‹ Œuvres diversChapitre 14 sur 128 · CHAPITRE X. — En quoi consistent les progrès de l'industrie · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. — En quoi consistent les progrès de l'industrie

A qtiel signe peut-on connaître que l'industrie fait des, progrès dans %% pays?

Lorsqu'on y remarque des produits nouveaux qui trouvent à se vendre, ou bien lorsqu'on voit diminuer le prix des produits connus. Dans l'un et l'autre cas, il y a de nouvelles jouissances acquises parle public, et de nouveaux profits gagnés.

Pourquoi aux mots : produits nouveaux , ajoutez-vous : qui' trouvent & se vendre?

Parce qu'un nouvel objet dont le prix n'atteint pas ses frais de production, ne peut donner lieu à une fabrication suivie: on perdrait à s'en occuper. Il n'en peut résulter ni jouissances nouvelles, ni proGts nouveaux. Ce n'est pas un progrès.

Je conçois qu'un nouveau produit procure des jouissances ei des profits nouveaux^ mais je ne le comprends pas de même quand ce sont des produits déjà connus qui diminuent de prix.

Un produit, lorsqu'il baisse de prix, se met à la portée d'un certain nombre de consomma tpu(*s qui, auparavant, n'en pouvaient pas faire la dépense. Beaucoup de familles peuvent acheter un tapis de pied lorsqu'il ne coûte plus que 50 francs, et s'en passaient quand il fallait le payer 100 francs.

Si, en même temps, les étoffes dont se faisaient les robes de la mère et des filles ont baissé de 100 francs à 50, il n'y a toujours, dansi cette famille, que 100 francs dépensés, et il s'y trouve une consommation plus considérable.

La seule possibilité d'acheter des jouissances nouvelles est équivalente & des profits nouveaux; mais nous verrons tout à Theure qu'aux avantages que les hommes trouvent comme consommi|teurs dans les progrès industriels, ils en trouvent d'autres comme producteurs.

Quelles sont les causes auxquelles il faut attribuer les progrès de Cinr

dustrie?

Parmi ces causes, il s'en trouve qui agissent d'une manière générale, comme les progrès des connaissances humaines, les bonnes M,

il bonne administration du pays. D'autres agissent plus immédiate-

mnt : telles que la division du travail, un emploi mieux entendu des

msCniments dont se sert Tindustrie, et particulièrement des agents

oiturels dont le secours est gratuit.

Qu'fntetuU^ vous par ia division du travail.^

<:'est cet arrangement par lequel les travaux industriels sont répar-

Ui entre diflerenls travailleurs, de manière que chaque personne s*oc-

aipe toujours de la môme opération qu'elle recommence perpétuel-

Amum^-mVm «Il exemple.

Dans la fabrication des épingles, c*cst toujours le même ouvrier qui pÊSÊe le laiton i la filière; un autre ne fait que couper le Dl de laiton par bouts d'une longueur pareille; un troisième aiguise les pointes; la l^te seule de l'épingle exige deux ou trois opérations qui sont exémires |iar autant de personnes diflcrentes. Au moyen de cette séparation des emplois, on peut exécuter tous les jours 48,000 épingles dans une manufacture, où l'on n'en terminerait pas 200 s'il fallait que chaque ouvrier commençât et finit chaque épingle l'une après l'autre.

V rrmaniue»î*(m pas les effets de la division du travail autre part çue dams les manufactures?

On peut les observer partout dans la société où chacun se vouo exclusivement à une profession difTérenle, et la remplit mieux que si chacun voulait se mêler de tout.

Qu'en canctuez'ivus f

Uu'il n'est |»as avantageux de cumuler les occultations diverses; qu'il confient au clia|H.*lier de commander st*s habits au tailleur, et au tailleur de ci>mmflnder ses chapeaux au chapelier. Par la m^me raiion, nous devons croin' que l'industrie est plus |)erfcctionnée quand U- mmmerre en gn»s, le commerce en détail, le commerce avec rmlérieur, le commerce maritime, etc., sont l'objet d'autant de professions diirérentes.

Comment tirr^inm plus de parti des instruments de l'industrie?

En les occupant plus constamment et en tirant plus de produits des mHsïcn instruments. C'est ainsi que l'agriculture est plus avancée 11 lii, au lieu «le lai.vser les terres en jachères, on leur procure du repos ^ clw0|N*anl (le culture. Tn manufaclurier actif qui exécute ses o\hk ralmiw plus rapitlenieiit qu'un autre, «*t qui nimmeuce i*t termine nnq fois ses produits dans le cours d'une anni*e, au lieu de quatre, tire

un plus grand service de son capital, puisque avec le même capital 3 fait cinq opérations au lieu d'une.

iTy a-t'il pas une autre manière de tirer plus départi des instruments de Vindustrie ?

Oui; elle consiste à remplacer des instruments coûteux par d'autres qui nous sont offerts gratuitement par la nature : comme lorsqu'on fhit moudre le grain par la force de Teau ou du vent, au lieu de faire exécuter ce travail par des bras d'hommes. C'est l'avantage qu'on obtient ordinairement par le service des machines.

Le service des machines est-il avantageux aux producteurs et aux consommateurs?

Il est avantageux aux entrepreneurs d'industrie aussi longtemps qu'il ne fait pas baisser le prix des produits. Du moment que la concurrence a fait baisser les prix au niveau des firais de production, le service des machines devient avantageux aux consommateurs.

N'est' il pas dans tous les cas funeste à la classe des ouvriers^

Il ne lui est funeste qu'à l'époque où l'on commence & se servir d'une nouvelle machine; car l'expérience nous apprend que les pays où l'on fait le plus d'usage des machines, sont ceux où l'on occupe le plus d'ouvriers.

Les arts même où l'on a remplacé par des machines les bras des hommes finissent par occuper plus d'hommes qu'auparavant.

Citez-m'en des exemples.

Malgré la presse d'imprimerie, qui multiplie les copies d'un même écrit avec une étonnante rapidité, il y a plus de personnes occupées par rimprimerie à présent, qu'il n'y avait de copistes employés auparavant à transcrire des livres.

Le travail du colon occupe plus de monde maintenant qu'il n*cn occupait avant l'invention des machines à filer.

le service des machines ne tend-il pas au perfectionnement de la société en général?

Tous les moyens expéditifs de produire ont cet effet à un point surprenant. C'est en partie parce qu'on a inventé la charrue qu'il a été permis aux hommes de perfectionner les beaux-arts et tous les genres de connaissances.

Dites-moi par quelle raison.

Si pour obtenir la quantité de blé nécessaire pour nourrir un peuple, il avait fallu que ce peuple tout entier fût employé à labourer la terre

avfc II bêche, personne n'aurait pu se vouer aux autres arts; mais du mnoent que quarante personnes ont suffi pour foire pousser la nournuirv de cent, il est arrivé que soixante personnes ont pu se livrer à d'aoU» occupations. Elles ont échangé ensuite le fruit de leurs traiwi contre le blé produit par les premières, et la société tout entière l'est trouva mieux pourvue d*objets de nécessité ou d'agrément; ses bnillés intellectuelles et morales se sont perfectionnées en même icn|isque ses autres moyens de Jouir.

(JIAPITRE XL •— Des échanges et des débouchés.

(hi *«/•€« 9«'o» entend par un échangea

In échange est le troc d^unc chose qui appartient à une personne, rootre une autre chose qui appartient à une autre personne.

Lm ventes et ies aekait toni-ih des échanfjes?

\jn vente est réchange que Ton fait de sa marchandise contre une «omme de monnaie; Tachât est réchange que Ton fait de sa monnaie contre de la marchandise.

i/mei hni se prapose^t'On çuamd an échangé sa marchandise contre une %i>mm^ de monnaie^

On se propose d'employer cette monnaie à l'achat d*une autre nardundise; car la monnaie ne peut servir à aucune autre fin qu*à

(hi V» concluez-voMS?

Que les ventes et les achats ne sont, dans la réalité, que des échange» de produits. On échange le produit que Ton vend et dont on n*a pas besoin, contre le produit qu'on achète et dont on veut faire usage. 1^ mmmaie n*est |>as le but, mais seulement rintermédiaire des rrhan(;t*s. Klle entre passa K<*rement iMi notre |K>ss4^on quand nous rendons; elle en sort quand nous achetons, et va servir à d'autres personnes de la même manière qu elle nous a servi.

Lrs échanges sant-its prwtuctifs de richesses f

>'on« pas directement ; car rien ne produit de la richesse, que ce qui ajoute à la valeur des choses en lyoutant a leur utilité K Or, des objets

|i<«ifi«irnt lïr ikinnrr U'nuroup d'aUrntion a rc principe, i|u« nni n*auuiiit*nlr In \ ^ne ce qui »fnn\p a la Yalmir dradiotm, m ajoutant à Ifur nlililr. Quaiul Ir c«miiffmrai. apréa l'éire rrwnrf la Trnte du tabac, voua tnâ troli francf unf hvrr df rdU

4d OEUVRES DIVERSES.

échangés ont passé dans des mains différentes, sans avoir, après l'échange terminé, une valeur courante supérieure à celle qu'ils avaient auparavant.

Pourquoi donc les échanges jouent^ils un si grand rôle dans Fécanomie sociale?

Parce que chaque personne ue se consacrant qu'à un seul genre de production, et une multitude de produits^ui étant nécessaires, chaque personne ne consomme jamais qu'une très-petite partie de ce qu'elle produit, et se trouve forcée de vendre tout le reste pour acheter la presque totalité des objets dont elle a besoin.

marchandise, qui ne lui revient qu*à un franc, il ne triple ims la rldiesae que le pays possède en tabacs. 11 crée une richesse égale à vingt sous : c'est le prix de ruUUté donnée à ce produit par les producteurs; et en même temps il fait payer à chacun de ccai qui veulent consommer une livre de tabac, un droit de quarante sous, pour lequel il ne donne rien. Ces quarante sous sont nue oontribuUon, un impôt qui passe de la poche du contri- «buable dans les mains du receveur : ils sont une richesse précédemment créée, non par les producteurs de tabacs, mais par le contribuable, et que celui-ci sacriQe gratuitement aux besoins de l'ËtaL

De même, lorsqu'une gelée tardive endommage la vigne, et fait monter à cent cinquante francs les tonneaux do vin déjà existants, et dont les firais de production et le prix ne a^élevaient qu'à 100 francs, il ne faut pas croire que la richc^e du pays soit augmentée. Les jcinquante fran(» que gagnent, dans ce cas, par tonneau, les propriétaires de vins anciens^ sont perdus par les consommateurs de cette denrée. L'effet est le même que si les pnn priétaires avaient vendu leurs tonneaux 100 francs chacun, et s'étaient fait payer, en oa* tre, 50 francs par les acquéreurs, comme une espèce d'indemnité des pertes qalli oot à supporter dans les mauvaises années.

U n'y a de richesse produite que la valeur des services productifs qui ont servi à créer un prodoit ; car la valeur d'un produit qui excéderait celle des services producUfs, serait une richesse naturelle pour laquelle on n'aurait rien donné ; la faire payer, dans oe cas, aérait recevoir on tribut gratuit. Tel est le nom mérité de tout excès de valeur fondé sur un besoin extraordinaire, sur un monopole, sur l'ignorance où l'acheteur est du prix courant, etc.

Si, par impossible, le gardien d'un prisonnier renfermé dans un cachot lui vendait à prix d'argent la lumière du soleil, certes, le prisonnier achèterait une chose pour lui d'un grand prix, mais la valeur de cette précieuse lumière ne serait pas une richesse de plus dans le monde. Ce serait un bien naturel et gratuit, étranger aux richesses sociales, que le geôlier vendrait contre une portion quelconque de richesses sociales, de richesses produites, dont il dépouillerait le prisonnier.

M.David Ricardo, en Angleterre '«me reproche de ne pas tenir compte de ce qu'il appelle, d'après Adam Smith, value in use {valeur d'utilité, ou plutôt utilité tant valeur, par valeur d'utilité^ est, h mon gn*, un contre-sens, et voilà pouniuoi j'ai rejeté celle

* On the prhuiptes o/polilical Ev.onnmy, 2' «lit. , |>. 336.

' Smilb, tvec son bou flciis ordinaire, tpr<» avoir wulenicnt nuramé rcUc valeur d'utilité^ oc Ja f^i jamais entrer dans ses consid<^n(ions d'éionoiiiie politique.

CATËtlIlISME D'ÉCONOMIE POLITIQUE. 43

Vy « Ni poÊ de$ pen/mnen qui aekètent sans produire?

Il n'y a que celles qui vivent de secours gratuits qui puissent acheter san^ produire; et alors elles vivent sur les produits des personnes do qui t*lles tiennent ces secours.

/ m propriétaire fimcier flùchèU-i-il pas sans produire et sans tenir des tttomrs f autrui?

In propriétaire foncier produit par le moyen de son instrument, de M terre. Le loyer qu'il en reçoit est le prix du blé ou de tout autre produit qu'il a obtenu pour sa part dans la production k laquelle il a coairibuê par la collaboration de sa terre.

Il en est de môme du capitaliste. L'intértH de ses fonds est le prix de §a part des produits auxquels ses fonds ont concouru.

{^mtte différence mrttez-vous entre le prix des produits et leur va- Ifur?

Le prix est la quantité de monnaie courante que Ton peut obtenir

ftyryMîon <k SmithV Ccttet, ce n'itt pu hd« deuetn ; Jo pen«« que de rulilltr «aiu valeur

B mue pM lUot toi dMUklmtiaiu reUUvei au y ricbcMCs locialeji, ni par conacquent dans

a «plirrr et rrrooomle politiquo. •'

V. Pal kl Ricardo dr^olup|ic ain»i mu iilrc Mir la râleur iVutHité : • Quand Je donne

• ém\ aullf fiii» plui de drap pour une livre d'or que pour une livre de fer, cela pnmve-

• iHâ que je irMve deu% mille foie plu< d'uUlite dans lur que dans le fer * ? •

!Wii; nuis ta «uppoMnt, pour un moiuent, qu'une livru d'or et une livre de fer rendent 1 Thi»^DMO€ autant de «ervire Tune que l'autre, malgré rin('*saiitê de leur \aleur vénale, et q<«r rrttr utilité Miit, piMjr chacune de ccit (-liii»r!&, n'pn^M'nU'e p:ir le nombre 2<MN), je dis )u J 1 a dans une li%re de fer :

•9ft Jrf nn d'Hiiliti» naiatrlle, biMnl |iartic Jn rkiMnias qur la ularv ne mtuf ftil pn ptyrr, mainir la lamirrr da wik*il.

Vta I drfr^ il'ulililr «rtv {«r rindiulrii*, le* rapilAui H In bndt Ae torv, que rralrtfirf-

BOir outt* fiil |*i)i*r, iurrt* iiii'il |r |itie lui-m^ir m fraw ilc priNlaciiuB; rWl es drfTi* iroldil^ qui ot b »rulc ^ikur qai fa«M- |iailir dn rirlirvM'* fturialn, uaiqac ohjrt dr rroNHiiuif |*«ililiiiu«*

ans drfn^ d'Htililf rn hHil.

Tandis qoe, dans um* livre d'iir, il > a . ••

tSSD ilrgrr» d'atililr, crv«H |iar l'iitalMlrie. Ve% (*|iiUui H lei funds de Inrr, flkiiBDl |«rti ilr« rirkr«w<k Micult^. H. |iar nmtiSiunil, mUVBl dan la «plim de l'emnonir ^•liliqur.

U Aiu la vclelf, la livre d'or vaut deux mille ^•i^ nul.int qu«* U livre dr fer, p^iire qu'il • «ui .Iruv oiillr fiM« aulanl di* friii» «Ir pniiliirrhin |iour rr«t'r l'or ipii' te fi-r. et que l'ulilite ^•ii« !ui tciniii- Miffîi \n*\\\ fniri' roii<-rniii un e«'rtaln nonihc dr iM-rHinmi* :i pa><T rv \' \''» ' Vnj. .fi /Mufrur.

**■ r%f f'imciftti »9pi,UUt«l tit^n^my. pas 3Ji

pour un produit, lorsqu'on veut le vendre : c'est sa valear exprimée en argent.

Qttel est le prix le plus bas auquel un produit puisse être vendu et acheté ?

Un produit ne saurait élre vendu et acheté d'une manière suivie, à un prix inférieur aux frais de production qui sont indispensables pour rétablir. Si chaque livre de café ne (leut être amenée dans la boutique où nous l'achetons sans une dépense de 40 sous, on ne peut^ longtemps de suite, vendre une livre de café au-dessous du prix de 40 sous*.

Le prix d^une marchandise ne boàsse^-Upas en proportion de ce jumelle est plus offerte^ et ne monte- t-il pas en proportion de ce quelle est plus demandée?

Une marchandise, par cela seul qu'elle est plus ofTerte, c'est-à-dire offerte en plus grande quantité, sans que les autres marchandises le soient davantage, est à meilleur marché par rapport aux autres; car le meilleur marché d'une chose consiste dans la possibilité où sont les acheteurs d'en avoir une plus grande quantité pour le même prix.

Par la même raison, du moment qu'elle est plus demandée, elle est plus chère; car qu'est-ce que la demande d'un produit, sinon l'offre que Ion fait d'un autre produit pour acquérir le premier? Or, du moment que cet autre produit est offert en plus grande quantité ponr acquérir le premier, dès ce moment, dis-je, le premier est plus cher >.

' Il ne faut pas oublier ici ce qui a été dit au chapitre tu, que les travaux des divers entrepreneurs (planteurs et négociants) qui ont concouru à cette pruducUon font partie des avance qu'elle a nécessitées ; et que leurs profits n'étant que le remboursement de eei avances, font partie des frais de production. {Note de l'Auteur.)

* Le prix en monnaie de deux produits n'est que l'expression, en un seul mot, des quantités de chacun d'eux mutuellement olTertes et acceptées en échange l'une de l'autre. Je m'explique : i'.

Chaque producteur se présente avec son produit sur le marché de chaque lieo', poor échanger ce produit contre un autre ^car on sait fort bien que les ventes et les achats ne sont que des échanges, et que, dans la réalité, on échange les produits que l'on vend contre ceux que Ton achète). Si j'oiïre quatre hectolitres de blé à 16 francs l'hectolitre ^les quatre valent, par conséquent, GO francs), et si j'obtiens en échange deux mètres de drap à 30 francs (valant de même 60 francs), le prix des deux produits n*cst-il pas l'expreasIOB

1 Dans l'tcceptioD usuelle, le mot marché tigniûe le lieu ou Ton se rassemble pour vendre et adMler. En économie politique, il faut <^iendre celte signification a tout le canton, cl m^me k tout le paya ok V9m trouve à vendre une marchandise. La France est un marché pour le coton d'Amérique; les Élalt-Uaii sont un marché pour lot soieries de Lyon.

Qme êifmfitt en parlant d'une marckandiêe, ce qu'an appelle détendue fir ses débouchez?

i/eftl la |K)Sftibililé d'en vendre une plus ou moins grande quantité.

fjuelleê $ant les causes qui étendent le débouché d'un produit en particuiêcrT

Cesi d'abord le bon marché auquel il peut être établi par comparaison avec son utilité, avec les services qu*il peut rendre; et, en second bcu, c'e»t l'activité de la production de tous les autres produits.

Pifurquoi le bon marché cTun produit étend-il ses débouchés 1^

U-s familles qui liabitent un canton, en contribuant à une production ou à une autre, gagnent chaque année des revenus très-divers : In uns 100 ecus, les autres 1000, d*autres 100,000 écus et davantage. On fait des gains annuels qui s'élèvent à toutes les sommes iuter- Rktrdiaires; les |»lus nombreux sont les plus modiques, et les plus gros sont les plus rares. Vous comprenez dès lors qu'un produit se vendra en quantité d'autant plus grande qu'il sera plus utile et qu*il coûtera B»i>ins cher; car ces deux conditions le font désirer de plus de monde, et permettent à plus de monde de Tacquérir.

Pourquoi ractivité \dans la production de tous les autres produits aug^ mtmte^'clle le» débouchés de chaque produit en particulier?

Parce que les hommes ne peuvent acheter un produit particulier qu'ib ne produisent pas qu'à l'aide de ceux qu'ils produisent. Plus il ; a de gens qui produisent du blé, du vin, des maisons, et plus les

tkn-jM tir J«u\ liirirrs ti do qu«Ue bccUilitre», c'cri-a-uin- iKa «luanliUra dr chique |i.>i ékUqui ont une i*^jle «ai«ur, et qui peuYfot iWhaiiger l'une coRtri* l'auin*?

Jldairllucu nuinlenaiit le Ga« où, pour les mêmes frais de produrliou ;cVi>l-à-dire n\cc I» oWflic feniufte pa>f , avec la RM^me main-d'iruvre p.i>ee, elr.\ un producteur de hlê a cMjenoc que trota hectolitres, au ftra de quatre. Pour rentrer dans tes frais de pmdui - U4I. en Mpposanl que le prit de» drapa, ou de toute autrr marchandise, soit resté le me^ ■C U dcnaodcra 30 francs pour chaque becttililre de hle, ei le prix commun de fi» fra»^ pour trus hrctulilrn et pour deux mètres d'Hoffi* S(>ra encore TcKpresaion ahrégee et la quantité desdi-ui produite qui k*erhant;ent l'un nmtre Tautre.

On imi par U nimment la %alnir d'une chf»!^ augmente en proptirtion de ce qu'elle est ■ai m ctferle tout le reste étant d 'ailleurs en même position , et comment sa valeur diml- «M «a pruporlMNi de ce qu'elle est plus oITertr. c'est -a-d ire offerte en plus grande quantité. La tenlc quanUte qu'on offre et qu'un demande est l'eipression de la valeur.

Là quantité d'une marchandise qui est offerte en échange, dans toutes les transactions partiosli^m. eat uo« oooiéqueiic« de la quanUté générale de la même marchandise qué> M MT le «arrhe. : Soie et l'A itleiir.)

gens qui produisent du drap peuvent vendre de mètres de leur marchandise.

Les producteurs ne sont donc pas intéressés à habiter un pays où Von produit peu ?

Non, sans doute; il se vend maintenant en France bien plus de marchandises que dans les temps de barbarie, par la raison qu*on en produit beaucoi>p plus qu*à ces malheureuses époques. Les producteurs, en s*y multipliant, y ont multiplié les consommateurs; et chaque producteur, en produisant davantage, a pu multiplier ses consommations.

Nous produisons tous les uns pour les autres. Le fermier, ou fabricant de blé, travaille pour le fabricant d^étoBes : celui-ci travaille pour le fermier; le quincaillier vend ses serrures au banquier : celui-ci reçoit et paie pour le quincaillier; le droguiste fait venir des couleurs pour le peintre : le peintre fait des portraits pour le marchand. Tout le monde est utile à tout le monde; et chacun fait d'autant plus d'affaires, que les autres en font davantage.

Le commerce étranger n'est donc pas indispensable pour ouvrir des débouchés à notre industrie?

Non ; mais le commerce que nous faisons avec l'étranger étend nos productions et notre consommation. Si nous n'avions pas en France de commerce au dehors, nous ne produirions pas de café, et nous \)*en consommerions pas; mais, parle moyen du commerce avec letrangcr, nous pouvons produire^et consommer une immense quantité de café; car, en produisant des étoffes que nous échangeons contre cette denrée d'un autre climat, nous produisons notre café en étoffes.

Dans quel cas les nations étrangères offrent-elles le plus de débouchés à notre industrie?

Lorsqu'elles sont industrieuses elles-mêmes, et d'autant plus que nous consentons à recevoir plus de produits de leur industrie.

Notre intérêt n'est donc pas de détruire leur commerce et leurs manu* factures?

Au contraire : la richesse d'un homme, d'un peuple, loin de nuire à la nôtre, lui est favorable; et les guerres livrées à l'industrie des autres peuples paraîtront d'autant plus insensées qu'on deviendra plus instruit.

CHAPITBE XII. — De la Monnaie.

ijm'fst'Ct qme la monnaie?

ïjn monnaie est un produit de Tinduslrie, une marchandisi* qui a une valeur échangeable. Une certaine quantité de monnaie, et une arrtaioe quantité de toute autre marchandise , quand leur valeur est riadriDont parciltei sont deux portions de richesses égales entre elles.

tyom rieni a la monnaie sa valeur?

ih: ses usagen; c esl-à-dire qu'elle tire sa valeur de la m^me source que quelque produit que re soit. ïm besoin qu'on en a fait qu'on y attadie un prix et que l'on oCTre pour en avoir une certaine quantité de tout autre produit quelconque.

Ce m'est donc pas le gfmrernemrnt qui fixe la râleur des monnaies?

.Non; le i^ouvernement p<rut bien ordonner qu'une piî'cc de monnaie Vappellera un franc ^ cinq francs , mais il ne peut |)as déterminer ce qu'un marchand vous donnera de marchandise pour un franc, pour nuq francs. Or, vous savez que la valeur d'une chose se mesure par la quantité de toute autre chose que l'on consent communément à doni^er imur en obtenir la possession.

lo VJ dites que la monnaie tin* s*i râleur de ses fuages ; cependant elle ne yeui servir à satisfaire aucun besoin.

Klle est d'un fort grand usage pour tous ceux qui sont appelés à eflrcfuer quelque échange; et vous avez appris (chap. M) les raisons pour lesquelles les hommes sont tous obligés d'efTectuer des échanges, |i«r conséquent de se servir.de monnaie.

f Comment la monnaie sert-elle dans les échanges?

Ule sert en ceci, que lorsque vous voulez changer le produit qui vous est inutile, contre un autre que vous voulez consommer, il vous ea commode, et le plus souvent indis|>ensable de commencer par ciiaDger votre produit superflu en cet autre produit appelé monnaie, ahn de changer ensuite la monnaie contre la chose qui vous est pi'wsaaire,

Ptmrquot f échange préalable contre de la monnaie est-il commode et •oarml tndispensahie?

Pour deux raisons : en premier lieu, parce que la chose que \ou8 vrjulez donner en échange dilTère le plus souvent en valeur de la chose que TOUS Toulez receroir. Si la monnaie n'existait pas et que vous too-

48 ŒIIVRKS DIVERSES.

lussiez échanger une montre de quatre louis contre un chapeau d*un louis, vous seriez obligé de donner une valeur quatre fois supérieure k celle que vous recevriez. Que si vous vouliez seulement donner le quart de votre montre, vous ne le pourriez sans détruire sa valeur tout entière, ce qui serait encore pis. Mais si vous commencez par changer votre montre contre quatre louis, vous pouvez alors donner le quart de la valeur de votre montre pour avoir un chapeau, et conserver les trois autres quarts de la même valeur pour l'acquisition de tout autre objet. La monnaie, comme vous le voyez, vous est utile pour cette opération.

Quel est le second motif qui fait désirer de se procurer de la numnaie?

Une marchandise autre que la monnaie pourrait se proportionner, en quantité, à la valeur de la chose que vous souhaitez vendre. Vous pourriez avoir une quantité de riz pareille en valeur à la montre dont vous voulez vous défaire, et vous pourriez donner en riz une quantité équivalente à la valeur du chapeau que vous voulez acquérir; mais vous n*êtes pas certain que le marchand de chapeau ait besoin du riz que vous pourriez lui offrir, tandis que vous êtes certain quMl recevra volontiers la monnaie dont vous vous èles rendu possesseur.

D'oii peut me venir cette certitude?

Du besoin que toute personne a de faire des achats pour satisfaire à ses besoins.

Une marchandise , quand on ne veut pas la consommer immédiatement pour satisfaire un besoin, ne convient qu'à ceux qui en font commerce, à ceux qui sont connus pour en être marchands, qui savent par conséquent où sont ses débouchés, ce qu'elle vaut exactement, et par quels moyens on peut réussir à la vendre. Or, la monnaie est une marchandise dont tout le monde est marchand , car tout le monde a des achats à faire, et c'est être marchand de monnaie que d'en offrir en échange de toutes leschosequj Ton achète journellement. Vous êtes donc assuré qu'en offrant de la monnaie à une personne quelconque, et pour quelque échange que ce soit, vous lui offrez une marchandise dont elle a le placement assurée

' On voit que la monnuie est une marchandise conune une autre, qui tire sa valeor da sea usages combinés avec les frais de sa production, c'est-êHlire de la quanUlé ofltarta et demandée au prix où l*on peut la fournir. Elle n*est donc pas seulement un fï^iie dein*

CIATCCIIISME D'KCOMOMIR POLITIQUE. 49

Nnrquoi, m/me dans le cas ou in marchandise que je reçois vaut bien '**l\ement son prix^ considcre-t-tm celui qui me v^id comme faisant une metilfure affaire que moi qui achète?

ijgiui qui vend t deux marchés k conclure |)Our obtenir la marchanii<r dont il a li«K>in, à la place de celle qui est pour lui superflue : il dut qu*il change d'abord celle^^i en monnaie, et qu'il change ensuite ^tr monnaie contre la chose qu'il veut avoir. Lorsqu'une fois il a

«un. BUIS uiK talcur par Hle-im^mc, ftu«ceplible de touin la variations que uibiuenl t «!#• 1rs autro fhotn i*%iluaMe». ft |»ar les nu'inet cause». Klle est seulement tx^oê^ à Bn<Qs àr 4rpr<viationii, par l'usaicr qu'on en fait, que la plupart «l(*s autres rocublei, et il *i:à\ ^u'cUe soit bletti vieille et bien u»êe, pour qu'on ne puiMC pas la rerenâff sur le mfwie pw^ qu'iin l'a iirfcrfrV, quaml m \alfur n'a pa» étt* altérée i»ar il*autres causes que

flU na pa» non \Au» Ifi* quatiti*» qui )H>u\ent on faire uni- meturr tU\ lalrurt; et, •^Aorcuiciiient |iarlant. il n*> a |Hiinl de nit^un' di'» valeurs. Au roomeutoii un ëchaoge •^ cMKlm« la quantité d'un des terme» de l'ti'hanjte est la mesure de la \aleur de l'autre ; t^f^tiuo ccbanise cent li\ny de blé rontre di\ pines d'un frunr, la» cent l.\rrs de ble fm^mx Kl franrs. et 1m 10 franc» valent cent livres de blé; mai^ si, a quelqu(> lieues de ift orst Inrc» de bk* valent onze francs, te peut être tout ausM bien |»aree que le» franr;* wWci moiAf que parce que le blé vaut ;ifiii.

• •n («ut. a la «ente, com|iarer la valeur de deui objet> qui Miit en piéaenre. en lej«

niiuant l'un ri l'autre en ecut>, |»arcr i|u au même inomenl et au même lieu, un eeu Tant'

M'jDl qu'un «une, etdeui eeu» \ali-iit W double d'un seul. Jf dirai donc, en couse-

-«^ri^Hv. qu'une mauMi de du mille franr» vaut \ingt fois |}lu» qu'un cheval de &00 francs ;

ru-j qui ne voit qu'aliirs les franco n'indiquent rien di* plu.- qu'un r:ip|Miri de nombre^, rt

,w i« n<nparaisuii de n> dcuv valeur» M'init tout au>M lionnt', en ili»ant i|u'rlli> M>nt

. .:ét à : autrr dan» k rapport de lO.MNI a .'lUii nu de '20 a t '*

Il r»: irai qur, liirM|u'un me dit qu'un «'lir\al %aui .'*fM) fiaii». j'.ii unt nbr un |m>ii ptu»

»iy ^ la quantitr ilr di\er> fibjet> qu'il |H'ut pn^-uit'i A .•un iikmIic ^ il \fut >'fii défaire,

;^ M un IV^aluBit en Me ou en .-urre. h'oU \ ient cela ? de ce que immi!i avons une plus

criair haUtiMle de la valeur «uuiante de la monnaie que de toute autre mait-bandise, it

T** *^«u* »aion» a |ieu pri> tout ce qu'une l'iii.iiiii* nhiuiii- pnuiiait nous pro«*un*r, si nous

*K,4^0àrti di^piwr. MaiMi-tli' ximnii' ne vaut «Ile- niêiiir qui- ll:^ diverseK quantitra de

. l'rirt choM» qu'rllt |ieut achrt«T: cr qui tend la ^aUMii |N'i|irtuillement \ariable. \\

«B «M l»asdc méaie d'un mi'tri*, d'un heetobtn*. qui «ont di^ k'raiiileur» flws, in\aria-

«n. u>drpeiidanti> de:* i>l>]ft» qu'un uif^urera |»ar leur ni«j>eii.

■% icui d«.'nr «4 M-r^ir di In niituiiaii* |iuur m> fair- une iderdeit «;ue )ieul \aioir iiiic ''«'.M', rt a prrw-nt. mai» rll- ne H.'rt |iiesqu'rn iirn |Mfur indiqiiri la valeur d'uiir 'jv 4mi ni«« Hiœme» vriiaro par lr> trnip» rt |mii le» Ih'iix. lut maison de IO,(MHi .Ut rn lurta^sfic. vaut beaucoup plu>> qu'iuic niaison dr lojmii fi anr» a |*aris : car Hb 'ri.rfraii« t)iii inuduii !'«*« h.in,:! . Uaui'ou|i plu» lU' < hu»< :• i|u'uiie Hiiiinie de I0,iinii • «"i Tint «amir . I A P.irit. I tf i,;,niin iiar.o Ui ir\inu qur M. Uaubiinr vfrin' ili M"- di* ''■■'ifcfi nui'itejil .1 l'.iii*. .11 h;hc, Un pi •« iii.iM-iii uiir • \i«trtit*p qu'on n'auiait pai «'i^WviTBi [«ur tti.iMi fi.iui V \nte de rAmtrur.

J.-t. SA». - i\ 4

50 (JEUYHES DIVERSES.

ctTisedM^ k- prcmkT de ces deux ôchangos, il ne lui reste plas que le second à terminer, et c'est le plus facile, parce qu'au lieu d*une marchandise qui ne pouvait convenir qu*à un petit nombre de personnes, il a désormais en sa possession de la monnaie, c'est-à-dire une marchandise qui est à l'usage de tout le monde.

Je vois quelle est la source de la valeur de la mtnmaie ; mais je wmdrafi savoir quelle cause fixe cette valeur à vn taux plutôt qu'à un miire.

C'est la somme, ou, si vous voulez, le nombre de pièces qui se trouvent dans chaque canton. On donne et Ton reçoit, dans les ventes et dans les achats, d'autant» plus de pièces qu'il y en a davantage dans le canton. Ainsi, le quintal métrique de blé, qui se vend aujourd'hui pour 25 pièces d'un franc, se vendrait 50 francs, s'il y avait une fois plus de monnaie en circulation.

Dans cette supposition, y aurait-il quelque chose de changé à la richesse du pays?

Non; car celui qui recevrait une fois plus de monnaie pour son quintal de blé, serait obligé d'en donner une fois plus pour toutes les choses qu'il voudrait se procurer, et finalement, en échange de son blé, il n'aurait obtenu que la même quantité de produits, la même somme de jouissances. Quant à ceux qui sont possesseurs de monnaie, ayant 50 pièces qui ne vaudraient pas plus que 25, ils ne seraient pas plus riches qu'ils ne le sont avec 25 pièces.

A't-on des exemples d'une pareille multiplication et dune pareille dépréciation des monnaies?

On a des exemples d'une multiplication et d'une dépréciation bien plus grande. Avant la découverte de l'Amérique, une même pièce d'a^ gent valait cinq ou six fois plus qu'elle ne vaut à présent; et lorsqu'on a fait en différents pays, à certaines époques, de la monnaie de papier pour des sommes énormes, la valeur de cette monnaie s'est dégradée en proportion.

La valeur des monnaies peut-elle augmenter comme elle peut dimi' nuer?

Oui : ce cas arrive lorsque la quantité de monnaie diminue, ou bien quand le nombre des échanges qui se font journellement dans le ca»* ton vient à augmenter, parce qu'alors le besoin de monnaie, la demande qu'on en fait, deviennent plus étendus. Des échanges plus considérables en valeur et plus multipliés en nombre exigent une plot grande quantité de pièces de monnaie.

CATÉCIIISMB D'ÉCONOMIE POLITIQUK. 51

Ami fwi roi ie nombre des échanges augmente Uilf Ii)rK|ue le canton devient pins riche, lorsqu'on y crée plus de pro* •M». H <|u*on en consomme davantage; lorsque la population croit m ci>n.«equenc4* ; comme il est arrivé en France oà* depuis la lin du Ifrjdècle^ là population a doublé, et oii la production et la consommainn ont peut-<Mn* quadruplé ^ (oainm Me manifestent /et ekangement» de tyUenr âan» len monnafeg? Quand la valeur des monnaies hausse, on donne moins de monnaie m échange de toute es|W»ci* de marchandise. Kn d'autres termes, le r^i de toutes U*s marchandises iMiisso.

guaad, au contraire, la valeur des monnaies décline, on donne plus •Ir monnaie dans chaque achat; le prix de toutes les marchandises

.V tert'Om ^gaiement de ptusieurs tnrta de matières pomr fabriquer dex memmmtesf

«m s'est servi, suivant l'occasion, de fer, do cuivre, de co<|uilleS| de niir. de papier : mais les matières qui K*unissent le plus d'avantages pour faire les fonctions de inoiinaics, sont l'or et l'argent, que l'on iffvAle aussi les métaux pn*cieux. L'arpent est le plus généralement caipèo)è;ce qui fait que, dans l'usage communion dit fréquemment 4i f argent pour dire de la monnaie.

ImpifueA-itn indifjrremwrnt tout nirtat d'argent eomme monnaiey Vm : on ne se sert nrdiiiaircnieiit, pour cet usage, que de l'argent •\%i a rvçu une empreinte (l.iiis les manufactures du gouvernement, la nn ap|ielle des llùtels des Monnaies. L empreinte eêt-t'He nécessaire pour que l'argent serve aux échanges Y Vni« pas absolument : en Chine, on se sert d'argent qui n'est pas

' s V ouoibre <k!i nhan^s et Ir bemiii qu'on a iW nioanaïf onl fort au^BMnlë, un 9«t Irfluiklrr pourquoi la \alrur «k l'argenl a baiMr «icpui* la fin da ttuMne tiiTlf. • iK ;arcr quf l'a|i|krfj«Ui<innrnifnt d'arsciil fourni par l«» mine* tl'AmrrWiuc • lorpa^i' i^BrauiMQ tunnHW dans Ir* WacHnt. On a'a aucunt; notion «ur la quantité d'argi^nt l»M uwmat rrpaaduedam If mon«le quaad rAmérique a ètr dermivmc; on tait fuit mftiiiiBinii ce qne \m àistnm minci «le Tu nn en en ont fourni depuia rette cpuque ; «M I. \à qoanuic de monnaie d'ancrnl et d'argenterie de luxe, qu'on emploie n»intenani. ■ tndiayW. et m neanmoin*. eomme il partit. l'arfN'nl e»t tonilie environ au rinqui^m^ ^ «w ufiMioe valear, il fant que la quantité de re métal qui eiieule maiuienant eu VrMM, aa «initopiei car l'il n'ivail que quadruple, il aurait omtene la valeur. U faut *w ^M n quantité loil einq fois plui que quadrupla . %'\\ i»t tumLé au cinquième d«

frappé en pièces ; mais Tenipreinie que le gouvernement donne aux pièces est extrêmement utile, en ce qu'elle évite à ceux qui reçoiyeni de la monnaie d'argent, le soin de peser le métal et surtout de l'ea» sayer ^ ; ce qui est une opération délicate et difficile.

L'empreinte étani utile^ n'ajaute-t-elle pas à la valeur d*une pièce de monnaie?

Sans doute, à moins que le gouvernement n'en frappe en assez grande quantité pour qu'une pièce qui porte l'empreinte baisse de valeur jusqu'à ne pas valoir plus qu'un petit lingot du même poids et de la même pureté.

Une monnaie frappée peuMle tomber au-dessous de la valeur d*un petit lingot qui t égale en poids ?

Non; parce qu'alors son possesseur, en la fondant, rélèverait aisément de la valeur d'une pièce à la valeur du lingot. Une monnaie métallique, par cette raison, ne peut jamais tomber au-dessous de la valeur du métal dont elle est faite.

Pourquoi les gouvernements se réservent-ils exclusivement le droit de frapper les monnaies?

Afin de prévenir l'abus que des particuliers pourraient faire de cette fabrication, en ne donnant pas aux pièces le titre' et le poids annoncés par l'empreinte; et aussi quelquefois afin de s'en attribuer le bénéfice, qui fait partie des revenus du fisc '.

La monnaie émargent et la monnaie d^or varient-elles dans leur, valnr réciproque?

Leur valeur varie perpétuellement comme celle de toutes les mtrcbandises, suivant le besoin qu'on a de Tune ou de l'autre, et la quantité qui s'en trouve dans la circulation. De là l'agio, ou bénéfice que Ton paie quelquefois pour obtenir 20 francs en or contre 20 francs en argent.

La même variation de valeur existe-t-elle entre les pièces de cuivre et kf pièces d*argent ?

Non, pas ordinairement; par la raison que l'on ne reçoit pas la monnaie de cuivre pur, et celle de cuivre mélangé d'argent, qu'on nomn^

' Essayer^ c'est s'assurer du degré de pureté de l'argent ou de l'or.

* Le titre est la proporUon de la quantité de métal précieux et de la quantité de cnlvi* 00 d'antre alliage qui se trouve dans les pièces de monnaie.

* Fisc yeai dire le trésor du prince ou celai dn public {Notes de VAuker^

fiiioa. fur le pied de leur valeur propre; mais en raison de la facilité qa'HIrs procurent d obtenir par leur moyen une pièce d'argent. Si cent «nu» qu'on me paie en cuivre ne valent réellement que trois francs, l«u m'im|M)rte; je les reçois pour cinq francs, parce que je suis assuré d'avoir, quand je voudrai, par leur moyen, une pièce de cinq francs. Vais quand la monnaie de cuivre devient trop abondante, et que, par «on moyen, on ne peut plus avoir k volonté la quantité d*argent qu'elle représente, sa valeur s altère, et l'on ne peut plus s'en défaire sans perte".

Page 1