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DE MORALE ET DE LITTÉRATURE

OLBÏE,

t2»Al SUR LVS MOYENS D'AMÉLIORER LES MOEURS

d'uxe nation.

AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS

Ko se décidant à traiter la question mUe au concours par l'Institiit en l'an VI et l'an ▼!! ( 1799 ) sur les moyens de réfomier les mceurs d'une nation, Taotrar s'était laissé entraîner, quant A la forme et. Jusqu'à un certain point, pour le fond, au goAt qui prévalait alors dans In littérature. Les apolofsuei, m Hctions étaient une forme à laquelle on aimait à recourir; et, à la suits le toute grande commotion politique, les esprits, poussés vers Kespolr des réormes sociales, se laissent entraîner dans le \as!ue des aspirations, par lln- «rtltude même que présente dans ces moments l'avenir. L'auteur s'est donc alatr aller à payer son tribut aux utopies. SI nous donnons place ici a ce Borceau, c'est qu'il cmitlent le çerroe des idées économiques que rnuteur levait ensuite consacrer sa vie à étudier et à répandre. Après avoir établi lans cet écrit qu'un bon Traite d'Économie politique de\alt être pour un peuple le premier livre de morale, Tauteur devait naturellement chercher MentM à doter sa patrie d'une œuvre aussi utile : Olhie fnit pré\oir In publieatSon du Traité d'Economir polititfve qui devait paraître quatre ans plut Uni, et sous ee rapport ce mémoire e»t un document pour l'histoire de la

Retenant, dans la maturité de son talent sur cette ceuvre de sa Jeunesse, Fauteur avait écrit pour lui-même quelqu«-s réflexions que nous ne saufions mieux faire que de transcrire ici :

« Sî Je refaisais mon Olbie, dit-Il, Je li pVaeernis sur une tout autre base. Je ferais \nir que la m4>nile (U> nations dépend du de^ré do leur Instruction.

• L'Instruction consiste a se former dcN idées justes de la nature des cImmcs, a ne \olr dans clinque olijtl que ee qui n'\ (louxe reellemisiil. On est d'autant plus instruit quil y a plus de choses qu'on connaît bien.

58a AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS.

B De la ooDDaissanoe positive de la nature des choses dépend la ccmnais* sance de nos vrais intérêts, et de la connaissance de nos Trais intérêts, la perfection de l'art social. Lors donc qu'on vent traiter de l'art social sans remonter plus haut, on dresse un arbre sans racines, on crée une utopie, une rêverie plus ou moins ingénieuse.

D Je montrerais que les siècles qu'on dit éclairés, l'ont été fort peu. Des lumières très-imparfaites étaient dans un petit nomt>re de têtes, dans un Socrate, un Xénophon, un Gicéron, et encore combien n'étaient-elles pai incomplètes ; combien avaient-ils peu d'idées justes en tont genre, eo gé(h graphie, en physique, en économie politique T

B Tout le reste était plongé dans la plus crasse Ignorance, on, ee qui qt pire, dans les plus dangereux préjugés. Vous devriei être l^onteux d'ifpeler cela des siècles de lumière, et ce n'est pas merveille de voir que h morale ne s'y rencontrÀt que par exception.

» On dira qpe les lumières elles-mêmes fussent?eUes, comme Je la sapr pose, n'atteindront jamais ce but, parce qu'on ne peut jamais les supposer générales et que les gens éclairés auront beau être vertueux. Ils seront toujours victimes des méchants qui ne sont pas retenus par le scrupule.

B II suffit d'un tyran, dira-t-on, pour tenir dai^ l'abjectioii e( la doukor la nation la plus éclairée.

B Je ne le pense pas. Je ne fais pas aux hommes l'honneur de oroirequ'one fois pourra arriver, qu'il ne s'élèvera plus parmi eux de tyrans, mais je regarde que le métier deviendra d'autant plus difficile que les nations seront plus éclairées. Et notez qu*il n'est pas nécessaire pour qu'une nation soit ce que j'appelle éclairée, qu'elle soit composée de savants. Ge n est pas cda; il suffit que chaque personne y ait de justes idées des choses avec lesqudles elle est en rapport et que ce bien n'est pas absolu et par conséquent chimériqoc^ mais qu'il est graduel et qu'on doit nécessairement approcher plus près de la bonne vie sociale, qu'on est plus près d'avoir des idées justes de ce qui nous intéresse. C'est un bien de nature à se faire sentir dès les premiers pas qu'on fait dans la bonne route. Les tyrans le sentent sans en avoir la démonstration. Un instinct confus les porte à détruire les lumières, brouiller les Idées, obscurcir les esprits par de fausses instructions, des préjugés, Les malheureux nous font du mal sans se faire du bien. i>

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