‹ Œuvres diversChapitre 104 sur 128 · HONOBB LES VERTUS ET DETESTE LE VICE · texte numérisé non relu

HONOBB LES VERTUS ET DETESTE LE VICE

dN les Gardiens des mœurs vous exhortent, sous les yeux de toi

» concitoyens, à ne point recevoir de présents de la part de vos clients, et à » n'écouter dans vos jugements que la voix de l'équité. Remettez dans la D caisse des pauvres une amende égale à vos contributions annuelles, a

Lorsqu'un fonctionnaire public avait été l'objet d'un pareil jugement, il était obligé, tout le temps que duraient les mêmes fonctions, d'ajouter dans tous les actes publics, à ses autres titres, celui-ci : Cemwré par les Gardiens des mœurs. 11 en était peu qui ne préférassent donaer leur démission.

C*étaient les gardiens des mœurs qui décernaient, dans les solennités publiques, les récompenses nationales. Une fois un homme alla leur recommander son bienfaiteur: ils couronnèrent à la fois le bienfaiteur etrobligé.

On conçoit que des fonctions aussi délicates exigeaient que ceux qui devaient les exercer fussent choisis avec des précautions toutes particulières. Chacun de ces magistrats de morale était élu pour deux ans et pouvait être sans cesse réélu, mais il était impossible que ce fût par les mêmes électeurs; car chaque province envoyant à son tour son gardien des mœurs, et le moment de le remplacer n'arrivant jamais lorsque cette même province avait une nouvelle élection à faire-, s'il se trouvait remplacé ou réélu, c'était par une autre province.

Lorsqu'il s'agissait de les nommer, c'est ainsi qu'on posait la ques-

' Pourquoi, chez les modernes, néglige-t-on ces formules qui, pareilles à des éteodtrds, rallient les opinions d'un peuple, et servent, au besoin, à mettre en évidence la cootndiction des principes avec les actions? {Note de l'Auteur.)

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: Qml e$i, parmi ie$ gens retirés^ le plus honnête homme de la pro ^? Les citoyens ayant voix délibêrative^ se partageaient en deux urys. L*un des deux faisait l'élection, mais il fallait i|u*elle fût sanctioniée par Tautre. Si celui-ci refusais de sanctionner le choix, il fallait la'il en fit un autre lui-même, auquel le premier jury pouvait à son lour refuser son assentiment.

J*ai dit que les gardiens des mœurs étaient au nombre de neuf; tous les neuf instruisaient une affaire : au moment de prononcer, on tirait au sort trois d*entr*eux, et ces trois étaient les seuls qui prononçassent, nais il fallait qu'ils fussent unanimes. ïja collection de leurs jugements fonnait deux séries, Tune ap|)elée le livre dm mérite^ l'autre le livre dm blâme. Ce n'était point les Olbieus, c'étaient les Chinois qui avaient deviné l'usage qu'on peut faire de tels livres.

On a vu que les gardiens des mirurs étaient en oiéme temps les dispensateurs des récom|)enses dans les solennités publiques; cela me conduit à faire connaître do quelle nature étaient les fâtes nationales cbei les Olbiens, et quel fut le |)arti qu'ils en tirèrent pour la morale.

Les facultés de Tliommc lui pt*sent tant qu'il ne les exerce pas. Les aCants ne s'amusent a détruire, que parce qu'ils ne savent pas encore employer leur activité à construire K De même Thonime, s'il ne fait dy bien, s'occupe h faire du mal. Il convient donc de l'occuper utile- ■cnt; mais on ne s'occupe jamais utilement, sans diriger vers un but une certaine quantité des mêmes moyens moraux ou phyor, cette direction suivie fatigue, et les délassements (c'est-ii* dire les occupations qui, par moments, n'exigent plus la direction des efforts vers le même but deviennent nécessaires.

(>s délassements peuvent être favorables ou contraires i la morale. Ils loi sont contraires, lorsc|u*ils deviennent nuisibles; tels étaient les eombats des gladiateurs chez les Koniains ; tels sont les divertissements d'un peuple grossier qui ne sait se délasser du trsvail. qu'en se livrant MX excès de la débauche et â tous les genres de désordres , c'est-i- 4mm en faisant son mal et celui des autres.

Pour que les délassements soient moraux, il sullit qu'ils n'aient poini d'effets funestes ; car ils produisent un bien par cela seul qu'ils Ht, et redonnent à nos facultés le ressort nécessaire pour con-

* Voilà m partir priurquni t'himinif ignorant, qui n*fft qu'un srand enfant, fait plut de Itf fM 4t M». (.Vof«> ât VAnlf%r, )

l.-a. SàT. — IV. 3«

G10 Mfil,AN(;i:S f>F MORALK.

liiiuer les travaux utiles, lorsqu'à cet avantage ils joignent celui tfajouteV, soit au physique soit au moral, quelques perfections à nos facultés ou à nos goûts, ils sont encore préférables.

Cependant il faut prendre garde qu*à force de Touloir rendre is délassements utiles, on en fasse une fatigue. Ne perdons pas de vue qu*ici le délassement est l'essentiel, et que Tutilité n'est qa*un aco«soire.

Tel est le |K)int de vue sous lequel les Olbiens considérèrent l« beaux-arts, les spectacles, les fêtes publiques; et c'est en parUnl de ce principe qu'ils se préservèrent de l'austère morosité des Spartiates et des premiers chrétiens. Ils crurent qu'il fallait d'abord plaire, toucher, s'emparer de Tàme par des moyens honnêtes; et ensuite (mais seulenienl lorsque la chose était possible sans détruire ces premières impressions les diriger vers un but moral et utile.

Ils firent grand cas des jeux de la scène. 1^ représentation thèltnle donne en nous une plus grande vivacité à ce sentiment qui nous tait compatir aux atTections des autres; sentiment précieux, Toiqposé de t'égoîsme, un des plus beaux attributs de l'homme, et qui a de quoi intéresser jusque dans ses faiblesses ! Ils eurent un théûtitf comme le Français, où dans une suite d'actions intéressantes, dévelop[)ées avec art, il ne se rencontre pas un exemple coupable, pas une idée vicieuse, qui ne soient présentés avec la juste horreur qu^ils doivent inspirer; et où des modèles d'humanité, de grandeur d'âme s'offrent a ctiaqoe instant et avec tous les accessoires propres à leur donner du charme.

A réganl des fOtes nationales, les Olbiens cherchèrent les naoyens (le leur imprimer un puissant attrait; car on ne saurait diriger les cœurs (fuand on ne réussit pas à les captiver.

A moins qu'on n'assiste à un spectacle extrêmement curieux, on ne se plaît dans les réunions qu'autant qu'on y joue soi-même un nMe. On aime les jeux du théâtre, bien (pie les spe<*tateurs y soient purem<».nt passifs; mais il faut le prestige <jui naît des efforts n'*ums du poète, (le l'acteur et du décorateur, pour soutenir l'attention du public; aussitcHque l'un de ces magiciens fait mal son métier, la pièiv ennuie t't tombe. Or, il est diflicile d'offrir à un peuple nombreux. rassemblé potn* tme cérémonie nationale, un amusement abssi vif que celui qui résulte de rcnsend>Ie des talents de plusieurs artistes qui ont mis en jeu toutes les ressources de leur industrie et tous les genre» de séduction. Il ne reste donc au magistral qui ordonne les fêtes pu-

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btèqucH, que la ressource de metire eu scène les specialeurs eux- ■lêines, de fiire en sorte que chacun d'eux se regarde comme peraonnellament inléressé i reflet de la représentation; autrement il ne donnera pas une fèie, mais un spectacle plus ou moins ennuyeux.

Les <Hbiens présumant donc que si Ton faisait voir au peuple des processions sans ordre, que même il verrait mal; que si on lui tenait des discours qu*il n'entendrait pas, il n'aurait pas grand goût pour ha fêtes nationales, cherchèrent à le captiver d'une manière plus eflieMe. Ito mirent en pratique ce principe : (/n'on irauve dtms vos féies MR ce que tom* voulez qu'il y aii^ maii ce quom détire dp trouver.

La jeune persomie que Tinstincl de son sexe et les goûts de son Age, portent a captiver les hommages, veut y être remarquée» admirée; «Ile y trouvait (*e plaisir. Du temps de la chevalerie, les dames se plaiaueot aux tournois où leurs amants devaient paraître ornés de leurs rouleure, et où ils devaient être couronnés de leurs mains : elles ne Manquaient point alors de s'y rendre. Chaque village, chez les Oibiens, eut, dans les joura de solennités, son tournoi en miniature. Il s'y éta- Mil, selon tes localités, des jeux de lare, ou bien de la cible, ou bien de la joute sur Teau ; non pas à qui se jetterait dans la rivière, mais à qui parcourrait plus vite, à la voile, ou à la rame, un espace convenu ; eequi favorisait l'adresse, la torce du corps, et la bonne construction des iiateaux. I^es plus habiles recevaient leurs prix dos mains des filles, et celles-ci soupiraient toujoure après le retour des fêles

fjes mères jouissent dans leure enfants : ce furent elles qui menaient par la main leurs fils au conciHirs, et qui les accompagnaient ensuite au lieu où les attendait la couronne. Les <Mbiens flattèrent l'orgueil malemel : TanHiiir maternel adora leurs institutions.

f/honim^» parvenu è sa maluriti\ est avido ih* pouvoir et de distinctions. t> penchant, lors<|u'il oM ofliéné, fait 1rs lyrans; liii*n dirigé, il peut former li»s Imns ritnjiMis. I.cs grades militaires et les emplois qu. afaieni rapport à la polirc <lo< fêlo^. étaitMit donn<*s «inx tiommos qui S) t!taien( distinguos ; mais <fi iiii^me temps, il fallait qu'ils ponçassral les autres talenLi re«*oniui> iioet^ssains, il fallAît qu'on no put eiC^r aucun trait honteux (Huir les candidats; et le d<*sir de remporter des prix de |Hin* adresse, ihit être aocoiiipagno de pn>jets favorables an mamu i^t à l'inslruelion.

Mail ea qui donM an grand caractère à ces fêtaa, lut la distrilmlion

des honneurs et des récompenses accordés par les gardiens des mœiin aux citoyens qui s'étaient rendus recommandables par leurs vertai Ce tribunal étendait ses correspondances jusqu'au fond des provinoes les plus éloignées; quelquefois, au moment le moins prévu, on Toyiit arriver, en faveur d'un particulier obscur, une récompense donnée par la nation^ et k la plus prochaine solennité, elle lui était décernée. La reconnaissance nationale aimait k aller chercher un citoyoi dont les actions avaient été utiles au public, k l'exemple des Romains, si soigneux, après les grandes calamités de leur République, de combler de témoignages de leur gratitude les étrangers, les esclaves, et jusqu'aux •animaux qui, durant leurs disgrâces, leur avaient] rendu quelque service signalé.

Mais ce n'était pas toujours, pas même souvent, une action éclataste qui obtenait ces récompenses. Cétait plutôt la persévérance d'une eooduite estimable; car les actions brillantes sont rarement un profit'pour la société. Quel avantage valut aux Romains la conquête des Gaules, si ce n'est la tyrannie de César ? Les bonnes mœurs, éminemment utiles lorsqu'elles se rencontrent dans les grandes places, sont eneorr utiles à l'État , et plus qu'on ne peut croire, dans une situation privée. Tout citoyen estim able, non-seulement ne fait jamais tort au public oo à ses concitoyens dans les rapports nombreux qu'il a avec eux, nonseulement il n'asseoit jamais ses spéculations sur des entreprises contraires à l'intérêt général; mais il ne s'entoure que de personnes estimables : il cho isit parmi d'honnêtes gens, son gendre, son associé, ses domestiques, ses protégés; il est, sans qu'il s'en doute et sans que le gouvernement s'en aperçoive, un instrument actif de récompenses pour la bonne conduite, de honte et de privations pour le vice. Et je n'ai pas encore parlé du bon exemple qu'il fournit à sa famille, k ses voisins, à sa commune; de la bonne éducation qu'il donne à ses enfants... Non, je ne crains pas de le dire : si la majorité d'une nation se trouvait composée de tels hommes, cette nation serait la plus heureuse de la terre; il ne serait pas diflicile de prouver qu'elle en sérail encore la plus riche et la plus puissante.

J'ai considéré jusqu'à présent le bonheur comme récompense : il mérite d'être aussi regardé comme moyen. Il adoucit les mœurs qu'aigrit l'infortune. Mais la joie n'est pas le bonheur, et les feux d artiGce ne font pas le moindre bien k la morale. Le bonheur véritable se couh pose, non de plaisirs, mais d'une satisfaction soutenue, et de tous les

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instants. Aussi les Olbiens furent-ils convaincus qu'ils travaillaient pour les mœurs en multipliant les douceurs et les agréments de la vie.

Leurs villes, leurs villages étaient riants, leurs habitations commodes, propres, et d'une élégante simplicité ^ Fis avaient de nombreuses fontaines et des jardins publics. Les communications des différentes provinces entre elles étaient faciles; le peuple en devint plus sociable et les connaissances plus répandues. On aurait pris les chemins pour des promenades; un sentier large et élevé, des bancs et même des abris de distance en distance, rendaient dispos et content le voyageur à pied. Le sim])le citoyen regardait la patrie comme une mère, depuis qu'elle en avait les bontés; et il lui restait quelques instants pour songer au bien général, depuis que TÉtat s'était occupé de son bien particulier.

Mais si les attentions de la société envers ses membres s'offraient partout à leurs yeux, partout aussi ils lisaient leurs devoirs envers elle.

Le langage des monuments se fait entendre à tous les hommes ; car il s'adresse au cœur et à l'imagination. Les monuments des Olbiens retraçaient rarement des devoirs purement politiques, parce que les devoirs politiques sont abstraits, fondés sur le raisonnement plus que sur le sentiment, et enfin parce que leur observation suit nécessairement de Tobservalion des devoirs privés et sociaux, qui, pareils à ces brins dont se composent les plus gros câbles, forment dans leur ensemble le lien le plus solide du corps politique. Les Olbiens n'avaient qu'un Panthéon des grands hommes, et plusieurs Panthéons pour les vertus. Ils ne se bornaient pas à élever un temple à Tamilié, et à poser au-dessus de son portail un écriteau de bois, portant ces mots : A VAmitié. On y entrait, et tout rappelait à l'âme les douceurs que procure ce sentiment délicieux et les devoirs qu'il impose. Les yeux s'arrêtaient sur les statues d'Oreste et de Pylade, de Henri et de Sully, de Montaigne et de Laboétie. On avait gravé sur leurs piédestaux les prin-

■ Pour cela, il faut encore de l'aisance, et toujours de l'aisance; de sorte qu'en définitif, M est inutile de travailler en morale avant d'avoir travaillé en économie politique : autrement, on ne fera que de beaux'discours, on déploiera de beaux spectacles, à la suite desquels le peuple restera aussi vicieux qu'auparavant, parce qu'il ne sera pas moins misérable. (Note d€ VAnleur.)

cii)aux traits de leur vie ou leurs paroles mémorables. Parmi les inscriptions dont les murs du temple étaient ornés, on trouvait celles-ci :

Aime pour qu'on t'aime.

Qu'un ami véritable est une douce chose * !

Pour les cœurs corrompus, l'amitié n'est point faite *.

L'amitié d'un grand homme est un bienfait des dieux ^

L'adversité est le creuset où s éprouvent les amis^

Laisse voir à ton ami ton cœur jusque dans ses derniers replis, et sois sûr qu'il faut en ôter les sentiments que tu crains de lui montrer ^

L'ami qu*il nous faut, n*est pas celui qui nous loue ^.

Il faut s'attendre à tout, hors à l'ingratitude d'un ami*

Cent autres temples s'élevaient pour célébrer d'autres vertus. Et ce n'était pas seulement dans l'intérieur des villes que les monuments parlaient au peuple; c'était aussi dans les autres lieux fréquentés, au milieu des promenades, le long des grandes routes. La pierre, le bronze racontaient partout des actions loua^^les, ou bien proclamaient des préceptes utiles. Des statues, des tombeaux enseignaient au peuple ce qu'il devait imiter, ce qui devait exciter ses regrets, ce qui méritait ses hommages ^. C*est ainsi qu'au rapport de Platon, on pouvait faire un cours de morale en parcourant FAttique.

Les préceptes étaient toujours choisis parmi les plus utiles et les plus usuels. Nous avons vu en quoi de justes notions d'économie politique étaient favorables à la morale : eh bien! des notions de ce genre se mêlaient à toutes les autres; l'agriculleur, le négociant, le manufacturier, en se promenant, en voyageant, s'éclairaient sur leurs vrais intérêts; ils rencontraient, par exemple, les maximes suivantes dont le tour simple et pourtant vif se retient aisément, et se répète de même :

* \a Fontaine.— ' Saint-Lambert — '^ Voltaire. — * Isocrate. — * Saint -Lambert. - * Plutarque.

' Ces mooumcntâ ne font point le même effet dans le Mascam, où iU ne sont visités que par des curieuiL; ni dans les palais, où le peuple ne pénètre jamais; tandis que, lorsqu'il se rencontrent sous les pas des promeneurs, des voyageurs, un est forcé de s*cn ocrupfr, on en cause : chaque jour ils réveillent des idées dans Tesprit de plusieurs milliers df personnes; Tinstruction se propage en même temps que les mœurs prontent.

.A'ofe de l Au leur.

MOtLHS RUHKAI CRAligUKS. ël5

\ide-toi , l(* iHfl l'afde ra '.

On pa\r rlier le soir les foliwi du matin \

Si \0Hn n'tokci l.i \ir, nr poiilc/. |nis Ip lonip> : car la \lt' en est failo \

l.'i PiircvM* \a si IniU'tnrnt, que la l'nu\rele ratteint tout d'un i*oup.

\ve/. \ous une ehose À faire demain? fait(*s-la }iu|mird'hui.

Il eneiMiie plu» |)Our nourrir un vire f|ue pour i*le\er deu\ enfants

N'einplo\e/. pas \i>tre ar;:e!il a arhefer un repentir

SI ^ou^ ne Nouiez pas i*(*outer la raison. i*lle ne nianqueni pas de se

faire sentir.

Oïl n*ii(*oiitniil eiut>re, Nuivant les endroib, dos pnreptc> appliciibien aux dilTereiites professions», et iiu^nie aii\ ilivers enipluis de la ^Kiélê; mais il a suffi, jo ihmisc, que j'indiquasse ceux qu'on vient de lirr.

I.es Itères de famille suivirent p*Hi à peu l'exemple oITert |»ar Tautiv riti* publique; ear Texeinple «pie, dans les eomnieiicenients. on imite M |Nni, eslee qu'il y a de plus infaillildement imitr avec le temps, cin |iul lire dans leurs maisons îles sentciiees applicables h l'ordre intérieur di*9 faniilh*s, et les enfants nourris de ces maximes, t|ue rex)ienenct* mnlimuiit |)our eux, en tirent la n*gle de leur conduite, et la trinsmireiit à leurs enfants, on fut lieui*eux, panv f|u'fm fut sage: hommes et nations ne |HMivent IVtn» autrement.

MOKIRS lU REArCKATIQl'ES*.

UKTTKK MX \l TKIKS I>K LA lUir AlU:

Krimain* .iim iV.it .

Ihia dit que les tli«'*iktrt*s attaquaient le> vins que les lois ne pouvaient Mlteiiidr(* : n'en |Miiirait-fm |ui> dire autant de» j(»urnaii\, ^ur-

• fil ►"«iiUnii*. — • K««riHi. — ■* «>llr maxini*' H le* «iiMnnfiH ifni t\r> H.itikliii.

• Ka rw. au plu« fiMl ilr hlfrifiir. J.-H S«\, iioiivrllim^nf inani-, ••■un n'iir»* 'Infi» u'i iiUjjsc \*tf- ik' Pjri«, liij il a |itci|pu»ai( •ruutiir une inai»Mn 'l'fdtp m» 'i\, liii»«|ui t(iM I*

tout de ceux qui, comme le vôtre, citoyens, consacrent toujours un certain nombre de pages à la morale? Je le crois, etje penserais même qu'il est des vices et des ridicules que le théâtre ne peut pas plus atteindre que les lois; qui donc en fera justice, si ce ne sont les journaux? Je vous exhorte, citoyens, à persister dans la carrière que vous avez entreprise : le bien que peut faire un ouvrage périodique estimé, est immense ; vous savez que depuis Addisson jusqu'à nos jours, il en paraît à Londres une foule dans le genre du Spectateur^ et ceux qui ont voyagé dans ce pays-là ( avant la révolution ) savent combien les Anglais leur sont redevables, Aussi, quand la paix sera faite, vous adresserai-je un article de l'influence des journaux sur les nueurs anglaises ; article qui contiendra des observations et des faits que vos lecteurs seront bien aises de connaître, et qui j'espère, rectifieront bien des idées. Mais n'oublions pas Tobjet principal de ma lettre.

N'avez-vous pas quelquefois eu affaire à des fonctionnaires publics qui abusent de la prééminence que leur donnent sur vous leur place et le besoin que vous avez d*eux, pour se permettre à votre égard des actions ou des paroles qu'ils ne se permettraient certainement pas si, au contraire, ils avaient besoin de vous? C'est un abus de ce genre que je vous dénonce. Je n'aurai pour cela qu'à vous raconter tout bonnement ce qui m'est arrivé.

Un de mes amis partit il y a peu de temps de Paris, pour s'aller marier dans son pays: quelques jours après son départ, il m'écrit : • Mon

» cher , je suis désespéré, furieux, contre moi, contre mon étour-

» derie; mon mariage est sur le point de se conclure; toutes les diffi- » cultes sont levées; tout est prêt, mais tout est suspendu : on vient de » m'avertir qu'il faut que mon mariage soit adiché à Paris, dans » la section où je demeurais, pendant trois jours ! 11 en faut autant pour » que ma lettre te parvienne, autant pour que la tienne m'apporte mes » papiers, voilà une mortelle décade à attendre! Ma future est au-des- » sus de toute imagination; cours à mon ancienne section, etc., etc. • Et vite, vite, je vais à la municipalité, de là à la section; je m'adresse au commissaire de police, je lui remets les papiers pour qu'il les place sous le cadre, et il m'assigne au septidi suivant, pour les reprendre,

ques hommes de lettres, au nombre desquels se trouvaient ses amis, Andricux, Gingoené, Amaury-Duval, vinrent lui proposer de prendre la direction d'un recueil périodique destiné à ranimer en France le goût des lettres, et à défendre les principes de la morale et d'une liberté sagement comprise. Pendant cinq ans, et jusqu'à son entrée au Tribanat, notre économiste a été le rédacteur en chef de la Décade philosophique , littéraire et politique, 11 Ta enrichie de beaucoup d'articles ; on se borne h en reproduire quelques-un.<, qui, outre le plaisir que peut procurer leur lecture, montreront les tendances de cet ouvrage périodique, et la tournure d'esprit des véritables amis de la liberté et du bien public à cette époque. {Les Éditeurs.)

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