‹ Œuvres diversChapitre 117 sur 128 · LE TALENT OK VOIR · texte numérisé non relu

LE TALENT OK VOIR

le apparence qu*n tient à une m<^mc cause, me dLsais-je. Ii>rs» rassemblant quelques connaissances physiques éparses dans noa t^te, i*aî fait ce raisonnement.

> Lea étincelles qui pétillent sous la main du jardinier, sont dos étinedks électriques, car il électrise le poil de son chat en le caressant ; OHia elles ne pétillent ainsi que lorsque Tair est sec ; car le |)oil ne retiendrait aucune électricité par un temps humide.

» Maintenant, pourquoi, quand Pair est sec, ne doit-on pas craindn» la pluie ? Ces nuages, qui sont des amas de vapeurs humides, ne peufent-Us pas se fondre en eau sur ma t^te quand Tair est sec comnio lorsqu'il est niouillé ? Non, ils ne le peuvpnt pas; car un air sec, comme une terre sèche, comme une éponge sèche, peut al)Sorber beaucoup d'humidité ; et si les nuages se condensaient en eau , cette eau serait dissoute et se répandrait, en humidité, dans Tair avant d'arriver sur la terre, en pluie. Je voyais mOme , tout à Theure , un petit image blanc que j'ai suivi des yeux, qui ne s est réuni à aucun autre, et qui ce|>endant a disparu. Il s*est fondu dans Pair ; si Tatmasphore avait été déjà chargée d'humidité, il serait tombé en pluie.

• Allons, je vois que j'ai chez moi un excellent baromètre dont je ne aa'éiais pas avisé, et ce qu'il y a de charmant un baromètre qui prend dcaaouris.

• Ces réflexions et quelques autres m*onl conduit jusqu'à Villeneuve- Saint-4;eorges.

- Oh ! le joli petit tableau que j ai vu avant d'entrer dans cp bour^: ! •Est-ce un tableau d'histoire? demanda-t-on en riant? — Non, Madame, un tableau de genn*, vi qui porte \\out titre : iui marrhanded^

• Elle avait un âne dont les paniers étaient pleins de cerises, et elle at* tendait les chalands; mais, comme vous savez, rien n'est si ennuyeux que d'attendre. C'est alors qu'on est bien heureux de savoir lin*, et la petite paysanne avait ce btmlieur-là. Assise sur un banc, au pii**! d un grand arbre , elle tenait un vieux bouquin qu'elle lisait avec la plus grande attention : il fallait que ce fût le Chat botte , ou toute autre hiatoire aussi grave, car la jeune personne ne levait pas les yeux de Jcsaus son livre.

• L'àne se désennuyait aussi de S4mc<^té. à sa manière. Campé sur ses quatre jambes devant sa maltresse, il mangeait Tavoine qu'elle avait niae dans son tablier. Afin que l'avoine ne se perdit pas, les deux boula du tablier avaient eti" nou(*s sur le cou du l'Ane , et la gentille paysanne, en écartant un p«*u les genoux, lui avait pratiqué une auge tout à fait commode.

- En arrivant, j'ai vu ce groupe de profil; la tête du baudet s'enfonçait pour cherclier les derniers grains de son souper; et ses deux

oreilles, grandes et redressées, sortaient seules de ce réduit, et s'élevaient fièrement vers le ciel.

» Deviame aurait fait de Tensemble du groupe un charmant tableau. 11 faut que je lui en parle.

» J*ai traversé le bourg afin de revenir le long de la petite rivière d'Yères. Les jolis coteaux ! qu'ils sont riants! C'est que dans ce canton chaque propriétaire ne cherche pas à s'entourer d'une triste muraille. Rien n'embellit un paysage autant que les haies vives ; j'ajouterais volontiers : rien ne défend mieux les propriétés, quand ces haies sont bonnes, et il est facile de les faire bonnes, surtout à présent que nos naturalistes nous ont procuré une foule d'arbres et d'arbustes propres à cet usage. Qu'on entoure son jardin d'acacias en buissons» ou encore mieux de féviers épineux, Gleditschia triacanthas de Linné, dont les épines dures, aiguës, dirigées en tout sens, ont trois ou quatre pouces de longueur: le plus intrépide voleur n'aura garde d'y pénétrer.

9 Dans un endroit où la rivière vient s'approcher du chemin, j'ai vu un pécheur à la ligne. Je lui ai souhaité bien du plaisir et J'ai continué ma route. Ce divertissement ne sera jamais le mien : il faut avoir trop ou trop peu d'esprit, pour s'y plaire.

• Vous savez qu'après avoir traversé le village d'Yères, à deux ou trois portées de fusil plus loin, on rencontre l'abbaye, ou plutôt les ruines de l'abbaye d'Yères. C'est une belle chose que les ruines d'un monastère? Elles inspirent au philosophe des réflexions sur l'empire inévitable du temps , Yedax rerum d'Ovide; les personnes sensibles y puisent quelques gouttes d'une délicieuse mélancolie; les âmes dévotes y recueillent des sentiments pieux, et le poète y trouve des sujets d'élégies. Sans être poète, j'y ai rencontré deux ou trois romans, dont je ferai quelque jour présent au public.

» Dans ce qui formait le cloître, tout un mur avait été abattu, et un rang de cellules ouvertes d'un côté et suspendues en Pair, dévoilaient aux regards des profanes les mystères de leur intérieur. Debout sur une pierre de taille élevée, j'observais cela comme le diable boiteux observait l'intérieur des maisons de Madrid. Combien de nonnes mon imagination apercevait là-dedans ! et que de choses diverses je leur voyais faire!

» Un peu plus loin, sous le toit de l'église, les hirondelles avaient construit une foule de nids; elles allaient, venaient, par milliers, de leurs nids à la rivière et dans les champs, et de là revenaient à leurs nids? toujours sifllant et glissant sur les airs avec leurs longues ailes aiguës. Mais, ô crime ! des garnements, au détour d'un mur, une longue ramure à la main, en abattaient toujours quelques-unes au passage 1

« Quand on se promène en observateur, si l'on rencontre des plaisirs, on rencontre aussi quelquefois des chagrins. Seul, contre tous ces

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