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CHAPITRE VïII. — De la formation des capitaux

Comment se forment les eapitatus ?

Par des épargnes.

Qu'est-ce qu'une épargne?

Nous épargnons quand nous ne consommons pas pour nos besoins ou pour nos plaisirs une valeur nouvelle, résultat des profits que nous avons faits. L'épargne est la valeur qui a été ainsi épargnée. C'est par des épargnes successives que l'on forme et que Ton grossit ses capitaux.

Comment V épargne peut-elle grossir un capital?

Parce qu'un profit est une valeur nouvelle, indépendante de nos

produits à un prix inférieur à ce que les services productifs lui ont coûté. Mais quel motif détermine le consommateur à mettre au produit un prix tel que les services productifs soient remboursés? L'utilité, et l'utilité seule; car il est bien évident que si un ouvrier se donne beaucoup de peine pour faire une chose qui n'est bonne à rien, personne ne voudra payer un prix quelconque pour cette cbose.

Quiconque livre ses ouvrages à l'impression doit s'attendre aux jugements hasardés qu*oa en voudra porter, et s'en inquiéter peu, s'il a raison. {Sot$ de VAuteutJ)

* La force corporelle et l'intelligence sont des dons gratuits que la oatare aecorde spécialement à l'individu qui en jouit. Les fonds de terre sont des dons gratuits faits en génénl à l'espèce humaine qui, pour son intérêt, a reconnu que certains hommes en particulier d^ valent en avoir lu propriété exclusive. Voyez plus loin le chapitre xvii, de la propriété.

{Note de V Auteur.)

rmiis de terre eC de mis fonds capilaux aDtérieuremcnt existants. Or, quand ct-tle valeur nouvelle est employée en forme d'avance, c*osla-dir« perpétuellement reml>ourséc, elle compose un fonds permanent qui dure aussi longtemps qu'on ne le dissipe pas« et qu'on remploie à éts usages reproductif»; ce qui constitue une nouvelle portion de capital.

hcia%rc%MS€z cette idée par an exemple.

In bijoutier qui fait pour 6000 francs de profits dans une année, s*il le molente de 5000 francs pour la dépense de lui et des siens, aug- ■Hilera son capital de 1000 francs.

Commumt peut-il employer cette épargne à des avaneei productire*? Il achète une plus grande quantité des matières qu'il façonne, il saline un |4us grand nombre d'ouvriers, etc. Dès lors il travaille avec uo lAus ^niei capital ; vi l'a ti^^nitMiia lion de ses profils est le prix du seriH'<r n iiJu par W nouveau rapilal qu'il m«*t en œuvre. Otmnieni vn capitaintr fteut-il emploie 9e$ épargnes? I n capitall^te qui prête ses capitaux, s'il en retire 10,000 francs de \TiAi\> ou d iiitiTiMs Hii iNMit di* Tan, ol s'il n'en dé|)ense que 9000 Au«:m«*nlf son capiial do 1000 francs qu'il prête soit aux mêmes cmprunlfurs, suit à d'atilri*s.

, \hi^ p^ut fa rf un /fntpriftnirr fimeier de ses épargnes?

hnir pUivr At-s •'•parques, il peut, soit améliorer ses fomis pnr de «•'•u«rlk-M*iJii<«tru('lii)i)^, suit |irêt«*r si*s épargnes à un liomnii* capable de les faire valoir et qui hii en paie un loyer, qu'on appelle un inhTi^t. I^lors il devient capitalirile en même temps que propriétaire fouf»f.

S'il emploie ses e^Hirgnes à tarkat d'un nouveau morreau de terre^ peut- <irfifr que le* rapitaux de la société sont augmentés?

Uui ; car si celui qui a fait l'éfiargne et qui achète du terrain n'a plus ^ rafiilal pour faire des avances à l'industrie, le vendeur du terrain » trouve l'avoir.

LmÊuuemi fait «a salarie pour se former un capital? Il rst obligé de pnHer m*s é|)argnes à un entrepreneur d'industrie, nr II n V a que les entrepreneurs qui puissent faire valoir un capital, f't captai peut-il se détruire comme se former? iNn: il suffit pour cela, au lieu de consacrer un capital k des avanf^qui seront remboursées par des produits, de l'employer à dos awi- * TimaticmA mm productives.

n OEUVRES DIVERSES.

Les sommes épargnées ne foni-elles pas tort auœ produeleufsF

Non, si elles sont employées producUvement.

Je croirais qu'une dépense supprimée supprime la demande qu'an/aisaU d'un produit et les profits que les producteurs faisaient sur ce produit.

Une dépense productive, .bien qu'elle ne soit qu'une avance, néoessite la demande d*un produit.

Montrez-moi cela par un exemple.

Si j'épargne sur mes profits 1000 francs, et que je les prête à on entrepreneur de maçonnerie, j'achète moins de ses produits qui servent à ma consommation, jusqu'à concurrence de 1000 francs; mais le maître maçon achète pour 1000 francs de produits de plus qu'il n'aurait fait. Seulement ce sont des produits différents. Ce sont peutêtre des pierres de taille, produits du carrier ; des outils de son métior, produits du taillandier; ce sont des journées d'ouvriers, et ces ouvriers emploient leurs salaires en nourriture, en vêtements, qui sont également des produits de différents producteurs. Cette épailgne peut donc changer la nature des demandes, mais elle n'en diminue pas la somme.

ffa-t-elle pas des avantages réds?

Oui; elle permet à différents travailleurs de tirer parti de leurs fih cultes industrielles, de faire des profits qu*îls n'auraient pas fait» et dt les renouveler sans cesse, parce qu'un capital employé à des avances rentre autant de fois qu'U est avancé, et chaque fois il est de nouveau employé à acheter des services productifs ^

€kmment peut-on connaître si Von a augmenté ou diminué son eapitalt

Ceux qui n'ont point d'entreprise industrielle peuvent compafer ce qu'ils ont reçu avec ce qu'ils ont dépensé. S'ils ont moins dépensé qu'ils n'ont reçu, leur capital est accru du montant de la différence.

Pour ceux qui ont une entreprise industrielle, il n'y a d'autre moyen qu'un inventaire fidèlement dressé des valeurs qu'ils possèdent celte année, comparé avec un pareil Inventaire dressé les années précédentes.

Pùurqwn un inventaire est-il nécessaire du moment qu'on a une entre* prise industrielle f

Parce que le capital d'un entrepreneur se compose de divMM marchandises faisant partie soit des approvisionnements, soit deaes produits, qu'il doit évaluer au cour» du jour, s'il veut connaître son

• Voyez lc8 chap. ixtcI ixvi.

CATtr.HISMt: D ÉCONOMIR POLITIQUE. S5

brn la iMjeun* partie do son capital a changé de forme dans Tespace d um* anm'v : les provisions, les marchandises, qu'il |H)SS(*dait, sont u»* valeur qui a été nnisommét* rcproduclivement. Ce n'est donc lu'm comparant cette valeur avec celle qui, en est rfeultée que Ton l«rul avoir si la valeur capitale s'est accrue ou diminu<^; *.

CBAMTRK IX. — Des produits immatcJricIs.

{funt-^r qu'un produit immatrrif I?

fin désigne par ce nom une utilité produite, qui n*est attachée à lunine matière, qui cependant a une valeur, et dont on peut se •mr.

tkmwfz-men de* exemples.

I n chirurgien teil une opération qui sauve un malade, et sort apKrs irnir rp<:u ses honoraires : voilà une utilité vendue, payi*e, et qui ceprodant n*a pas été un seul instant attachée k une suhstance maténrlie. cnmme lutilitéqui est dans un habit, dans un chapeau.

Iles musiciens se rassemblent dans une salle |M)ur donner un conrrrt II en rt'*sulte un délassement assez désirable pour qu'un auditoire nombreux se réunisse et paie en commun la jouissance qui résulte de rette représentation. Voili une utilité produite, achetée et consommée, sanib avfiir été un seul instant atlachtH* » une substance matérielle.

Vmlà di-s produits immatériels.

fjm»A*^rrtZ'\'OUs relativement aux produits immntèrielsy

Qu'ds n'ont d'autre dun*e que le temps de leur production, et ■;uiU doivent nt'cessairement tMre consommés au moment même qu'ils mot produits, lue personne ()ui n'aurait pas entendu un concert qui nnit d*Mre terminé, n'a aucune t»s|M*ranci^ de pouvoir jouir de son

* l ■ (tMr wtÊimtmWke an^lai*. n.i?t«l Rlrordn, m'a fait nbKcr^rr. k ce »U|ol. qiir IV- Mliit— dr l*UMâeffrtMMe, quolqur pliuflrvéïi* qii«' rrllc ili* l'anmT «h rtiirir. nnX |Niint mr pfcvi» qvr leoifiltal anélé arrru. rar la moannic qui a t€'X\\ \ fairi* Im «Iciii rvaln .> (■M. frmX aifiir da-alaw épiiNivi* un dirlin dan» m rairur. !.*fib>orvatifNi e>X juf(t*», ri HimMUtoti mnlmur dan» Ir |p\tr nWl \ralt' que Mani» r!i>piilhr>4« qur In UHmnair. ou • ■■»f*«n^t»rquelnniqiiequl f^rt auv i|ru\ évaluation», n'j |Miinl \m\v ilann rinlrnallr. •^ •■«^■f p«i df ir tmoiiirr à rrl r^ard, hirM|u'on ii'|»'U' Ii-k invrnlairps Imii^ II** an», *•! ««• Ia4 Ira r«aloatioiw m fimnnalp d'ar«fnl. parrr quf lr> variation» Av vairur que prut «kf rr'ir iiiarrlundi»^. lunl nrrffMirornrnt fort irnic*', p:ir «!«»« rai*fin»qur j'airxpoMf*

Viiri" t\e l'Aufrur

Zê (JËIJVRES DIVERSES.

exécution. Pour qu'elle se procure cette jouissance, il faut une production nouvelle; il faulquele concert soit recommencé.

Les produits immatériels sont-ils des produits de industrie?

Sans doute; et Ton observe, dans Tindustrie qui les produit, le» mêmes opérations qui concourent à la création des produits matériels: plusieurs genres de connaissances leur servent de base; il faut que de» entrepreneurs appliquent ces connaissances aux besoins des consom^ mateurs; souvent plusieurs agents sont employés àTexéculion; enfin, pour que Tentrepreneur qui a fait les frais de leur production ne soit pas en perte, il faut que la valeur du produit lui rembourse le montant des avances qu*il a faites.

Donnez-moi quelques exemples du besoin qu'on a, de Fusage gu on fait de plusieurs produits immatériels.

Les militaires sont utiles à la communauté, en se tenant toujours préparés pour la défendre; les juges sont utiles en administrant la justice; les fonctionnaires publics, dans tous les grades, en prenant soin des affaires de la communauté, en veillant à la sûreté publique; les ministres de la religion en exhortant aux bonnes actions et en consolant les affligés. L*utilité de ces diverses classes est payée au moyen des contributions publiques fournies par la communauté*.

D*autres classes dont les services fournissent des secours ou des délassements, ne sont payées que par les seules personnes qui jugent à propos d'avoir recours à elles. Telle est la classe des médecins, qui n*est point payée par la communauté, mais par les personnes seulement qui ont recours à leurs conseils. Les avocats sont dans le même cas. Les comédiens, et en général les personnes qui travaillent pour

* On sent que la multitude des conséquences et des applicaUons que Ton peut faire des principes de réconomie politique ne peuvent être remarquées ni même indiquées dans un ouvrage du genre de celui-ci, dont le but est seulement de répandre quelques notions Justes relativement aux principes fondamentaux de cette science.

De ce que les services rendus par les administrateurs, les Juges, les militaires de tew lès grades sont des produits immatériels quand ces services soDt fMamés par les beiolos de la société, il ne s'ensuit pas qu'ils soient des produits quand Us ne servent de rien à te société. Un pays qui, salarie un état-major trop nombreui«4Ni Vmp bien galonné, conaornois des frais de production qui n'ajoutent rien à rutilité du produit* Il ressemble à ans nation qui, pour se chauffer, consommerait dans ses cheminées des bûches faites m tour.

Ce serait bien pis si, au lieu de faire payer à la naUon un service inutile, on loi j payer un tort véritable qu'on lui ferait regarder comme un service qu'on lui rend.

{JSote de V Auteur.)

le Afcrtiwcmant du public, produisent de même une satisfaction que Ifssrulfs personnes qui veulent y prendre part sont tenues de payer, ft qui n*e\iste plus du moment que Texêciition en est achevée.

Utfmds de terre ne produisent-ils pas une utilité qu'on peut appeler immatérielle:^

(Kii; tous les jardins d'agrément qui ne produisent aucun fruit, «mm bois qui aient une, valeur Jointe à leur matière, procurent du anïDs une jouissance à ceux qui en font usage. Cette jouissance a M prii, puisque l'on trouve des personnes qui consentent à Tacheter piron loyer; mais le produit qui Ta procurée n*existe plus. La jouisiure qu'on recueillera Tannée prochaine, du même jardin, sera un Bourrau produit de cette nouvelle année, et ne sera pas davantage Ntfceplible de se conserver.

Xf a^i'il pas des capitaux qui donnent des produits immatériels ? Oui; ce sont ceux qui, par leur service, procurent des jouissances, nais ne font naître aucune valeur nouvelle. tkmmez^m'en des exemples.

l ne maison habitée par [son propriétaire est une valeur capitale, puisqu'elle est née d*a(^umulations, do valeurs épargnées et durables. OpeDdant, elle ne rapporte point d'intérêts à son propriétaire; il a'eo tire pas non plus des matières qu*il puisse vendre ; mais elle produit pour lui une jouissance qui a une valeur, puisqu'il pourrait la ven* dres'il consentait à louer sa maison. Cette jouissance ayant une valeur rreile, et n'étant pas jointe i un |iroduit matériel, est un produit immatériel.

im en peut dire autant des meubles durables qui remplissent la maison, de la vaisselle et des uslensilrs d*argent, etc., qui rapportent Don un intértM, mais une jouissance.

Pourquoi ne dites-tous cela que des ohjrts durables? Parce que, quand la consommation détruit la valeur du fonds, cotf valeur n'est plus une valeur capitale, que Ton retrouve après s'en être lenri. Mon argenterie est un capital, parce qu'après m*en être servi on an. dix ans^ j'en retrouverai la valeur principale; je n'aurait con- MMuiM* que Tutilité journalière dont elle pouvait être'; mais les chaus-

* ( ùr piTMnnr a qui on Imif dr I ar^mtcne n'arqiiifrt pa» b valeur dm ohjrtu d'arufol; •Ar ar^uirtt irulniiml. prnn tout le Irnip» qiiVllr l.i lirnl a lo%rr, TiiUliK' )«iurn.ilHTr qui Ml Mtift 4t rargcntrrle. Sntr âe VA n r^w r .

sures que je porte ne sont pas un capital, car quand je les aurai usées, il ne restera plus en elles aucune valeur.

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