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' Amsî , la philosophie morale est pëdeùtique ou politique. ' La pédeutiqué forme rhomme à la vertu , par l'ëtude , le silence , l'abstineDce des viandes , le courage , la tempérance et la sagacité.
L'occupation véritable de l'homme est la perfection de la nature humaine en lui.
Il se perfectionne par la raison , la force et le conseil ; la raison voit et juge ) la force retient et modère ; le conseil éclaire | avertit.
L'énumération des vertus et la connaissance de la vertu en
général dépen'dent de l'étude de l'homme. L'homme a deux
facultés principales ; par l'une il connaît , par l'autre il désire.
'Ces facultés sont souvent opposées. C'est l'excès ou le défaut
qui excite et entretient la contradiction.
Lorsque )a partie qui raisonne commande et modère, la patience et la coiitinence naissent. Lorsqu'elle obéit , la foreur et l'impatience s'élèvent. Si elles sont d'accord y l'homme est vertueux et heureux.
Il faut considérer la vertu sous le même point de vue que les facultés de l'âme. L'âme a une partie raisonnable et une partie concupiscible. De là naissent la colère et le désir. Nous nous vengeons et nous nous défendons. Nous nous portons aux choses qui sont convenables à nos aises ou à notre conservation.
La raison fait la connaissance ; la colère dispose de la' force; le désir conduit l'appétit. Si l'harmonie s'établit entre ces choses , et que l'âme soit une , il y a vertu et bon sens. S'il y a discorde , et que l'âme soft double , il ya vice et malheur.
Sx la raison domine les appétits ; et qu'il y ait tolérance et continence y on sera constant dans la peine , modéré dans le plaisir. '
Si la raison domine les appétits , et qu'il y ait tempérance et courage , on sera borné dans son ressentiment.
S'il y a vertu ou harmonie en tout , il y aura justice.
La justice discerne les vertus et les vices. C'est par elle que l'âme est une , ou que l'homme est parfait et content.
Il ne faut se pallier le vice ni à soi-même , ni aux autres. Il faut le gourmander partout oii il se montre, sans ménagement.
L'homme a ses âges , et chaque âge a ses qualités et ses défauts.
L'éducation de l'enfant doit se diriger k la probité , k la so« briété et à la force. Il faut en attendre les deux premières vertus dans son enfance. Il montrera la seconde dans son adolescence et son état viril.
On ne permettra point à l'homme de faire tout ce qui lu plaît. • . .
' I] faut qn'il ait à côté de Ini quelqu'un qui le commande, et k qui il obéisse , de là la nécessité d'une puissance légitime et décente qui soumette tout citoyen.
Le philosophe ne se promettra aucun de cesbieus qui peuvent arriver à l'homme, mais qui ne sont point à sa discrétion. Il apprendra k s'en passer.
• Il est défendu de quitter son poste sans la volonté de celui qui commande. Wm poste de l'homme est la vie.
• Il faut Ik'ter l'intempérance dans les choses nécessaires à la conservation ; l'excès eu tout.
La tempérance est la force de l'&me 5 l'empire sur les passions fait sa lumière. Avoir la continence y c'est être riche et puissant.
: La continence s'étend aux besoins du corps et è ses volupté , aux alimens et k l'usage des fenmies. Réprimes tous les appétits vains et superflus.
L'homme est mort dans l'ivresse du vin. H est furieux dans l'ivresse de l'amour.
Il faut s'occuper de la propagation de l'espèce en hiver ou au printemps. Cette fonction est funeste en été et nuisible en tout temps.
Quand l'homme doit-il approcher de la femme? Lorsqu'il s'ennuiera d'être fort.
La volupté est la plus dangereuse des enchanteresses. Lorsqu'elle nous- sollicite, voyons d'abord si la chose est bonne et honnête; voyons ensuite si elle est utile et commode. Cet examen suppose un jugement qui n'est pas commun.
. Il faut exercer l'homme dans son enfance à fuir ce qu'il devra toujours éviter, à pratiquer ce qu'il aura toujours k faire , k désirer ce qu'il devra toujours aimer , à mépriser ce qui le rendra en tout temps malheureux et ridicule.
Il y a deux voluptés, l'une commune , basse , vile et générale ; l'autre grande , honnête et vertueuse. L'une a pour objet les choses du corps; l'antre les choses de l'âme.
L'homme n'est en sûreté que souf le bouclier de la sagesse , et il n'est heureux que quand il est en sûreté.
Les points les plus importans de la politique se réduisent au commerce général des hommes entre eux , à l'amitié , an culte des dieux , k la piété envers les morts et à la législation. • Le commerce d'un homme avec un autre est ou agréable , ou fâcheux y selon la diversité de l'âge , de l'état, de la fortune, du mérite , et de tout ce qui différencie.
Qu'un jeune homme ne s'irrite jamais contre un vieillard. Qu'il ne le menace jamais. .
Qu'auoan n'oublie la distinction que les dignités mettent etttre lui et son semblable.
Mais comment prescrire les règles relatives à cette variété infinie d'actions de la vie ? Qui est-ce qui peut définir Turba- BÎté , la bienséance , la décence et les autres vertus de détail ?
Il y a une amitié de tous eovers tous.
Il laut bannir toute prétention de l'amitié , suEtout de celte que nous devons à nos parens , aux vieillards , aui^^iifaiteurs.
Me soiHfrons pas qu'il j ait une cicatrice dans l'a A de notre ami.
Il n'y aura ni blessure , ni cicatrice dans l'âme de notre ami , ai nous savons lui céder à propos.
Que le plus jeune le cëde toujours an plus âgé. ' Que le vieillard n'use du droit de reprendre la jeunesse qu'avec ménagement et douceur. Qu'on voie de l'intérêt et de Faffection dans sa remontrance. C'est là ce qui la rendra décente, honnête , utile et douce.
La fidélité que vous devez à votre ami est une chose sacrée , qui ue souffre pas même la plaisanterie.
Que riofortuue ne vous éloigne point de votre ami.
Une méchanceté sans ressource est le seul motif pardonnable de rupture. Il ne faut garder de haine invincible que pour les méçhans. La haine qu'on porte au méchant doit persévérer autant que sa méchanceté.
Ne vous en rapportes point de la conversion du méchant i ses discours ; mais seulement à ses actions.
Evitez la discorde. Prévenez-en les sujets.
Une amitié qui doit être durable suppose des lois , des conventions , des égards y des qualités , de l'intelligence , de la décence , de la droiture , de l'ordre, de la bienfaisance , de la fermeté , de U fidélité , de la pudeur , de la circonspection.
Fuyez les amitiés étrangères.
Aimez votre àmi jusqu'au tombeau.
Rapportes les devoirs de l'amitié aux lois de la nature divine , * et de la liaison de Dieu et A l'homme.
Toute la morale se rapporte à Dieu. La vie de l'homme est de l'imiter.
Il est un Dieu qui commande à tout. Demandez-lui le bien. Il l'accorde à ceux qu'il aime.
Croyez qu'il est , qu'il veille sur l'homme , et qu'un animal enclin au mal a besoin de sa verge et de son frein.
Un être qui sent la vicissitude de sa nature , cherchera à établir quelque principe de constance en lui-même , en se proposant l'être immuable pour modèle.
Ne prêtes point votre ressemblance aux dîenx. Ne lenr attachez point de figures. Regardez-les comme des puissances d\£^ fuses, présentes è tout, et n'ayant d'autres limites que Tunivers.
Honorez-les par des initiations et des lustrations , par la pureté de l'âme , du corps et des vêtemens.
Chantez des hymnes k leur gloire, cherchez leur volonté dans les divinations , les sorts et toutes sortes de présages que le ha-* tard vous offrira.
Vous n'immolerez point d'animaux.
Posez sur leurs autels de l'encens , de la farine et du miel.
La piété envers les dieux et la religion sont dans le coeur.
Vous n'égalerez point dans votre hommage les héro« ans dieux.
Pun'fîez-vous par les expiations , les lustrations, les aspersions et les abstinences prescrites par ceux qui président aux mystères.
Le serment est une chose juste et sacrée. 11 y a un Jupiter curateur.
Soyez lent à faire le serment , soyez prompt à l'accomplir.
Ne brûlez point \ei corps des morts.
Apres Dieu et les génies , que personne ne vous soit plus res<pectable sous le ciel que vos parens ; que votre obéissante soit de cœur et non d'apparence.
Soyez attachés aux lois et aux coutumes de votre pays. Ce n'est pas l'utilité publique que les innovateurs ont en vue.
Philosophie théoréii(fue de Pythagore* La fin de la philosophi> théorétique estde remonter aux causes, aux idées premières , à la grande unité , et de ne rien admirer : l'admiration naît de l'imbécillité et de l'ignorance.
La philosophie théorétique s'occupe ou de Dieu ou de son ouvrage.
Théologie de Pythagore. Il est difficile d'entretenir le peuple de la divinité « il y a du danger , c'est un composé de préjugés et de superstitions; ne profanons point les mystères par un discours vulgaire.
Dieu est un esprit diflîis dans toutes les parties de )a matière qu'il pénètre , auxquelles il est présent , c'est la vie de tous les animaux. ^
La nature des choses ou Dieu , c'est la même chose 5 c'est la cause première du mouvement dans tout ce qui se meut par soi. Cest l'automatisme de tout.
Dieu , quant à son être corporel , ne se peut comparer qu'à la lumière ; quant à son être immatériel , qu'à la vérité.
n est le principe de tout ; il est impassible , invisible , incorruptible ; il n'y a que l'entendement qui le saisisse.
Au-desaons de Diea , il j a des puissances subaltenies dirines , des.génies et des héros.
Ces substances intelligibles subordonnées sont bonnes et mé'> chantes , elles émanent du premier être , de la monade universelle ; c'est d'elle qu'elles tiennent leur immutabilité , leur simplicité.
L'air est habité de génies et de héros.
Ce sont eux qui Versent sur nous les songes. , Jes signes , la santé , les maladies, les bjens et les maux ; on peut les apaiser.
La cause, première réside principalement dans les orbes des cieus ; k mesure que les êtres s'en éloignent , ils perdent de leur perfection ; l'harmonie subsiste jusqu'à la lune ; au-dessous de la région sublunaire , elle s'éteint et tout est abandonné au désordre..
Le mal est assis sur la terre , elle en est le réceptacle. , Ce qui est au-dessus de la terre est ^enchainé par les lois hnmuables'de l'ordre , et s'exécute selon la volonté ^ la prévoyance et .la sagesse de .Dieu.
Ce qui est au-dessous de la lune est un conflit de quatre causes: Dieu , le festin , l'homme et la fortune.
L'homme est un abrégé de l'univers j il a la raison par laquelle il tient à Dieu; une puissance végétative, nutritive, reproductrice, par laquelle il lient aux animaux; une substance inerte qui lui est commune avec la terre.
Il y a une divination , ou un art 4e connaître la volonté des dieux. Celui qui admet la divination , admet aussi l'existence des dieux ;. celui qui la nie , nie aussi l'existence des dieux. J^ divination et l'existence des dieux sont à ses yeux deux folies* Ce qui paraît résulte de ce qui n'est pas apparent. Ce qui est composé n'est pas principe.
Le principe est le simple qui constitue le composé. Il faut qu'il soit étemel. L'atome n'est donc pas le premier principe , car il ne suffit pas de dire qu'il est étemel ; il faut apporter la raison de son éternité.
Le nombre est avant tout , l'unité est avant tout nombre ; l'unité est donc le premier principe.
L'unité a tout produit pour son extension. C'est l'ordre qui règne dans l'universalité des choses , qui les a fait comprendre sous un même point de vue et qui a fait inventer le nom d'univers.
^ Dieu a produit le monde , non dans le temps , mais par la pensée.
Le monde est périssable , mais la providence divine le conservera.
II a commencé par le feu et par un cinquième élément.
La terre est cubique; le feu , pyramidal; l'air , octaèdre ; la sphère universelle , dodécaèdre. .
Le monde est animé, intelligent, sphérique ; au-delà du monde est le yide dans lequel et par lequel le monde respire.
Le monde a sa droite et sa gauche ; sa droite ou son orient d'oii le monde a commencé et se continue vers sa gauche ou son occident. >
Le destin es(^ la cause de l'ordre universel et de l'ordre de toutes ses parties.
L'harmonie du monde et celle de la musique ne diffèrent pas.
La cause première occupe la sphère suprême et la perfection , l'ordre et la constance des choses sont en raison inverse de leur distance à cette sphère.
L'air ambiant de la terre est immobile et mal sain ; tout ce qu'il environne est périssable. L'air supérieur est pur et sain; tout ce qu'il environne est immortel et divin.
Le soleil , la lune et les autres astres sont des dieux. ^
Qu'est-ce qu'un astre ? Un monde placé dans l'éther infini qui embrasse le tout.
Le soleil est sphérique , c'est l'interposition de la lune qui l'écIipse pour nous.
La lune est une terre habitée par des animaux plus beaux et plus parfaits, dix fois plus grands, exempts des excrétions naturelles.
La comète est un astre qui disparait en s'éloignant de nous , mais qui a sa révolution fixée.
L'arc-en-ciel est une image du soleil.
Au-dessous des sphères célestes et de l'orbe de la lune est celui du feu; au-dessous du feu est la région de l'air; au-dessous de celle-ci celle de l'eau ; la plus basse est la terre.
La masse de tous les élémens est ronde , il n'y a que le feu qui soit conique.
n y a génération et corruption , ou résolution d'un être en sei élémens. ' *
La lumière et les ténèbres , le froid et le chaud , le sec .et Fhumide sont en quantité égale dans le monde. Oii le chaud prédomine, il y a été; hiver, si c'est le froid; printemps, si c'est balance égale du froid et du chaud ; automne , si le froid prédomine. Le jour même a ses saisons ; le matin est le printemps du jour; le soir en est l'automne , il est moins salubre.
Le rayon s'élance du soleil , traverse l'éther froid et aride , pénètre les profondeurs et vivifie toutes choses en tant qu'elles participent de sa chaleur ; mais non en tant qu'animées. L'âme est un extrait de l'éther chaud et froid ; elle diffère de la yie ;
ellé^t immortelle, parce qu'elle émane d'un principe immortel.
11 ne s'engendre rien de la terre ; les animaux ont leurs se^ menées y le moyen de leur propagation.
• L'espèce humaine a toujours été et ne cessera jamais. -
L'âme est un nombre , elle se meut d'elle-même.
L'âme se divise en raisonnable et irraisonnable; l'irraisonnable est irascible et concupiscible 5 la partie raisonnable est émanée de l'âme du monde , les deux autres sont composées des élémens.
Tous les animaux ont une âme raisonnable ; sj^elle ne se manifeste pas dans les actions des brutes , c'est par défaut de conformation et de langue.
Le progrès de l'âme se fait du cœur an cerveau ; elle est la cause des sensations 5 sa partie raisonnable est immortelle 5 les autres parties périssent ; elle se nourrit de sang ) les esprits produisent ses facultés.
L'âme et ses puissances sont invisibles , et Téther ne s'aperçoit pas ; les nerfs , les veiaes et les artères sont ses liens.
L'intelligence descend dans l'âme; c'est une particule divine qui lui vient du dehors , c'est la base de son immortalité.
L'âme renferme en elle le nombre quaternaire.
ai les veines sont les liens de l'âme, le corps est sa prison.
n y a huit organes de la connaissance; le sens , l'imagination , l'art, l'opinion , la prudence, la science , la sagesse , l'intelligence * les quatre derniers sont communs à l'homme et aux dieux ; les deux précédens , à l'homme et aux bétes ; l'opinion lui est propre.
L'âme jetée sur la terre est vagabonde dans l'air , elle est sous la figure d'un corps.
Aucune âme ne périt ; mais après un certain nombre de révolutions , elle anime de nouveaux corps , et de transmigrations en transmigrations , elle redevient ce qu'elle a été.
Lia doctrine de Pythagore sur la transmigration des âmes , a été bien connue et bien exposée par Ovide qui introduit ce philosophe , /tV. XF de ses MéiamorpAosùs, parlant lûnsi :
Morte eurent animœ , sempenfue priore relictd Stde , no^^is domibus habitant , vimmtque recepta. Omnia mutantur ; nihil interU, errât et Ulinc , Mue venit , huic illuc et guosUbet occupât artus Spiritus f èquejeris humana in corpora transit , JYeque feras nosUr, nec tempore dépérit uUo , Ut que nowisfragilis signatur cera figuris , Jfec manetj utjueraty nec formas seryat easdem, Sed tamen ipêa eadem est ; animam sic sempereamdtm Esse , sed in varias doceo migrare figuras.
Il n'y a qu'un certain nombre d'âjnes y elles ont été tirées de
rCKlOuS super •-***•» ^•' y ** ^w» a^w ■'v^^^sa '«■«.^^ •••««•«««« ^ «^aiv J 0CIVUI~DV •
elle s'y purge j de là , selon qu'elle est bonne , mauvaise ou détestable , elle se rejoint à son origine , ou elle vient animer -le corps d'un homme ou d'u|i animal. C'est ainsi qu'elle satisEait il la justice divine.
De la médecine de Pythagare. La conservation de la santé consiste dans une juste proportion du travail , du repos et de la diète.
Il iaut s'interdire les alimens flatteurs , préférer ceux qui resserrent et fortifient l'habitude du corps.
Il faut s'interdire les alimens abjects aux yeux des dieux parce qu'ils en sont aliénés.
I 11 faut s'interdire les mets sacrés , parce que c'est une marque de respect qu'on doit aux êtres auxquels ils sont destinés, que de les soustraire à l'usage commun des hommes.
n faut s'interdire les mets qui suspendent la divination , qui , nuisent il la pureté de l'Ânae , à la chasteté , à la sobriété, à l'habitude de là vertu , à la sainteté , et qui mettent le dàordre dans les images qui nous sont offertes en songe.
n faut s'interdire le vin et les viandes.
Il ne faut se nourrir ni du cœur , ni de la cervelle, ni de la mauve , de la mûre , de la fbve , etc.
11 ne faut point manger de poissons.
Le pain et le miel , le pain de millet avec le chou cru on cuit, voilà la nourriture du pythagoricien.
. Il n'y a point de meilleur préservatif que le vinaigre. • On lui attribue l'observatiop des années climatériques et des jours critiques.
n eut aussi sa pharmacie.
Il eut ses sjrmboles. En voici quelques uns.
Si tu vas adorer au temple , dans cet intervalle ne fais ni ne dis rien qui soit relatif à k vie.
Adore et sacrifie les pieds nus.
Laisse les grands chemins, suis les sentiers.
Adore l'haleine des vents.
Ne remue point le feu avec l'épée.
Ne fais point cuire le chevreau dans le lait de sa mère.
Prête l'épaule à celui qui est chargé.
Ne saute point par-dessus le joug.
Ne pisse point le visage tourné au soleil.
Nourris le eoq , mais ne l'immole pas.
Ne conpe point de bois sur les chemiiis. Ne reçois pas d'hirondelles sous ton toit. Plante la mauve dans ton jardin ^ mais ne la mange pas. Touche la terre quand il tonne. i
Prie à haute vois, etc....
Il suit de ce qui précède que Pythagore fut un des plus grands hommes de Tantiquitë , et qu'il est difficile d'entendre sa dé6nition de la musique , et de nier que les anciens n'aient connu le concert à plusieurs parties différentes.
Den disciples ei des sectateurs de Pythagore. Aristée succéda dans l'école à Pythagore ; ce fut un homme très- versé dans les mathématiques , il professa trente-neuf ans et vécut environ cent ans. Mnésarque , fils de Pythagore , succéda à Aristée ; Bulagoras à Mnésarque; Tydas à Bulagoras ; Aresasà Tydas; Diodore d'Aspende à Aresas ; Archytas à Diodore. Platon fut un des auditeurs d' Archytas. Outre ces Pythagoriciens , il y en avait d'autres dispersés dans la Sicile et l'Italie , entre lesquels on nommait Clinias, Phi loi a lis , Théorides, Euritus , Architas, Timée et plusieurs femmes. On fait honneur à la même secte d'Hypodame , d'Ëuriphame , d'Hyparque , de Théages , de Métope / de Cri ton , de Diotogëne, de Callicratidas , de Charondas , d'Empedocle , d'Epicarme, d'Ocellus , d'Ecphante , de Hypon et autres.
Ecphante prétendit que l'homme ne pouvait obtenir une vraie notion des choses^ que les vicissitudes perpétuelles de la matière s'y opposaient; que les premiers principes étaient de petits corps individuels , dont la grandeur , la forme et la puissance constituaient les différences ; que le nombre en était infini ; qu'il y avait du vide; que les corps n'y descendirent ni parleur nature, ni par leur poids , ni par une impulsion , mais par un effort divin de l'esprit ; que le monde formé d'atomes était administra par un être prévoyant; qu'il était animé ; qu'il était intelligent ; que la terre était au centre ; et qu'il tournait sur eUe-ménaie d'orient en occident.
Hippon de Rhegium regarda le froid ou l'eau et la chaleur ou le feu comme les premiers principes. Selon lui , le feu émana de l'eau et forma le monde ; l'âme fut produite par l'humide , son germe distillant du cerveau; tout , sans exception , périssait; il était incertain qu'il y eût quelques natures soustraitesà cette loi. On pourrait ajouter à ces philosophes Xénophane , fondateur delà secteéléatique etinstituteurdeTelauge, fils de Pythagore. La secte ne dura pas au delà du temps d'Alexandre-le* Grand. Alors parurent Xénophile,Phanlon , Echecrate, Dioclès etPolyçineste, disciples de Phliasius ^ dePhilolaiis et d'Euryte, que Platon visita
4 Tarenle. Le PfthagorisTM fut professé deuxcents aasde suite. La hardiesse de ses principes, Taffectation de législateurs et de reformateurs des peuples dans sts sectateurs ^ le secret qui se gardait entre eux et qui. rendit leurs sentimens suspects, le mépris des autres hommes qu'ils appelaient les morts , la haine de <;euz qu'on excluait de leurs assemblées , la jalousie des antres hommes , furent les causes principales de son extinction. Ajoutez la désertion générale , qui se fit au temps de Socrate , de tontes les écoles de philosophie pour s'attacher à ce trop célèbre et trop malheureux philosophe.
Empédocle naquit à Agrigente. Il fleurit dans la Ixxxiv*. Ol jm« piade : il se lirra à la philosophie pythagoricienne ; cependant il ne crut pas devoir s'éloigner des affaires publiques. Il détermina ses concitoyens à l'égalité civile : il eût pu se rendre sou^ verain , il dédaigna ce litre. Il employa son patrimoine k marier plusieurs filles qui manquaient de dot : il fut profondément versé 4ans la poésie , l'art oratoire , la connaissance de la nature , et ia médecine. Il fit des choses surprenantes en elles-mêmes , auxquelles la tradition et la fiction qui corrompent tout donnèrent «in caractère merveilleux , tel que celui que les gestes. d'Orphée, «le Linns, de Musée, de Mélampe, d'Épiménide en avaient reçus. On dit qu'il commandait aux vents nuisibles , parce que «'étant aperçu que celui qui passait à travers les fentes des montagnes et leurs cavernes ouvertes était malsain pour les contréea qui y étaient exposées , il les fit fermer. On dit qu'il changeait la nature des eaux , parce qu'ayant conjecturé que la peste qui dévastait une province , était occasionée par les exhalaison! funestes d'une rivière dorpiante et bourbeuse , il lui donna de la rapidité et de la limpidité , en y conduisant deux rivière» voisines» On dit qu'il commandiiit aux passions des hommes , parce qu'il excellaitdansl'artde la musique, qui fut si puissant dans ces premiers temps. On dit qu'il ressuscitait les morts, parce qu'il dissipa la léthargie d'une femme attaquée d'une suffocation utérine. La méchanceté d^ peuples s'acharne k tourmenter les grands hommes pendant leur vie ; après leur mort , elle croit réparer son injus* tice en exagérant leurs bienfaits ; et cette sottise ternit leur mémoire tantôt en faisant douter de leur existence , tantôt eu les faisant passer pour des imposteurs. Empédocle brAla la plupart de ie% compositions poétiques. On dit qu'il avait été enlevé au ciel , parce qu'à l'exemple des philosophes de son temps, il avait disparu , soit pour se livrer tout entier k la méditation dans quelque lieu désert , soit pour parcourir les contrées éloignées et conférer avec les hommes , qui y jouissaient de quelque réputation. On croit qu'attiré sur le mont Etna par une curiosité 3. 3i
âangerense, tiuis bien digne d'un nataralifte , il périt dan) les flammes qu'il vomissait. Ce dernier trait de sa vie tant raconté par les anciens , et tank répété par les modernes , n'est peut-être qu'une fable. On prétend , et avec juste raison , que le peuple aime le merveilleux ; je crois cette masime d'une vérité beaucoup plus générale , et que l'homme aime le merveilleux. Moimême y je me surprends à tout moment sur le point de m'j livrer. Lorsqu'un fait agrandit la nature humaine à mes jeux , lorsqu'il m'ofiîre l'occasion de faire un éloge sublime de l'espèce dont je suis un individu , je me soucie peu de le discuter ; il semble que j'aie une crainte secrète de le trouver faox^ je ne m'y détermine que quand on s'en sert comme d'une autorité contre ma raison , et ma liberté de penser. Alors je m'indigne , et tombant d'un excès dans un autre , je mets en œuvre tous les ressorts de la dialectique , de la critique et du pjrrhonbme : et trop peu scrupuleux , je frappe à tort et à travers d'une arme également propre à écarter le mensonge et à blesser la vérité. Aussi pour^ ^oi me révolter ? pourquoi vouloir m*entralner et me pousser jpar cette violence à me roidir contre le penchant qni me porte natetellement à croire de mes semblables les choses les plus extraoï^dinaires ? Abandonne-moi à moi-même ; laisse là ta mebace , et f irai tomber sans effort au pied de tes statues. Si tu fais gronder la fmidre de Jupiter au-dessus de ma tête , je crierai à tous les peuples que Jupiter fut enterré dans la Crète , et j'indiquerai les tombeaux de ceux que tu places au haut des cienx.
Empédocle disait qu'il faut juger des choses par la raison et non par les sens ; que c'est à elle à discuter leur témoignage ; qu'il j a deux principes , l'un actif on la monade ^ l'autre passif ou la matière ; que la monade est un feu intelligent ; que tout en émane et s'y résout ; que l'air est habité par des génies ; qu'il y a quelque union entre Dieu et nous , et même entre Dieu et les animaux ; quMl est un esprit un , universel , présent à tontes les particules de l'univers qu'il anime , une Ame commune qui les lie ; qu'il faut s'abstenir de la chair des animaux qui ont avec nous une affinité divine ; que le monde est un ; qu'il n'est pas tout ; qu'il n'est qu'une molécule d'une masse énorme , informe et inerte qui se développe sans cesse ; que ce développement a été et sera dans toute l'étwnité l'ouvrage de l'esprit universel et tin ; qu'il y a quatre élémens ; qn'iU ne sont pas simples , mais des fîragmens d'une matière antérieure ; que leurs qualités premières sont l'antipathie et la concorde , l'antipathie qui sépara les uns y la concorde qui combine les autres ; que le mouvement qui lès agile est de l'esprit universel , de la monade divine j qu'ils ne sont pas seulement similaires ; mais ronds et étemels } que
la nature n'est q,ue TuoioiL et la division deaélémens; q^u'il y a, quatre éle'mens y Teau , la terre , l'air et| le feu , ou Jupiter ^ Junon, Pluton et Nestis ; que la sphëee solaire corrompt le monde } que dans le développement premier Téther parut d*abord y puis le feu, puis la terre qui bouillit, puis Teau qui s'éleva , puis l'air qui se sépara de Teau , puis les êtres particuliers se formèrent ; que l'air cédant à l'efiort du soleil , il y eut déclinaison dans les contrées septentrionales , élévation dans les contrées voisanes, et affaissement dans les contrées australes , ^^ que l'univers entier suivit cette loi ^ 4ne le monde a sa droite ^b sa gauche , sa droite au tropique du cancer , sa gauche au tro-* pique du capricorne ; que le ciel est un corps solide , formé d'air et condensé en crystal par le feu; que sa nature est aérienne e^ ignée dans l'un et l'autre hémisphère ; qii^ les astres sont de c^ &u qui se sépara originaarement de la niasse ; que les étoiles fixei «onl attachées au firmament; que les planètes sont errantes ; que le soleil est un globe de feu plus grand que la lune; qu'il y a denii soleils , le feu primitif el Tastre du jour qui nous éclaire; que la lune n'est qa'un disque deux fois plus éloigna du solei^ que de la terre ; que l'homme a deux âmes , l'une inuiM>rtelle, divine , particule de l'âme universelle, renfermée dans la prison du corps pour l'expiation de quelque faute ; l'autre sensitive , périssable , composée d'élémens unis et séparables; qu'un booune a'est qu'un génie châtié.
Fata jubent, stant hœc décréta antiqzta deorum ; Si quid peccando iongtwui dœmones errant ; Quisqjae bUtpœnas ,o(»loque extorris ab ako TrigeaUf horamm per terras mUlia oberrat , «fie et ego nuno ipse vagor, divinitUs exuL
Que tous le» animaux , toutes les plantes ont des âmes ; que ces âmes sont dans des transmigrations perpétuelles ; qu'elles errent et erreront jusqu'à ce que , restituées dans leur pureté originelle et première , elles rentreront dans le sein de la divinité, divines elles-m^es.
Nam memini ,fueram quandam puer atque puella , PlantaquCf et ignitus piscis, pemixque volucrU.
Qu'il avait été , et qu'il s'en souvenait bien , jeune garçon , îeune fille , plante immobile , poisson phosphorique , oiseau lé|^r , puis philosophe Ëmpédecle.
Que îes animaux n'ont pas toujours eu l'unité de conformation qu'on y remarque ; qu'ils ont eu les deux sexes ; qu'ils étaient un assemblage informe de membres et d'organes d'espèces différcntes , tt qu'il reste encore dans quelques uns des vestiges de c^
désordre premier , dont les monstres sont apparemment des indt*
TÎdus plus caractérisés.
Mtdta genus duplex referunt animalia membris Pcct/orCf vel capiu , aut alU , sic mU 'videaaw , AnU viri retroque boritfohna aut viœ vend , In pécore humânœ quondam veitigiafomue*
Le monstre est l'homme d'autrefois.
Que la mer est une sueur que l'ardeur du soleil exprime sans cesse de la terre ; qu'il éiAane des corps des espèces visibles par la lumière du soleil qui les éclaire en s'y unissant ; que le son n'est qu'un ébranlement de l'air porté dans l'oreille ob il j a un battant , et oii le reste s'exécute comme dans une cloche ; que la semence du mâle contient certaines parties du corps organique à former , la semence de la femelle d'autres , et que de là naît la pente des deux sexes , effet dans l'an et l'autre des molé^ cules qui tendent à réformer un tout épars et séparé ; que l'action de la respiration commence dans la matrice l'air s'y portant à mesure que l'humidité disparaît , la chaleur le repoussant à son tour , et l'air y retournant ; que la chair est un égal composé des quatre élémens ; qu'il en est des graines comme de la semence des animaux ^ que la terre est une raatnce oh elles tombent , sont reçues et éclosent ; que la loi de nature est une loi éternelle , à laquelle il faut toujours obéir , etc. . . .
Celui qui méditera avec attention cet abrégé de la vie et de la doctrine d'Empédocle , ne le regardera pas comme un homme ordinaire : il y remarquera des connaissances physiques , anatomiques , des vues , de l'imagination , de la subtilité , de l'esprit, et une destination bien caractérisée à accélérer les progrès de l'esprit humain. Pour éclairer les hommes , il ne s'agit pas toujours de rencontrer la vérité , maïs bien de les mettre pu train de méditer par une tentative heureuse ou malheureuse. L'homme de génie est celui que la nature porte à s'occuper d'un sujet sur lequel le reste de l'espèce est assoupi et aveugle.
Épicarme de Cos fut porté dans sa première eniiance en Sicile: il y étudiait le Pythagoriame ; mais le peuple sot , comme en tout tem][>s et partout , y était déchaîné contre la philosophie , et la tyrannie toujours ennemie de la liberté de penser y parce qu'elle s'avoue secrètement à elle-même , qu'elle n'a pas de moyen plus sûr de maîtriser les hommes qu'en les réduisant k la condî«tion des brutes , y fomentait la haine du peuple , il se livra donc au genre théâtral. 11 écrivit des comédies ou quelques principes de sagesse pythagorique échappés par hasard , achevèrent de rendre cette philosophie odieuse ; H fut versé dans la morale , l'histoire naturelle et la médecine : il atteignit l'âge de quatre-
-vîagt-dix-nêof ans , et les brigands qoi rayaient persécuté lui élevèrent ane statue après sa mort. Son ombre ne fut-elle pas bien vaine de cet hommage ? Ces hommes étaient-ils meilleurs quand ils l'honoraient par un monument , que quand ils égorgèrent, son maître I et qu'ils brûlèrent tous ses disciples? Epicarme disait :
Il est impossible que quelque chose se soit faite de rien*
Donc il n'y a rien qui soit un premier être , rien qui soit un second être.
Les dieux ont toujours été , et n'ont jamais cessé d'être.
Le chaos a été le premier des dieux engendré ; il se fait donc un changement dans la matière.
Ce changement s'exécute incessamment. La matière est à chaque instant diverse d'elle-même. Nous ne sommes point aujour^ d'hui ce que nous étions hier ; et demain , nous ne serons pas ce que^ nous sommes aujourd'hui.
La mort nous est étrangère : elle ne nous touche en rien ; pourquoi la' craindre?
Chaque homme a son caractère : c'est son génie bon ou mauvais.
L'homme de bien est noble , sa mère f ftt-elle éthiopienne.
Ocellus fut-il péripatéticien on pythagoricien ? L'ouvrage de univeno qu'on nous a transmis sous son nom est-il ou n'est-il pas de lui ? C'est ce dont on jugera par les principes de sa doctrine. Selon Ocellus ,
L'instinct de la nature nous instruit de plusieurs choses , dont la raison ne nous fournit que des preuves légères. Il y a donc la certitude dn sentiment , et la conjecture de la raison.
L'univers a toujours été y et sera toujours.
C'est l'ordre qu'on y remarque qui l'a fait nommer univers.
Il y a nue collection de toutes les natures , an enchaînement qui lie et les choses qui sont et celles qui surviennent : il n'y a rien hors de \k.
Les essences , les principes des choses ne se saisissent point par les sens ; elles sont absolues , énergiques par elles-mêmes , et parfaites.
Rien de ce qui est n'a été de rien , et ne se résout en rien»
Il n'y a rien hors de l'univers ^ aucune cause extérieure qui puisse le détruire.
La succession et la mort sont des choses accidentelles , et non des parties premières.
Les premiers mobiles se meuvent d'enx-mêmes de la mime manière , et selon ce qu'ils sont.
Leur mouvement est circulaire.
Condenses le feu ^ et tous aores de l'air ^ Pair , et tmi aurex
Veau ; Teau , et vous aurez la terre ; et Ta terre te ràoot en ft». L'homme se dissout., mais il ne revient pas. 0'est^un être acci-» dente! ; le tout reste , mais ks accidens passent.
Le monde est im globe : il te sieut d'an moivenient ana-* iogue à sa figare. La dorée est infinie } la «nbstanoe aniiverselle ne peut être ni augmentée, ni diminuée, ni amendée , ni détériorée.
11 7 a deux ckoses dam runivers , la génératimi«t sa ca«0e.
La génération est le changement d'une chose en une ntttre. B j a génération de celle-ci. La eause'de-lQgénéiirtîon«^ la raison du changement <m de la production. La'caitse eaC '«fficieiite et active. Le sujet est récipient et passif.
Le destin a youKi que ce monde f ^ divisé en Aens régions que l'orbe de la Imie distinguât ^ et que la 'région tpn cat andoflsns de Torbe hmaire'fût celle de rimm(nta|>ililé et 'de rirapaasi» bih'té ; et celle qui est au-dessous , ik séjour de la discorda , de la génération.
Il y a trois choses , le corps palpable , ou le Técipient, on fe sujet /passif des choses k tenir., comme l'air qui doit engendrer le son, la couleur, les ténèbres et la himiëre;^ la contradiction sans laquelle les mutations ne se feraient pas. Les sttbstances contraires , comme *le feu , l'ean , l'air et la terre.
Il j a quatre qnahtés générales contraôres , le >froid «t le chaud , causes efficientes ; le sec et rbumide , causes passives ; la 'matière qiii reçoit tout est nn suppôt conmiun.
*ntre les qualités et ditf^ences des corps , il j en a de premières et de secondaires qui émanent des prenaièras. lies premières sont le froid et la chaleur , la sécheresse et l^mmidité. Les secondaires sont ht pesanteur ^et ia légèreté, lavareté et la densité ; la dureté et la mollesse } l'imi et l'inégalité ; ta grosseur et la ténnité ; l'aigu et Tobtus.
Entre les étémens , le feu et la terre sont les extrêmes, Fair et l'ean les mojrens. Le feu est obaud et sec ; l'air ohaad et humide ; l'eau humide et froide ; la terre froide et sicbe.
Les élémens se convertissent sans cesse les uns dans les antres; l'un naît d'un autre. Dans cette décomposition, la qualité de l'élément qui passe, contraire à celle de l'éiémeuttiui naît , est détruite; la qualité commune reste, et c'est ainsi ipie cette sorte de génération s'exécute.
Entre les causes efficientes , il y en a une -placée dans 1« r^ giâtt haute du monde , le ^erleil dont la distance irariable altère incessamment la constitution de l'air; td'oii naissent tontes les vicissitudes qui s'observent snr la terre. Otte bande oblique , demeone des signes , séjour passager du «okij , ornement de Tsini-
yen , qu'on appelle zodiaque , donne au soleil même la puis* sance , ou d'engendrer , ou de souffrir.
Le monde étant de toute éternité , ce qui fait sa beauté et son barmonie est aussi éternel ; le monde a toujours été , et chacune d^ ses parties } la raison des générations et des corruptions , des vicissitudes , n*a point changé et ne change point»
Chaque partie du monde a toujours eu son animal ; les dieux ont été «u ciel , les démons dans l'air , les hommes sur la terre. L'espèce humaine n'a pas commencé.
Les parties de la terre sont sujettes h des yicissitudes et passent, mais la terre reste.
C'est la conservation de l'espèce humaine , et non la volupté qu'il faut se proposer dans la production de l'homme.
Dieu a voulu que la suite des générations diverses fût infinie , afin que l'homme s'approchât nécessairement de la divinité.
L'homme est sur la terre , comme un hôte dans sa maison , un citoyen dans sa ville ; c'en est la partie la plus importante.
L'homme est le plus traitable des animaux ; aussi ses fonctions sont en vicissitude et variables.
La vie contient les corps ; l'âme est la cause de la vie ; l'harmonie contient le monde : Dieu est la cause de l'harmonie ; la concorde contient les fanûUes et les cités ; la loi est la cause de la concorde.
Ce qui meut toujours , commande ; ce qui souffre toujours est commandé. Ce qui meut est antérieur à ce qui soufire ; l'un est divin , raisonnable , intelligent 5 l'autre engendré , brute et périssable.
Timée le locrien , se distingua par la connaissance astrono~ mique et par ses idées générales sur l'univers. Il nous reste de lui un ouvrage intitulé : de l'âme du monde , oii il admet deux causes générâtes étemelles , Dieu ou l'esprit ; la nécessité ou la matière source des corps. Si Ton compare son système avec le dialogue de Platon , on verra que le philosophe athénien a souvent corrompn la physiologie du locrien.
Architas naquit à Tarente; il fut contemporain de Platon qu'il initia au Pythagorieme, Celui-ci qu'on peut appeler le jeune , ne vît point Pythagorc; car il y a eu un Architas l'ancien qui étudia sous ce mattre commun de tant d'hommes célèbres. Celui de Tarente eut pour disciples , outre Platon , Philolaus et Eudoxe ; il fleurit dans la quatre-vingt-seizième olympiade ; ce fut un géomètre de la première force, ainsi qu'il parait par l'ana** lyse de quelques problèmes que Laerce et Vitruve nous ont laissés de lui. Il s'immortalisa dans la mécanique; il en posa le, premier les principes rationnels qu'il appliqua en même temps à
la pratîqae par rfnventîon des moufles , des yis y des leviers et d'autres machines. Il fit nhe colombe qui volait. Il eut encore ks qualités qui constituent le grand homme d'^t. Ses concitoyens lui conférèrent sept fois le gouvernement de leur ville. Il commanda à Farmée avec des succès qui ne se démentirent point. L'envie qui le persécutait le détermina k abdiquer toute» ses dignités ; mais les événemens malheureux ne tardèrent pas à punir ses concitoyens de leur injustice ; le trouUe s'éleva dan» leur ville , et leurs armées furent défaites. A ses talens personnels I et à ses vertus publiques , ajoutes toutes les vertus domestiques , l'humanité , la modestie , la pudeur , la bien&isaace , l'hospitalité , et vous aures le caractère d'Architas ) il périt dans un naufrage sur les rivages de la Calabre; c'est entre ce philoso-» phe et un matelot , qu'Horace a institué ce beau dialogue qui coBimence par ces mots :