‹ Œuvres diversChapitre 118 sur 128 · IK TALKNT OK VOIR · texte numérisé non relu

IK TALKNT OK VOIR

mauvais (letits sujets. cVst bien en vain quo j*aiirais voulu les empi^rluT tlo rontiiuier li'urs jeux barbares. Je me suis approebé d'eux ce- |M*iuianl; jVn ni pris un par le bras, et je lui ai dit : — Mon ami, tu ne sais pas? on emmène Ion |iapa et ta maman. — Le |H*tit i^areon ma re* ^arde «*ntre les deux yeux, eomme |H>ur nu* demander si i*elait bien \rai.— Oiii,ai-je eontinui', des soldats sont venus, et, dans ce moment, ils emnit*nent ton |Mipa et la maman sans vouloir <'*couter leurs raisons.

> Aussitôt l'enfant M'est mis à courir à toutes jambes du cV>tê du village.

* Je me suis ensuite appn)elié d'un auln* et je lui ai fait le m^mc conte : iHï est venu prendre les iwrents; et les tiens aussi, ai-je dit k un troisième; et les petits fsari^ms de courir.

- J*ai voulu en trom|>4»r un «piatriéme; mais celui-là. un peu plus grand que les autres, na |»as etè ma du|H>. - tie n'est ims vrai, ce que vous dites-là, a-t-il repondu en ib)nnant un coup de coude.

Mais si cela était vrai . ai-je repris? si on enlevait ton p^^re et ta mère, qm* rerais-lu.' que deviendrais-tu?.... Tu ne n'^poiids pas. Je le sais bien, moi, ee que tu deviendrais. Personne ne prendrait plus soin de toi, personne ne te donnerait plus des habits et du pain; tu mourrais de Taini.

• l.«* jeune (garçon, un peu bonteux et ne sacliant que me rê|>ondre, voulait s'elni}:iier de moi; je l'ai arrêté par le bras, je lui ai montré le t<Ht et les nids d'biroiidelles. Ou «"St-ee qu'il y a lù-haul? ~ lies nid.«i. — b.i dans l'es nids.^ — |H"S petits ois4'au\. - Oui, c'est vrai, des enfants d'hirondelles; et si \ous altatte/. b*urs |HTes et leurs mères, que «leviendront-ils? •

> 1^ mon jeune homme a voulu encon*s*en aller: mais j'ai ré|H*tê ma question : • Uue deviendront-ils? — Ils mourront de faim. — Ile! d'où vient, mon cher ami. leur fais-tu MiulTrir si i^aiemeiit ce que iii serais SI fâche de MtulTrir tui-nième? Tes |»etits camara<les qui courent au \illa):e vont être bienttM detnmip^'s; ils trouveront leur mère: mais ces |ietits ois«'aux ne verront plus n*venir la leur, que lu as prise ou luw. Je ne l'en veux pas de ee que tu as fait jusqu'à pnsent, parce que tu l'as fait sans réflexion : mais je t'en voudrai pour tout «le |)on, si tu le fais encore.

- " Je ne le ferai plus. Monsieur, m'a-t-il n*pondu d'un air moitié h«Miteux. moKif altiMnlri. — Itien MUemenl?^ Ob! oui. sùn^ment. — Ko ce cas. nou«^ resti*roiis amis ; touche-moi la main. Touche donc. Iton.

- Il a repii> bien vite un air S4)uriant et content de lui. et j«* lui ai recommaiiib*. en li* quittanl, de raconter à s«>s camarades tout ce que je lui avais dit. Il m«* la promis, et j'en crois sa promesse, car en me retournant quilqiies iiistanls après, je l'ai vu Ucher une hirondelle qui

J.-l. SAT. — IV. 4i

n'avait été qu'étourdie et qu'il tenait dans le coin d'un buisaon, attachée par la patte.

» J'avais quitté mes petits garçons, et pour revenir ici, je remontais h colline, plongé dans de très-graves réflexions sur Téducation, lorsque j'ai rencontré la pension de Brunoy toute entière, maîtres et élèves, qui marchaient par groupes répandus sur un long espace de terrain avec assez peu d'ordre comme à la suite d'une longue course.

» En voyant une pension, il m'a toujours semblé qu'on pouvait démêler les caractères futurs dans les habitudes présentes, et par suite le rôle que joueront ces jeunes acteurs sur le grand théâtre de la vie. En avant avec le maître marchaient deux jeunes gens qui paraissaient être ses favoris; l'un d'eux portait son chapeau, l'autre le questionnait et recevait ses oracles, et lui répondait d'un air empressé. VoiU. me disais-je, des hommes qui s'approcheront des sources du pouvoir, qui trouveront que les gens en place et les gens riches n'ont jamais tort, et pour lesquels seront toutes les grâces.

» Un élève grimpait à genoux pour attraper un scarabée sur l'escarpement qui bordait le chemin. Il l'atteint, le saisit, redescend a?ec sa proie, l'examine, développe avec une épingle ses antennes, ses ailes... Voilà, me dis-je, un naturaliste, que l'attrait des observations rendra étranger au monde et aux affaires.

» Un groupe de rieurs venait ensuite et se tenant par le bras, sautaient plutôt qu'ils ne marchaient autour d'un conteur plaisant qui les divertissait. Le conteur, me suis-je dit, cherchera les succès de société et fera son bonheur de plaire dans le monde. Les autres, sans songer aux études, sans songer aux affaires, iront où le plaisir les appellera.

» Un élève d'un air sombre, marchait seul de l'autre côté du chemin, ne s' entretenant qu'avec lui-même, il paraissait jaloux du succès des uns et du plaisir des autres. Dieu vous garde, mes bons amis l La jaquette de celui-ci enferme un futur usurpateur qui médite sur le< moyens de vous dominer et de vous amener par la force à faire attention à lui. »

Notre promeneur en était là de sa narration, lorsque Froidure ayant achevé son somme, ou bien ne rayant fias commencé, vint au jardin retrouver la compagnie. Je vous conterai le reste une autre fois, dit Vertage; on insista pour avoir la suite, il ne voulut pas la donner. Aussi bien il se fait tard, ajouta-t-il.

Lors une de ces dames s'adressant au grand jeune homme : « En vérité, Monsieur Froidure, lui dit-elle, il est fâcheux que vous ayez mal choisi votre promenade; car si vous étiez allé du même côté que Monsieur, vous vous seriez fort amusé. Par où avez-vous donc passé, pour vous ennuyer comme vous avez fait?

Page 1