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CHAPITRE XX. » Des causes qui influent sur les Revenus quels

qu'ib soient.

Qm'entende^rous par les causes qui influent sur les revenus?

J'entends U*s circonstances qui font que les producteurs gagnent plus ou moins.

PoureZ'Vous décrire ici toutes les circonstances qui oni un effet de ce fnrt f

>on. parce qu'elles sont très-nombreuses et très-compliquées; nuiis je peux faire remarquer les principales.

(^'est-ce qui fait en général que les producteurs gagnent davantage?

lis gagnent davantage toutes les fois que les produits dont ils s'occupent sont plus vivement demandés.

tJans quel vas sont-ils plus vivement demandés /

Ils le sont d'autant plus que la population qui les entoure est plus milisre et produit davantage elle-m^mc.

f^' entende S'Vous par une population civilisée t

i'eniends une population qui a les goûts et les besoins d'un peu- \\e civilisé, qui respecte les personnes et les propriétés, habite dans des maisons décentes et meublées, se nourrit d*aliments sains et vanr». fti> couvre de bons vôtements, cultive les arts et les talents de

P^rquo» faut'il qu'une nation ait ces goûts et ces besoins pour faire JUunr la production ?

Tarce que les produits destinés à les satisfaire n'ont d'utilité, n'ont une valeur, que là où ces l>esoins existent.

PovffiiM ave^vous dit que la seconde condition nécessaire pour qm

les produits fussent vivement demandés était que la population enmroih nante produisit beaucoup elle-même?

Parce que les bommes ne peuvent acheter les produits qui leur sont nécessaires qu'avec les objets qu'ils produisent eux-mêmes. C'est avec les produits de son industrie que le maître maçon peut acheter les services productifs d'un horloger, en se procurant une montre; et c'est avec des montres que l'horloger paie les services productif du maître maçon, en prenant un logement. Il en est ainsi des autres producteurs : tous consomment d'autant plus qu'ils produisent davantage ^

N'y a-l'il pas une cause qui nuit essentiellement à ce que les produits soient vivement demandés?

Oui; c'est leur cherté comparée avecla satisfaction qui peut résulter de leur consommation.

Expliquezrmoi cet effet.

Les petites fortunes dans tous les pays sont les plus nombreuses, et les premiers produits dont leurs possesseurs s'imposent la privation sont ceux dont l'utilité n'est pas proportionnée à leur cherté '. Aussi voil-on que du moment qu'un produit baisse de prix (comme il arrive quand on parvient à le produire avec moins de frais), et qu'il entre par là dans la région où les fortunes sont plus nombreuses, la demande qu'on en fait s'étend rapidement : et une demande plus vive améliore les profits des producteurs.

* On voit ici pourquoi une mauvaise récolte en blé est funeste pour la demande des produits de« manufactures et du commerce. Quand les revenus du grand nombre suffisent ï peine pour payer ses vivres, il ne lui reste plus rien pour payer des meubles, des vêtements, du sucre et du café.

* On se rappelle que la production est un échange où nous donnons des services producUfs pour recevoir des produits. Nous donnons des services productifs, même pour recevoir les produits que nous acquérons par un échange; car ce que nous donnons eo échange est le fruit de nos services productifs. Or, il y a beaucoup d'objets quil serait possible de produire, mais qui, étant produits, ne vaudraient pas les services qu'ils auraient coûtés. Ces objets ne sont ni) demandés, ni produits.

Cette observation peut nous expliquer ce qui est arrivé quand, ainsi qu'on a pu le voir en Angleterre, d'énormes impôts ont rendu trop chers certains produits. La demande en a cessé dans beaucoup de classes de la société ; de là la mévente de tant d'objets manufacturés. A d'autres époques, par un eiïct contraire, la suppression de quelques impoli a ranimé la demande. La même observation peut avoir lieu pailout, mais elle est plus facile dans un pays où le montant exact des charges publiques et dei variations qu'on leur USX subir est connu, et facilement comparé avec les vicissitudes de la consommation de chaque article. (iVor» de VA ufevr.)

r.ATÉCHISME n*I^XONOMIR POLITIQUE. 79

CHAPITBR XXI. — Du Revenu des Industrieux.

4 fvff ^oiiiM»s-iioiui le nom d^huluiMeux?

On donne le nom d*induslrieiix ou d'industriels aux hommes qui urvnt leur principal revenu de leurs facultés industrielles; ce qui nVmp^he |ias qu'ils ne soient en mi^me temps capitalistes s*il8 tirent on revenu d'un capital quelconque, et propriétaires fonciers, s*ils en Urmt un autre d*un bien-fonds.

(/•W eias$ement convieni-ii île faire parmi le$ indM$tneux pour tefw* ■«r J^ fdeefjmsies sur leurs retenus?

(Hk peut les diviser en detix grandes classes; ceux qui travaillent t'^jr leur propre compte, ou les entrejireneurs d'industrie, et ceux qui tr2\ aillent |»our compte des entrepreneurs et sous leur direction, <'on)mi» k*s commis, les ouvriers, les pens de jieine.

l^in* '/*trllt> citissr HifttrZ'Vnux If à banquiers, iex nwrtierx. les rommiin.%niiirrs rn wnrrliaHflises^ qui IravaiilenI pour compte d^aulruiY

\^x\y la classi» des entrepreneurs, parce (|u'ils exercent leurs fonc- !i'»n> par ••nln-prise, se chargeant de tn>uver les moyens d*exécution, M :f^ i*ni|'lo\:iiil à leurs frais tin peut ranger dans la m(^me classe les «iranis *\Mi riTueillent et conservent les notions dont Tindustrie fait Vin protiL

Uw^Uf e$i la première observation a faire sur les revenus des entrepre» ^'^r* tffndustrif *

^u il» sont toujours variables et incertains, parce qu'ils dépendent > la valeur des protiuits, et qu'on ne peut pas savoir d'avance avec euctilude quels seront les besoins des hommes et le prix des produits •j^i U*ur MHil destines.

{ht'obi^rr^Z'Vous etisuile^

V^jf (larnii li*s uidustrieux ce sont les entrepreneurs d'industrie qui p<^j«eiii pn*tendn* aux plus hauts prolits. Si plusieurs d'entre eux se rj.(H*T)t, cv>\ aussi parmi eux que se font presque toutes les grandes

< Timr I rritnrjirriirur prvnil » »on compte toii« lr<> ri!Miii(*«ft tmiti-^ li« chanrrt heu- '".«^ > Ij pr>Piiu< linii. il (inil riro ruine [lar Iri» utis ti i*nru-|ii par W» iiulir*. qiiuiqijr > i'.^'^r it 1 tiAliiltif ri. iiinlfiii lit iM^aiii'uup a diaiintifr li*» riH|u«ik i-t U iiiiiltiplier W* **'*•»• hfurruM-*.

'■ V biruinr Arqiii«c |Mr un h«'rilaK<*, par 1« j<*u, par uiif faveur de cnui, une spoliation, tm 9M m fortunr faiie; c'est une nrhcMC perdue par li> uiit cl (çaKHir par li-» autra.

80 CEUVRES DIVERSES.

A quoi atiribueM'Wms cet effet, quand il n'est pas reffet tune eiremstance inopinée f

A ce que le genre de service par lequel les entrepreneuis concourent à la production est plus rare que le genre de service des autres industrieux.

Pourquoi est-il plus rare?

D'abord parce qu*on ne peut pas former une entreprise sans posséder, ou du moins sans être en état d'emprunter le capital nécessaire; ce qui exclut beaucoup de concurrents. Ensuite parce qu*il faut joindre à cet avantage des qualités qui ne sont pas communes : du jugement, de Tactivité, de la constance, et une certaine connaissance des hommes et des choses.

Ceux qui pe réunissent pas ces conditions nécessaires ne sont pas des concurrents, ou du moins ne le sont pas longtemps, car leurs entreprises ne peuvent pas se soutenir.

Quelle sorte (T entreprises sont les plus lucratives ?

Celles dont les produits sont le plus constamment et le plus infailliblement demandés, et par conséquent celles qui concourent aux produits alimentaires et à créer les objets les plus nécessaires i.

Pourquoi les profits que font les savants, en leur qualité de savants, sont-ils si peu considérables?

Parce que les services qu'ils rendent ne se consomment pas par l'usage qu'on en fait. Quand un savant a enseigné aux artistes que Ton

Il n*y a donc de moyen de faire véritablement une fortune nouveUe, que les ( indostrielles, ou des épargnes longtemps soutenues sur les revenus que Ton a, qneQe qu'en soit la source. Mais ce dernier moyen n'opère qu'avec lenteur.

* Il se fait quelquefois de gros gains par des produits de luxe et des superfluitét; m«fa aussi les mêmes objets entraînent beaucoup de pertes. Sur dix maisons qui se vendent à Paris ou aux environs, il y en a neuf achetées par des quincailliers, des merciers, dei bouchers, des meuniers, contre une achetée par des bijoutiers, des modistes, etc. On peut conclure de ce fait que les premiers font plus constamment fortune. Un gros capital, employé dans une vaste entreprise, avec une intelligence rare, ne rapporte presque jamais, en proportion, autant qu'un petit capital qui fait travailler une Intelligence ordinaire dans une entreprise qui pourvoit aux besoins journaliers de la populaUon.

Adam Smith met au nombre des professions qui font de gros profits celles qui soBt accompagnées de quelque danger, de quelque désagrément, et celles dont les produits n'ont pas un débit soutenu et certain. Mais on ne peut pas dire que, dans ces professions, ki profits soient plus considérables s'ils ne sont qu'une indemnité ou du désagrément de k profession, ou des interrupUons et des pertes auxqueUes elle est exposée.

{Not9 de Vàutêur^

CATÉCHISME D'ÊCUXUllIii: POLITIQUE. 8l

peut purifier les huiles par <les acides, ou décolorer les sucres Itruls far du charbon animal, les artistes peuvent Taire usa^^c constamment de r^ utiU*s pmcèdés sans recourir de nouveau à la source d*où ils N-sonl originairement lirrs; et t>ientAt après, les consommateurs jouissent fnutuitemenl d'une connaissance dont tout le monde |)eut tirer parti, sans qu*il soit besoin d'en faire Tacquisition à prix d'argent.

(hifl clauement jeut-on faire parmi les ouvriers?

Ils !Mint ou de simples manouvriers, ou des gens de métier, comme les ouvriers charpentiers, maçons, serruriers, etc.

(pu'obserreZ'Vous relativement à leurs salaires ?

Que. dans les cas ordmaires, le salaire du simple manouvrier nes'élève pas au-dessus du taux nécessaire pour le faire subsister lui et sa famille; parce que, |MMir exécuter son sen'ice, il ne faut pas d'autre c'^nditiito que dVtre homme, et qu'un homme nalL partout où il peut Mitisister.

OMfJbsen-fZ'VOMx relaiirement au salaire des gens de métier?

Qu'il 4*st constamment plus élevé que celui des hommes de peine; car le mt^me nombre île personnes de cette classi"^ ne peut être constamment entMenu qu'autant que leur salaire paie, indépendamment de leur entretien, les frais de leur apprentissage.

K* plus, comme leur service exige un peu plus dlntelligence et d'a- 4rrsse natunMIe que le travail du manouvrier, il y a un peu moins de r.-inrurrents capables de s'en charger.

fhi'rnfendez-rfms juir ce qui est nécessaire pour faire subsister un oi rrt^r ei sa ftimille?

i entends cette somme de consommations faute desquelles les fa- Riillc» de cette classe ne s«* maintiendraient pas en mt^me nombre. Cetti* Kimme dt*|»end des iM'soins que \vs habitudes et k'S opinions du pays ofii fait une loi de satisfaire. Tinquanle familles d'ouvriers français tu* nkisisteraient pas de ce qui suflit à cent familles d'ouvriers dans l'In- <i<iustan.

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