‹ ŒuvresChapitre 42 sur 50 · T II · texte numérisé non relu

T II

inconnu ; si nous sommes ou animés de quelque ptssioti , ones-

tétés de quelques préjugés?

Principes de la pneumaioîogie de Thomasiui, L'essence è l'esprit considéré généralement , ne consiste pas seulement daa la pensée , mais dans l'action ; car la matière est nn être jurement passif i et l'esprit est un être entièrement opposé à ^ matière. Tout corps est composé de l'un et de l'autre, elle opposés ont des prédicats opposés.

Il j a des esprits qui ne pensent point , mais qui -agissent; savoir la lumière et l'éther.

Toute puissance actiye est un être subsistant par Ini-nÀM, et une substance qui perfectionne la puissance passive.

Il n'y a point de puissance passive subsistante par elleHMflie. . Elle a besoin d'une lumière suffisante pour se faire voir.

Toutes les puissances actives sont invisibles; et qnoiqieii matière soit invisible , elle n'en est pas moins l'instnimentetk signe de la puissance active.

Sous un certain aspect la lumière et l'éther sont inmUo.

Tout ce qu'on ne peut concevoir privé d'action est spiiitieL

Principes de la morale de Thomasius, Le bien consiste dut l'harmonie des autres choses avec l'homme et avec tontes m forces , non avec son entendement seulement } sons ce (fermer aspect , le bien est la vérité.

Tout ce qui diminue la durée des forces de l'homme, et ^ n'en accroît la quantité que pour un temps , est mal.

Toute commotion des organes, et toute sensation qni ki est conséquente , est un mal , si elle est trop forte.

La liberté et la santé sont les plus grands biens qne nons tenions de la fortune ; et non les richesses , les dignités, et les amis.

La félicité de l'homme ne consiste ni dans la sagesse ni diif la vertu. Le sagesse n'a du rapport qu'à l'entendement, liit^^ qu'à la volonté.

Il faut chercher la félicité souveraine dans la modénboitoa désir et de la méditation.

Cet état est sans douleur et sans joie , il est tranquille.

C'est la source de l'amour raisonnable.

L'homme est né pour la société paisible et tranquille , on de ceux \ qui ces qualités sont chères , et qui travaillent à les ^ quérir.

L'homme raisonnable et prudent , aime plus les autres kona^ que lui-même.

Si l'on entend par la félicité souveraine , l'assembiage le ^ complet et le plus parfait 4e tous les biens que l'hon^nw poi*

posséder; elle n'est ni dans la richesse , ni dans les honneurs , ni dans la modération , ni dans la liberté » ni dans Tamitié ; c'est une chimère de la vie.

La santé est une des qualités nécessaires à la tranquillité de l'Ame ; mais ce n'est pas elle.

La tranquillité de l'âme suppose la sagesse et la vertu ; celui qui ne les a pas est vraiment misérable.

La volupté du corps est opposée à celle de Time » c'est un mouvement inquiet.

Dieu est la cause première de tontes les choses qui changent ; ce n'est point là son essence , elle est dans l'aséité. ' La matière première a été créée ; Dieu l'a produite de rien ; elle ne peut lui être co-étemelle.

* Les choses inconstantes ne peuvent se conserver elles-mêmes ; c'est l'ouvrage du Créateur.

Il y a donc une Providence divine.

Quoique Dieu donne à tout moment aux choses une vie , une essence , et une existence nouvelle ; elles sont une , et leur état présente le passé et l'avenir; ce qui les rend mêmes.

La connaissance de l'essence divine est une règle à laquelle * l'homme sage doit conformer toutes ses actions.

L'homme sage aimera Dieu sincèrement , aura confiance en lui 9 et l'adorera avec humilité.

La raison ne nous présente rien au-delà de ce culte intérieur; quant au culte extérieur , elle conçoit qu'il vaut mieux s'y soumettre que de le refuser.

Il y a deux erreurs principales relativement à la connaissance de Dieu , l'athéisme et la superstition.

Le superstitieux est pire que l'athée.

L'amour est un désir de la volonté de s'unir et de persévérer dans l'union avec la chose dont l'entendement a reconnu la bonté.

On peut considérer l'amour déraisonnable sous difierens aspects y OU le désir est inquiet , ou l'objet aimé est mauvais et nuisible , ou l'on confond en lui des unions incompatibles , etc.

Il y a de la différence entre le désir de s'unir à une femme , par le plaisir qu'on en espère , ou dans la vue de propager son espèce.

Le désir de posséder une iemme doit être examiné soigneusement y si l'on ne veut s'exposer à la séduction secrète de l'amour .déraisonnable , cachée sous le masque de l'autre amour.

L'amour raisonnable de ses semblables est un des moyens de noire bonheur^

Il n'y a de vertu qae Tamour; il est la mesure de tontes l«s autres qualités louables.

L'amour de Dieu pour lui-même est surnaturel -, la félicit« éternelle est son but ^ c'est aux théologiens a nous en parler.

L'amour de nos semblables est général ou particulier.

Il n'y a qu'un penchant commun 4 la vertu , qui établbtt entre deux êtres raisonnables j un amour vrai.

Il ne faut haïr personne , quoique les ennemis de nos aunis aoc doivent être communs.

G'nq vertus constituent l'amour universel et comonnn } rimmanité , d'où naissent la bienfaisance et la gratitude } In vtvadte et la fidélidé dans ses promesses , même avec nos ennenis et ceux de notre culte; la modestie qu'il ne faut pas confond arec l'humilité; la modération et la tranquillité de l'âme^ la patiace sans laquelle il n'y a ni amour ni paix.^

L^amour particulier est l'amour de deux amis , sans cette union il n'y a point d'amitié.

Le mariage seul ne rend pas l'amour licite.

Plus le nombre de ceux qui s'aiment est grand , pins l'aoïov est raisonnable.

Il est injuste de haïr celui qui aime ce que nous aimons.

L'amour raisonnable suppose de la conformité dans les inclinations , mais il ne les exige pas au même degré.

La grande estime est le fondement de l'amour raisonnaVAe.

De cette estime nait le dessein continuel de plaire , la am^ fiance , la bienveillance , les biens , et les actions en conunaa.

Les caractères de l'amour varient selon l'état des personnes qui s'aiment , il n'est pas le même entre les inégaux qu'entre les égaux.

L'amour raisonnable de soi-même , est une attention entière k ne rien faire de ce qui peut interrompre l'ordre que Dieu a établi , selon les règles de la* raison générale et commune, pour le bien des autres.

L'amour du prochain est le fondement de l'amour de wnsr mêmes ; il a pour objet la perfection de l'âme , la conservation du corps , et la préférence de l'amour des autres , mène k la vie.

La conservation du corps exige la tempérance, la poreté, k travail , et la fermeté. .

S'il y a tant d'hommes plongés dans le malheur , c'est qu^ n'aiment point d'un amour raisonnable et tranquille.

C'est moins dans l'entendement que dans la volonté et lespschans secrets, qu'il faut chercher la source de nos peines.

Les préjugés de l'entendement naissent de la yetonftë.

I Le malheur a pour base Tinquiétude d'un amodr déréglé. Deux préjugés séduisent la volonté; celui de Timpatience , et celui de rimitation : on déracine difficilement celui-ci. g Les aiTections sont dans la volonté, et non dans l'entendement. ; La volonté est une faculté de Tâme qui incline l'homme , et f par laquelle il s'excite à faire ou à omettre quelque chose.

Il ne faut pas confondre Tentendenieat avec les pensées. ^ La volonté se meut toujours du désagréable à l'agréable , du

fâcheux au doux.

^ Tous les penchans de l'âme sont tournés vers l'avenir et vers ,. un objet absent.

Les affections naissent des sensations.

Le cœur est le lieu on la commotion des objets intérieurs se fait sentir avec le plus de force.

L'émotion du sang extraordinaire est toujours une suite d'une impression violente ; mais cette émotion n'est pas toujours accompagnée de celle des nerfs.

Il n'y a qu'une affection première , c'est le désir qu'on peut distinguer en amour ou en haine.

Il ne faut pas compter l'admiration parmi nos penchans. Les affections ou penchans ne sont en eux-mêmes ni bons ni mauvais; c'est quand ils sont spécifiés par les objets , qu'ils prennent une qualité morale.

Les affections qui enlèvent l'homme à lui-même , sont mauvaises ; et celles qui le rendent à lui-même , bonnes.

Toute émotion trop violente est mauvaise; il n'y en a de bonnes que les tempérées.

Il y a quatre penchans ou affections générales ; l'amour ra^ sonnable , le désir des honneurs , la cupidité des richesses , le ^oût de la volupté.

Les hommes sanguins sont voluptueux , les bilieux sont aml>itieux, et les mélancoliques sont avares.

La tranquillité de l'âme est une suite de l'harmonie entre les forces de la pensée , ou les puissances de l'entendement.

Il y a trois qualités qui conspirent à former et à perfectionner l'amour raisonnable , l'esprit , le jugement , et la mémoire.

L'amour raisonnable est tacittime , sincère , libéral y humain , généreux , tempérant, sobre , continent , économe , industrieux , prompt, patient, courageux, obligeant, officieux, etc.

Tout penchant vicieux produit des vices contraires à certaines vertus.

Un certain mélange de vices produit le simulacre d'une vertu. Il y a dans tout homme un vice dominant , qui se Qiéle à tontes ses actions.

C'est d'ane attôntion qui analyse ce mélange , qge dépend fut de connaître les hommes.

Il j a trois qualités principales qu'il faut sartôat envistgv dans cette aua/jse, l'oisiveté ou paresse , la colère et TeBrie.

Il faat étouf&r les affections vicieuses y et exciter ramoornifonnable : dans ce travail pénible, il faut s'attacher prefflièR> ment à TafTection dominante.

Il suppose des intentions pures « de la sagacité et da coora^

Il faut employer la sagacité à démêler les préjugés delat» Jonté; ensuite ôter à l'affection dominante son aliment^ coi* verser avec les bons, s'exercer à la vertu, et fuir letoccasioii périlleuses.

Mais pour conformer scrupuleusement sa yie aux n^itk vertu , les forces naturelles ne suffisent pas.

Principes de la jurisprudence divine de Thomoêiuê.Uwà .tsf comiposé de corps visibles , et de puissances ioTisibles.

11 n'y a point de corps visible qui ne soit dôiié d'une poittice invisible. ^

Ce qu'il y a de visible et de tangible dans les coq» i*if(à matière.

Ce qu'il y a d'invisible et d'insensible , s'appelle notonf.

L'homme est de la classe des choses visibles ; outre /es ^salitâ qui lui sont communes avec les autres corps, il a des poissiocs particulières qui l'en distinguent; l'àme par laqoelJe il conçoit et veut , en est une. ' .

' Les puissances produisent les différentes espèces de corpi,» combinant les particules de la matière, et en les réduisant itelie .ou telle configuration.

L'âme en fait autant dans l'homme 5 la structure itmatf est l'ouvrage de son âme.

L'homme est doué de la vertu intrinsèque de descendre»""! et d'y reconnaître ses propres puissances et de les sentir.

C'est ainsi qu'il s'assure qu'il conçoit par soncerî«B»V" yeut par son cœur.

L'une de ces actions s'appelle ]aL pensée, l'antre le ^Wr.

L'entendemei^ est donc une faculté de l'âme hoiW'D*»!^ réside dans le cerveau , et dont la pensée est le 'prodoit; ^ volonté, une faculté de l'âme humaine qui réside dans le «**^ et qui produit le désir.

Les pensées sont des acte» de l'entendement; elles ont ^ objet , ou les corps , ou les puissances ; si ce sont les corp»» s'appellent sensations , si ce éont les puissances , concf/^-

Los sensations des objets présens forment le sens corn»*' ne faut pas confondre ces sensations avec leors objets; la^

tîons sont des coqps , mais elles appartiennent à l'âme ) il faut j considérer la perception et le jugement.

11 n'j a ni appétit , ni désir de ce qu^on ne connaît pas; tout appétit , tout désir suppose perception.

La pensée qui s'occupe d'un objet absent , mais dont l'image est restée dans l'entendement , en conséquence de la sensation , > s'appelle imagination ou mémoire.

Les pensées sur les corps , considérées comme des touts , sont individuelles.

Il n'y a point de pensées abstraites de la matière , mais seule- 'ment des puissances.

> La puissance commune des corps , ou la matière , s'appellerait plus exactement la nature du corps.

Quand nous nous occupons d'une puissance , abstraction faite du corps auquel elle appartient ^ notre pensée est universelle. I On peut rappeler toutes les formes de nos pensées , ou à l'imagination, ou à la formation des propositions.

Dans l'investigation , il j a question et suspension de jugement. Dans la formation des propositions , il y a affirmation et négation : ces actions sont de l'entendemeot et non de la volonté; il n'y a point de concept d'un terme simple.

Le raisonnement ou la méditation est un enchaînement de plusieurs pensées.

On a de la mémoire , quand on peut se rappeler plusieurs sensations , les lier , et découvrir par la comparaison la difierence que les puissances ont entre elles.

Toute volonté est un désir du cœur , un penchant à s'unira la chose aimée ; et tout désir est un effort pour agir.

L'effort de la volonté détermine l'entendement à l'examen de la chose aimée , et à la recherche des moyens de la posséder.

La volonté est donc un désir du cœur accompagné d'un acte de l'entendement.

Si on la considère abstraction faite de^la puissance d'agir, on , rappelle appétit eensitif,

La volonté n'est point une pensée : il y a de la différence entre l'effort et la sensation.

Les actions de l'entendement s'exercent souvent sans la volonté, mais la volonté meut toujours l'entendement.

Les puissances dej choses qui sont hors de nous meuvent et les iacultés du corps et celles de Tentendemeut , et la volonté.

Il est faux que la volonté ne puisse être contrainte ; pourquoi les puissances invisibles des corps ne l'irriteraient- elles pas, ou ne l'arréteraient-ellespas?

La faculté translative d'un lieu dans un autre ne dépend pas

de la pensée , c'est la mîte de l'efiTort du cœar ; la yolonté humaine ne la produit pas toujours, c'est Teffet d'une puissance singulière , donnée par Dieu à la créature , et concourante arec sa volonté et sa pensée.

L'entendement a des forces qui lui sont propres , et sur lesquelles la yoionté ne peut rien ; elle peut les mettre qtieIque£K en action, mais elle ne peut pas toujours les arrêter.

L'entendement est toujours soumis à l'impulsion de la volonb. et il ne la dirige point , soit dans l'affirmation qu'une chose eA bonne ou mauvaise ; soit dans l'examen de cette chose ; soit daas la recherche des moyens de l'obtenir. La volonté ne désire point une chose parce qu'elle paraît bonne à l'entendement } idmïs an contraire elle parait bonne à l'entendement parce que la roîoalé la désire.

L'entendement et la volonté ont leurs actions et leurs passtoK.

L'intellect agit quand la volonté l'incline à la réflexion ; û souf&e quand d'autres causes que fa volonté le meuvent et k font sentir.

La volonté est passive, non relativement à l'entendement, liiais à d'autres choses qui la meuvent. Elle se sert de l'enteodement fomme d'un instrument pour irriter les affections, par «a examen plus attentif de l'objet.

L'entendement agit dans le cerveau . Parler est uu acte du corps et non de l'entendement.

La volonté opère hors du cœur , c'est un effort ; ses actes ne sont point immanens.

La volonté est le premier agent de la nature humaine , car elle meut l'entendement.

Les actes conmiandétf par la volonté sont on volontaires , ou moraux et spontanés , ou nécessaires , contraints et physiques.

La nature de l'homme moral est la complexion de la poôsance de vouloir , et des puissances qui sont soumises à It volonté.

La raison est le prédicat de l'entendement seul et non de la volonté.

L'entendement juge librement de la nature des choses, da bien et du mal , toutes les fois que la volonté ne Je ment pas; mais il est soumis à la volonté et il lui obéit « en tant qu'il en est in\ et poussé.

L'entendement et la volonté ont leur liberté et leur servitude. l'une et l'autre extrinsèques.

Il n'y a donc nul jchoix de volonté , et nulle liberté d*înd^ rence. Comra^ on ne conçoit pas toujours dans l'acte de la H-

berté, quVIIe soît excitée par des puissances extérieures, on dit sous ce point de vue qu'elle est libre.

On accorde aux actions de l'homme la spontanéité parce qu'il en est l'auteur , maiytion parce qu'elles sont libres.

Les puissances sont on en guerre on d'accord 5 dans le premier cas la plus forte l'emporte.

Ce qui conserve les puissances d'un corps est bon ; ce qui détruit les puissances d'unxorps', et conséquenmient le corps même, est mauvais.

i Qu'est-ce que la vie ? l'union des puissances avec le corps, i Qu'est-ce que la mort? la séparation des puiss/nces d'avec le t corps. Tant que le corps vit, ses parties qui sont le siège des E puissances restent unies; lorsqu'il se dissout, ses parties se sé- I parent; les puissances passent à des puissances séparées , car il est impossible qu'elles soient anéanties.

I Le corps est mortel , mais les puissances sont immortelles. Il est particulier à l'homme d'être porté à des biens qui sont contraires au bien général.

L'efiFort vers une chose qui lui convient s'appelle désir y amour ^ espérance ; vers une chose qui lui est contraire , haine , fuite , h orreur , crain te. .

On donne à l'efFort le nom de piission , parce que l'objet ne Txianque jamais de l'exciter.

La raison est saine quand elle est libre , ou non mue par la volonté et qu'elle s'occupe sans son influence de la différence du bien réel et du bien apparent ; corrompue , lorsque la volonté la pousse au bien apparent.

Chaque homme a ses volontés. Les volontés des hommes s'aci cordent peu ; elles sont trës*diverses , souvent opposées : un jxiéme homme ne veut pas même constamment ce qu'il a voulu lune foisf ses volontés «e contredisent d'un instant à un autre; ries hommes ont autant de passion , et il j a dans chacune de , leurs passions autant.de diversité qu'il s'en montre sur leurs vissages , pendant la durée de leur vie.

^ L'homme n'est point l'espèce infime , et la nature du genre j humain n'est pas une et la même.

Il y a dans l'homme trois volontés principales , la volupté ,

, l'AVarice, et l'ambition. £lles dominent dans tous, mais diverse-

xixent combinées; ce ne sont point des mouvemens divers qui se

succèdent naturellement, et dirigés par le principe commun de

] 'entendement et de la volonté.

Des actes volontaires et contradictoires ne peuvent sortir d'une volonté une et commune.

D'oii il suit que c'est aux passions de la volonté, & la con-

traînte et à la nécessité qu'il faut rapporter ce qae Ton attribu ordinairement an choix et à la liberté : la discorde une fois âeyée 9 la puissance la plus forte l'emporte toujours.

La volonté est une puissance active de sa nature , parce que plusieurs de sei affections ont leur origine dans d'aatres p»sauces , et que toutes ses actions en sont excitées.

La volupté y l'ambition , l'avarice , sont trois facultés actTB qui poussent l'entendement , et qui excitent la puissance trau-

lative.

L'espérance 9 la crainte , la joie , la tristesse, sont des passioB de i'àme , qui naissent de la connaissance d'ane puissance hiù- Têble ou contraire.

Il j a des passions de l'âme qui excitent les premières itJoi' tés ; il 7 en a d'autres qui les suppriment.

A proprement parler il n'j a que deux différences ibals affections premières, l'espérance et la crainte ; l'une niittiK nous ; l'antre est accidentelle.

L'espérance naît de quelque volonté première ; la crainte vtA d'autres puissances.

*ÉÉt L'espérance et la crainte peuvent se considérer rdatireiBert

à Dieu : raisonnables on les appelle piété j crainU fiHakiit* raisonnables on les appelle supersliiion , crainte iêrviU, (M qui n'est retenu que par des considérations humaines at «diée.

L'homme est prudent et sage , lorsqu'il a égard àUliii»o^« puissances, non-seulement dans leur effet présent, mas encoct dans leur effet à venir.

Les prophètes sont des hommes dont Dieu meut imnéèite' ment la puissance intellectuelle } ceux dont il dirige inmKdiat^ ment la volonté , des héros; ceux dont l'entendement et U volonté sont soumis k des puissances invisibles, des foro»: l'homme prudent apporte k l'examen de ces différens candffo la circonspection la plus grande.

La puissance humaine est finie , elle ne s'étend pointiez»' possibles. En deçà de l'impossibilité, il est difficile itft»^ «es limites. .

Il est plus facile de connaître les puissances des corpi ««» comparant , que les puissances des hommes entre enx.

Toute puissance , surtout dans l'homme , peut être nlile os nuisible. ^ n

Il faut pins craindre des hommes qu'en espérer, parce qo peuvent et veulent nuire plus souvent que servir.

Le sage secourt souvent; craint plus souvent encore;^ rarement ; met son espoir en peu de choses , et n'a 4c coBi»« entière que dans la puissanqe étemelle.

Le sage ne prend point sa propre puissance pour la mesure de la puissance des autres , ni celle des autres pour la mesure de la sienne. ^

11 y a des puissances qui irritent les premières volontés; il y en • a qui les apaisent. Les alimens accroissent ou diminuent la volupté ; l'ambition se fortifie ou s'affaiblit par la louange et par le blâme ; l'ayarice voit des motifs de se reposer ou de travailler dans l'inégalité des biens.

La volonté dominante de l'homme , sans être excitée ni aidée par des puissances extérieures , l'emporte toujours sur la voloaté d'une puissance sur^ordonnée , abandonnée à elle-même et sans secours. Les forces réunies de deux, puissances faibles peuvent surmonter la volonté dominante. Le succès est plus fréquent et plus sûr y si les puissances auxiliaires sont extérieures.

Une passion faible, irritée violemment par des puissances ex^ térieures , s'exercera plus énergiquement dans un homme que lapassion dominante dans un autre. Pour cet effet il faut que le secours de la puissance extérieure soit grand.

Il y a entre les passions des hommes des oppositions , des concurrences , des obstacles , des secours , des liaisons secrètes que tous les yeux ne discernent pas.

Il y a des émanations , des éconlemens , des simulacres moraux qui frappent le sens et qui affectent l'homme et sa volonté.

La volonté de l'homme n'e!»t jamais sans espérance et sans crainte , et il n'y a point d'action volontaire sans le concours de ces deux passions.

U n'y a point d'action libre considérée relativement k la seule dépendance de la volonté. Si l'on examine l'action relativement à quelque principe qui la dirige , elle peut être libre ou contrainte.

La puissance de la volonté est libre ^ quand l'homme suit sou espérance naturelle , lorsqu'elle agit en lui sans le concours ou l'opposition d'une force étrangère qui l'attire ou qui l'éloigné. Cette force est ou visible ou invisible ; elle s'exerce ou sur l'âme ou sur le corps.

Toute action qui n*est pas volontaire ou spontanée se fait malgré nous. Il n'en est pas de même dans le cas de la contrainte. Une action contrainte ne se fait pas toujours malgré nous.

Dans l'examen de la valeur morale des actions volontaires , il faut avoir égard non-seulement an mouvement de la volonté qui les a précédées , mais l'approbation qui les a suivies.

Le spontané est ou libre ou contraint ; libre , si la volonté a mis en action la puissance translative , sans le concours d'une puis* tance étrangère favorableou contraire; contraint, s'il estintervenu 3. 49

quelque foret f quelque eipérance ou quek|ue cninte nféntimt Les mœurs consistent dans la conformité d'un gmd nonk de yoloiités. Les sages ont leurs mœurs , qui ne sont pis cdlo des insensés. Las premiers s'aiment, s'estiment, mettentleurà ffnité principale dans les qualités de leur entendement , en h l'essence de l'homme et soumettent leurs appétits à leur m . qu'on ne contraint point.

C'est du mélange des passions qu'il suit qu'entre les inm^ il y eg a d'instruits et d'idiots.

La force des passions dominantes n'est pas telle qn'on se ie puisse maîtriser.

11 n'y a point d'homme , si insensé qu'il soit, qnelija^ d'un autre ne domine et ne dispose à l'utilité générale.

Les passions dominantes varient selon l'âge , le climat fttt- ■cation ; voilà les sources de» la diversité des mœundw* peuples divers.

Les mœurs des hommes ont besoin d'une règle. L'expérience et la méditation font le sage. Les insensés font peu de cas de la sagesse. Le» hommes, dont le caractère est une combinaison ^< ^*^ bition et de la volupté , n'ont besoin que du temps et de f^f rience pour devenir sages.

Tous ces principes qu'on établit sur la conscience i«^« ^"* conscience erronée , ne sont d'aucune utilité. ^

Le sage use avec les insensés du conseil et dcranto"^'^ cherche à les faire espérer ou craindre.

L'honnête , Tagréable et l'utile sont les objets du ssff'M^ tout son bonheur) ils ne sont jamais séparés.

Dans la règle que le sage imposera aux insensés , il aiii»«P^ à leur force. ^

Le conseil est d'égal à égal; le commandement estdoBT rieur à son inférieur.

Le conseil montre des biens et des maux nécessaires ;1*P^ sance en fait d'arbitraires. Le conseil ne contraint point, n "^ •

S oint du moins extérieurement; la puissance contrainl.'| u moins extérieurement. Le sage se soumet au coBSCui lensé n'obéit qu'à la force.

1 a vertu est sa propre récompense, A proprement parler, les récompenses et les châtintfB' extérieurs ^ . .

L'insensé craint souvent des douleurs chimériques ^^°^K sancf^s chimériques. Le sage se sert de ces fantômes poW'* juguer.

Le bat de la règle est de procurer aux insensés la pâîx extérieure 9 et la sécurité intérieure.

Il y a différentes sortes d'insensés. Les uns troublent la paît extérieure , il faut employer contre eux rautorité; d'autres qui n'y concourent pas , il faut les conseiller et les contraindre ; et I certains qui ignorent^a paix extérieure , il faut les instruire.

Il est difficile qu'un homme puisse réunir en lui seul le carac- I tëre de la personne qui conseille , et le caractère de celle qui commande. Ainsi il y a eu des prêtres et des rois.

Point d'actions meilleures que celles qui tendent à procnrer la

paix intérieure ; celles qui ne contribuent ni ne nuisent k la pait

extérieure , sont comme indifférentes ; les mauvaises la troublent |

. il y a dans toutes différens degrés à considérer. Il ne faut pas

non plus perdre de vue la nature des objets. ' Le juste est opposé au mal extrême 5 l'honnête est le bien dans ' un degré éminent ; il s'élève au-dessus de la passion ; le décent est d'un ordre moyeti entre le juste et l'ho^néte. L'honnête di-^ ^ rige les actions extérieures des insensés ; le décent est la règle de leurs actions extérieures; il sont justes , de crainte de troubler ia paix.

' Le pacte diffère du conseil et de l'autorité ; cependant il n'oblige \ qu'en conséquence.

La loi se prend strictement pour la volonté de celui qui comi knande. En ce sens , elle diffère du conseil et du pacte.

Le but immédiat de la loi est d'ordonner et de défendre ; elle

t punit par les magistrats , elle contraint par les jogemens , et elle

annuUe les actes qui lui sont contraires : son eflet est d'obligeri

^ Le droit naît de l'abandon de sa volonté : l'obligation lie.

Il y a le droit que j'ai , abstraction faite de tonte volonté , et

celui que je tiens du pacte et de la loi.

L'injure est l'infraction de l'obligation et du droit. Le droit est relatif à d'autres; l'obligation est inunense: l'un liait des règles de l'honnête : l'autre des règles du juste. ^ C'est par l'obligation interne que l'homme est vertueux ; c'est ^par l'obligation externe qu'il est juste.

^ Le droit , comme loi , est ou naturel ou positif. Le naturel se ^x-econnaît par l'attention d'une âme tranquille sur elle-même. Le positif exige la révélation et la pubHcation.

Le droit naturel se prend ou pour l'agrégat de tous les pré*-* ceptes moraux qui sont dictés par la droite raison , ou pour les '^seules règles du juste.

Tout droit positif relativement à sa notoriété est humain. Oieu a gravé dans nos cœurs lé droit naturel; il est divin; la ^publkation lui est inutile.

La loi naturelle s'étend pins aux conseils qu'à raaionté. C n'est pas le disconn de celui qui enseigne , mais de celui qui cqb mande , qui la fait recevoir. La raison ne nous conAmt poa seule à reconnaître Dieu comme un souverain autorisé à inflir des peines eitérieures et arbitraires aux infracteurs de U loi/ turelle. Il roit que tous les chàtimens qui n'émanent pas de Y. i toritë , sont naturels, et improprement appelés cAd/ûistfiu. II; a de cUtimens proprement dits que ceux qui sont décernés f le souverain , et visiblement infligés. La publication est essentir^ aux lois. Le philosophe ne connaît aucune publication étUk naturelle : il regarde Dieu comme son père , plus encore ^ comme son maître. S'il a quelque crainte , elle est filiale et m servile.

Si l'on regarde Dieu comme përe, conseiller, doctenr,fl^ l'honnêteté et la turpitude marquent plutôt bonté et malice, en yice en général, que justice ou injustice en particulier; lo actions su^r lesquelles le droit naturel a prononcé ou impUcttcBeit ou explicitement , sont bonnes ou mauvaises en ellea-sMflMf , mturellement et relativement à toute l'espèce humaine.

Le droit considéré comme une puissance morale relative à ni règle commune et constante à un grand nombre d'hoonKS, s'appelle droit naturel. Le droit positif est relatif k une r^k^ varie.

Le droit de la nature oblige mime cenx qui ont des ofinm» erronées de la divinité.

• Ni la volonté divine, ni la sainteté du droit naturel, oi sa conformité avec la volonté divine , ni son accord avec na êbt parfait , ni la paix , ni les pactes , ni la sécurité , ne sont foi&i les premiers fondemens du droit naturel. *

Sa première proposition , c'est qu'il faut faire tout ce qoi ctttribue le plus à la durée et au bonheur de la vie.

Veux-toi à toi-même ce que tu désires des autres , vifi ^ premier principe de l'honnête : rends anx autres ce que tecûp» d'eux ; voilà le premier principe du décent : ne fais point ses autres ce que tu crains d'eux ; voilà le premier principe du ]«&

n faut se repentir ; tendre à son bonheur par des mayee sages î réprimer l'excès de ses appétits , par la crainte de la éir leur, de l'ignominie , de la misère ; fuir les oci

( occasions périll< se refuser au désespoir ; vivre pour et avec ceux même qui b'« pas nos mœurs ; éviter la solitude ; dompter ses passions ; ^r vailler sans délai et sans cesse à son amendement : voilà * conséquences de la règle de l'honnête. Céder de son droit ; sr^ bien et promptement les autres ; ne les affliger jamais sans atf* sité^ ne point les scandaliser; soufiQrir leur fol^ : voilà les sk^

de la r^Ie da décent. Ne point troubler les autres dans leur possession ; agir avec franchise; s'interdire la raillerie, etc. , voilà les conclusions de la règle dn juste.

Il j a moins d'exceptions k la règle du juste et de Tbonnéte ^ qu'à celle ^u décent.

Le sage se fait de l'autorité , par ses discours et st$ actions.

Le sage sert par l'exemple , et par le châtiment qu'il ne sépare pas.

n faut punir et récompenser ceux qui le méritent.

Celui qui suit la règle de la sagesse mérite récompense : celui qui l'enfreint 9 châtiment.

Le mérite consiste dans le rapport d'une action'volontaire , à la récompense et au châtiment.

Imputer, c'est traduire comme cause morale d'un effi^t moral.

Dans les cas de promesse , il faut considérer l'inspiration re^ lativement à la volonté de celui qui a promis , et à l'aptitude de celui qui a reçu.

La méthode de traiter dn droit naturel qu'Hobbes a présentée est très-bonne ; il faut traiter d'abord de la liberté ; ensuite de l'empire y et finir par la religion.

Mo^k l'extrait de la philosophie de Thomoêiuê dont on fera quelque cas, si l'on considère le temps auquel il écrivait. Il a^ peut-être plus innové dans la langue qne dans les choses; mais il a des idées. qui lui appartiennent.

Il mourut en 16^ à Halle , après avoir vécu d'une vie trèslaborieuse et très-troublée. Son penchant à la satire fut la source principale de seê peines; il ne se contenta pas d'annoncer aux hommes des vérités qu'ils ignoraient , mais il acheva de révolter leur amour-propre , en les rendant ridicules par leurs erreurs.

THOMiatfEy s. m. ( Théologie. ) , doctrine de saint Thomas d'Aqnin et de ses disciples , appelés Thomisieê , principalement par rapport à la prédestination et à la grâce.

On ne sait pas positivement quel est le véritable Thomisme : les Donunicains prétendent enseigner le Thomisme dans toute sa pureté } mais il j a des auteurs qui font une distinction entre le Thomisme de saint Thomas et celui des Dominicains. Feyez DoMiiriCAijfS.

D'autres soutiennent que le JTiomisme n'est qu'un Jansénisme déguisé i mais on sait que le Jansénisme a été condanmé par les papes, et que le pur Thomisme ne l'a jamais été. Foyes Jahsénisme.

En dffet les écrits d'Alvares et de Lémos , chargés par leurs snpérieurs^d'exposer et de défendre deyant le saint siège la doc-

trinede leur école, oot passe depuis Ce Umpè-lk poor la règle

du pur Thomisme,

L'école roodenie a abandonné les seotimens de plnûeun anciens thomistes, dont les expressions avaient para tropdaresi Lémos et à Alvarez ^ et les nouveaux thomistes qui panent is bornes présentes par ces deux doctenrs, ne peaventpasiou leurs opinions pour lessentimens de Técole de S. Thomas «oobb ayant été défendues et censurées par le pape.

Le T^omi ^/ii0 reçu ou approuvé est celai d'Alvéret tièitUmos : ces deux auteurs distinguent quatre classes de tbomiito: la première qu'ils rejettent, détruit le libre arbitre; UsNoade éi la troisième ne di£Eerent point de la doctrine de Mohoi. Fojc

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