‹ ŒuvresChapitre 34 sur 50 · B MATELOT · texte numérisé non relu

B MATELOT

Te maris etterrm, numeroqua carentis tarenm

Mentormn cohibent, Ârchita, PuherU exigui, peope iUtus , parya, matinum

Munera ; nec ^pdcquam tibi prodest Sérias tentasse domos, animoque rotundum

Percurisse pohun , morituro.

Voyes le reste de l'ode ; rien n'est plus beau que la réponse d'Architas ; lises-là , et apprenez à mourir et à honorer la cendre de ceux qui ne sont plus.

Architas pensait que le temps était un nombre , un mouvement 9 ou Tordre de la nature entière ; que le mouvement universel se distribuait en tout, selon une certaine mesure ;. que le bonheur n'était pas toujours la récompense immédiate de la vertu } qu'il n'y avait d'heureux que l'homme de bieuf que Diea possédait dans son ouvrage une tranquillité et y introduisait une magnificence qu'il n'était pas donné à l'homme d'atteindre^ qu'il y avait des biens désirables par eux-mêmes; des biens désirables pour d'autres , et des biens désirables sous l'un et l'autre aspect ; que l'homme de bien est celui qui se montre vertueux dans la prospérité , dans l'adversité, et dans l'état moy^n; que le bonheur n'était pas seulement à'une partie de l'homme , mais da tout , et qu'il était relatif à l'éme et au corps ; que la vertu ne pouvait pécher par excès ; que le danger de la prospérité était encore plus grand que celui de l'adversité ; que le sage par excel«lence était celui , qui , dans l'explication des phénomènes re» montait à un seul principe général , et redescendait de ce principe général aux choses particulières; que Dieu était le principe

et le moyen , et la fin de tont } que de totttei les sortes de contagions , la vo)a]^té était la principale » etc»

Alcméon avait entendu Pytlia|[ore sur la fin de sa vie. Il se fit un nom dans la suite par l'étude de la nature , et la pratique de la médecine^ Il est le premier qui ait disséqué des animaux. Il admit les principes opposés ; la divinité des astres , et l'immortaltté de Tâme. Il attribua les éclipses à la révolution de la lune ^ qui nous présentait une face tantôt concave j tantôt convexe. Il croyait que les planètes se mouvaient d'un mouvement contraire k celui des étoiles fixes ; que le son était un retentissement de l'air dans la cavité de l'oreille ; que la tiédeur et l'humidité de la langue étaient les causes de la saveur ; que Pâme résidait prin« dpalement dans le cerveau ; que dans le développement de l'embryon y la tête se formait la première } qu'il ressemblait k une éponge qui se nourrissait par une succion diffuse dans toute sa masse ; que le mouvement du sang était le principe de la vie y sa stagnation dans les veines celui du sommeil , et son expansion celui de la veille ; que la santé consistait dans la tempérie des qualités ; que s'il arrivait an chaud , k l'humide , au sec , au doux ou k l'amer, de prédominer, l'animal était malade, etc.

Hypase dit que le feu était dieu, et le premier principe; que l'âme en était une particu^ ; qu'en s'éteignant il formait l'air , qui formait l'eau en s'épaississant , qui formait la terre en se condensant; que l'univers finirait par une déflagration générale; qu'il avait différentes périodes k remplir avant ce dernier événement; qu'il était fini et toujours un.

Ce fut Philolaiis qui divulgua la doctrine de Pythagore. Il convenait que la raison jugeait sainement des choses ; mais la raison cultivée. H établissait entre elle et l'univers une sorte de similitude par laquelle l'entendement était applicable aux objets, n admettait l'infini et le fini dans la nature , le résultat de leur combinaison. Un de 9e$ principes les plus singuliers , c'est que rien de ce qui peut être connu , n'est un principe. Le nombre était selon lui , coomie selon tous les Pythagoriciens , la cause de l'ordre et de sa durée. H expliquait tout par l'unité et son extension. U distinguait différentes régions dans le monde , un milieu , une région haute et une région basse , un lieu de désordre , un lieu d'harmonie. H plaçait le feu au centre ; c'étaient là les lois de l'univers , l'autel des dieux , le domicile de Jupiter, le balancier de la nature. Il regardait la nécessité et l'harmonie comme les causes de tout. Il enseignait deux grands derniers événemens ; l'un par un feu tombant du ciel , l'autre par un déluge d'eau versée de la lune. Il faisait mouvoir la terre sur elle-

m^e et autour du feu , d^uu mouvement oblîqse. II regar-» dait le soleil comme un miroir qui réfléchissait la lumière universelle.

Eudoxe de Cnide , astronome , géomètre , médecin et législateur 9 fut le dernier des anciens Pythagoriciens. Il se livra à ]'étude de In nature avec un tel euthousiasmp , qu^l consentait d*étre consumé comme Phaëton, pounrn qu'il lui fât accordé de voir le soleil d'assez près pour" le connaître. Il apprit la géométrie d'Architas , et la médecine de Philistion. Il alla à Athëne» entendre Platon. Il avait alors vingt-trois ans. L*extréme indigence le réduisit k faire alternativement le métier de philosophe et d'ouvrier sur les ports. Il voyagea avec le médecin Chrysippe. Agésilas le recommanda au roi Nectanëbe. Il fréqoenta les temples de l'Egypte. Il parcourut la Propontide et la Carie. Il vit Mausole et Denis le jeune. A perfectionna Taslronomie. On lui attribue l'invention de l'hypothèse des cercles sur lesquels on a fait si long-temps mouvoir les corps célestes , les uns concentriques , les autres excentriques. Il mourut à l'âge de 53 ans , et la première ère de l'école de Pythagore finit avec lui.

Du Pythagorisme renouvelé. Le Pythagorisme sortit de Tonbli oii il était tombé sous les empereurs romains. Ce n'est pas ^ qa'il eût des écoles , comme il en avait eu autrefois ; aucune secte ne fit cette espèce de fortune dans Rome. On n'y allait guère entendre les philosophes que les jours qu'il n'y avait ni jeux , ni spectacles , ou qu'il faisait mauvais temps , cum iudi intercalantur ^ cum aliquia plutnue intervenitdiea. iVlais quelques citoyens professèrent quelques uns des principes de Pyth«gore ; d'autres embrassèrent ses mœurs et son genre de vie. Il y en eut qui portant dans les sciences l'esprit d'éclectisme , se firent des systèmes mêlés de Pythagorinme , de Platonisme , de Péri— pat^ticisme et de Stoïcisme. On nomme parmi cette sorte de restaurateurs de la philosophie dont il s'agit ici , Anaxilaiis de Larisse, Quintus Sextius,.Sotion d'Alexandrie, Moderalus de GadeSf Euxenus dlléraclée, Apollonius de Thyanc, Secondus d'Athènes et Nicoraaqne le gérasénien. Comme ces hommes n'ont pas été sans réputation , nous ne pouvons nous dispenser d'en dire un mot.

Anaxilaiis de Larisse vécut sous Auguste. Il se disait pytha« goriste, sur l'opinion commune dans ces temps que le philosophe de Samos ne s'était appliqué à l'étude de la nature que pour en iiéaire l'art d'opérer des choses merveilleuses. On en raconte plusieurs d'Anaxilans. Il ne tint pas à lui qu'on ne le prit pour sorcier. Il y réussit même au-delà de ses prétentions ,

Pt 49r

pnûqu'îl se^t eiriler 'par Angnste qni n^i^tffïtDî «m "pAît esprit , m an htmini^ enaetiii des savatis. Afia«i1«iies lai panrt apparemntent un ciiarlartan damgermx.

Qtdntua Stfxtitêê fot un antre boititn^. Appela par sfa naissance et par la considération- dmit il jouissaft, aui[ premî^cfs éigmté» civiles , soit i{u'tl éèdmgaût 9'admrniMrer dans tm état aviK par Ja .perte de la liberté, soit que la terre fumât encore du sang ^loBt elle avait été arrosée sous le tntrariTîrat, «it «{u'il «n fAt -effrayé , soit qu'il ne vit que du péril dans les diguttés qu'on lui 4>ffrak , il les refosa , «e livra à l'étude de la -philosophie, et fonda «ne secte nonrelle , qui ne fut m Stoïcisme , ni Pythag&riêfne , ^nais un composé de l'un et 4e l'antre. Voici la mamiëre dont •fiéneque en parle. J'ai lu tmwrmge 4e Sêxiiuê ; c'-etft tm -homme de la première force , et stoïcien quoi qu'on 9n diwe, 'QtteUe ri- •guettr! queiie à/ne ! Cela 9êt d^une trempe qui n'est pae ordinaire même entre iee philosaphee. Je ne pois que de grands noms et de petite livres. Ce n'est p^ÊS ici la même chùee. Les anitre^ insti^ tuent j disputent^ plaisantent; maie ils ne nous donnent point de chaleur y parce qu'ils n'en ont point. Mais lisez Sextius , et voue voue direz à vous-même ^ que suis-je det^enu? Tétaie froid ^ et je me eeme animé; f étais faible , et je me sens fort; fêtais ptp^ eillanime , et Je me sens du courage. Pour moi , en quelque situer tion tPesprit que je me troupe , à peine l^ai^je tnn^ert , que Je puis déjier tous les épénemerts; que Je m'écrierais polontiere : 6 sert , quefais'tu ? que ne viens^tu sur moi ? arriue at^ec toutes 9es ier^ reêtrs. Je -i^us attends» Je prends l'âme de cet auteur : elle passe en moi. Je brâU de m'exereer contre t infortune. Je m'indigne que •Toceasion de montra de la vertu ne se préeente pae. Ce SextiuM -a cela d'eednùrabie , que eeme vous peUlierP importance et la dif" ficuléé d'obtenir le hcêsheur et le repos de la vie , U ne pcme en Ôte pae reepoir. Il met la chose haut , inaie non si haut qu'avec de 4a résolution an n^ puieee atteindre. Il voue montre la vertu sous un point de vue qui vous étenne , mais qui vous enflomm». Sextius assied le sage i cMi èe Jupiter. La nuit , lorsqu'il ét«it retiré , et que tout était «n silence antour èe lui , il s'interrogeait -et se disait t de quel vive ^'es^tu corrigé 7 quel bien as^ufeit ? en quoi es'tu devenu meiliewr? il ayait eu le pythagoricien Sotion ^our instituteur. Geloi-ci l'irrait déterminé à 1*abstinence de là chair. £n vARst , n'y a-tp-il pas assez d'autres alimeos , sans user -du sang? N'est-ce pas encourager les hommes k la cruauté , que -de leur permettre d'enfoncer le couteau dans la gorge, des aninsanx? Cependant ce régime austère étant devenu une espèce de -scandale sous le règne de Tibère , et ceux qui s'y conformèrent se rendant suspects d'hétérodoxie ^ le père de Sextitis conseilla à

son fils âe mÎ6iix souper k Tavenir , g*il ne voulait pas s^exposer à quelque affaire sérieuse. La tâche que Sexttus 8*étaît imposée , lui parut si forte à lui-même, que ne pouvant ni Tabandonner^ ni y satisfaire , il fut quelquefois sur le point de se précipiter dans la mer. Il eut pour disciples FUvianus , Luciùs Crassitius de Tarente , surnommé Poêide , Pansa et Jnlius Antonins , fili du triumvir.

Le centon de maumes moi tiép jth agorîqnes, moitié stoïciennes et chrétiennes , qui portent le nom de Sextua on de Sesdus , n'est point de notre philosophe. C'est une de ces productions snjfpo^ êées y telles qu'il en parut tant pendant les premiers siècles de l'Eglise ; les Païens , les Chrétiens , les orthodoxes et les héré* tiques , cherchant tous également à appuyer leurs sentimens dé quelques grandes autorités.

Sotion parut sous les règnes d'Auguste et de Tibère. Il eut Senèque pour disciple. Sa doctrine fut.pythagorico-stoîcienne, c'est-à-dire qu'il admit la métempsycose , et qu'il s'abstint du vin et de la chair des animaux.

Modérât vécut sous Néron. Il était de Gades , ile de la mer Atlantique. Origène, Porphyre, Jamblique, et les autres philosophes de l'école d'Alexandrie , firent cas de ses ouvrages. Sa . doctrine fut platonico-pythagorique.

On compte encore parmi les sectateurs du Pythagorisme re^ nouvelé , Alexicrate , Eugène , Arcas , précepteur d'Auguste , et quelques autres.

Nous voici enfin parvenus à un des noms les plus célèbres panni les hommes ; c'est celui à*Apollomuê de Thyané. On peat écrire des volumes de la vie de ce philosophe , ou l'expédier en quelques lignes , selon le parti qu'on prend » ou d'exposer le détail infini des fsbles qu'on a débitées sur son compte , ou de s'en tenir au peu de vérités qu'on en sait. Les philosophes édectiques de l'école d'Alexandrie, les ennemis les plus violons que l'Église ait eus dans sa naissance , n'ont rien omis pour l'opposer avec avantage à Jésus-Christ. Il est né d'un dieu. Sa venue est annoncée par des prodiges. Il était destiné à être un jour le restaurateur du genre humain. Il parait parmi les hommes. Son enfance , son adolescence , toute sa vie est marquée par des prodiges. H a toutes \^% qualités possibles de l'Ame et du corps. Il sait toutes les langues. Il parcourt toutes les contrées. Il est instruit de tontes les connaissances et de toute la sagesse des nations. Jamais on n'a fait tant de mensonges et si maladroitement. Peut-être Apollonius a-t-il en effet voyagé dans l'Orient , dans l'Inde , en Ajie y dans les Gaules, dans l'Italie ; peut-être a-t-il vu et su beaucoup ; peut-être a-t-il été un grand philosophe | un génie trè*-

extràordiiiaire. Maïs on est parvenu à rendre tout également incroyable , par la puérilité , la sottise , les faussetés qui percent.d# toutes parts dans son histoire. On lui donne poar compagnon un certain Damis, le plus stupide personnage qu'on puisse imaginer; et il a pour historien PbikM^trate, menteur d'une impudence qui ne se conçoit pas. Laissons donc là sa vie et ses prodiges , et parcourons rapidiement quelques uns des principes de sa philosophie. ApoUonios disait, k ce qu'on prétend, car il est plut facile encore de supposer à un homme des discours que des actions:

Le philosophe s'unira d'amitié avec le philosophe , il négligera le grammairien et le sophiste.

La vertu s'acquiert par l'exercice et par l'institution. La nature nous y dispose. Il faut tout entreprendre pour elle, y La connaissance de la vérité est la tâche du philosophe. Le philosophe fuit les bains , sort peu , craint de souiller ses pieds , cherche eu tout la pureté , ^^uè ses vétemens mêmes , s'occupe de la divination , souffre les peines du corps , purge soa ime du vice , mange seul , s^ tait volontiers , s'abstient du vin et de la chair des animaux, a peu de besoins, évite le méchant, a toujours un bon conseil k qonner , sa bourse ouverte k sea amis , du sang k répandre pour sa patrie , et sa liberté à garder- Comment ne mépriserait- il pas la richesse? tant d'autres l'ont fait par des motifs indignes de lui.

Il ne vendra point ses connaissances.

Il regardera l'univers comme sa patrie , et tous les hommes comme ses frères. Nous descendons tous de Dieu.

Qu'exigerez-vous du pythagoricien 7 L'art de donner des lois aux peuples , la connaissance de la géométrie , de l'astronomie , de l'arithmétique , de l'harmonie , de la musique , de la médedecine , et de la théurgie ? Vous en exigerez davantage encore , l'élévation de l'âme , la gravité , la constance , la bonne renom* mée, la vraie théologie , l'amitié sincère , l'assiduité, la frugalité, l'intégrité des sens , l'agilité , l'aisance , la tranquillité, la vertu , le bonheur.

Le magicien est le ministre des dieux. Celui qui ne croit point à la magie est athée.'

Ayez de la pudeur pour celui qui en manque, et voilez votre visage devant l'homme qui s'enorgueillit d'une sottise.

Qu'est-ce que la prudence , sans la force ? Qufesi-ce que la force , sans la prudence ?

L'âme ne se repose point.

Rien ne périt. Il n'y a que des apparences qui naissent et qui passent.

S'il y « passade do ViUt d'tiflence à Fétaft de aatare , U y a g^naratîoa.

S'il y a passage de Tétai dû natuM à l'état d'eiMace , il y a ncMjrt.

A proppemest parler, il n'y a m géttération, ai carraptioa.

Il y a $uaea8M0& d'états. U y a apparence grosstëre de natare, et ténuké d'esee*ce. L'interyalU est occupé par ce qui change , parait et dnparail. L'essence est toujoars la même ; mais son^ mouTemeat et son repos difieveat. Un tout se résout en parties. Des parties reforment un tout, Voilà l'automatisme général.

La matière est contenoe comn^ dans un vase éternel , où rien ne survient , et d'où rien ne s'échappe ; mais ou ce qui est sen^ sible cesse do Tétre, et ce qui ne l'étatt pas le derîent , on des choses tendent k la simplicité de l'unité , et d'autres se composent.

Entre les choses visibles , il n'y a nul mode commun h tous les indiridos , mais toot mode de ce qui est un , est mode d'une chose singulière.

L'essence première , la seule qui fasse et souffre, qui çst tonte en tout , est le dieu étemel ,*qâi perd son nom dans nos langues , par la multitude et la rariété des êtres à désigner.

L'homme se divinise en mourant : il change de mode , mats non de nature et d'essence. Il est donc mal de pleurer la mort } il faut la révérer, et abandonner à Dieu l'être qui est parvenu à ce terme.

Il y a de l'ordre dans l'univers : Dieu y préside : le sage ne fera donc aucune chose , il croira que ce qui lui arrive est bien.

Cet ordre est nécessaire: s'il a destine à l'empire un homme, et que cet homme périsse, il ressuscitera pour régner.

Celui qui a étudié cette chaîne des destinée^ , prédira ravenir.

Ce qui est ne périt point , ou parce qu'il est par lui-même , et qu'il doit durer sans fin , ou il faut remonter à quelque chose qui se fasse de rien ; mais rien n'aboutit jamais qu'à rien.

Tant que nous vivons , nous sommes châtiés.

n faut réunir l'art de guérir l'âme à celui de guérir le corps, pour posséder la médecine par excellence. L'animal lera-t-il saio, tant que sa portion la plus estimable sera malade 7

Les dieux n'ont pas besoin de victimes. Avoir l'âme pure, faire le bien à ceux qui le méritent ; voilà ce qui rend agréable aux yeux de l'Étemel. Il n'y a que cela que l'athée ne puisae pas présenter au ciel.

Vous avea de l'affinité avec les animaux, n'en sacrifies donc point.

Tous les êtres ont leur jeunesse et leur caducité^ leurs périodes et leur consommation.

La richesse est une source d'inquiétudes; pourquoi les hommes yeulent-i)s être riches?

U faut dans Tindigence se montrer ferme ^ hunoain dans Topa-* lence.

L'indiscrétion a bien des inconyéniens s il est plus sûr de se taire.

Le sage se contente de peu : ce n'est pas qu'il ne sache distinguer une chose vile d'une chose précieuse , mais son étude est d'apprendre à se passer de celle-^ci.

La coJëre est le germe de la folie ; si on ne prévient Sa maturité y il n'y aura plus de remède»

N'être plus, ce n'est rien : être, c'est souffirir.

U est doux d'avoir évalué les événemens fâcheux , aytnt que d'avoir à les supporter.

Consolons-nous par la vue des misères d'autrui.

Si nous conunettons le crime , du moins n'accusons personne^

La vie est courte pour l'homme heureux ^ l'infortune prafonge sa dorée.

Il est impossible qu'Apollonius ait evltB maximes d'un sage et la vie d'un imposteur. Conclnons donc qu'on l'a trop bien fait parler ou trop mal agir.

Secondus l'athénien , surnommé Epiurus ou la cheville de bois, de l'état de son père, garda le silence du j<mr quesa mère trompée dans les desseins incestueux qu'elle avait formés sur Ini, mourut de tristesse et de honte. Il eut pour disciple Herodes At« ticus. Le monde , disait-il , est un assemblage incompréhensible , un édi^ce à contempler de l'esprit , une hauteur inaccessible à l'œil , un spectacle formé de 4ui-méme , une configuration variée Sous une infinité de formes, une terreur éternelle , un éther fécond , un esprit multiplié, un dédale infini, un soleil, une ltt«* miëre , un jour, une nuit , des ténèbres, des étoiles , une terre , un feu , une eau , de l'air : Dieu , un bien originel , une image multiforme , une hauteur invisible ^ une effigie variée , une.qnestion difficile , un esprit immortel , un être présent à tous , un osil toujours ouvert , l'essence propre des choses, une puissance distinguée sous une multitude de dénominations , un bras toutpuissant, une lumière intelligente, une pnissanee lumineuses l'homme, un esprit revêtu de chair , un vase spirituel , un domi** cile sensible , un être d'un moment , une âme née pour la peine j un jouet du sort , une machine d'os, le jouet du temps, l'obser* yateur de la vie , le transfuge de la lumière , le dépôt de la terre : la terre ; la bas^ du ciçl; une perspecUYÇ wxs fond^ une racint

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aërienae, le gymnase de la yie, la veillée de la lane, un spectacle incompréhensible k la yne, le réservoir des plaies, la mëre des fruits y le couvercle de Tenfer, la prison étemelle, l'espace de plusieurs souverainetés , la génération et le réservoir de toutes choses : la mort, un sommeil étemel , U dissolution du corps , le souhait du malheureux , la retraite de l'esprit , la fuite et l'ab^ dication de la vie , la terreur du riche , le soulagement du pauvre , la résolution des membres , le père du sommeil , le vrai terme fixe , la consommation de tout , et ainsi de plusieurs autres objets sur lesquels Secondus s'interroge et se répond. Nicomaque vécut dans l'intervalle des rëgnes d'Auguste et des Antonins. Il écrivit de l'arithmétique et de l'harmonie. Ses ouvrages ne sont pas parvenus jusqu'à nous z iF ferma la seconde ère de U philosophie pythagorique,

• Db la phiiosophie pythagoreo^plaUmicih'Cabalistîque, Cette secte parut vers le commencement du seizième siècle. On com-» mençait à abandonner l'aristotélîsme ; on s'était retourné du côté de Platon ; la réputation que Pjthagore avait eue , s'était conservée ; on croyait que cet ancien philosophe devait aux Hébreux tout ce qu'il avait enseigné de bonne doctrine. On fondit ces trois systèmes en un , et l'on fit ce monstre que nous 9iY?^^ Ions pyihagor60'plaionicO'<abaUêie y et dont Pic de la Mirandole fut le père. Pic eut pour disciple Capnion , et pour sectateurs Pierre Galatin, Paul Riccius et François de Georgiis, sans compter Comeill^ Agrippa. La pyihagoreo'plalomco'-calHUe ne fut pas plutôt désignée p^r ce nom, qu'elle fût avilie. Ce lut François Patricius qui la nomma. Nous allons parcourir rapidement l'histoire de ceux qui lui ont donné le peu de crédit dont elle a joui pendant sa courte durée. Jean Reuchlin se présente le premier.

Reuchlin naquit à Pforeen en Suisse, en i455. La natnre lui ayant donné un bel organe , on l'appliqua d'abord à la roosique , ensuite à la grammaire. Il vint à Paris; il yfréquenta les écoles les plus connues, et les hommes les plus célèbres; il se livra k l'érudition , et y fit de grands progrès ; il étudia la langue grecque, et il en peignait si parfaitement les caractères, que cette occupation lucrative suffisait à tous ses besoins. De la connaissance du grec il passa à celle du latin; il méprisa tous ces misérables commentateurs d'un philosophe qu'ils n'étaient pas en état de lire ^ et il puisa la doctrine d'Aristote dans ses propres ouvrages ; il ne négligea ni l'art oratoire, ni la théologie. Il n'avait pas vingt ans, qn'il y avait peu d'hommes dans l'université de Paris qu'on pût lui comparer. Ce fut alors qu'il revint dans sa patrie. Il s'établit à Basle ; mais le dessein de s'instruire en la jurispn»-

denoe le ramena en France. Il fît quelque s^onr k Orléans ^ il revînt en Allemagne. Eberhard Barbatusse Tattacba^ et le conduisit à sa suite en Italie ou il fit connaissance avec Dëmëirius Cbalcondile , Christophe Landinus , Marsile Ficin , Ange Poli«iien, Pic de la Mirandole^ et Laurent de IVlédicis qu'il fallait nommer le premier. Ce fut Herraolaiis Barbarus qui changea son nom de Reuchlin en celui deCapnion ; de retour de son voyage d'Italie 9 il parut à la cour de l'empereur Frédéric, oii le juif Jehiel Loans lui inspira le goût de la langue hébraïque. Mais à la mort d'Eberhard , premier duc de Wirtembcrg , qui l'avait comblé d'honneurs, sa fortune changea ; accusé de la mauvaise administration du successeur d'Eberhard, et menacé de la perte de sa liberté , il échappa à la poursuite de l'empereur Maximilien, et trouva un asile et des amis à la cour palatine. Reuchlin ou Capnion , comme on voudra l'appeler , avait de l'esprit et de la gaité : il était jeune : il ignorait encore les, persécutions qu'on se prépare , en offensant les gens d'église : il ne s'en tint pas à mépriser leurs mœurs dissolues ^ leur ignorance et leur barbarie, il eut l'imprudence d'en faire une peinture trës-vive dans une comédie y dont le ridicule principal tombait sur les moines. Cet ouvrage parut , et devint la source des peines qui commencèrent à co moment , et qui durèrent autant que sa vie. Cela ne l'empêcha pas d'être envoyé à Rome , à l'occasion du mariage du prince Rupert et de la fîlle de George, duc de Bavière. Ce fut dans ce 6er cond voyage qu'il acheva de se consommer dans la connaissance des lettres grecques et latines; il parut dans l'école d'Argyro-* pule, qui frappé de l'élégance et de la facilité avec laquelle Capnion interprétait, se tourna vers ses auditeurs, et leur dit : ecce Grœcia noslro exllio trcmavolauil alpea. Il prit des leçons d'hébreu du juif Obadias ben Jacob Spomo, qu'il n'était pas donné à tout le monde d'entendre , tant il ïe faisait payer chèrement. Le temps de sa députation écoulé^ il revint en Allemagne; il quitta la cour, et pressé de jouir du fruit de ses études , il chercha la retraite. Il fut cependant appelé dans les transactions les plus importantes de son temps. Or il arriva qu'un juif renégat s'efforçait de persuader aux puissances séculières et à l'empereur de brûler les livc^ des Juifs. Il s'était fait écouter : on avait ramassé le plus d'ouvrages hébreux que l'on avait pu : l'édit de M aximi- Jien était prêt, et l'exécution allait se faire à Francfort, lorsque les. Juifs se plaignirent : l'empereur, les écouta , et leur donna pour commissaire Reuchlin. Reuchlin distingue : il abandonne au sort qui leur était destiné , tous les auteurs impies; mais il insiste sur La conservation des grammairiens , des médecins , dc$ historiens , de tous ceux qui avaient traité des sciences et des arts ^ 3. 32

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