CHAPITRE VII. — Des seniccs productifs
Oursi-re (pie des services productifs T
Vous avez dû comprendre que l'industrie, les capitaux et les instrunit-iits naturels tels que les fonds de terre), concourent au rn^me but, qui est de donner tantôt à une chose, tantôt à une autre une valeur au moyen de laquelle cette chose devient un produit. (]ela ne peut » o(ierer que |)ar une certaine action, un certain travail exiVutc par des iHimmes, par des capitaux, par des fonds de terre. C'est ce travail que i rHi a|»|H;lle un service productif.
Jr cumçuis/ort bien le travail de rkomme, mais fui peine à concevoir rrlui des capitaux et des fonds de terre y
l'Q capital ne iieut-il pas rester oisif? Tne terre ne peut-elle |)as denururer en friche? Ne |K*uvenl-ils pas, dans une autre supposition, ••lr>- noru|»es de manière à stH^onder rindustrie dans la création des I rr^luits '
y>n cmncns.
c e^t cette action des fonds productifs qui constitue les services qu'ils rrik!(*nl. Il > a dans la production : K-s M.T\ioes rendus |>ar les hommes; on les nomme services indus-
r>^4>nt il »t qunUon Ici, et qui fait partie dei dont gratuit! faiU à Hiommc ptr le
'i.rrt ce i|ui ftt arrm* ilaiu lo# rn^imna de ituiuc moderne, nii il y avait aiitrefoi» de
•'itkiS't AiiH-linratioii» li |ir.iu<*mj|i d«' t-tini^liurtinn» ijui mit nitii|ilrtrnifnt disiun; |iar
'S^ «t*-» »iit«titutiwi» rt du II main al* cuu^criK'iiirnt. (U> lrrn>. aujourd'hui, m* Inunit
iiinr {.iiurji£t-r. il nt- i.i|»(ioit«'iit a Icui» |>rM|irii'tairi*a itut If inuduit du Mil, mu.» ru-n
= "rt|«fcaiUti 1 luli'irt d'ju« un rj|»ilal. \<>f' >i* iAu'rmi.
Des services rendus par les capitaux; on les nomme services capitaux;
Et enfin des services rendus par les fonds de terre; on les nomme services fonciers.
Comment nomme4'On les hommes qui fournissent à la productiùn ces divers services ?
Ceux qui fournissent les services industriels se nomment des bommes industrieux, ou plus brièvement des industrieux*;
Ceux qui fournissent des capitaux se nomment des capitalistes;
Ceux qui fournissent des terres se nomment des propriétaires fonciers.
Tous sont des producteurs.
Des producteurs! Les capitalistes et les propriétaires me paraissent ne rien produire?
Non pas directement; mais ils produisent indirectement par le moyen de leur instrument. Sans eux on manquerait de certains services indispensables pour la production.
La même personne fournit-elle à la fois diverses espèces de services productifs?
Ce cas arrive très-souvent. Un propriétaire qui fait valoir son propre terrain fournit, comme propriétaire, le service foncier; en faisant l'avance des frais de son entreprise, il fournit le service capital; et comme entrepreneur il fournit le service industriel.
Lorsque ces différents services sont fournis par différentes personnes^ par qui s^nt-ils réunis pour concourir à une même production?
Par l'entrepreneur qui se charge de cette production.
Rendez cela sensible par un exemple ?
Un fermier loue une terre : louer une terre, c'est acheter les services que ce fonds peut rendre pendant la durée du bail. 11 emprunte un capital moyennant intérêt : c'est acheter les services que peut rendre ce capital pendant la durée du prêt. Il prend des valets et des ouvriers : c'est acheter le service que ces travailleurs peuvent rendre chaque jour, chaque semaine.
Après avoir acquis ces services, il les consomme reproductivement.
Comment des services peuvent-ils être consommés ?
Des services ont été consommés, lorsque l'emploi qu'on en a fait après
* Malgré les jiutcs efforts de raulcur, l'usage a prévalu de dire : des Industriels.
{Note des Éditeurs,)
CATÉCHISME D'ÉCONOMIK POLITIQUE. 89
les avoir acheles n*a |«s permis qu*ils fussent appliqués à autre choat*. im les dit consommés, parce que les mûmes services ne peuvent être rmployêscle nouveau.
f.rp^ndant mhc terre qm n servi, peut servir fie naut*eau; un ouvrier f ai (1 travaiilr, peut travaiiirr encore^
li'accnnl : une terre qui a rendu un service cette année pourra rendra un «er^ice Tannée prochaine; mais celui qu'elles rendu celte année t^ un service consommé, usé, qui a fourni ses produits, et dont on ne fieut tirer île nouveau aucun parti. De mi^me le service rendu par un ouvrier aujourd'hui, soit qu'il ait produit ou non Teflet qu'on en attendait. e5l un service consommé et dont il est désormais impossible d'obtenir aucun produit; celui qu*il rendra demain sera un autre service qui donnera lieu à une autre consommation >.
^juemtendez'vous par consommer des services reproduetivemenî?
i Hk consomme reproductivement le service d*un ouvrier, d'un verner, par exemple, lors(|u*on dirige son travail de manière que la connMnmatioD de la valeur de sa journée reproituise dans le verre qu'il a <oufllc une autre valeur qui remtoursc avec profit» à Tenlrepreneur, la^ance qu'il a faite du prii de la journée. On consomme au contraire impmductivement les services que nous rend un barbier; parce qu'une i(H§ que la tiarbe est faite, il ne reste rien de son travail en quoi il se trouve la moindre valeur.
■ |} rtbfliirot de mnarqurr que. dant l'uniTre de la production, 11 n') ■ de n^llriimit contrcEJiir que dr« êetvictt }\ToÀuft\fs,fo\\ de l'indu»lrlr, foil dr» terre», Rolt dep rapltaiix ; et : ri a d^ miuoiniiie aurune p.iriie des funds d'ttù re# »enrieei émanent. Ola e»l M- >>c: ■«'^ f'^id» qui fiMirniMient W »enire» d^l'induMne et du fond» de terre : un oiiirier «Kl, apfr* avoir vendu m journée, requ*ll valait auparavant *. De même, un fonda dn inrr. ca lu^HDéme, et ab«traelion faite du ea|iital qui t'y trouve placé en bonlflcalinn*. U'jt auuni a la fin d'une Inralion qu'au commencement. Cela n'est pu auiii clair d'un Q^'jl ri demande une eiplicaliiin. l'n capital » comp(i»e fie valeurs comommablrs et ^■- niéo» •« cuQMHnment neor»Mircment dam le cours de la production ; pourquoi, déa k«v or parler que de la coniommalion des services du capital, et mw de celle du capital
.-n'oir. puitqu'il r»t enraiement consommé? I rxif d flirulir a emlanaa^r teaunmp d'économistcn, et rend inteimlnablet 1rs diieua-
»'^ th^<iqiiea »ur cet matière». On ne peut la réfoudre que par l'anaUie riKoureusequI
''v.iy iir |j dirtrine d<^ fervtcci productifa. Ura(rtial cooMate eiamtiellenient, non dan» la nature phviiquedea matières dont il
i* pvir .|r r.vtrKT um» W np|«itrl ilu •rrvicv qo'i^ pnil lirrr un «ilrrprm^r. rt «nn tairai •T'-» Il ■ r»l !«• hr*»nn ilttrilir i|ur la lakur |NTf>iiiirlk ilan humiiK f*l la |»ni|iriii4' île nt ^«■». ricr|4r lii«lciiHt dau ]r rtfk abMirdr il** l>«cbTacr, nu hd hnium^ nr • «piiartmit |««
En doit-on conclure que le travail du barbier a été improductif?
Non; mais les services rendus par lui et Tespèce d'utilité qui en est résultée, ont été, à mesure que son travail a été exécuté, consommés par son maître qui s'en est servi pour sa satisfaction personnelle; tandis que les services de l'ouvrier et l'utilité qui en est résultée ont été employés à donner une valeur à un produit. C'est pour cela qu'il ne reste rien de la première de ces utilités produites, et que de la seconde il reste une valeur qui est une portion de richesses.
Qu'est-ce que les frais de production?
C'est la valeur des services productifs qu'il a fallu consommer pour créer un produit S L'achat qu'un entrepreneur en fait n'est de sa part qu'une avance qui est remboursée par la valeur du produit qui en résulte.
Ainsi, quand un fabricant de porcelaine entreprend on beau vase pour lequel il dépense en location d'ateliers, en intérêts de sommes empruntées, en salaires d'artistes et d'ouvriers, pour ce qui regarde ce vase seulement, une somme de 600 francs, s'il a su, au moyen de toutes <;es dépenses, exécuter un meuble qui vaille 600 francs, il est remboursé de toutes ses avances par la vente du vase.
Si le vase ne vaut pas plus que les services productifs qui ont été eoih nommés pour le créer, il semble que la valeur qui a été créée est cTavanee annulée par celle qui a été consommée, et que la société n'en est pas plus riche par Vefjet de cette production ?
La société n'en est pas plus riche, si la valeur consommée a égalé la valeur produite ; mais elle n'en est pas plus pauvre, quoique les produc-
se compose, mais dans leur valeur. Chaque produit consacré à la production a beau étreeoD- «ommé sous le rapport des qualités qui lui sont propres, l'action productive, faisant passer sa valeur dans le nouveau produit qui en résulte, cette valeur, qui consUtue cssentieitement le capital, se perpétue, et le capital avec elle. Virtuellement, le capital n'est donc pas consommé; mais son service Test nécessairement Représentons-nous un capital sous une image sensible, sous celle d'une machine à vapeur de 30,000 francs : soit qu'on la fasse aller, soit qu'on la laisse en repos, il faut perdre le service de ces 30,000^franc8, qu'on peut évaluer d'après l'intérêt qu'ils coûtent. Si l'on fait travailler la machine, une portion des produits remboursera ce service ; mais la machine elle-même, en la suppoaant entretenue, n'est point consommée, puisqu'elle conserve sa valeur.
Si les hommes, les terres et les capitaux sortent entiers de l'onivre productive, on peot ilonc dire qu'elle ne consomme pas les fonds, mais seulement les services qui en émanent.
* On verra plus tard (chapitres xx, xxi et un) sur quelles bases s'cUblit la valeur od k prix courant dos services productifs. (.Yofes de V Auteur.)
CATËCIIISME D'ÉCONOMIE POLITIQUE. 31
ii-urt aient vrru par cette consommation. i:ne valeur, pour avoir été ninsdinimee en nu^me temps que produite, n*en a pas moins été produite ; et c'est sur di*s valeurs incessamment produites et consommées que sut)s»iste la société.
H we rtstf un doute : la râleur gagnée par les producteurs était auparnrunt tian% la imurse (U celui qui a fait racquisition du vase. ElUtn^y »%î plu%. Il trwbU d'S lors que If s producteurs ont cmisommé^ non la vai*ur qu^thnnt crrn\ mais une râleur anciennement existante?
I e\A n est pas ainsi. I.a valeur de 600 francs, qui était dans la bourse •!•* I ari|uén*ur, est maintenant, sous la Torme d*un vase, dans son sa- V^i\ qu'cllt* dt*ct)n*; car remarquez bien que nous partons de la suppovth in t|ue le vase vaut, en valeur courante, autant que la somme qu*on a .i-tnnif pour l'acheter; autrement, la production aurait été imparf<ii«-. illuMYJre en partie.
>i le rtise ne mut qu'autant que les services quUl a coûtée oh sera le p' ■ À t Jr l'mt repr^nru r 'f
L'entrepreneur, en rassemblant divers services productifs et en diriceant leur emploi dans le but de cn''er un vase, a exécuté lui-même un travail qui a une valeur. Il a fait Tavanœ de cette valeur en même ti-m^is qu'il a fait l'avance de tous les autres ser\'ices productifs, et elle fait lartie des frais de production du vase. Ainsi, quand je dis que ces frais se sont élev(*s à 6(Ni francs, j'entends que les frais de local, de maiiiTf (tremiêre, de main-d'œuvre, etc., se sont élevés, jwir exemple, à j'ui francs, et la coopération de l'entrepreneur à 50 francs. Dès lors (v^ 'M francs qui sont le prix de ses soins, et qu'on nomme ordinairc-
njrfii !Min lH*n«'tice, font iiartie des frais de production. ijwe cmcluez-ious de ces principes'/ Vue la firotluction est une espèce d'échange dans lequel on donne les
Hi^icvs productifs, ou leur valeur quand on les achète, pour obtenir
tn rvtour les produits, c'est-à-dire ce qui sert à satisfaire nos besoins et
nii»f:oûta >.
* U tratlartrur a ni: lai* Ur mon Traiif d'/mnomir jifi/iru/iif, où en nM'inr» prlnri|if» ^&t'i{«iw^ i%rc ilr» |irru\r» it de» f\pnip|pA que iradinrt |K>int cet ou^raci'-tfi, m'a *V'xtr 4rn'«tMr |ia» failfnlrf r Ir» MT%k-f>|»nNiiirtif» tUfficuitirs of attammrnt rnnmir 'vcKiiiA «Uni b lalrur dr» |>riiiliiib, tand» qu'un dr» fondrinrnU dr nioti ouvragr r»i '' r:iiki;^. qur la prMluf lion p»t un urand n Iiaii8«* t«u un pntrrpri'nrur d'indu^lrir donnr •'> iTfi.. I yri.dufUf\ ou Irur |*ri&, quaiHl il rtl uMiui* dr lr«arbflrr- (Niur idilenir m 't«: d#f pro/imu. U'uu il tuit que l'ciitrr|irrnvur ne pcul pa». tan» ) |H.'rdir, ^cndff m»
Je comprends que nous acquérons les produits qui satisfont à nos eoH' sommations par le moyen de nos services productifs; mais d'où tirons-nous nos services productifs?
De nos fonds productifs.
Quels sont 'ils?
Nos fonds productifs sont ou nos facultés industrielles, d*où les services industriels proviennent, ou nos capitaux d'où proviennent les avances que Ton fait à la production, ou bien enfin les instruments naturels qui sont devenus des propriétés (notamment les fonds de terre) d'où proviennent les services fonciers. Je vous ai déjà fait connaître la nature et l'action de ces divers fonds productifs.
A qui devons-nous ces fonds qui sont les sources de nos richesses?
Les uns sont dus à la nature qui nous les a donnés gratuitement : telles sont les terres cultivables, la force du corps, celle de Tintelligence^; les autres, tels que les capitaux, sont des produits de l'industrie aidée de ses instruments.