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CHAPITRE XVIII. — De la source de nos Revenus

Qu^appelez-vous nos revenus?

Ce sont les proGts qui se renouvellent journellement, et sur lesquels vivent les familles, les individus.

Où est la source de nos revenus?

Elle est dans nos fonds productifs, qui sont nos facultés industrielles, nos capitaux, nos fonds de terre.

Comment une valeur nouvelle sort-elle chaque jour, chaque année^ de ces valeurs permanentes?

L'action de nos fonds productifs attache une utilité à des produits; cette utilité leur donne delà valeur, et cette valeur compose un revenu aux propriétaires des fonds productifs.

Eclaircissez ce fait par des exemples.

Un cultivateur qui fait naître du blé ne le tire pas du néant; mais

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il tiTP du néant l'ulililé, la faculté de nourrir qu*il communique aui matiém qui composent le blé. De là une valeur nouvelle mise au monde, une valeur que ce cultivateur doit à ses facultés industrielles, qui sont son intelligence et sa force corporelle; à sa charrue ft à ses animaux de labour, qui font partie de son capital; à son rbamp. enfin, qui fait partie de ses fonds de terre. Dès lors le cultivateur peut vivre de son blé, ou de ce qu'il obtient en échange de son Me

Comment ce nUtivaieur peui'ii se faire im revenu quand il ne jmst^ m rapiiait ni terre?

Il achète alors les services d'un capital et d'un fonds de terre, c'està-dire qu'il emprunte de l'argent et loue une ferme, de la même mafiMYe qu'il achète les services de ses valets et de ses moissonneurs par \e salairp qu'il leur paie ; et sur le revenu total de la ferme, il ne lui rrMe plus, pour son propre revenu, que les profits de son industrie personnelle.

{fuf^ rtmeiuez'f'ons de ià ?

<^e les services productifs que peuvent rendre une industrie, un capital, un fonds de terre, sont le premier revenu de nos fonds, et que ij production n'est qu'un premier échange où nous donnons nos «enrices productifs pour recevoir des produits. Ces produits sont en- «uite échangés contre de l'argent, des vivres, des habits, contre toutes u^ choses dont la nature nous a fait des besoins ou qui peuvent coiimbuer à la satisfaction de nos goûts.

I/A permmneM qui ne possèdent point de fonds productifs n'ont donc aucun

>on.

Comment rivmt'elles?

^r le revenu d'autrui.

/#t2Mj çu^/j cm le retenu d'une personne est-il plus ou moins grand ?

Il e^l d'aulaiit plus «rand que, dans cet échange des services proludifs contre di^ produits, on obtient une plus grande quantité de (^»)uiL^ . r eT^t-à-din* d'utilité produite, et qu'on donne une moins rran<le quanlih- de sen'ices productifs.

kriatmsscz cela par un exemple^

>i on ar|it>nt de terre donne une fois plus de blé qu'un autre arpent, iv re\enu du premier est double du revenu de l'autre, l'n attelage •ie la même valeur, qui« dans le même espace de temps, laboure une

74 CEUVRES DIVERSES.

fois plus de terrain, est un capital qui donne un rerenu double de celui d'un autre attelage. Si dans le même nombre de jours, avec un néme capital et un même terrain, un cultiTateur obtient une fois plus deUé qu'un autre, son revenu industriel est double.

L'augmentation du revenu est le résultat de ce que nous avons nom me les progrès de l'industrie.

Ceite augmentaiion de revenu esi-elie totfjours au profit de l'auteur de ces progrès f

Non, pas toujours; quand un homme est parvenu à obtenir des mêmes fonds productifs une plus grande quantité de produits, si les produits restent au même prix, son revenu est augmenté; mais si la concurrence le force à baisser ses prix en proportion de l'accroissement de sa production, ce sont les revenus des consommateurs qui en sont accrus.

Comment les revenus des consommateurs sont^ik accrus par la baiue d'un produit?

Quand Thomme qui consacrait 36 francs de son revenu à Tachât d'an sac de farine, n'est plus obligé de le payer que 30 francs, son revenu se trouve accru de 6 francs par chaque sac de farine qu'il est dans le cas d'acheter, puisqu'il peut employer ces 6 francs à l'achat de tout autre produit.

Le revenu d*une personne peui-il provenir de différentes eoureesP

Certainement; le revenu total de chaque personne se compose de la somme de toutes les valeurs que cette personne retire de l'exercice et de l'emploi de ses facultés industrielles, de ses capitaux, et de ses fonds de terre.

De quoi se forme le revenu d'une nation?

Le revenu d'une nation est la somme de tous les revenus des particuliers qui la composent ^

* Les contributions publiqoes ne font point partie des revenos d'ane nation, pufsqn'dlei ne sont point une production, mais on simple transfert de valeur. Cependant, U convient de faire ici une observation.

I^ contribution, cette valeur qui diminue le revenu du contribuable pour former le revenu du fisc, ne compte pas dans le revenu du contribuable, bien qu'elle soit réellement le fruit de ses fonds productifs. Une contribution foncière sort bien réellement d'an bien-fonds, mais le propriétaire, ni son fermier, ne la comptent point parmi leur renno. Il semblerait dès lors que, ne la comptant pas parmi les revenus des contribuables» et ne comptant pas ceux du flsc, elle ne serait pas comptée du tout. Mais voici le revenu privé dont elle fait paille : le fonctionnaire public qui est payé par le flsc vend son temps et M

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(>« nr-rr çtie le revenu mMnmtl d'un partiniiier, d'une natkm? t> »onl toutes les |H>rtionade revenu, tous les prolits qu^ils recueil- Imt dans tout le cours d'une année.

IIHAPITRE XIX. — De la distribution de nos Revenus.

< qui appartiennent hs produiiit jaumeilement créés fions unr nation Y

lu appartiennent aux industrieux « aux capitalistes, aux propriétiin*^ fiincifrs. i|ui, soit par oux-m(^nies, soit par le moyen de leur inftnimenl. sont les auteurs de ces produits, et que nous avons en conséquence nonimts pnxlucleurs.

t^^mm^nt in ntirur d'un produit unique se distritme-t-eUe entre plusieurs pmtiuctefirs ?

l'ar rinterméiliaire des entrepreneurs d'industrie, qui, s'étant rendus acquéreurs de tous les services nêcessain\s pour une opération produriivi\ deviennent pmpriétaires uniques de tous les produits qui en nr*ii!lenl.

t:>mmrnt se rfnd'^nt-ils arqitrrrurs des services d'tine terr^Y

In r.TfT»Tmant. In fermier qui est un entrepreneur de culture, fait a\er \e propriétaire un marché à forfait au moyen duquel il lui paie un*» wimnii* li\e. |>our Taction de sa terre qu*il exploite dés lors pour v\n ronipl»\ l.e propriétaire renonce au revenu variable qui peut ré- *uTifTd»' rarlmn de sa terre, suivant les saisons et les circonstances, fo'ir r*»«vvoir en place un revenu fixe qui est lefermape.

f:»mment irs etitrrprenrurs d'industrie sr rfndrnt-iis acquéreurs des •^'ire$ dl'wn enpitai'f

Yx\ rempruntant et en payant au capitaliste un intérêt. 1^ capitaliste

--•« . .1 .1 . c< i:«rrni'nt<-nl. •! Ir Uaitvuirtil «|u*il m retiri' hit um revenu; retenu kgiti- - r-' • \ .. ji I- I .»r «•.•! iihlu^irii'. i \ \\\ï\\ f.iiii rompri'iittiT ilan!> le* n'tenii» de> fond» pro- ' '• '• y Vi r alion.

r ?iii« «l-n* . m-'im^nn ^••ii. lor^qnon m* fait pmi entrer le montAnt éi^ enntrtbutionii •lo. '^ r.w iM|. ^.-fii ' »Mi .|.- 1.1 n.itiiin. > fnlrp entrer Ip ulnire ili* Un» k» MTtires qu'a- "-■■ I* .«•■.%■ "•■' m- !il.

\: 1 .i .l'i- i.rnji-. !• f. *riiii iI'iiih' nntum i>t !»■ montant dr tnu- If» M-r^ire» rendu» îj» I** h'fnm'». !»• Lipiiaux n li> irm*» d«' retli' n;itli>n. oii rr i|u'iin ap|irlle s^m pm- :• ' 'kf. :a ^.li'iiT Int.tli i\* ihai-iin d«' m> prikliiit». matiTii-U «I aulrr». t'epniduit lirul ■; iirji • t.uti !ii*nt i Ij o«<nitiu' ili-^ yrti'\u\i\ nrts df tou« li> pailirulicr»; car la \aU'ur - *j^ '\* ! I*-. -}.ii iM un piiMluii litiit, diinfif un prfMiuit mt 4U |iropriétairr de la tt*rr«' , " pr «tiiil iMt .1 ->n fi-rniMT. un pruiluil nrt à liiarun d«> traxatlliiir!^, rt rrn«'*nitde tte *•*% rn pruliiiii nro ei|ui«aul a la \altur brute du Mr de ble. Vnfr tW l'Auteur, •

change ainsi en un revenu fixe le résultat incertain du senrice de ce capital que l'entrepreneur fait travailler pour son compte ^

L'entrepreneur ne se rendait pas acquéreur aussi de plusieurs genres de travaux industriels?

Oui; il acquiert par un traitement ou un salaire les services des employés, des ouvriers, par qui il a besoin d'être secondé, et ceux-ci changent ainsi contre un revenu fixe la part qu'ils peuvent prétendre dans le produit qui résulte de leurs travaux.

Un produit n'est-il pas quelquefois le fruit de plusieurs entreprises sue^ cessives ?

C'est le cas le plus fréquent.

Comment sa valeur se distribue-t-eUe alors entre les différents entrepreneurs qui ont concouru à sa production ^ chacun pour son compte?

Chaque entrepreneur, en achetant la matière première de son industrie, rembourse & l'entrepreneur qui le précède toutes les avances que ce produit a exigées jusque là, et par conséquent toutes les portions de revenus que ces producteurs ont acquises jusqu'à lui.

Je voudrais en avoir un exemple.

Interrogez l'habit que vous portez : il vous dira quil est le résultat en premier lieu de l'entreprise d'un fermier qui, en vendant sa laine, a été remboursé de toutes les avances qu'il a faites lorsqu'il a payé aux différents producteurs de la laine les diverses portions de revenus auxquelles ce produit leur donnait des droits.

Le prix de cette laine, qu'achète un fabricant de draps, a été à son tour une avance que celui-ci a faite. Il y a ajouté d autres avances, en achetant des drogues de teinture, en payant le service de ses commis, de ses ouvriers ; et il a été remboursé du tout par la vente de son étoffe à un marchand de drap.

Celui-ci, qui est entrepreneur d'une entreprise commerciale, a traité le drap comme étant la matière première de son industrie. L'achat qu'il en a fait a été une avance dont il a été remboursé à son tour par vous, quand vous avez acheté votre habit.

En examinant ainsi la marche de quelque produit que ce soit, on trouvera que sa valeur s*est répandue entre une foule de producteurs,

* L*intérét des bonlûcations et bâtiments qui se trouvent sur un bien-fonds et qui sont un capital engagé, se confond avec le fermage du bien-fonds. 1^ même observation s'applique aux loyers des maisons d'habitation. [Note de l'Auteur.)

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doof plusieurs peut-être ignorent Texistence du produit auquel ils ont roomuni ; tellement qu'un homme qui porte un habit de drap, est pent- Mre. sans s'en douter, un des capitalistes, et par conséquent un des producteurs qui ont concouru à sa formation.

La aonfté ne te divise donc pas en producteurs ei en eoiMoatniateurs?

Tout le monde est consommateur, et presque tout le monde est producteur. Car pour n*étre pas producteur, il faudrait n'exercer aucune industrie, n'aïoir aucun talent, et ne posséder ni la plus petite portion df terre, ni le plus petit capital placé.

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