex à l'article Abistotélisme , les principaux traits de son caractère et de sa vie. Il se plaignait , en mourant, de la nature qui avait accordé de si longs jours aux corneilles , et de si courts aux hommes. Toute la ville d'Athènes
suÎTÎt à pied son convoi. Il nous reste plosiears de ses ouTrages. Il fit peu de changemens à la doctrine de son mattre.
Il admettait avec Aristote autant de mouvemens , que de prédicamens ; il attribuait aussi au mouvement l'altération , la génération, l'accroissement y la corruption , et leurs contraires. Il disait que le lieu était immobile ; que ce n'était point une substance, mais un rapport à l'ordre et aux positions; que le lieu était dans les animaux , les plantes, leurs dissemblables, animés ou inanimés , parce qu'il y avait dai^ tous les êtres une relation, des parties au tout qui déterminait le lieu de chaque partie ; qu'il fallait compter entre'les mouvemens les appétits , les passions , les jugemens , les spéculations de l'âme ; que tous ne naissent pas des contraires ; mais que des choses avaient pour cause leurs contraires , d'autres leurs semblables , d'autres encore de ce qui est actuellement. Que le mouvement n'était jamais séparé de l'action ; que les contraires ne pouvaient étre^ compris sous un même genre; que les contraires pouvaient être la cause des contraires ; que la salure de la mer ne venait pas de la chaleur du soleil , mais de la terre qui lui servait de fond ; qiie la direction oblique des vents avait pour cause la nature des vents même , qui en partie graves , et en partie légers , étaient portés en même temps en haut et en bais ; que le hasard et non la prudence mène la vie ; que les mules engendrent en Cappadoce ; que l'âme n'était pas fort assujettie au corps , mais qu'elle faisait beaucoup d'ellemême; qu'il n'j avait point de volupté fausse; qu'elles étaient toutes vraies ; enfin qu'il y avait un principe de toutes choses par lequel elles étaient et subsistaient , et que ce principe était un et divin.
Il mourut à l'âge de 85 ans ; il eut beaucoup d'amis , et il était d'un caractère à s'en faire et à les conserver; il eut aussi quelques ennemis , et qu'est-ce qui n'en a pas? On, nomme parmi ceux-ci Epicure et la célèbre Léontine.
Straton naquit à Lampsac. Il eut pour disciple Ptolomée Philadelphe ; il ne négligea aucune des parties ^e la philosophie , mais il tourna particulièrement ses vues vers les phénomènes de la nature. Il prétendait :
Qu'il j avait dans la nature une Force divine , cause des gênérations , de l'accroissement , de la diminution , et que cependant cette cause était sans intelligence.
Que le monde n'était point l'ouvrage des dieux, mais celui de la nature , non comme Démocrite l'avait rêvé , en conséquence du rude et du poli , des atomes droits ou crochus , et autres visions.
Que tout se faisait par les poids et les mesures.