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CHAPITRE VI. — Des instniments naturels de TlndiLslrio

{fufêt-rf que les instrummU naturels de l'industrie,^

^* sont les instruments que la nature a fournis pratuitement A i)i>«iine, et dont il se sert |N)ur créer des produits utiles. On les ap« i^lletles imstrutnents naturels^ par opposition avec les capitaux qui sont •ï« ihitruments artificiels, c*est-à-iiire des protluits cnV»s par Findustrie ■^ 1 homme, et qui ne lui s<mt pas donnés gratuitement.

Ikihjnrz quelques instruments natureU 'f

L« prt-mier et le plus im|K)rtant de tous est la terre cultivable. Elle a • ir donnée gratuitement à tous les hommes ; mais comme elle ne sau- ^t Hre cultivée sans que quelqu'un fasse k*s avances de travail et «^tfcmt nécessaires pour sa culture, on a senti, chez tous les peuples ^■Mbsfs, la n«*cessitê de riTonnaltre conmie propriétaires exclusifs des -•niib de terrv ceux qui se trouvent actuellement en avoir la |N)sses* ** umi cuntesltv.

iVV a-t'Upas daulres instruments wm créés par Phomme, mais devenus la propriété exclusive de certaines personnes, et qui, entre tes tnains de V industrie, fournissent des produits ?

On peut ranger dans cette classe les cours d'eau qui sont devenus des propriétés, et qui font marcher des usines. On peut y comprendre encore les carrières, les mines, d*où Ton tire des marbres, des métaux, et surtout du charbon de terre. Ce sont des espèces de magasins où la nature a préparé et mis en dépôt des richesses que l'industrie et les capitaux de leurs propriétaires achevèrent en les mettant à la portée des consommateurs ^

PTy a-t'il pas des instruments naturels qui ne sont pas devenus des propriétés, et qui sont demeurés à F usage de tout le monde?

Oui : si l'on veut faire du sel, la nature fournit gratuitement l'eau de la mer et la chaleur du soleil qui en opère Tévaporation ; si l'on veut transporter des produits commerciaux, la nature fournit encore la mer ou les rivières comme autant de routes liquides ; elle fournit la force des vents pour pousser les navires. Si l'industrie manufacturière veut construire des horloges ou des montres, la nature fournit de même la gravitation qui fait descendre les poids, ou l'élasticité des ressorts qui fait marcher les rouages *.

Les instruments naturels qui sont des propriétés, ne se trouvent-ils pas confondus quelquefois avec des valeurs capitales ?

Oui : sur un fonds de terre qui est un instrument fourni par la nature, il se trouve le plus souvent des bâtiments, des bonifications qui sont des produits de l'industrie, et par conséquent des instruments artificiels et acquis moyennant des avances et du travail. Dans les mines, il y a des puits, des galeries, des machines pour épuiser les eaux, pour monter les produits; toutes ces bonifications sont des capitaux ajoutés à l'instrument naturel.

Quelle différence caractéristique trouve-t-on entre les fonds de terre et les capitaux!

* A Taide des fonds de terre, des mines, Tinâustrie met à la portée des consommatcars de» produits qui valent plus que les travaux industriels et l'intérêt des capitaux qui ont ooncouru aies produire. Cest cet excédant qui furmc le proût du propriétaire. Voyez, ci-après» les controverses auxquelles cet excédant a dunné lieu en Angleterre. {Soie de VÂutmr.'y

• A parler rigoureusement, les poids et les res8ï)rls n*ont pas une force qui leur soit pro^ prc; ils ont seulement une propriété qui permet de répandre sur les rouages, par petites portions , TacUon , fournie tout à la fois par celui qui a monté les horloges. C'est là la pro-^

ïjcs fonds de lerre ne sont pas susceptibles de s^augmenler indéfinimml comme les cafiitaux ; mais ceux-ci, qui se composent de valeurs rri<t*e3. peuvent se dissiper et se détruire par la consommation, tan- «li5 que li^ fonds de terre ne peuvent être consommes. Un bien -fonds, quelque m^^ligé qu'il soit, conservera toujours le mi>me nombre d*arl<«vu, mais il peut |)erdre successivement toutes les valeurs capitales qu'on y avait amassées >. Du reste les fonds de terre ne sont autre dMiM" que d«*s instruments qui servent à l'industrie d'une manière parfaitement analogue a la manière dont les capitaux lui servent.

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