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Que le monde n'était point un animal , mais que ]e mouvement et le hasard avaient tout produit , et conservaient tout.
Que Fétre ou la permanence de ce qui est, c'était la même chose.
Que l'Âme était dans la base des sourcils.
Que les sens étaient des espèces de fenêtres par lesquels l'âme regardait , et qu'elle était tellement unie au sens , que eu é^ard à ses opérations , elle ne paraissait pas en différer.
Que le temps était la mesure du mouvement et du repos.
Que les temps se résolvaient en individus , mais que le lieu et les corps se divisaient à l'infini.
Que ce qui se meut, se meut dans un temps individuel.
Que tout corps était grave et tendait au milieu.
Que ce qui est au-delà du ciel était un espace immense , vide de sa nature , mais se remplissant sans cesse de corps } en sorte que ce n'est que par la pensée qu'on peut le considérer comme subsistant par lui-même.
Que cet espace était l'enveloppe générale du monde.
Que toutes les actions de l'âme étaient des mouvemens 9 et l'appétit irraisonnable , et l'appétit sensible.
Que l'eau est le principe du premier froid.
Que les comètes ne sont qu'une lumière des astres renfermée dans une nue , comme nos lumières artificielles dans une lanterne.
Que nos sensations n'étaient pas , à proprement parler, dans la partie affectée, mais dans un autre Heu principal.
Que la puissance des germes était spiritueuse et corporelle.
Qu'il n'y avait que deux êtres , le mot et la chose , et qu'il y avait de la vérité et de la fausseté dans le mot.
Straton mourut sur la fin de la cent vingt-septième olympiade. Voyez k V article Amstotéususe le jugement qu'il faut porter de sa philosophie.
Lycon , successeur de Straton , eut un talent particulier pour instruire les jeunes gens. Personne ne sut mieux exciter en eux la honte et réveiller l'émulation. Sa prudence n'était pas toute renfermée dans son école ; il en montra plusieurs fois dans les conseils qu'il donna aux Athéniens ; il eut la fateur d'Attale et d'Eumène. Antiochus voulut se l'attacher , mais inutilement. Il était fastueux dans son vêtement. Né robuste , il se plaisait aux exercices athlétiques 5 il fut chef de l'école péripatéticienne pendant quarante-quatre ans. Il mourut de la goutte à soixantequatorze.
Lycon laissa la chaire d'Aristote à Ariston. Nous ne savons de celui-ci qu'une chose , c'est qu'il s'attacha k parler et à écrire avec élégance et douceur ^ et |qu'on désira souvent dans ses
leçons un poîcb et une gravité plus convenables au philosophe et à la philosophie.
Ariston eut pour disciple et successeur Critolaiis de Phasclide* Il mérita par son éloquence d'être associé à Carnéade et à Dio* gëne 9 dans l'ambassade que les Athéniens décernèrent aux Ro* mains. L'art oratoire lui paraissait un mal dangereux » et non pas un art. Il vécut plus de quatre-vingts ans. Dieu n'était, selon lui , qu'une portion trës-subtile à^éther. Il disait que toutes ces cosmogonies que les prêtres débitaient aux peuples, n'avaient rien de conforme k la nature , et n'étaient que des fablfs ridicules ; que l'espèce humaine était de toute éternité ; que le monde était de lui-même ; qu'il n'avait point eu de commencement ; qu'il n'y avait aucune cause capable de le détruire, et qu'il n'au* rait pas de fin. Que la perfection morale de la vie consistait à i'assuyellir aux lois de la nature. Qu'en mettant les plaisirs de l'Âme et ceux du corps dans une balance , c'était peser un atome avec la terre et les mers.
On sait que Diodore instruit par Critolaiis , lui succéda dans le lycée , mais on ignore qui il Ait ; quelle fut sa manière d'en« •eigner ; combien de temps il occupa la chaire , ni qui lui succéda. La chaîne péripatéticienne se rompit à Diodore. D'AHstote à celui-ci , il j eut onze maîtres , entre lesquels il nous en manque trois. On peut donc finir à Diodore la première période de l'école péripatéticienne , après avoir dit un mot de quelques personnages célèbres qui lui ont fait honneur.
Dicéarque fut de ce nombre; il était Messénien. Cicéron en faisait grand cas. Ce philosophe disait :
I. L'âme n'est rien : c'est un mot yide de sens. La force, par laquelle nous agissons , nous sentons , nous pensons , est diffuse dans toute la matière dont elle est aussi inséparable que l'étendue , et ou elle s'exerce diversement , selon que l'être un et simple est diversement configuré.
a^ L'espèce humaine est de toute éternité.
S. Toutes les divinations sont fausses , si l'on en excepte celles qui se présentent à l'âme , lorsque libre de distraction y elle est * suffisamment attentive k ce qui se passe en elle.
4* Qu'il vaut mieux ignorer l'avenir que le connaître.
II était versé profondément dans la politique. On lisait tous les ans une fois, dans l'assemblée des éphores, le livre qu'il avait écrit de la république de Lacédémone.
Des princes l'employèrent à mesurer la hauteur et la distance des montagnes , et k perfectionner la géographie.
Eudème , né k Rhodes, étudia sous Aristote. Il ajouta quelque ehose à la logique de son maître, sur les argnmeatatiims hypo^
thétiqaes et sur les modes. Il avait écrit Tbistoire de la géométrie
et de l'astronomie.
Héraclide de Pont écouta Platon, embrassa le pytbagorisme , passa sous Speusipe, et finit par devenir aristotélicien. Il réunit le mérite d'orateur à celui de pbilosopbe.
Pbanias de Lesbos étudia la nature et s'occupa aussi de l'histoire de la philosophie.
Démétrius de Phalëre fut un des disciples de Théophraste les plus célèbres. Il obtint de Cassandre y roi de Macédoine y dans la 1 15* olympiade, l'administration des affaires d'Atbënes, fonction dans laquelle il montra beaucoup de sagesse. Il rétablit le gouvemement populaire , il embellit la ville ; il augmenta ses revenus ; et les Athéniens animés d'une reconnaissance qui se montrait tous les jours , lui élevèrent jusqu'à SSo statues , ce qui n'était arrivé à personne avant lui. Mais il n'était guère possible de s'illustrer et de vivre tranquille chez un peuple inconstant s la haine et l'envie le persécutèrent. On se souleva contre l'oligarchie. On le condamna à mort. Il était alors absent. Dans l'impossibilité de se saisir de sa personne, on se jeta sur ses statues, qui furent toutes renversées en moins de temps qu'on n'en avait élevé une. Le philosophe se réfugia chez Ptolomée Soter , qui l'accueillit et l'employa à réformer la législation. On dit qu'il perdit les yeux pendant son séjour à Alexandrie ; nmis que s'étant adressé à Sérapis , ce dieu lui rendit la vue , et que Démétrius reconnut ce bienfait dans des hymnes que les Athéniens chantèrent dans la suite. Il conseilla k Ptolomée de se nommer pour successeurs les enfans d'Euridice, et d'exclure le fils de Bérénice. Le prince n'écouta point le philosophe , et s'associa Ptolomée connu sous le nom de Phikuielphe. Celui-ci après la mort de son père , relégua Démétrius dans le fond d'une province , oii il vécut pauvre , et mourut de la piqûre d'un aspic. On voit par la liste des ouvrages qu'il avait composés , qu'il était poète, orateur, philosophe , historien , et qu'il n'y avait presque aucune brapcbe de la connaissance humaine qui lui fût étrangère. Il aima la vertu , et fut digne d'un meilleur sort.
Nous ne savons presque rien d'Hiéronymus de Rhodes.
De la philosophie pêripcUéticienne à Rome , pendant le temps de la république et sous les empereurs. Voyez rcwticle Aristoté- LiSHE , et y article Philosophie des Romains.
De la philosophie d^Aristote chez les Arabes, Voyez les articles Arabes et Aristotélisme.
De la philosophie d^Aristote chez les Sarrasins, Voyez l'article Sarrasins £/ Aristotélisme.
De la philosophie (FAristote dane r Eglise. Voyez les articles Jésus-Christ et Pères de l'Eglise , et Aristotéliske.
De la philosophie d'Arisiote parmi les Scholastiques. Voyez les articles Philosophie sgholastique et Aristotélisme.
Des restaurateurs de la philosophie d'Aristote, Voyez l'article Aristotélisme et l'article Philosophie.
Des philosophes rfcens jéristotelico-scholastiques. Voyez Var* ticle Aristotélisme , où ce sujet est traité très-au long. Nous t-esti^ tuerons seulement ici quelques noms nwins importons qu'on a omis, et qui peut-être ne valent guère la peine d^ être tirés de l* oubli.
Apres Bannez , on trouve dans l'histoire de la philosophie , Franciscus Sylpestrius. Sylvestrius naquit k Ferrare ; il fut élu chef de son ordre ; il enseigna à Bologne; il écrivit trois livres de commentaires sur l'âme d'Aristote. Matthaeus Aquarius les a publiés avec des additions et des questions philosophiques. Sylvestrius mourut en iSiS.
Michel Zanard de Bergame , homme qui savait lever des doutes et les résoudre f il a écrit de triplici universo , de Physicd et Me* taphfsicâ^ etcommentaria cum dubiis et questionihus in octo /tbros AristoteUs.
Joannes^ à S, Thoma^ de l'ordre aussi des Dominicains ; il s'entendit bien en dialectique , en métaphysique et en physique , en prenant ces mots selon l'acception qu'ils avaient de son temps , ce qui réduit le mérite de ses ouvrages à peu de chose , sans rien ôter à son talent. Presque tous ces hommes qui auraient porté la connaissance humaine jusqu'oïl elle pouvait aller , occupés à des argumentations futiles , furent des victimes de l'esprit dominant de leur siècle.
Chrysostome Javelle. Il naquit en Italie en 1488; il regarda les opinions et la philosophie de Platon comme plus analogues à la religion , et celle d'Aristote comme pré/érable pour la recherche des vérités naturelles. Il écrivit donc de la philosophie morale , selon Aristote d'abord , ensuite selon Platon , en dernier lieu selon Jésus-Christ. Il dit dans une de ses préfaces , AristoteUs disciplina nos quidem doctos ac subtilissime de moralibus , sicut de naturaHbus disserentes efficere potest ', at moralis Platonica ex Vf dicendi atquepaternâ adhortatione , t/eluti prophetia quœdam y et quasi superum pox inter hornines tenons , nos proeul dubiosa^ pîentiores , probatiores , vitœque feliciores rèddet. Il y a de la finesse dans son premier traité , de la sublimité dans le second , de la simplicité dans le troisième.
Parmi les disciples qu' Aristote a eu chez les Franciscains, il ne faut pas oublier Jean Ponzius , Mastrius , Bonaventure Mellut , Jean Lallemandet , Martin Meorisse y Qaude Frassenius , etc.
Dans le Catalogne des Aristotëliciens de l'ordre de Cîteauz, il faut insérer après Ange Manriqtiëz, Bartholomee Goinez , Mar^ ciie Yasquez , Pierre de Oviedo , etc.
Il faut placer à^la tête des scfaolastiques de la société de Jé-> sus y Pierre Hurtado de Mendosa aVant Vasques , et après celui-ci , Paul Yalliuset Balthasar Telles; et après Suarès François Tollei et Antoine Kubius.
A ces hommes on peut ajouter François Alphonse , François Gonsales , Thomas Compton, François Rassier, Antonius Polus, Honoré Fabri : celui-ci soupçonne dans sa société de favoriser le Cartésianisme , y souffrit de la persécution.
Dêê philosophes qui ont 8ui%>i la ^féri table philosophie d*Aris^ tote. Voyez t article Aristotélisme.
Parmi ceux-ci , le premier qui se présente est Nicolas Leonic Thomée. 11 naquit en 1467 ; il étudia la langue grecque et les lettres sons le célèbre Démétrins Chalcondilas; et il s'appliqua sérieusement à exposer la doctrine d'Aristote telle qu'elle nous est présentée dans les ouvrages de ce philosophe. Il ouvrit la voie à des hommes plus célèbres, Pomponace et à 6es disciples. Voyez à fariicle Aaistotéusme y Fahrégé de la doctrine de Pomponace.
Celui*>ci ei^t pour disciples Hercules Gonzaga , qui fut depuis cardinal; Théophile Folengius, de l'ordre de saint Benoit , et auteur de l'ouvrage burlesque que nous avons sous le titre de Merlin Cocaye ; Panl Jove , Helidée , Gaspard Contaraia » autre cardinal , Simon Porta , Jean Genesius de Sepulveda , Jules Caesar Scaliger , Lazare Bonami , Jules-Caesar Vanini , et Ruphus , l'adversaire le plus redoutable de son maître. Foyez F€ur^ iile Aristotélisme.
Inscrivez après Rnphus , parmi les vrais Aristotéliciens , Maro- Antoine Majoragius , Daniel Barbarus , Jean Genesius de Sepulveda , Petrns Victorius; et après les Strozze, Jacques Mazonius, Hubert Gifanins , Jnles Pacius ; et à la suite de Caesar Cremonin , François Vicomescat , Louis Septale , plus connu parmi les anatomistes qu'entre les philosophes; Antoine Montecatinus , François Bnrana , Jean Paul Pernumia , Jean Cottusius , Jason de Nores , Fortnnins Licet , Antoine Scayous , Antoine Roccus , Félix Ascorombonus , François Robertel , Marc- Antoine Muret, Jean-Baptiste Monslor, François Vallois 9 Nunnesius Balfurcus , etc.
Il ne fant pas oublier parmi les protestans aristotéliciens , Si-* mon Simoniusy qui parut sur la scène après Joachin Camerarius et Melanchton; Jacob Schegius , Philippe Scherbios^etc.