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quand on le considère comme étant actuellement dans l'être des choeesy et par continent comme substance eiistante, pour exîsler nécessairement et par elle-même on parla vertu d'autrui ; il s'ensuit qu'une substance peut être produite par une autre substance ; car qui dit une substance qui existe par la vertu d'au^ tmi > dit une substance qui a été produite , et qui a reçu son être d'une autre substance.
Après tontes ces équivoques et tous ces sopbismes, Spinosa croyant avoir conduit son lecteur oii il sonbaitait » lève le masque dans la septième proposition. Il appartient , dit-il , à la suba-' êancê {f exister. Gomment le prouve-t^il ? Par la proposition prë-« cédente qui est fousse. Je voudrais bien savoir « pourquoi ^ritoea n*a pas agi plus francbement et plus sincèrement } car si l'essence de la substance emporte nécessairement Texistence , comme il le dit ici y pourquoi ne s'en est-il pas expliqué clairement dans la définition qu'il a donnée de la substance , au lieu de se cacher sous l'équivoque fliicbeuse de êubêister par eoi^ntême j ce qui n*est véritable que par rapport aux accidens et point du tout à l'existence ? Spinosa a beau faire , il ne détruira pas les idées les plus claires et les plus naturelles.
La substance ne dit autre chose qu'un être qui existe , sans être un accident attaché à un sujet. Or, on sait naturellement que tout ce qui existe sans être accident , n'existe pas néanmoins nécessairement, donc l'idée et l'essence de la même substance n'emportent pas nécessairement l'existence avec elles.
On n'entrera pas plus avant dans l'examen des propositions de Sphwea , parce que les fondemens étant détruits , il serait inutile de s'appliquer davantage à renverser le bâtiment; cependant comme cette matière est difficile k comprendre , nous la retoucherons encore d'une autre manière; et quand ce ne serait que des répétitions, elles ne seront pas néanmoins inutiles.
Le principe sur lequel s'appuie Spinosa est de lui-même obscur et incompréhensible. Quel est-il ce principe ou fondement de son système? Cest qu'il n'y a dans le monde qu'une seule substance. Certainement la proposition est obscurcit d'une obscurité singulière, et nouvelle : car les hommes ont toujours été persuadés , qu'un corps humain et un muid d'eau ne sont pas la même substance, qu'un esprit et un autre esprit ne sont pas la même substance, que Dieu et moi , et les autres différentes parties de Tunivers ne sont pas la même substance. Le principe étant nouveau , surprenant , contre tous les principes reçus, et par conséquent fort obscur , il faut donc l'éclaîrcîr et le prouver. Cest ce qu'on ne peut faire qu'avec le secours des preuves , qui soient phs claires que la chose même à prouver : la preuve n'étant
qu'un p]us grand jour, pour mettre en évidence ce qu'il s'agit 4le faire connaître et de persuader. Or quelle est , selon Spinosa , la preuve de cette proposition.génér^le , il rCy a et il ne peut y a%H)ir qiCune aetde substance ? La voici : c*est gu^une subst€ince n^en saurait produire une autre. Mais cette preuve u'enferme-telle pas toute^l'obscurite et toute la difficulté du principe? N'estelle pas également contraire au sentiment reçu dans le genre humain , qui est persuadé qu'une substance corporelle , telle qu'un arbre 9 produit une autre substance , telle qu'une pomme , et que la ponune produite par un arbre , dont elle est actuellement séparée ^ n'est pas actuellement la même substance que cet arbre ? La seconde proposition qu'on apporte en preuve du principe , est donc aussi obscure pour le moins que le principe , elle ne l'éclaircit donc pas, elle ne prouve donc pas. Il est ainsi de chacune des autres preuves de, Spinosa : au lieu d'être im écliiircissement , c'est une nouvelle obscurité. Par exemple , comment s'y prend-il pour prouver qu'une substance ne saurait en produire une autre? C'est , dit-il , parce qu^ elles 'ne peuvent se con^ cepoir fune par Cauire. Quel nouvel abîme d'obscurité ? Car enfin , n'ai-je pas encore plus de peine à démêler , si deux substances peuvent se concevoir l'une par l'autre , qu'à juger si une substance en peut produire une autre ? Avancer dans chacune des preuves de l'auteur , c'est faire autant de démarches d'une obscurité à l'autre. Par, exemple, il ne peut y avoir deux subs'^ tances de même attribut , et qui aient quelque chose de commtrm entre elles. Cela est-iLplus clair, ou s'entend-il mieux que la première proposition, qui était à prouver ; savoir, qu^il riy adane le monde qu'une seule substancel
Or, puisque le sens commun se révolte à chacune de ces propositions, aussi-bien qu'à la première , dont elles sont les prétendues preuves, au lieu de s'arrêter à raisonner 3ur cha<?une de ces preuves , oii se perd le. sens commun , on serait en droit de dire à^pinosa , votre principe est contre le sens commun ; d'un principe oii le sens commun se perd , -il n'en peut rien sortir ou le sens commun se retrouve. Ainsi de s'amuser à vous suivre , c'est manifestement s'exposer k s'égarer avec vous, hors de la route du sens commun. Pour réfuter Spinosa , il ne faut , cerne semble , que l'arrêter au premier pas , sans prendre la peine de suivre cet auteur dans un tas de conséquences qu'il tire selon sa méthode prétendue géométrique , il ne faut que substituer au principe obscur dont il a fait la base de son système , celui-ci , il y a plusieurm substances , principe qui dans son genre est clair au suprême degré. Et en effet, quelle proposition plus claire, plus frappante , plus intime à l'intelligence et à la conscience derhomaie?Je