‹ ŒuvresChapitre 25 sur 50 · I. Il ne se fait rien de rien · texte numérisé non relu

I. Il ne se fait rien de rien

a. Il y a donc un premier principe , infini , étemel , de qui tout ce qui a été et tout ce qui est , est émané.

3. Cette émanation a été trës-parfaite et trës-pure. Il faut la regarder comme la cause du mouvement , de la chaleur et de la vie.

4. Le feu intellectuel , très-parfait , tres-pur , dont le soleil est le symbole , est le principe de cette émanation.

5. Tous les êtres sont sortis de ce feu , et les matériels et les immatériels. Il est absolu , nécessaire » infini ; il se meut luimême } il meut et anime tout ce qui est.

6. Mais la matière et Tesprit étant deux natures diamétralement opposées , il est donc émané du feu originel et divin , deux principes subordonnés , ennemis Tun de l'autre » l'esprit et la matière , Orosmade et Arimane.

7. L'esprit plus voisin de sa source , plus par , engendre l'esprit, comme la lumière , la lumière : telle est l'origine des dieux.

8. Les esprits émanés de l'océan infini de la lumière intellectuelle 9 depuis Orosmade » jusqu'au dernier, sont et doivent être regardés comme des natures lucides et ignées. ^

9. En qualité de natures Lucides et ignées , ils ont la force de mouvoilr , d'entretenir, d'échauffer, de perfectionner ; et ils sont bons. Orosmade est le premier d'entre eux ; ils viennent d'Orosmade : Orosmade est la cause de toute perfection.

10. Le soleil , symbole de ses propriétés, est son trône , et le lieu principal de sa lumière divine.

II. Plus les esprits émanés d'Orosmane s'éloignent de leur source , moins ils ont de pureté , de lumière , de chaleur et de force motrice.

12. La matière n'a ni lumière, ni chaleur , ni force motrice ; c'est la dernière émanation du feu étemel et premier. Sa distance en est infinie , aussi est-elle ténébreuse , inerte , solide et immobile par elle-même.

i3. Ce n'est pa^ à ce principe de son émanation , mais à la nature nécessaire de son émanation , à sa distance du principe , qu'il faut attribuer ses défauts. Ce sont ces défa^uts , suite nécessaire de l'ordre des émanations , qui en font l'origine du mal.

14. Quoique Arimane ne soit pas moins qu'Orosmade , une émanation du feu étemel , ou de Dieu , on ne peut attribuer à Dieu ni le mal , ni les ténèbres de ce principe.

i5. Le mouvement est étemel et très-parfait dans le feu intellectuel et divin } d'oii il s'ensuit qu'il y aura une période à la fin

de faquelle tout y retournera. Cet océan reprendra tout ce qui en est émané , tout , excepté la matière.

16. La matiër£ ténébreuse, froide , immobile , ne sera point reçue à cette source de lumière et de chaleur très-pure , elle restera , elle se mouvra , sans cesse agitée par Inaction du principe lumineux ; le principe lumineux attaquera sans cesser les ténèbres y qui Ini résisteront , et qu'elle affaiblira peu à peu , jusqu'à ce qu'à la suite des siècles atténuée , divisée, éclairée autant qu'elle peut l'être , elle approche de la nature spirituelle.

17. Après un long combat , des alternatives infinies , tes ténèbres seront chassées de la matière ; ses qualités mauvaises seront détruites , la matière nîéme sera bonne, lucide , analogue à son principe qui la réabsorbera , et d'oii elle émanera derechef, pour remplir tout l'espace et se répandre dans l'univers. Ce sera le règne de la félicité parfaite.

Voilà le système oriental , tel qu'il nous est parvenu après avoir passé , au sortir des mains des mages , entre celles de Zoroastre, et de celles-ci , entre les mains des Pythagoriciens , des Stoïciens et des Platoniciens , dont on y reconnaît le ton et les idées.

Ces philosophes leportèrent à Cosroès. Auparavant la sainteté en avait été constatée par des miracles à la cour de Sapor ; ce n'était alors qu'un manichéisme assez simple.

Le Sadder , ouvrage oii la doctrine zoroastrique est exposée ^ emploie d'autres expressions , mais c'est le même fonds. Il y a un Dieu : il est un , très-saint : rien ne lui est égal : c'est le Dieu de puissance et de gloire. Il a créé dans le commencement un monde d'esprits purs et heureux ; au bout de trois mille ans , sa volonté , lumière resplendissante , sous la forme de l'homme. Soixante et dix anges du premier ordre l'ont accompagnée; et elle a créé le soleil , la lune, les étoiles et les âmes des hommes. Après trois autres mille ans , Dieu créa au-dessous de la lune un monde inférieur , plein de matière.

Des dieux et des temples, La doctrine de Zoroastre les rejetait aussi. La première chose que Xerxès fit en Grèce , ce fut de détruire les temples et les statues. Il satisfaisait aux préceptes de sa religion ; et les Grecs le regardaient sans doute comme un impie. Xerxès en usait ainsi, ditCicéron, ulparietibus exelu^ dererUwr diî y quibua esse deberent omnia patentia et libéra : pour briser les prisons des dieux. Les sectateurs du culte des mages ont aujourd'hui la même aversion pour lA idoles.

Abrégé des prétendus oracles de Zoroastre, Il y a des dieux. Jupiter en est un. Il est très-bon. Il gouverne l'univers. Il est le premier des dieux. Il n'a point été engendré. Il existe de tons les

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témp». n tfst le père des autres dieux. C'est le grand , le vieil

ouvrier.

Neptune est l'aîné de ses fils. Neptune n'a point eu de mëre. Il gouverne sous Jupiter. Il a créé le ciel.

Neptune a eu des frères ; ces frères n'ont point eu de mère. Neptune est au-dessus d'eux.

Les autres dieux ont été tires de la matière , et sont nés de Junon. Il y a des démons au-dessous des dieux.

Le Soleil est le plus vieux des enfans que Jupiter ait eu de leur mère. Le Soleil et Saturne présidente la génération des mortels , aux Titans et aux dieux du Tartare.

Les dieux prennent soin des choses d'ici-bas , ou par euxmêmes , ou par des ministres subalternes , selon les lois générales de Jupiter. Us sont la cause du bien : rien de mal ne nous arrive par eux. Par un destin inévitable , indéclinable , dépendant de Jupiter , les dieux subalternes exécutent ce qu'il y a de mieux.

L'univers est éternel. Les premiers dieux nés de Jupiter , et Jes seconds n'ont point eu de commencement , n'auront point de fin ; ils ne constituent tous ensemble qu'une sorte de tout.

Le grand ouvrier qui a pu faire le tout, le mieux qu'il était possible , l'a voulu , et il n'a manqué à rien.

Il conserve et conservera éternellement le tout immob ile et sous la même forme.

L'àme de l'homme , alliée aux dieux , est inunortelle. Le ciel est son séjour : elle y est et elle y retournera.

Les dieux l'envoient pour animer un corps , conserver l'harmonie de l'univers , établir le commerce entre le ciel et la terre « et lier les parties de l'univers entre elles , et l'univers avec les dieux.

La vertu doit être le but unique d'un être lié avec les dieux.

Le principe de la félicité principale de l'homme est dans sa portion immortelle et divine.

Suite des oracles ou fragmens. Nous les exposons dans la langue latine , parce qu'il est presque impossible de les rendre dans la nôtre.

UiûUu duaHiatem genus ; Dyae enim apud eam sedei , ei intelléoiuali lucefulgurai , inde trinitasy ei hœc irinilae in toto mundo lucet ei gubemai omma.

' Voilà bien Mithras , Orosmade et Arimane ; mais sous la forme du Christianisme. On croirait en lisant ce passage , entendre le commencement de l'Ëvangile selon S. Jean.

Deua fona fofUium , omnium matrix , coniinens omnia^ undè generaiio parié se manifesiarUis materiœ^ undè iractus prœter

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